CHAPITRE Xni
SUBSTAKGE B'UIïE LEÇOH TIRÉE DES ÉPlXEES.
La eansécratian à Dieu, (fiomains XU» 1 , 2.)
4. Je vous conjure nuUntenofU^ mes frères ^ par les compassions de DieUy que vous offriez vos corps en sa*
crtfice vivant^ saint et agréable a Dieu^ ce qui est votre
service raisonnable.^ 2. Nevouscottformezpohttausiéclepréseni^maissouei
transformés par le renouvellement de votre esprit^ afin que vous éprouviez que la volonté de Dieu est bonne.^ agréable et parfMe.
Mes chers enfants,
Dans les chapitres qui précèdent celui d'où sont tirés ces deux versets, l'apôtre saint Paul avait exposé aux fidèles de l'Eglise de Rome les grandes vérités qui sont le fondemesl dn cblisthmisne. Il leur avait montré que tons les hommes sont pécheurs et dignes de la condamnation; mais que Metty dans sa grande miséricorde» a envoyé son FUs pour les sauver; que c'est par la foi en Jésus et en son sacrifiée que nous sommes justifiés^ c'est-à-dire que nous rentrons en grâce devant Dieu. Etant justifiés par lafoi^ dit TAp^ytre, nous avons la paix avec Dieu par noire Seigneur Jésus-Christ K Après avoir établi cette doctrine, saint Paul expose les heureux effets qu'elle produit dans les cœurs des MUeS| et il montre surtout qu'elle les porte puissamment
^ Romains V, 1.
à faire la volonté de Dieu et à vivre dans la sainteté.
Dans les i>assage$ que vous venez de réciter, il rappelle les principaux devoirs que doivent remplir les chrétiens, et le premier de tous c'est de se consacrer à Dieu de tout leur cœur et de s'attaciicr à le servir. C'est le devoir dont nous devons nous entretenir aujourd'hui avec vous. J'espère que vous en sentirez toute Timportance.
Mes chers enfants, vous n'ignorez pas les grandes etconsolantes vérités que nous enseigne TEvangile. On vous les a souvent annoncées dans cette école ; vous pouvez les répéter de votre bouche, et j'espère aussi qu'elles ont plus d'une fois touché votre cœur. Vous savez quelle est la charité de Jésus envers vous ^ lequelétant riche s^esi fait pauvre pour vous, afin que par sa pauvreté vous fussiez rendus riches 11 est venu .sur la terre pour chercher les âmes, comme un berger cherche ses brebis qui sont perdues, afin de les ramener à la bergerie et de les mettre en sûreté. Mais il a fait plus; pour vous délivrer de la punition que vous méritiez, il Ta supportée à votre place, en mourant sur la croix. Y a-t-il un plus grand amour que celui de donner sa vie pour ses amis? Cest là Tamour que Jésus vous a montré. £t pourriesfr-vous ne pas aimer à votre tour ce Sauveur si miséricordieux et si bon?
Représentez -vous, mon cher enfant, qu'un soir vous vous soyez égaré à quelque distance de votre habitation et que, trompé par robseurité, vous soyez tombé dans un ravin profond, d'où il est impossible que vous puissiez vous tirer par vous-même. Vous êtes là tout meurtri, les ténèbres vous effrayent, vous appelez du secours, personne ne vous répond, le temps s'écoule, et ne voyant aucune issue, vous vous écriez dans votre détresse ; « 11 n'y a plus d'espérance;
• % Cor. vm, 9.
• Je suis perdu. • — Vous vous mettez à prier, et pendant que vous demandez à Dieu d'avoir pitié de vous, une voix 86 fait entendre et dit : « Je Tiens te sauver; ne erafns « point. » Alors riiomme qui a prononcé ces mots descend jusqu'à vous, au péril de sa vie, cap le précipice où vous êtes tomiié est escarpé et profond; mais, dans sa bonté» il s'oublie lui-même, pour avoir la joie de vous retirer de là. ^
Une fois en sûreté^ quelle reconnaissance vous lui montrerez, comme vous aimerez cet bomme» qui n'a rien épargné pour vous délivrer, comme vous serei heureux de suivre les directions qu'il vous donne, les ordres qu'il vous prescrit! Entre lui et vous, il y aura une affiedion qui durera jusqu'à la mort.
Mes enfants! Jésus-Christ a poussé pour vous le dévouement iMcn plus loin encore, puisqu'il a souffert lui-même tout ce que vous auriez dû souflTrlF, Apprenez maintenant, par les versets que nous allons vous expliquer, comment vous devez lui témoigner votre reconnaissance.
D. Qui sont ceux quei saint Paul appelle ici ses frères ^? /t. Les chrétiens de l'Eglise de Rome.
D. Cette épître était-elle destinée à eux seuls? R. Non, elle doit servir à l'instruction des Hdèies de tous les temps.
• /). Pourquoi les chrétiens se regardent-ils comme frères ?
/{..Parce qu'ils sont enfants du même Dieu et rachetés du même Sauveur.
D. A quoi saint Paul nous exUorte-t-il dans ce$ deux versets?
> .Ces instructions étant destinées à la division supérieure de Fécoie du dimanche, nous pouvons supposer qoe les élèves qui la forment sont capables de ftdre des réponses plus développées que eenz des da«es inférieures.
