‹ Essai sur les écoles du dimancheChapitre 2 sur 19 · LE PAOT£CT£UR · texte numérisé non relu

LE PAOT£CT£UR

— Monsieur, vous n'avez pas besoin d'un mousse ?

— J'ai besoin d'un mousse, mon garçon; mais en qjuoi cela te concerne-t-il ? Un petit bonhomme eonsme toi n'est pas propre au service du l)ord.

— Oh ! Monsieur, je suis vraiment fort. Je peux faire beaucoup â*ouvrage, quoique je ne sois pas très âgé.

— Mais, qu'os-(u venu faire ici ? Tu n'as pas l'air d'un an&iit de la ville. Tu l'es échappé de la niaisou, bein ? -

— Ob ! non» Je vous l'assure, Monûeor ; mon père est mort, et ma mère est bien pauvre. J*ai besoin de faire quelque chose pour r;^ider dans §a misère. C'est elle qui m'^ laissé venir.

^ Bien, mon Ws. Où sont tes lettres de recommanda*

tion ? Je ne puis prendre personne sans cela.

€es paroles t'ur^ conune un éioi^fjoir, .W illie u'avaiijat mais songé qu'il fût nécessaire d'avoir des lettres de son ministre ou de son maître d'école, ou de quelque autre personne pour prouver aux étrangers qu'i^ était un brave et honnête garçon. Qu'allait-il faire maintenant? Il restait plongé dans une profonde rêverie. Pendant ce temps, le capitaine observait curieusement le jeu de sa physionomie e]c* pressive. A la lin, Willie passa la majn sous son. gil^t, en tira sa petite Bible, et, sans prononcer une parole, la remit au capitaine. Le capitaine ouvrit le livre à la page de la garde, et lut ce qui suit :

« Willie Grabam, comme récompense de ^on assiduité

ponctuelle à suivre Fécole du diuiauche, et de sa conduite lrréf)rocbable à l'école et ailleurs.-^ Dooaià {»ar spa iii^titu; terïr de Técole du dimanche. »

Le capitaine 3Iac-Leod n'était pas un homme pieux, mais il ne put voir sans attendrissement le petit orphelin, se tenant debout devant Ipi, en appelant au témoignage inscrit sur sa petite Bible. Le généreux marin, comprenant la puissance d'une telle recommandation Traji^a. cordialement Willie sur répaule, en lui disant : ^

— \Vi1lie, tu feras mon affaire» mon garçon ; tu navigueras avec moi, et si tu es un aussi l)rave entant ijuc je l'espère, tu ne retoumerast pas les poches videis auprès de ta bonne mère. (Jovma/ pour 7<ni«) n<> U7.)

. Sur le ooiitment hous n'aYous pas fait eueore ces expérieuces sur uue jurande échelle, mais liotts airons yn cependant sortir des premiers essais d'écoles du diinauche, des enfants qui sont devenus des flambeaux pour leurs familles et pour toute une population. Nous avons entendu en particulier une jeune Me de treisa ans , peu de jours avant sa mort, parler du fond de son lit de douleur, comme du hantd*une chail*e, à toutes les personnes qui rapprocbaienti et les exhorter d*une manière A puissante^ si tendre , si péné« Ixante^ quue la plup^irt de ceux qui avaient assisté à cette scène solennelle, s'en retournaient en se frappânl la poitrine, et en disant : « Nons ne vîmes jamais rien de pareil. » Cette jeune fdlea^ait suivi une petite école du dimanche avec plusieurs de ses compagnes, qui f^énéralen)<pi;it ont. honoré

rSvangila par la manière dont ellen ont mia en

pratiqua ses. enseigaerneuts...

Bien n*est plus beau et plus toaohant que. ce tnamphe de la grâce dans les jeunes cceurs.

