‹ Essai sur les écoles du dimancheChapitre 17 sur 19 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Au moment où j'écris ce titre, je me demande si les écoles du dimanche auront un avenir. Bien des institotioas auxquelles on croydt pouvoir prcunettre quelque durée, ont dispaicu»

de la versatilité humaine; est-ce là le sort qui attend les écoles du dimanche? Je n'hésite pas à répondre que, « parmi les étaldissements ayant « pour but ramélioratiou de 1 homme, il n'en est « aucun qui me paraisse ayohr un plus bel atenir « et devoir exercer une plus grande influence. »

L'école du dimanche est venue combler une cune, qui était vivement sentie. £lie pourvoit à réducatlon religieuse de Fenfiince, donm plus de solidité à celle que reçoit la jeunesse, tend à renouveler ou à continuer d'une manière heureuse ceUe de Tàge mur ; or, quand une institution répond à un besoin réel, profond; univerdeli on^ut être certain que, non-seulement elle ne périra pas, mais qu'elle est destinée à s'étendre et à s'affermir.

Bien des parents se montrent indifférents à régard des secours religieux, quand il s*agit d'eux-mêmes; mais, quand il est question de leurs enfants cette indifférence cesse et fait place à une véritable sollicitude. L'instruc> tion religieuse de leurs enfants! C'est la moralité, la sûreté, le bonheur, Tavenir étemel de ces êtres si chers j comment négliger des intérêts si graves et encourir Tépouvantable respouBabilité d'avoir compromis pour toujours le sort de ceux que Dieu a confiés à leur garde? Et quand les pères seraient assez dénaturés pour persister dans leur

indifférence, les mères ne le pourraient pas. Qoette mère en effet aarait àâsez oublié les Iteos qui r unissent au fruit de ses entrailles pour lefiiser de profiter d'huit secours qui, en dé^ Yeloppant activement Tintelligenoe de son. enr fient, tend à exercer Fhkflaenee la plus heu* veose sur T ensable de sou caractère et sur sa destinée?

L'amour paternel et maternel,' c'est-^«dire l^s

sentiments les plus profonds et les plus doux de la nature i Voilà dea garants qui nous assurent que les écoles du dimanche ue périront pas.

L'expérience prouve d'ailleurs que les enfants se plaisent dans ces écoles et qu'ils s'y rendent volontiers. Cela tient non-seulement à ce qu'ils ont un sratiment instinctif de ce qui contri* bue à leur perfeclionnement, mais encore a ce que ce genre d'enseignement a peur eux des charmes qu'ils ue trouvent au même degré dans aucun autre.

Dans l'école du dimanche, l'instructbn est présentée sous la forme la plus attrayante. L'in^ structeur et le directeur s'adressent à l'ensemble des facultés de Tenfiant et s'attachent à y main-* tenir l'harmonie. Us réveillent son intelligence, exercent sa mémoire, soutiennent son attention, ebarment son imagination, ébranlent et touchent son cœur. Âu milieu de cet élément si bien fait

pour liii» Tenluit ses^nt irivre : il peaBe^il parie, ilpread de^ résolutions, H est &qu$ ui^e ioflueu^ bénie, divine ; il est heureux.

GoBuue il se sent plus à laise. sous lit règle de récole du dimanche que sous lu discipliue des autres écoles! Dans celle du dim^uche il y a un prdre sans doute, et F élève doit s'y soumettre ; mais on peut dire de cette obligation ce que Jé« ' siis disait de Tobéissaqice à ses propre lois : « JCm joug est aisé et mon fardeau lé^er-. » Pcrât de menace qui effiraye, ppiii}; de pliysionomiie sévère qui repousse, point de travai} <^ini&tre et rebutant; mais rimdtéraUie charité. qu'in«pire l'Evaugile de paix et des études aussi i^réables pour Tesprit, que satisfiiisantes pour le cœv. . Dans beaucoup d'écoles, Tatmo^iphère est encore lourde, «obscurcie par rhumeur despotique du maître et par la perspective dp punitions, phis ou moins isévères ; mais îd Jéi^s règne sans partage ; il parle» au cœur, d bannit la contrainte^ dissipe toutes les frayeur» et embellit tout par son ampur. .Gonunen,t une telle école ne serait:elle pas chère aux enfants?. Comment pourraient-ils y renoncer? Ils la défendraient, le Jour où Ton voudrait la détruire; ils plaideraient sa cause auprès de leurs parents , quand ils l^s yerraient céder à des préventions injustes; or, quand les enfants plaident une cause qui eu

cUe^méme e$t boune, ils sont sûrs de la gagner.