R. A offrir nos corps en sacritice à Dieu el à ne nous conformer au siècle présent.
£ftt^ Mdemeiit bos corps que nous dmns cfttk à Dieu?
/{. Nous devons aussi lui offrir nos âmes.
/>. Pourriei-voiis m'en dire la raison?
R. C'est que le eorps obétesani à Uâme, l'un ue peut pas se donner sans l'autre.
D. Comment lui offrIrons-BOus nos corps? Sera-ce en nous donnant la mort ?
R. Non, puisque l'Apôtre dit, que nous devons les présenter en sacrifice^ vivant,
D. En quoi consistera donc ce sacrifice de nos corps?
y?. Dans la consécration de nos forces el de notre vie au Dieu de notre salut ^ comme nous l'apprend saint Paul dans un autre passage, où il nous recommairàe de lie plus donner nos membres au péché y pour en Jaire des instruments d'iniquité; mais de les donner à Bieu^ pour être des instruments de justice ^
2>. Comment lui consa^rerons-nons nos âmes?
li. £n Taimant de tout notre cœur et en nous proposant constamment de le servir.
D. Mais pourquoi cette cbnsécration à Meu est-elle appelée un sacrifice?
R, Parce que ce n'est pas sans souffrance que nous r»nonçons à nos inclinations corrompues, pour nous soumettre à ce que le Seigneur demande de nous.
Pourquoi ce sacrifice est-il appelé vivant?
R» D'abord parce qu'il n'est pas accompagné d'une elhision de sang, comme les anciens sacrifices; et ensuite, parce que la vraie vie se trouve dans la consécration à Dieu de toutes les forces que nous , tenons de lui.
* Romains VI, 13. • ' • -
z>. Ëu quoi consiste donc la vie de l'âme?
Dans rarnour que nous avons pour Dieii et dans la soumisslofi à sa volonté, comme le dit saint Paul dans un autre endroit, dans la justice^ la paix et la joie par le SaimtrE$prU K D. Pourquoi ce sacrifice est^fl appelé miMf
Parce que la sainteté consiste à se donner à Dieu de la sorte.
D. Comment ce sacHfice peut-il Mrs agréAîe k IMeu malgré les imperfections qui s'attachent à tout ce que nous faisons?
R. Parce quil est offert au nom de Jésus^Cliristy dont la
miséricorde couvre toutes nos fautes.
D. Pourquoi l'Apôtre nous exborte-t-il avec tant d'instanee à nous consacrer ainsi à Dieu?
R, Parce que cet acte est pour nous d'une souveraine importance. Il y va en effet de notre avenir éternel.
D* Qudle consIdératiOB nous présente saint Paul, pour nous engager à nous donner au Seii^neur?
R. 11 nous rappelle les compassions de Dieu envers nous et il nous dit en outre que ce dévouement est notre service raisonnable.
D, Comment les compassions de Dieu envers nous se sont-eUes surtout manifestées?
R. En ce quil a envoyé son Fils unique, pour nous purltier de nos péchés et pour nous sauver.
D. A quoi doit noUs porter une si grande miséricorde?
R. A lui consacrer nos personnes, nos foms et notre vie.
D. Pouvons-nous dire, que c'est là notre service raisonnable?
R. Oui, car comme c'est de Dieu que nous tenena la vie « Romains XI\% 17.
et toutes choses, nous devons tout rapporter à lui et à sa gloire.
/>. Qu'est-ce qui rend ce devoir encore plus pressant? R. C'est rameur inûni que notre Père céleste nous a montré en Jésus-Cbrist.
D. Qu'est<ce que saint Paul nous prescrit dans le deuxième
verset?
A. De ne pas nous conformer au siècle présent,
D* Que désigne le mot de tiède dans plusieurs passages?
il. Le monde. Ainsi, quand il est dit dans l'épitre aux Hébreux que c'est par son Fils que Dieu a fait les siècles \ il faut entendre que c'est par lui qu*il a fait ie monde.
D, Qu'est-ce que le siècle présent?
A. C'est le monde et les habitudes des hommes corrompus. Le monde est plongé dans le mal, dit saint Jean K
D. Que faut-il faire, pour ne pas se conformer au monde présent?.
A. Il faut se garder de ses idées reltebées et de ses mauvais exemples.
D. Nous est-il dit ailleurs que nous ne devons pas suivre le train du monde?
R. Moïse avait d^à recommandé aux Israélites de ne pas suivre la multitude pour mal Jaire ^, et Jésus -Christ nous engage à ne pas marcher dans la voie large qtU est s^vie par la f mie et qui conduit à la perdition K
D. Quel ebangement doit s'opérer en nous, pour que nous soyons rendus capables de. remplir ces grands devpirs?
R. il faut que nous soyons transformés par le renouvellement de notre esprit.
Que ^gnifient ces mots être transformés?
* Héb. I, 2. — « IJean V,19.— » Exode XXIU,4. — * Matlh VU, 18.
R. Ils défligneni an renouveHement complet.
D. Pourquoi faut-il que notre esprit soit renouvelé ?
H. Parce qu'il est naturellement porté au mal.
D. £st-ce seulement notre intelligence qui a besoin d'un renouvellement ?
/?. Ce renouvellement doit s'étendre à notre être tout entier. C'est ainsi que nous deviendrons le nouvel homme créé à image de Dieu^ dam une Justice et une sainteté véritables *.