Quelle heureuse influence exercent encore ces écoJtes.sur la vie de iamiUel

Voyez ces eufauts sortant do leur chère école et retournant dans leva demeures. Iieur figure est radieuse et leur tenue irréprochable. Os savent allier Ja gaieté àlordre^ 1^ JiM>nhenr à la sage^^. Ce ne sont pas ces eufauts indisciplinés qui, accoutumés dès leurs, premièrea années à négl^er leurs devoirs et j( se livrer à leurs caprices, ont' pris des habitudes de vagabondage et sont la honte de leurs parents^^n attendant qu'ils soient les fléaux de la société. Non, on peut voir par la conduite des élèves de notre bonne école^ qu'ils feront les oriienieuts et les appuis de leurs

fiamiUes^ aussi Inen que 4^ la pc^ulation qui les

entoure.

Avec quel plaisir ils embrassent leur père et

leur mère en rcutruiit daus la maison ! Comme ceuii-ci sont heureux de les revoir et de les entendre parler des i^tr^ctions qu ils out reçues» des merveilles de Tamour de Dieu, de la charitt de Christ et des glorieux exemples laissés pai^ les fidèles de tous les âges! Ces chars enfants redisent ces choses avec tant de simplicité^ de naï-

veté iet de modestie, qu'on ne peut s'empêcher de reconuaître qaiis ont été avec Jésus, Les parents écoutent, et plus d'une Marie retient les leçons dÎTines et les cache dans son cœur. Que de parents qui Vivaient dans Tignorance, peut* être dans le désordre, et qui ont été ramenés à la vérité et au devoir par la parole de leurs enfants, laquelle n'était que Técho affaibli de Técole du dimanche !

Les écoles du dimanche exigent Tintervention et l'appui des laïques. Cette nécessité est une nouvelle source de bénédictions.

Les laïques ont vécu longtemps au sein de nos Eglises protestantes dans un état d'indifférence; et souvent diguorance extrêmement fâcheux, lis s'étaient habitués à envisager la religion, et sur* tout renseignement religieux, comme étant laffaire des pasteurs, et, par suite de ce préjugé, ils se renfermaient presque exclusivement dans ce qui concernait leur profession et leur position dans le monde. Prêter présente au temple était tout ce qu'ils pensaient qu'on pouvait demander d'eux. L'institution^des écoles du dimanche les a forcés de sortir de cette insouciance, et ceux d^entre eux qui ont eu quelque bonne volonté ont retiré de grands avantages de renseignement auquel ils sè sont livrés en faveur de Tenfance. ils ont dù examiner et s'approprier les

sujets qu'ils araœut à traiter ; ils ont été obligés (le coinmeucer et de poursuivre une série d'études bibliques; la plupart y ont pris de l'intérêt, ils oat été étouués de Tatti^ait que leur offrait le livre divin, et cet attrait est devenu de plus eu plus vif à mesure qu'ils ont avaucé daus leur travail. Plusieui^s, en exhortant leurs petits élèves, se sont fait en secret cette question : « Mais toi, qu'es-tu? As-tu commencé par t'en- « seigner toi-même ? Âs-tu donné ton cœur k « Dieu? w Ces questions, dictées par uue conscience qui se réveillait, ne soùt |»as demeurées sans résultat ; les assemblées du peuple saint ont vn s'accroître le nombre de leurs membres vivants, et de Mêles serviteurs de Jésus-Christ. « L'école du dimanche, a dit M. le pasteur Bride!, est devenue la pépiuière de l Eglise. »

On raconte que deux: instructenrs pieux se réunissaient souvent pour confondre leurs larmes et leurs prières, dans la pensée que les autres instructeurs de r école étaient étrangers à la vie de Dieu. Deu-v ans se passèrent et l'Ksprit de Dieu souffla sur eux tous. Ces instructeurs, au nombre de vingt-trois , devenus des chrétiens dévoués, déclarèrent, dans une assemblée soIenneUe, que récole du dimanche avait produit en eux ce grand changement.

On demandait à un cocher de iiacrc sïl mar-

— iO -

« cbttit le dimanche* — Assurémeat non, répoih-

dit-il, je ne veux pas continuer mou tru\aii pendant le saint jonr; il faut d'ailleurs que je fasse mon école. » — Il était instructeur dans une, école du dimanche, et pour rien au monde il n'aurait voulu négliger une ignctiou qui. était devenue un besoin pour son cdsur.