Les pasteurs sont particulièrement intéiressés à souteuir le^ éçoles dimaucbe, puisqu'elles constituent la maHeure préparation aux inslaruetions qu'ils doivent donner eux-mémiss à la jmnesse. Il faudrait que la puissance de la routim ou Tesprit de parti eût une influence bien extraordinaire sur les conducteurs des £glises, pour qu'ils né^Ugeassent remploi d*un moyeu qui» plus que tout autre, est propre a «cottder l^uns propres eflbrts et à en assurer le succès. ~ •

Les govr^ements eux-mtesies, quand fis connaîtront rbeurcuse influence des écoles du di*^ manche sur la moralisation des masses, ne pourront (pi'encoaniger ces institntions, Si jamais la France avait des écoles du dimanche, en nombre suffisant, dans toutes ses viUes, dans tons ses villages et dans ses li$uneaux les plus obscurs, die pourrait dunmner de nuntié les eoliortes dto ses gendarmes et licencier une bonne partie de son armée. On prétend que Napoléon ayant demandé à un célèbre professeur étranger, quel serait le moyen le plus eflScace d'élever la moralité de la France, le professeur répondit : « Sire, établissez partout des écoles du dimanche. » Les Etats-Unis de TAmérique du Nord n'ont que quelques mille hommes de troupes permaueutesi

les écoles du dimanche leur valeut uue puissante armée ^

Mais, pour juger plus sûrement si les écoles du dimanehe f&Nmt des progrès dans led- temps fiiturs, considérons a\ec quelque attention leur bistoire. L'expérience fente par le jpaseé noue montre ce que Ton peut attendre dans TaYenir. Cette institution est, relatiyement parlant, d'une date récente, et cependant quelles raeînes pro^ fondes elle a déjà jetées et quels nombreux rameaux sont sortis de ee troue Tigonrraxl Quelle influence immense elle exerce sur une portion ednaidéralile dit globe et spécialement sw edle qui est la plus avancée dans les voies de la cifnlisatioitf

Un ami des enfants, nommé fiaikes^ donnait, il y a un peu plus de soixante ans (1782), à quelques vieilles femmes de Glocester, on schelfing par dimanehe, pour qu'elles apprissent à lire à de pauvres enfants ; dès lors, ees ééoles, après avoir subi quelques modifications heureuses et

t M. Wrigbt, gouverneur d$ TEtat d'Indiana,.aia Blate-Unis» disait : « Lés écoles dà dimanche sont des institutions toutes pro- « videntieUes^ même sous le rapport de tour influenee Mir k (c prospérité de l'Etat* Elles en sont les colonnes et te soutitii»

« Par elles^ notre jeunesse se fbrme à Tamour de Tordre et à la

« soumission à l'autorité ; leur conscience y est éclairée et dirigée, « et leur enseignée à obéir aux lois, iiou par la crainte des chà- « tiinents, mais plutôt sous l'influence de principes ju$t,es et ff vrais. » {Magasin des Ecoles du Dimanche, 18â3.)

pris esctasivemeiit un caractère religieox, se sont multipliées de telle sorte que ïoa peut faci^^ tement présumer que la force vive qu'elles recè- ' lait^ grandissant de jour en jour, finira par remuer le monde entier.

De tels progrès montrent que le bon plaisk du Seigneur repose sur cette œuvre, et qu'elle fût partie des moy^s-qoe sa proiridenee a pré* parés pour l'évaugélisation de tous les peuples.

En 141 1 , il y a^ait en Angleterre, en y comprenant le pay§ de Galles, â,4Q0 écoles du dimanche, fréquentées par 4 70,000 élèves,

£n le nombre de ces écoles, ainsi que celui des élèves, avait plus que triplé. Ou comptait en effet, dans -ces mêmes contrées, 16,800 écoles, fréquentées par 1,548,000 enfauts.

En 1 8&1 , Qnco»ptait2a,&00 écoles et 2,400,000 élèves inscrits.