D. Comment ce changement se produit-il en nous?
R. Par l'action du Saint-Esprit. Le Sauveur nous l'apprend dans son entretien avec Nfoodème : Ce qui est né de la chair est chair^ et ce qui est né de ^Esprit est esprit\
D. Que faut-il que nous fassions pour obtenir ainsi le
secours du Saint-Esprit ?
R. Il faut le demander à Dieu. Jésus-Cbrist nous dit : Demandez et U vous sera donné *. -
D, Quand nous sommes changés ou renouvelés qu'éprouvons-notts à Tégard de la volonté de Dieu ?
R. Qu'elle est honne^ agréable parfaite.
D, Tous les hommes ne sont-ils pas obligés de rcconiiailro que la volonté de Dieu est telle?
R. Tous les bommes sincères reconnaissent bien qu'elle est Juste et parbite, mais les idèlet «euls la reconnaissent pour agréable.
Pourquoi eux seuls?
R. Parce que leur cœur étant changé, lis ont appris A aimer le bien et ù bair le mal.
Vous serez heureux, mes entants, si, après avoir étudié » Higbés. IV, S4, > leui UI, 6. - » liatib. VU, 7.
et compris ces choses, vous vous altacbez à les meUie en pratique.
Que le Dieu de paix soit a^ec tous!
CHAPITRB XIV-
D£ LA. DISCIPUKE.
Il semble au premier abord que c est ua hors* d'œuvre, que de parler de discipline, quand flsV git d'école du dimanche. Des enfants réunis sous le regard de Dieu ont-ils besoin qu'on prenne des mesures plus ou moins sévères pour les maintenir dans Tordre ? — Il ne le semble pas. — Touteftns le» en&nts sont si: légers, si mobiles» que leur participation au culte d'une telle école ne doit pas être envisagée comme une garantie su£Bsante contre tout écart. D'ailleurs il faut considérer que les élèves dont il s'agit n'ont pmnt été choisis comme les meilleurs au milieu d'une multitude d'autres. Tous ceux qui veulent assister à Fécole du dimanche sont les bienvenus, pourvu qu'ils se fassent inscrire régulièrement; et, dans le nombre, il peut se trouver des enfants à l'égard desquels une certaine sévérité ne sera pas superflue.
Nous nous hâtons cependant de le dire ; ces c^s doivent être rares et le sont en effet. L'in-
fluenee de rinstitatum^ d*one part, la. bénédie*
tion qui y est attachée, de Tautre, sont si puissantes, que les enfants qui Tiennent y chercher rinstruction, se distinguent généralement par leur bonne conduite; de telle sorte que, pour les guider, il n*est nullemrat nécessaire d*employer une chaîne forte ^ un fil de soie suilit.
Bemarquons en outre que le mot de dUcipUne n'est pas toujours pris dans son \rai sens. On entend le plus souTent par là un ensemble de moyens extérieurs, destiné à régler la conduite des enfiints dans Técole ; mais ce mot, dériTé du latin discoj apprendre , désigne plutôt Tenseigne'ment intérieur de la règle et du devoir. Sous ce point de vue, tous les en&nts, même les meilleurs et les plus sérieux, ont besoin d'être tenus sous la discipline ; et saint Paul nous le fait corn* prendre quand il dit : Pères, élevez vos enJanU $mt$ la-discipline et dans la crainte du Seigneur*.
Ce n'est pas même l'enfant seul qui a besoin d*nne telle influMce; Tbomme fait en a^beaoin comme lui. Nous ne remplissons nos .devoirs qu'autant qu'une force intérieure nous y poMBe. Cette action du dedans n'est pas une loi de contrainte; c'est uue loi d'amour, qui uous subjugue sana doute, mais qui ne nom soumet qu'en nous
« Ephésiem VT, 1.
faisant vouloir et youloir avec plaisir tout ce qui est nécessaire pour le maintien de Tordre; tandis qoe notre inclination naturelle nous porterait h seconer le joug et à yme dans une indépendance, funeste.. /Vmrai ma loi dans leurs cœurs, et je la graverai dans leurs ehteiêâemêrUs ^ . Ainsi Tenfant apprend à youloir le bien, à respecter les règles qui lui sont prescrites, et à refouler dans son âme tout ce qui pourrait le port^ à le^ violer.
C'est rSsprit de Dieu qui produit eet effet nér mirable et mystérieux. C'est lui qui est le fondement de la yraie discipline, de la discipline qui forme les cceurs.
Dans l'école du dimanche, Tenfiint entend habituellement la Parole sainte ; elle lui est expliquée, il en reçoit des impressions salutaires, TEsprit de Dieu les fait naître et les fortifie; rélève se trouve ainsi transporté dans une régicm serdne, sainte, j'allais presque dire céleste, dans laquelle, loiu du bruit du monde et de ses fcdies, il se rapproche de son Dieu et entre dans une heureuse communion avec lui. Il goûte, dans cet état une paix qu'il ne connaissait pas encore, et il désire la conserver toujours. Comme Pierre sur le Thabor , les enfuits fémods dans leur école
> Jérémie XXXI, S9.
du dimanche qu'ils aiment, sont prêts à dire : Il est ban que nous demeurions ici.