Un lord maire dis Londres, homme émiuent, assurait que rien ne lui avait été plus utile en sa vie, que d'avoir rempli les fonctions d'instructeur dai^s une école du dimanche,

liO vénérable docteur Philip, ce missionnaire infatigable qui s'est rendu si utile à la mission fîrançaise du sud de T Afrique, avait . commencé ses travaux dans l'Eglise chrétienne en qualité d'instructeur d'une école du dimanche. C'est. là qu'il prononça, pour la première fois, une prière en public, là qu'il donna ses premières instructions sur l'Evangile. Ce furent ies modestes exercices de l'école qui développèrent en lui le sen-» timent de sa vocation, et qui le préparèrent à devenir un zélé ministre de Jésus*Christ.

Souvent, quand on u besoin de la coopération de quelques laïques dans une entreprise utile à l'Kglise, on a peine à les trouver : par l'étabjiissèment d'une école du dimanche on lève bientôt cette difficulté ; car le propre de cette institution est de réveiller le /.éle pieux et de seconder puis-

samment le' déTeloppement religieux, noH-seaiemeut des enfants, mais encore de tous les membres du troupeau.

On a fréquemment remarqué que lorsqu'on peut intéresser quelques laïques aux œuvres évangéliques, ils sont en générai les instruments d'un bicu très étendu. On se géne des pasteurs, et on ne leur dit pas tout ce que Ton pense. Areo quelqu'un qui n'est pas ministre de rEvangile, on use de plus de franchise; On ne craint pas de lui faire des objections, de lui exposer des doutes. De là uiie pins grande facilité , pour le laïque pieux^ de pénétrer dans les âmes et de faire du bien à ses alentours.

Le pasteur est d'ailleurs enyisagé coiiâme riiomme officiel de la religion et de TEglise. On pense qa'il est pieux par état, par position, et ron ne représente pas qu'il puisse avoir des con- Yietions entièrement libres. Il en est tout autre^ ment d'un laïque. S'il parle selon l'Evangile, il font qu'il soit croyant et profondément oon- Yaincu. Dés lors ses paroles ont un poids et une yalenr que personne n'est disposé à lettre en doute. Un laïque amené à Dieu et se mettant au service de Fécole, devient un exceHent moyen d'action et une sorte de puissance.

II ne supplée pas le pasteur qui, par ses études et ses enseignements, a une influence prépondé-*

rante, mais il devient pour lui un auxiliaire qui fer^ rayonner la lumière de rEvangile là où la parole du pasteur n'aurait peut-être pas pénétré, . Nous dirons donc que le laïque pieux facilite la tâche du pasteur, sans l'anioindiir. Il prépare les Toies du Seigneur dans le cercle où il peut exercer sou action , et quand le . pasteur arri^ c avec la parole forte et Tautorité de son Maître, les portes des cœurs sont déjà prêtes à s' ouvrit*, et le bien qui se produit est immense.

Quand les membres des consistoires et des conseils presb} térau\ consentent à être instructeurs dans les écoles du dimanche, on comprend aisément qu'ils deviennent des agents précieux pour accroître la vie de TEglise. Dans combien de localités n'a-t-on pas pu dire que quelques-uns de ces fonctionnaires, par leur iudifférence et leur opposition ù T Evangile, étaient des obstacles sérieux au bien qu*on désirait d'necomplir! Dans combien d* endroits encore, les membres des corps ecclésiastiques ne s'envisa* gent-ils pas comme n'ayant rien à démêler avec la piété des congrégations? Quand la mort est ainsi dans le conseil de la paroisse, dans quel triste état ne doit pas être la paroisse ellemême * ? Si la lumière qui est au milieu de M n'est

* « Que d'Egliftes où la mort rèfrne^ sous le gouvernement des latiyue».. dk M. paiiteur Yermn^ ]>aiTe cfue c'nx-ri n'ont j«v

— Sd —

que ténèbres, embimêermU grMde$ ee$ té$Mru4é?