Ledteandie 31 mars 18&lv on fit le recensement des élèves présents dans toutes ces écoles, et il a^en teoniw 2,380,000. Oe qui prouve que les élèves inscrits ne le sont pas seulement pour la forme, mais que leur assiduité est réelle.

M. Ëd. Saines, s'adressant aux instructeurs de ces diverses écoles, leur fit remarquer qu'ils formaient à eux seuls une armée pins nombreuse et plus puissante que le clergé, la magistrature, les agents de poBee et tontes les foreesde tenrc et

de mer de TEmpire britannique* Ces inAtraotwvs

étiuent au nombre de 3.18tl35 ' .

Aux Etats-Unis, on comptait, il n'y a pas longtemp&i â«000,000 d élèves et ^,000 instructeurs de tout rang, SiTou considère que ces chiffres fionl ieipiesflion d'une i(âce reUgieuBé et mor2^.e, on comprendra tout ce qu on peut en attendre pour la prospéat^ du pays qui la p<Mk iiède.

. En Fraaee, Buns sommeB iMen loin raeore de pouvoir citer de pareils cbifix^s.; mais Vinstitur tion dont il s'agit, y étMt aases MUTclle et se renfermant exclusivement dans ki cercle des £gli-

ses protestantes, le iioaibre des écoles qui s y

taittacbent et celui des eafimts ne pait pas ^tre

bien considérable.

loutéfoilB, malgré ces lârconstanoeff défavorables, les écoles du dimanche se sont di^à multipliées sur notre scd an didà de toute eq^canoe.

£n 18âi4» un premier essai de statistiijne indiquait S65 éccUm du dteambe; mais évktommrat ce chiffre était inférieur à la réalité. Dès lors, d'autres écoles ont été fondées, Futilité de ces étabUsscwejuts est toiqours mieux 4q>préciée^ et, d'année en année, leur cercle d'inilueuce s'a- ;grandit

* V^yei le ri^^ de ta Société lirMi^

D'auties pays qui nous avoislueut oilriraicut des réMltoAs analogiies.

Or, si nous considérons la rapidité avec la*» quelle le nombre de ces écoles s'est accsra, mm devons en conciure.que le développement auquel elles sont destinées est très considérable. La loi de la pn^pceaaion est ici telle, que Ton peut espérer que, dans moins d'un demi-siècle, la plus grasde partie de la jeunesse protestante, dans les deux hémisphères, sera sous Tinfluence de cette bdle et wnte institation.

Nous saluons^ d'avance de nos vœux cette époque bârie.

Mais ce n-est pas asse^ que . les écoles du di^ manche se multiplient, il faut qu'elles se perfectionnent et qu'elles tendent toujours plus direc-» tement à leur but , qui est lu conversion des Ames. *

Plusieuib d'entre elles sont recommandûbles sous le rapport de rinstruction qu^on y donne ; mais on n'y sent pas le souflle d'une piété vivante. Une sécheresse îndéfinissaUe y empêche les cœurs de s'épancher et de monter ensemble vers Dieu.

Ailleurs, on sent qu'il y a on ccnSmai^einent

de vie ; mais les liens des vieilles habitudes sco* laires, on les exigences^de parents encore attachés

au monde , empêchent ce germe précieux de se

développer d'uae manière frauche et généreuse.

Ailleurs encore, les mstrueteura sont jeunes gens sincères, pleins de bonne volonté pour le service du Seiguetury désireux de se douuer eutièrement k Lui; mais leur eoseignemeat est fai* ble encore, ils ne connaissrat pas assez leur Bible; ils n'ont pas la clef des prineipales4ifficultés qu elle présente j ils auraient besoin d'être fortement préparés, et les secenrs poor. atteindre ee but ne sont pas suffisants.

Ailleurs enfin, Féecle est en elle-même tnea organisée et bien conduite : les instructeurs sont conTenaUement préparés, ils sont ponctuels, assidus; mais les visites aux parents des enfants ne se iDut pas d'une manière régulière; T éducation domestique agit souvent en sens inv^se de ïé* ducatiou de T école, et les impressions heureuses faites sur le cœur des élèves sont eflacées par une vie de famille, ou rien ne rappelle la piété etle devolTé

Il faut que chacun considère sérieusement ces graves bonnes et se demande s'il ne peut pas s'employer d'une manière active à les combler.