C'est pour cela qu'ils se rendent volontiers à ces réunions et qn*ils ne les quittent qu*ayee re^ gret. Dieu y parle à leur cœur et pour peu qu'ils se rendent attentifs à la voix céleste, la joie intérieure qu'ils ressentent leur devient plus prér cieuse que tous les plaisirs qu'ils pourraient trou* yer ailleurs.
La discipline de F école du dimanche est avant tout intérieure; elle agit sur le cœur. C'est celle de la Parole sainte devenant par le Saint-Esprit la régie vivante de Fenfant. C*e8t la discipline de Tamour ; car r£sprit-Saint tend à gagner nos affections et à les purifier. Or on n*agit sur nos affections que par la puissance de l'affection..
Le cœur est surtout attiré par la connaissance de Jésus-Christ en qui nous trouvons l'auteur de notre salut, la victime de propitiation qui ôte les péchés, un ami fidèle qui nous environne de s» ^ protection et nous comble de grâces.
Le cœur étant gagné, c'est la capitale du pays qui est prise ; ce qui reste est obligé de se sour mettre. Les affections une fois changées, la vie entière se transforme. Ainsi la discipline chrétienne agit du dedans en dehors; comme un flambeau ardent, elle jette des rayons sur toute l'ejLisr tence, pour la purifier et l'ennoblir.
Mais de ce que le principe régénérateur a pénétré dans TAme des enfants, on n'en condura pas qu'il est superflu de leur rappeler les di- Terses l»ranches du devoir. L'humanité à tout âge est faible et mobile, elle Test surtout dans les années de la jeunesse-; il sera donc toujours utile d'insister sur les défauts que tout homme doit éviter et sur les vertus qu'il doit acquérir. Le sentiment chrétien rendra ces exhortations vivantes et eflBcaces.
Lorsque, la Parole sainte à la main, on reprendra rélève ou qu'on cherchera à le retenir, quand il est près de se laisser entraîner au mal> sa eon« science, un moment endormie, se réveillera et il s'écriera avec Joseph i Comment ferais-Je un ri grand mal et pécherais^je contre Dieu ? Quand encore on lui signalera quelque devoir à remplir, en l'exhortant à ne pas montrer de la lenteur ou de l'insouciance, il se rappellera que le peuple de Dieu est un peuple de franche volonté et on le verra courir avec ardeur là où il y a quelque bien à faire. Ceci n'est point un tableau d'imagination. Dans les écoles chrétiennes, on trouve généralement les enfants prêts à s'employer pour autrui, bons et simples dans leurs procédés, complaisants envers leurs camarades, soumis et dévoués k leurs maîtres et à leurs parents. Un mot d'avertissement suffit pour les faire rentrer
daM le sentier àe la drottore, lorsqu'ils s*eii éearteat; ua mot partant da cœur leur conunumque on lâe uouTeau pour toute boane œurre.
Des punitions.
Le mot de punition doit rester inconnu dans une bonne école du dimanche et il faut le pro* scrire. S'il était prononcé, ce serait déjà un danger et récole risquerait tl*étre dénaturée. Une réprimande, des avertissements seront de temps en temps nécessaires ; mais un châtiment proprement dit, ne pourrait être appliqué sans une sorte de scandale. Si la Parole de Dieu n'est pas un moyen suffisant de disdpline pour un élève, s'il refuse de se soumettre à l'ordre, s'il persiste à troubler Tliarmonie et le recueillement de Técole, il faut simplement le renvoyer à ses parents, qui le puniront'. Le directeur et les instructeurs ne sauraient se charger de cette triste tâche*
Mais ils peuvent et doivent reprendre et censurer, lorsque les circonstances l'exigent.
Quand , par exemple ,. l'instructeur voit que
^ Dans W cas o& Vou né pourrait compter en aucune manière sur les parents^ pour ramem renfiwi Tordre, ii ûuidrait le placer dans quelque bonne école de semaine, pour lui donner des habitudes d^drôie et d'obéissance.
Fiiii des élèyes est inattentif ^ distrait, on quand il peut lui reprocher de rinexactitude^t de la paresse, il lui adressera une obsenration plus ou moins sévère, en Tappuyant autant que possible de quelque passage de la Parole de Dieu. Cette Parole a une énergie, une puissance extraordinaire pour soumettre les cœurs et les ramener au sentiment du devrar. Cest Tarme de Tinstitu* teur chrétien ; c'est le glaive mystérieux qui pénètre jusque dans les profondeurs de notre être ; Texpérience a montré que lorsqu'on remploie avec discernement, on trouve peu de résistance parmi les élèves ; que leurs dispositions sç modifient de la manière la plus heureuse; en un mot, qu'il n'y a pas de moyen de discipline plus efficace.
Il est à remarquer d'ailleurs que c'est un pouvoir qui ne faiblit jamais, une arme qui ne s'use point, un moyen d'action qui s'adapte aux cir<constances et aux caractères les plus divers. Que cette Parole soit le ressort de la discipline des écoles du dimanche, et Ton n'aura pas besoin de recourir à d'autres moyens d'ordre.