Supposous au contraire les membres des coii^ smlB et des (mUistoirès s'employant avec zèle dans les écoles du dimanche, cet exemple donné de haut prodoira les plus salutaires effets. De tous côtés ou verra la bonne volonté se produire, le zèle se ranimer; le moaTement gagnera de proche en proche, Taction chrétienne deviendra de plus en plus dominante, et peut-être le levain finirort'il parjmre lever toute la pâte»

Mais un tel mouvement ne peut pas exister dans une Eglise, sans qae la population dans son ensemble en ressente les elfets. Les chrétiens sont la vUle située sur la mantagm; le monde les contemple et reçoit inévitablement d'eux quelques rayons salutaires. Aussi TexpérienciB prouve-t-elle que là où les écoles du dimanche existent, elles deviennent un moyen d'ordre et de meralisation pour les masses. On s'irrite souvent quand des prédications puissantes se font entendre; mais on n'ose guère se déchaîner contre des écoles du dimanche. Se déchaîner contre des réunions inoffensiTes de jeunes enfiintsl Ce serait par trop absurde et révoltant. Ou les tolère donc, on leur accorde même Quelque éloge, et de la sorte, le bien se iait, dans Tombre et sans bruit. Telles les eaux

mate été initiés «u traTaiLapirituel! » (Uttra au HédaoCeor du Maqn9in dea éeoleit du dunnHcfte,)

â!uue aoaree caeliée péaétreiit peu à peft daoA les tesres ycuit rafraicbir rJnerbe de la prairie.

Le eâèbre doeteiip Ghalmers disait que le tra- Tail auquel il se livrait das» son école du di-* manche lui causait plus de satisfaction que ses ouvrages les plus admirés, parée qu'il en était résulté plus de bien.

Le docteur Arnoldt Men connu en Angleterre, par ses travaux remarquables, comme principal du collège de Sugby , avait pris entièrement sous ses soins une école du dimanche de la localité qu'il habitait^ La semaine entière il était occupé de r étude des hautes branches de la littérature elitôsique, avec ses élèves qu'il préparait pour rUniyersité; le dimanche, il se faisait peJit avec les petits, par suite d'un sentiment profond de ses devoirs et.de Tutilité de Tœuvre à laquelle il se livrait ce jour-là.

Le jardinier de HarriSt président des fltats- Unis, se plaignait un jour devant lui, de que les fruits, du jardin disp^missaient, et il jrécla-' mait un chien pour les garder contre les maraudeurs. «. Etablissons plutôt» dit Barris, une école d^ dipianchc. »

On cite teUe yille de TAmérique dont les habitants étAient plongés dans une immoralité révoltante, et qui a été tellement changée par rétablissement d une école du dimanche que

mai&fenaiit on pdnl citor cette localité comme

modèle. La foi et la persévérance des jeunes ebrétienis qui se sont chargés de Fécele, ont opéré cette étonnante transformation.

' Un auteur améiicara établit que sur 500 eon^ damnés^ il ne s'en trouvait que 3 qui eussent as-

sisté quelquefois à une école du dimanche.

Dans un ouvrage récemment publié par un .

médecin anglais , nous lisons que sur 900 criminels^ bannis du pays/ 7 seulement avaient été adjnis dans des écoles du dimanche.

Ceâ faits et d'autres encore que nous pourrions citer prouvent évidemment Texcellente iulluence de ces écoles sur la moralité des pop^ulattons*

Ajoutons, parmi les heureux effets de Técole du dimandie^ la facilité qu'elle donne aux enfants et en généré aux membres de TEgli^e, de sanctifier le jour du repos. Sans une teHe école, que feront les enfants pendant toute la durée du dimanche? Ils assisteront sans doute au sermon, qui le plus souvent sera peu à leur portée; rentrés chez eux, ils feront peut-être une lecture; ^ après cela, il faudra bien s'occuper de quelque chose; mais que faire? Courir, vagabonder peutêtre avec de petits camarades, et ainsi prendre r habitude de faire du dimanche le plus mauvais

des jours de la semaine.