Que les sentinelles de Sion, que les hommes de bonne volonté, que tous ceux qui foM souvenir de TEternel ne se donnent donc aucun repos, jusqu'à ce que cette bonne <£uvse des éccdes du dimanche soit puriOée, affermie, et acquière

par ses hienfaite au nom glorieux sar la terre^

Une connaissance plus exacte de la marche de ces écoles I dans d'autres pays, des méthodes employées, des modifications reconnues avanta^ geoses, foornim de iMMrveaiUL éléments de per» fectionnement.

Des livres élémentaires pour Texplioation des diverses parties des livres sacrés devront être publiés. Nos ressources sous ce rapport, se sont bien accrues, dles s'accroîtront encore. ^

Il est fort à désirer que le nombre des personnes pieuses, dii^imibles ))onr remplir les fone* tiens d'instructeurs devienne plus considérable et, en même temps, que Ton TOie nn plus grand nombre d'adultes venir s'asseoir avec simplicité et humilité dans ces écoles, pour écouter Texplication de la Parole sainte. Oh I quand viendra le jour où, comme dans certains pays, on apercevra dans le sanctuaire, à Theure où se donne cet enseignement familier, la téte blanche du vieillard s'élever comme une cooronne d'honneur an dessus des têtes blondes des enfants ! Quand est-ce que les fidèles de tous les âges se plairont à dire : « Wotre bonne école, notre chère école du di- « manche, notre trésor d'édification, le sujet de « nos plus douces joies ! »

Quelques bons exemples sont donnés ; pvis* sent-ils être suivis !

AUoo» nous-mêmes conjurer ceox sur qui^nous pouirotts avoir quelque îofluelioe, d^eucourager la teiiue.de ces. écoles eu. y euvoyaut leurs eu* UMm et eu 7 assistant eux-ttéiiies. n s*agit d*un ttoble travail, d'uue œuvre que Dieu approuve^ il s'agit de Tàme de nos lils et de nos iilles, de

lew édnoatiou sdon le Seigaeur ai de Jbur ave^

nir, il s'agit de raffermissement et de la prospérité de rfiglise, du règne de Jéaus-Gteist et de son extension sur toutes les nations de la terre, * Souvenons* nous de cette terriUe parole :

« Maudissez Méroz, car il n est pas venu au se- « cours de rstemel avec les hraunes puissants! » (Juges V, 23.)

Que les âmes insouciantes et légères craignent de s*expoaer aux effets d*iHie sentence sjl redoutable !

Que les instmeteurs s'attachettt à finre des

études plus approfondies sur le texte sacré, afin qtte leurs leçone aient plus de solicité et de substance. C'est d'eux, en grande partjiey que dér femé le soeeès ; ils sont comiBe les réservoirs et les canaux^ qui doivent répandre les eaux vives^ s'ils ne donnaient que des enseignements pauvres ' et arides, Técole serait bientôt semblable A une terre désolée, qui ne produit que des épines et des chardons» et dont la fin est d'être ilétrato* Que les instructeurs et les directeurs s'appU?

(juent euseml>le à donner à leurs leçans un caractère plus profondément éyangélique, plus ^irituel et pratique. Dans beaucoup d'endroits» récole du dimanche rappelle trop Técolc ordinaire; la recherche de Tinstruction remporte sur celle de rédification. Les appela aux jeunes âmes, pour -amener leur conTersion, ne sont pas assez pressants, pas assez pénétrés de la charité de Christ. On intéresse les enfants, mais ils ne se sentent pas asâcz soys T influence du Saint-Esprit; la prière n'est pas assez fréquente, pas asses ardente et soutenue. /

Ah! si nous savions, comme Jacob, lutter avec • le Seigneur jusqu'à Taube du jour ; si nous lui demandions avec larmes, avec persistai^ce et a^ec foi, de nous donner des âmes pour les con«* duire à Lui, nous verrions les bénédiçtions moiiter cmBime les flots. et couvrir le champ de notre travail!

Allons, firères, prenons courage, serrons nos rangs et demeurons bien unis ; travaillons, les regards tournés vers le sanctuaire, Dieu est avec nous et notre travail ne sera pas vain auprès de Lui.

A Loi la gl(nre, Fadoration et la louange dans

tous les ûges !

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