Si rinstructeur ne parvenait pas à produire r effet désiré, il aurait recours au directeur, qui, parlant avec l'affection et l'autorité d'un père à l'égard de son enfant, pourrait espérer de toucher salntairement l'élève qui jusque-là aurait re-
gimbé contre l'aigaiUoD^ — Dans ces cas» prier
avec r enfant indocile, et pour lui, c'est le mo jen suprême : Diea seol pouyant changer le cœur.
Lorsque le directeur, pendant qu'il parle aux élèves, s'aperçoit que Tun d'eux s'agite, chuchotte, est inattentif ou provoque l'inattention de ses camarades, il le reprend en le nommant, si cela paraît nécessaire , ou il se borne à adresser la réprimande dans la direction où le désordre se produit, afin d'en prévenir l'extension et de le faire cesser chez celui qui le cause. Cette parole grave, descendant de la chaire, ne peut manquer de produire Bon effet. S*â en était autrement, il faudrait en conclure que l'école n'est pas couve* nablement organisée et qu'il n'y règne pas un bon esprit.
Il est des cas où un avertisseme^t donné aux parents pourrait être utile. C'est au directeur qu'il appartient de décider si les circonstances nécessitent l'emploi de ce moyen de répresâon.
Nous rappellerons, en terminant, que la discijdine de l'école du- dimanche doit être essentiellement spirituelle^ et que ses prindpaw^ éléments sont une soUidtiide- tendre et éclairée, une fermeté tempérée par une douceur pleine de grâce ét une affection dévouée, qui gagne les cœurs et leur lait aimer le devoir.
Voilà le chemm royid dtiifi lequel il faut que
marchent les instructeurs et les directeurs d éeoles da dimanche ; e'est là qu'ils recueiUeroiit de riches bénédictions.
Que leur œuvre soit toujours Mvifiée par la prière I L'éducation est une ceuvre^Uvine; o'est par la prière que nous appelons Dieu à notre aide. Là où la pri^e est négligée, il peut rester des formes; mais elles sont trompeuses. L'iuter- Tentiou du Seigneur peut seule domier la r/alité et la vie. ' ,
Des récompenses.
En principe, il importe que reniant soit bien convaincu que s'il remplit 9on devoir, il ne mérite pas pour cela une récompense. Ne craignons pas d'insister sur ce point. Son devùir^ c'est ce qu'il doit^ ce qu'il doit à Dieu, ce qu'il doit à ses parents, à ses supérieurs. Or, on n'a pas droit à être récompensé quand on paye une dette.
Encore faufil que l'enfant conridère bien qu'il ne paye jamais sa dette entière/Il reste toujours redevable. On peut le louer de ce qu'il reconnaît ses obligations, de ce qu'il travaille à s'en acquitter; mais s'il devenait exigeant et demandait une rémunâraition, il oublierait, évidemment sa position, et il faudrait de toute nécessité la lui rappeler.
11 est eu outre manifeste que, lorsqu'il fait sou devoir, lorsqu'il sHnstmit, lorsqu'il fait quelque progrès, et qu'il se développe eu iutelligeuce et en moralité, il travaille pour lui. Qui est-ce qui recueillera le premier les fruits de ce perfectiounement, si ce u est lui-même ? Et peut-il demander qu'on le récompense d'uu gain qu'il a fait, qui doit r enrichir, non-seulement pour le monde présent, mais encore pour Téternité? Assurément les bénédictions qu'il recueillera de ses progrès doivent lui sufire. En devenant sage , plus instruit, plus soumis, plus pieux, ne trouvera-t-il pas le bonheur ?
Ces réflexions^ qui sont justes, quelles que soient les écoles dont on s'occupe, acquièrent un poids bien plus grand lorsqu'il est question des écoles du dimanche. Là, en effet, l'élève est plus particulièrement placé sous te regard de Dieu; il se rend dans ces écoles pour offrir un culte à Dieu, pour croître dans sa 6r&ce ou pour appreor dre à la connaitre ; il nous parait donc que la nature même de l'acte qu'il fût repousse toute idée de récompense. * L'enfant ou le jeune honune qui se rend au temple, pour entendre la Pardle sainte ou pour prier, ne serait-il pas bien étonné si, au moment où il sort du sanctuaire, on lui offrait quelque don pour le récoo^ienser de ce qu'il vient de faire?
€ea principes paraissent incontestables, et cependant il est des faits et des considérations qui tendeilt à les modifier dans TappUcation.
Le jeune enfant, dans Técole du dimanche, ne se borne pas à entendre une exhortation et à participer à un culte : il fait un travail.
Cet âge est trop mobile et trop peu affermi dans le sentiment de ses obligations, pour qu'il ne soit pas nécessaiie de Taiguillonner et de constater, en qaelqœ manière^ ce qn'il a fait, soit en bien, soit en mal.
Un mgne extérieur quelconque pourra conduire à ce but. Celui qui aura travaillé consciencieusement recevra nne marque qui constatera simplement qu'il a été laborieux ou exact dans ce qm était exigé de loi.
£emarquons toutefois que la chose est très délicate; car si Tenfant travaille pour obtenir cette marque d'approbation, au lieu de faire son devoir eu vue de Dieu et de sa conscience, le principe de moralité disparait. 11 importe donc de Men établir que la récompense est un simple témoignage d'approbation, donné au nom du Seigneur et servant à déclarer que Télève a été attentif, laborieux et exact.