Avec Técple du dimanche l'enfant s'i|i^U;uit

agréoblemeut ; il se plait dans ce culte qui, ù pro][iremeiit parler, est le sien ; il y appœrtie sm zèle et son cœur, il se fait féte d'y assister^ et quand il en sort, les idées claires et^ les bonnes impressions qu'il a reçues sont pour lui un trésor et une sauvegarde pour le reste de la journée. ^

Un effet analogue sera produit sur les adultes, qui conseiitirout ù assister à l'école ou à s'y rendre utiles comme instructeurs. Us tronveront là une occupation intéressante, un moyeu de remplir d'une manière profitable pour eus, mie ou deux heures de la journée, ils en retiendront des idées qui fourniront matiète à de bonnes CQnvèrsations, et par ce moyen le jour du Sei** gneur sera respecté et viviflé.

Au reste, rinstitution des éccdes da dimanche ne fonctionne que depuis peu d'années, et les bons effets qu'elle a produits ne sont que comme les prémices des victoires qu'elle est appelée à remporter sur le prince des ténèbres.

GHAPIÏBE m.

CHÉATIOK B'DISE tCOW DU BIMANCHK.

Si Tendroit où il s'agit d'établir une école du

dimanche fait partie d'une paroisse régulière-

meut organisée, il est à désirer que le pasteur loi^mème pienne .riaîtiaUYe de m iomation.

L'appel qu'il adressera dans ce but à la jeunesse de son E^ise aura plus d*auU>rîtét son opiaii»i sera considérée comme ayant un grand poids dans la qiiestifm, et par suite récole léanira un plus grand nombre d'enfants^ De plus, tout ce qui ooïkcerne Fraselgnemeiit religient étant de son ressort, on trouverait extraordinaire qu'une école religieuse fût établie sans sou concours direet, et il ne tarderait pas à eu résulter des conflits nuisibles ù riustitution elle-même. Enfin, au. point de Yue ecclésiastique, la fondation d'une telle école renti^e dans ses attributions, et U ne saurait y demeurer étnuiger, ,8ans méconnaître la mission qu'il a reçue de son Maitrp etieste*

11 conviendra donc que le pasteur, se charsifeànt de donner la première impulsion aux es* prits de ses paroissiens, annonce du haut de k chaire, pendant plusieurs dimanches de suite, ronverture prochaine de l'école, en donnant* quelques explications propres à en faire cou^ naître le but et Timportance. H conviendra également qu il en parle aux familles pieuses qui ont des enfants en Age de profiter de la nouvelle institution, afin que ces familles s'en faisant de justes. idées, l'appuyent de leur con*-

eiMMs^ de leur sympathie et de leurs prièpes.

Si récole doit &e tenir dans le temple^ ilans une sacristie, ou dans une salle d'école déjà établie, une demande d'autorisatrân adressée as magistrat, serait tout à fait inutile; mais si elle doit se tenir dans quelque antre local, il tmdm que Je pasteur déclare son dessein au maire et à rinspecteur scolaire, pour s'assurer que ces fonctionnaires ne mettront aucune opposition k sa réalisation.

Si, le pasteur se charge lui-même de la direction de réeole, il choisira des aides parmi les jeunes chrétiens ou d'autres personnes pieuses de la paroisse, et leur distribuera le travail.

Si au contraire ses oceupaliims» sa santé ou ([uelque autre raison légitime Tempéchent de se charger de cette œuvre nouTelle, il dioisirt parmi les personnes disponibles, celle qu'il jula plus propre à^tre placée à la téte deTécole, et lui donnera les instructions nécessaires pour que Tœuwa soit bien dirigée et mise en harmonie avec les autres institutions religieuses de la paroisse.

Dans Tun et l'autre cas^ le pasteur fera en sorte que Fouverture de Féoole ait lien d'une' manière solennelle et il y présidera lui-même.

Par un discours sur la nature et les avantages des écoles du éimanehe, il écartera les objec*

tiims, dii>.sipftra le^ pr^ugâ> et i^agea?a tiérieu^ semefit les parente à proiter de ce Boa^eau moyeu d'iostcuciioa . qui e&t qS/hxI leurs eur

funts. . • .

Si le p^st^ ue doit p.afi se mettre lui-m^e à

la tête de récple, le 4irçjCteur désigné preudru égfttemeut la parole pou^ stimuler le xèle dea enfants leur rappeler leurs devoirs. Après* quoi il procédera immédiateofient à ia lermaliou d^s groupes, jet iuyiteri^.les iustructeura à com^ mencer leur euaeignement. L^école.élaiit aioai mise eiL activité eu, préseuce des pareuts, ceux-ci y prendront un vif intérêt, en sentiront toute Tutilité^ ett dès cçtte prendre «éancct la cau^ de Téducation religieuse de Fenfance sera gagnée.

A défaut de riuitiative exi^cée pai:: le paateur,

des personnes éclairées et pieuses pourront se propoi^er de foudeir une école de» ce genK et il faudi,'a bien se garder de les décourager, puisque plusieurs institutions jexcellent» de TEglise^ n'oi^t pa^ en pour foildateui:s des. ministres de rËvangUCi

, JjSl pejrso^e ou ks personnes auxquelles ie Seigneur aura inspiré cette bonne pensée, de^^ vront en faire pai:t à l^pra amis pienx de la Jocar

lité ou du voisinage, dausic but de s'assurer de

leur assentiment et.de leur coiicaurs. Une |(û&le,

projçt. mûri, et les diflicultés prévues, deux d(;

>ces persouues devrout luire uuc démarche auprèé dti pasteiir afin de lè pilier de ite nûtmtrer favorable au dessein qui a été formé, et, si pos* sible, de concourir, à son exécution.

NouB ccmseilions une demande faite par deux personnes. Une seule pourrait se laisser embarrasser et ne pafs* ré))ond]ré aux obj^tions d'une manière satisfaisante, car le pasteur peut en pré^ senter^ Deto sè sidlutîeifnèiit muitu^ment' èt donnent d'ailleurs à la démarche une couleur plus respeettféUBe* Pins dé deux nâqueraiént de donner à la visite Tapparence d'une invasion. Le pasteur pourrait dire qà'oti est venu eh masse le »urpreadi*e, violenter sa conscience et lui arracher en quelque sorte son cousentemeiit.

Nous supposons un eas extrême, en présentant le pasteur comme opposé à l'école future. Toutefois rexpérience* a prouvé que Fétat des choses peut être tel. Les pasteurs sont, c^omme tous les hommes^ elpo^ & des préventions; souvent ib n'aiment pas les nouveautés; ils craignent, eu se montrant trop faciles, de perdre une partie de leur influence légitime et des moyens qu'ils ont de faire du bién. D'ailleurs il est des Eglises dans lesquelles on pense que toutes les œuvres religieuses doivent être faites par l'intermédiaire des (ifiisteitrB; que toute autre marche est opposée à la discipline chrétienne ; que renseignement

donné par les laïques risque d'introduire des doctrines mal définies et peut>^tre des erreurs, qu eu conséquence il ne faut pas fevoriser des établissements qui présentent de tels dangers.

On peut combattre cette manière de voir : a) fin rappelant que, dans une Eglise nombreuse, un pasteur ne peut pas faire face à tous les besoins qui se manifestent; et que, si même TEglise est peu nombreuse, il est difficile qu'il s'occupe des enfants comme des jeunes gens, et surtout qu'il préside à un nombre suffisant d'exercices de piété pour remplir les heures du dimanche, qui risquent d'être envahies par Toisiveté et la dissipation.

b) Qu'en lui demandant son appui et en offrant de mettre Técole sous sa surveillance, on fait tout ce qui est humainement possible pour écarter de son esprit toute crainte, puisqu'il ne saurait prendre ombrage d'une institution qui sera plus on moins dans sa dépendance.

c) On lui montrera, par le choix des livres qui seront employés et le caractère des personnes qui s'occuperont de cette œuvre> qu'on n'a en -vue aucune autre chose que la gloire de Dieu et l'affermissement de l'Eglise elle-même.

d) On lui annoncera enfin qu'on prendra pour l'école du dimanche l'heure la plus favorable pour ne gêner en rien les services publics qui ont lieu dans le temple.

£ji évitant ainsi tout ce qui pourrait troubler Tordre ecclésiastique ou blesser le pasteur dans ses droits^ on se ménagera auprès de lui un accès favorable.