11 nous^ resterait bien encore certains scrupules sur la légitimité de ce moyen, si d'autres considérations ne venaient nous rassurer.
Eu matière d'éducation morale, il faut, autant qne possible, imiter le goayememeiit de la Proiri* dence. Or Dieu récompense ses serviteurs lors même que, rigoureusement parlant, ils ne le méritent pas. C'est de sa bonté et de sa grâce que la récompense procède. — Dans notre petite sphère, nous pouvons donc agir de même : donner une récompense, mais en faire ressortir la gratuité. G*est de la part de Dieu que nous la dcmnons; comme signe de son approbation, comme preuve de son amour et de sa condescendance, comme garantie donnée aux enfants, que s'ils travaillent pour le Seigneur, il ne les ouUimra pas an jour où il mettra à part ses bien-aimés et les fera entrer dans le séjour de rétemelle gloire.
Souvenons-nous, d'ailleurs, que Tinstituteur, dans son école, doit être comme un père au sein de sa famille. Un pasteur ou un directeur d'école du dimanche doit, à plus forte raison, s'envisager comme le pâre de la jeunesse qui se rassemble autour de lui. Or, un père ne se borne pas à accorder à ses enfants ee qu*ils ont mérité ; s<m affection le porte à leur donner tout ce qui peut les encourager dans leur trayail et contribuer à les rendre heureux.
L'esprit de la femiUe doit domina dans Féoele, et plus il fera sentir son influence, plus aussi les progrès des enfants, sous le point de vue de Tin-
telligeuce et de la moralité, serout sensibles.
Noiis admettons donc leB récompenses dons récole du dimanche» mais avec des restrictions.
Nons serons économes des récompenses, afin de. ne pas afiEaiblir lear influence et de ne pas rendre les enfants avides.
Mons donnerons les récompenses comme simple marque d'encouragement, de bienveillance, et nim comme salaire de trayail.
i\ous ne cherchcrous pas à récompenser la piété proprement dite ; cela ne nous appartient point, et si nous tentions de le faire, nous risquerions de la flétrir. C'est mie flenr délicate qui ne vent être nourrie que des rosées d'en kaut. Mais Tenfent pienx se rendra reeommandable par son exactitude, son application, sa soumission à Tordre, et ce sont là des qualités que nous serons heureux de pouvoir récompenser.
Nous nous attacherons moins à récompenser rintelligence que le travail. Ne distinguer que le talent, c'est être injuste envers ceux qui, sans avohr les mêmes dons naturels, sont pleins de zèle et de bonne volonté. Prodiguer les marques d'approbation à ceux qui sont heorensement doués, c'est infailliblement exalter leur vanité et rîsqner de les éloigner dê'Bieu pour toujours.
£nfln, nous ne donnerons comme récompense que des objets utiles, propres à fortifier les dis*
positions heureuses qui se mauifesteut chez les enfants et à nourrir leur piété naissante. De bons UTres remplissent tout à fait cette condition. Mais il faut être très scrupuleux dans les choix. Malheureusement, nous sommes inondés d'où* yrages que 1 on prétend être appropriés aux besoins de la jeunesse, et qui ne renferment que des lieux communs de morale mondaine et quelquefois même des Tues et des maximes eomplér tement opposés à TEvangile*
Mais quel moyen adoptera-t-on pour constater Tassiduité, le zèle, et en général la bonne conduite des élèves? C'est ce que nous allons examiner?
Le premier moyen qui se présente, ce sont les bons poMs^
Ils offrent incontestablement certains avantages.
a) Ils fixent Topinion que le maître se forme de la conduite et de Tapplication de chaque enfant de récole. Sans un signe de cette espèce, le maître pourrait rester daus une sorte de vague quant an jugement qu'il doit porter, et, à la longue, ce vague risquerait de devenir un germe d'injustice.
bj Ils donnent à l'élève lui-même la mesure de son assiduité, de son travail et de ses progrès. L'enfant a besoin d'une telle appréciation pour
ne pas être exposé à se faire des illusions favorables on à se décourager. Dans le premier cas, le témoignage qui lui est donné tend à rabattre son amour-propre. Dans le second, le bon point le rassure et le relève*
e) Les bons points indiquent aux parents d'une manière régulière et précise quelle est la con* duite de leurs enfants dans T école. Cet avantage est très grand ; car, pour qu'une école quelconque réussisse, il faut que les parents soient tenus au courant de la manière dont leurs enfants en profitent, et que T éducation domestique puisse aiusi marcher d'accord avec Féducation publique.
Mais le système des 60115 points présente atussi des inconvénients.
a) Les élèves se les passent quelquefois les uns aux autres et en font un trafic. Il n'est même pas sans exemple que des paquets de bons points aient été dérobés. Ainsi, il peut arriver que Tenfant qui n*en a point obtenu se présente chez ses parents muni de tout ce qui peut les rassurer sur sa conduite.
b) La vue des bons points risque toujours d'entretenir une certaine vanité dans le cœur de Tenfant.
c) Enfin, les bons points engagent l'élève à chereli^ Tapprobation du maître et les distinctions extérieures, plutôt que l'approbation de
Dieu; en d^autres termes, à désirer le prix de la Tertu plutdt qae la Terta même.