Si malheureusement il en était autrement, si le pasteur appréciait assez peu les perspnnes et les choses pour demeurer indifférent ou hostile, quel parti faudrait -il prendre? — Le bien de Tenfance ne saurait être sacrifié à l'opinion d'un homme ; le devoir, pour être méconnu, n'en reste pas moins un devoir. 11 faudrait donc persister dans le dessein formé, mais T exécuter sous les formes les plus humbles et les moins apparentes. On commencerait donc une petite école, avec Tespérance que les oppositions soulevées par le pasteur ou d'autres personnes cesseront, quand on se fera de plus justes idées de Tinstitution et qu'on en verra les bons résultats. Venez et voyez^ telle est la devise qu'il faudrait adopter j et bientôt on ferait, comme cela a eu lieu si souvent, Theu* reuse expérience que la sagesse est justifiée par ses enfants. U serait toujours temps alors de rattacher Tépole aussi étroitement que possible à TËglise.

Si r instituteur est un homme vraiment pieux, il peut rendre de grands services à rétablissement naissant. U serait même avantageux qu'il se chargeât de sa direction à défaut du pasteur.

Ayaat Thabitude de renseignement, il doit mieux

connaître les besoins des enfants, et la manière d'y répondre. Les enfants d'ailleurs sont placés habituellement sous son autorité, et bien des obstacles se trouTeraient par là aplanis. La discipline serait établie dès le premier jour; il n'y aurait ni résistance, ni t&tonnement, ni désordres à redouter.

Toutefois nous ferons remarquer que si Finsti-* tuteur a, une santé faible et quil ait à diriger une école importante, il se trouTe fatigué le dimanche et ne peut guère prendre une par( bi^ active à Técple de ce jour-là, surtout s'il est chargé des fonctions de lecteur et de chantre dans le service divin.

jyous ferons observer en outre que Técole du dimanche n'est pas une école ordinaire. Dans celle ci on a communément en Tue» comme but essentiel, linstruction ou 1 acquisition des connaissances les plus nécessaires à Thomme^ tandis que r école du dimanche a pour but T édification et Taction sur le cœur. L'instituteur devenu directeur de cette dernière aurait donc besoin de "veiller sur lui-même pour ne pas se laisser entraîner par ses habitudes, au point de changer la nature de récole du dimanche dans laquelle il doit moins être le pédagogue qui instruit que h chrétien qui cdijie.

11 doit se rappeler aussi qne la discipline de

Técole du dimanche est uuiquemeut celle du cœur s^adressant au cœur; celle de FETangile qui sème le fruit de la justice dans la paiXj pour ceux qui s*admnent à la paix. Il faut que Ton y sente toujours Tinfluence sereine de cette sagesse qui vient d'en haut, laquelle est premièrement pure ^ puis tranquille^ modérée^ traitable, pleine de misé* ricorde et de bons fruits. Les punitions y sont à peu près inconnues, la contrainte y est un hor&d œuvre. L'atmosphère dune école du dimanche est celle d'un temple, d'une assemUée chrétienne, recueillie sous le regard de Dieu. Or ou ne peut pas remplir de telles conditions dans une école de semaine , composée souvent d'enfants très rcTéches et assujettis quelquefois à un travail ennuyeux et assez pénible. U ne faudrait donc pas risquer de voir ces deux états de choses confondus par un instituteur, qui deviendrait directeur d'une école du dimanche. L'instituteur chrétien a sans doute un tact qui lui fait discerner toutes choses; mais, comme homme, il est environné de faiblesses, et il peut se laisser momentanément surmonter par ses habitudes et par l'imprévu.

iXous nous garderons bien, pour cela, de l'exclure de tout enseignement dans l'école ou même de sa direction, mais nous rendions les fonda-

teurg et lai-méme attentifs à récueil qae nous Yeuons de signaler.

Nous dirons maintenant « avec N. le pasteur Montandon, que « dès que Técole du dimanche « est sérieusement résolue, elle est créée. » Elle peut ne pas avoir d'abord tout le matériel qu'elle acquerra daus la suite, mais elle aura la Bible, quelques Nouveaux Testaments, quelque^ exemplaires des récits bibliques, quelques traités. Avec ces trésors elle peut s'établir dans une chambre modeste, quelquefois même en plein air, et commencer ses travaux sous la bénédiction de Dieu. Ce n'est pas lorsqu'on est le plus riche en matériel et le plus à Taise quant au local, que Ton est toujours le plusriche spirituellement. Le Seigneur se plaît à habiter avec les petits, les pauvres, les humbles , dans les plus obscurs hameaux et les chaumières. Par sou esprit de vie il crée uu Béthel^ là où se trouve un homme simple « pienx^ zélé, pour commencer une œuvre chrétienne.

Sous les voiles les moins apparents se cachent souvent les plus grandes bénédictions.

À rhumilité il faut joindre la résolution et la fermeté. Un seul homme qui veut est plus fort que mille qui n*ont que des désirs ou de bonnes intentions.

Simples chrétiens, commencez seulement cette bonne «euvjre et ne vous découragez pas si le suc-

ces uc couromic pas iuuuédiuteiucnt vos ciforts ; perséTérez et votre trayail ne sera pas yaln auprès du Seigneur.

Mais nous ne voulons pas terminer ce chapitre sans parler de Tinfluence des femmes chrétiennes dans les écoles du dimanche. Ce sont elles dont Dieu se sert souvent comme dlnstrumeùts puissants pour les fonder et en amener la réussite. . Remarquons d'abord que Torganisation frêle et délicate de la femme est une partie de sa force. Devant des femmes chrétiennes l'opposition se tait et la résistance s'efface. Gomment oserait-on prendre vis-à-vis d'elles un ton agressif, quand il

est question d'une bonne œuvre ? Comment leur refuserait-on le denier de la charité? Il y a dans

leur seul langage une éloquence qui monte du cœur et qui gagne les esprits et les âmes. Si elles mettent ces beaux dons au service du Seigneur elles ne tardent pas à devenir capables de grandes choses, surtout dans la sphère de Téducation des enfants. Elles Tentendent, il faut Tavouer, bien mieux que nous. Dieu leur a donné Taecent mar ternelen les créant femmes. Mais si à cette nature sympathique elles joignent la charité réelle, l'amour de Christ, celui de 1 humanité, celui des enfants, il n^arrivera guère qu*elles rencontrent des obstacles insurmontables.

Sous le soufSe ardent et doux de la charité des

femmes chrétiennes, les barrières tpmbent et les adversaires confas abandonnent toutes les positions où ils comptaient se défendre.

Nous avons vu de ces femmes admirables qui, soutenues par leur foi^ allaient sans crainte se présenter devant des rois ou des reines pour leur parler du Sauveur, pour leur demander les secours néce^isaircs à T extension de son règne ou au soulagement des malheureux ét qui, gr&ces. à cette noble liberté et à la bénédiction qui était sur elles, réussissaient presque toujours dans leurs démarches. '

Mais après les avoir contemplées abordant hardiment les sommités sociales, nous les avons retrouvées dans la cabane du pauvre, près du lit des malades ou dans quelque petite école du dimanche apprenant aux enfants a répéter le nom de Jésus. Là elles se montraient, si possible, plus admirables encore. Leur charité agit daos les grandes comme dans les petites choses. Bien ne les arrête. Avec Dieu près de leur cœur et sa parole dans leur bouche, elles finissent toujours par triompher.

Femmes chrétiennes t c*est donc k vous que nous demandons^ avant tout, de vous intéresser 4 la fondation des écoles du dimanche. Plusieurs de ces écoles doivent d^à leur existence à votre

charité active ; mais voyez combien de localités

sont encore privées de ce précieux secours. Ne

\ous lassez doac pas dans votre généreuse sympathie. Que par vos soins le désert et le lieu aride se réjouissent. Que les enfants se rassemblent à TOtre voix 1

Qu'ils apprennent de vous à raconter les merveilles de la miséricorde céleste, à revêtir un esprit de douceur, d'humilité et de pureté, à commencer une vie pleine d'une activité louable ; alors vous goûterez de toutes les joies la plus parfaite, celle d'avoir conduit ces êtres aimés à Celui qui veut les bénir^ d'avoir ramené leurs Ames de la mort et préparé leur éternelle félicité\

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