Quand on donne aux bons points une valeur monétaire, comme cela a lieu dans quelques écoles, le mal est bien plus grand puisque Tenfant est conduit à réduire en francs et en centimes sa provision de lK>ns points. La conduite scolaire et morale se trouve ainsi cotée d'après un tarif et représentée finalement par une. somme d'ar* gent. Dans ce système, il n'est pas d'élève qui ne puisse calculer, chaque semaine, ce qu'il vaut ou plutôt ce que lui a valu Técole du dimanche. ~ Tel dira à son instituteur : « Tous ne m^aTes pas enc(n:e payé mon bon point. » Cette expresh sion caractéristique est assez fréquemment em« ployée^
Si donc on adopte le système des bons points, que Ton évite du moins de leur assigner une valeur semblable à celle de Fai geut, et que Ton ait^ en général^ Tœil ouvert sur les abus qui pourraient accompagner Tusage de ce moyen.
On pourrait employer avec avantage un petit carnet à colonnes, que Ton remettrait aux élèves à un très bas prix et dans lequel on inscrirait, par des chiffres ou autrement, le témoignage rendu à chacun pour son travail et sa conduite. L'inscription serait faite sur le carnet de l'élève et sur celui de l'instructeur; et comme le nombre
des eiifauls d'un groupe est, en moyenne, de huit ou neuf I Topératiou ne prendrait que peu de temps.
Ces inscriptions dans un carnet ne produi*
raient pas le même effet sur Tamour-propre que des bons points, que Fenfimt peut palper, et dont la couleur et Tapparence générale frappent agréablement les regards.
En même temps, tout acte de faux et tout trafic entre les enfants seraient eflBcacement préyenus.
Il serait à désirer sans doute que Ton pùt se passer de ce genre d'excitant ; mais Tenfance, telle que nous la connaissGns, n*a-t-elle pas besoin d'être soutenue par quelque témoignage de ce genre, et rinstrneteur ne peut-il pas neutraliser par sa parole les mauvais effets que loi^ aurait lien de redouter?
Répétons d'ailleurs qu'il faut que l'enfant sache jusqu*à quel point sa conduite et son application sont de nature à satisfaire celui qui le dirige. Ou le lui dit de vive voix ; on le lui dit également par écrit. De la sorte, il sait où il en est. Le vague profiterait toujours à l'orgueil ou à la paresse.
Mais ces témoignages ne constituent pas encore la récompense proprement dite; ils sont seulement des déments destinés à eu préparer TappUcatkm.
Dans certaines localités, on distribue des rér compense» tous les six mm\ dans d'antres» tontes les années.
' La distribution par semestre n'est admissible que dans les endroits où il est particulièrement nécessaire de réveiller et d'entretenir l'intérêt pour les écoles du dimanche. Ces distributions fréquentes sont coûteuses et habituent T enfant à Tcnr toujours une récompense suiTre presque immédiatement sou travail. On ne peut donc guère les considérer que comme une mesure temporaire, nécessitée par les circonstances et derant faire place plus tard à des distributions Annuelles.
Ces distribulions doiyent, autant que possible, se &ire dans le temple. La destination du local donnera un caractère plus sérieux et plus chrétien à la cérémonie.. £lle sera annoncée quelques jours à Tavance, et les amis de 1 œuvre se feront un devoir de la rendre plus intéressante par leur présence.
La solNudté commencera par la prière. La
prière sera suivie d'un rapport sur la marche de l'école, et d'une ou deux allocutions. La prière, le rapport, et les allocutions détermineront nettement la manière dont les parmts et les enfemts doivent envisager les récompenses accordées. En . adressant aux élèves des paroles encourageantes,
en rendant justice à ceux d'entre eux qui se sont montrés recomma&dabies par leur application, on aura soin de rappeler tout ce qui doit entretenir Thumilité dans lenrs eœnrs, et Ton demandera à Dieu pour eux de nouvelles g^ces.
Lesr allocHtions seront simples, toot à fiiit à la portée des enfants, inspirées par Tamour que Ton a pour eux et par une piété vivante. Des traits de rhistoire biblique, une ou deux anecdotes» donneront un caractère familier et attrayant au discours et soutiendront Tattention de Tauditoire.
Après ces préliminaires qui, sous un eertain
rapport, seront Tessentiel de la cérémonie, puis* qu'ils donneront lieu de faire entendre les vérités saintes aux parents et aux enfants, on procé^ra à la distribution.
Elle ne se fera pas ^rigoureusement d'après le contenu des carnets. Les notes qni y sont consignées seront sans doute le point de départ, mais l'appréciation générale des instructeurs et du directeur en modifiant et en compléteront le résultat, de telle sorte que Tenfant ne pourra pas dire : « On va me récompenser d'après les bon* nés notes que j'ai obtenues. »
Les chîffires sont nn prédeux moyen de constater les progrès d'un élève; mais les chifires ne disent pas tout. En les prenant pour base du ju-
gettient que Ton veut porter, il faut en compléter la significalioB an moyen de Tappréciation morale donnée par ceux qui ont étudié le caractère des enfants et observé lear manière d'être et d'agir. Sans cela, la justice que Ton veut rendre serait plus apparente que réelle.
On aura soin d'ailleurs, dans le cours de la distribution, de rappeler cetté vérité, que les élèves n'ont pas proprement mérité une rému* nération, mais qu on veut les encourager, leur témoigner de la bienveillance après lenr travail, et les préparer à prendre un élan nouveau dans la carrière du devoir.
Celui qui préside la cérémonie se souvieiidra que c'est de la part de Dieu qu'il récompense et que le témoignage visible qu'il donne est la représentation des bénédictions invisibles que le Seigneur prépare à ceux qui l'auront servi avec fidélité. Il n'oubliera pas, eu particulier, qu'il est an milieu des enfants comme Jésus-Christ, qui les accueillait avec amour et qui disait à ses disciples : Celui qui reçoit t*un de ces enfants en mon nom, il me reçoit.
La distribution des récompenses se fiiit quel* quefois à l'occasion de la féte des arbres de Noël. On sait que l'on a coutume, dans plusieurs pays, et notamment en Allemagne, la veille de ffo^, de placer un arbre vert dans une pièce spacieuse
de r appartement habité par la famille, d'éclairer cet trbre en attachant un grand nomlnrc de hovh gies à ses branches, et d'entremêler parmi son feuillage des noix dorées ou ai^ntées, des bonbons et des fruits pour réjouir les enfants de la maison et pour leur fidre fete*
Or, on a imaginé de profiter de cette coutume pour distribuer des récompenses aux élèyes des écoles du dimanche. On choisit un bel arbre parmi ceux qui conservent toujours leur verdure, et on le dresse au milieu de la salle d*école. Quand tout est préparé, que Tarbre est chargé de ses brillants ornements, et que Tillumination est complète, on ayertit les enfants, qui entrent dans la salle en bon ordre et en diantant un cantique de circonstance. On les fait arranger eu eerde autour de Tarbre et d^une grande ta* ble chargée des dons qui leur sont destinés.
Après un moment d'attente accordé à l'admiration et aux premiers élans de joie, le directeur ou le pasteur implore la bénédiction divine sur rassemblée, et en particulier sur les enfants, puis il prononce une allocution destinée à exposer le but de la solennité et à la fidre tourner à Fayantage de la jeunesse dont il est entouré. L'allocution est graye au fond, mais la forme doit en être yiye, gracieuse, propre à captiver les enfants. Us Bùat si mobiles et surtout si préoccupés dans
ce moment-là par les belles choses ^qu'ils ont soas les yeux, qu'il ne faut rien négliger de ce qui peut retenir ces esprits légers, assez semblables à des oiseaux toujours prêts & s'envoler.
Un arbre de jNoël fournit matière à des comparaisons qui les intéressent. Si Tarbre est dans un vase, Yous pouvez dire aux élèves :
Mes chers enfants 1 cet arbre a été planté, pour qu'il nous réjouît par sa verdure, et pour qu'après avoir porté de
charmantes fleurs, il nous donnât d'excellents fruits. N'estce pas là ce que vous devez faire vous-mêmes? Vous êtes maintenant comme des fleurs et vous donnez à vos parents et à vos maîtres de douces espérances; mais nous attendons de vous des fruits, et Dieu lui-même les attend. En ceci mon Père sera glorifié^ si vous portez beaucoup defruUs^ disait Jésus-Christ à sesdisdples.Et quels sont ces fruits: C'est la reconnaissance envers Dieu, le zèle pour son service^ Tamour que vous aurez pour lui et pour vos semblables, la bonté, l'humilité, la douceur, Foliéissance. Avec le secours de Dieu vous pourrez les porter. David dit dans le psaume I»*^, que le juste est semblable à un arbre planté prés des ruisseaux éTeau courante ^tii donne son fruit en sa saison. Ces eaux nous représentent la grâce de Dieu, qui donne la vie ik Tàme et qui la fortitie dans la pratique de tous les devoirs*
Si Tarbre est suspendu au plafond, vous twz remarquer que c'est ainsi que l'homme pieux a son appui dans le eiel quoiqu'il vive et porte ses fruits sur la terre.
Les lumières placées sur les tainehes de l'ar-
bre, fournissent aussi matière à des leçons utiles et frappantes. Christ est la lumière du numde.
U ne faut pas craindre remploi des ûgures au milieu d'un tel auditoire. Rien n'est plus à leur portée et plus conforme à leur goût, que ce genre de langage. Toutes les fois que Ton yeut rendre une Yérité sensible aux enfants ou aux hommes du commun peuple, il fiiut la présenter sous forme d'image. C'est également la base du langage des peuples primitifs.
Après cette petite allocution, les enfants chantent une seconde fois, puis la distribution des récompenses a lieu.
Ces récompenses ou prix d'encouragement consistent en bons libres, en fournitures de classe, canifs, papier à lettres, traités religieux, fruits, etc. La distribution se Mt en ordre, mais d'une manière paternelle, en accompagnant chaque don de ces quelques mots dits à propos qui^ selon la remarque de Salomon, sont comme des pommes d'or dans des paniers d argent. Il s'agit de réaliser Tidée d'une féte de famille. C'est en ne perdant jamais de vue cet idéal et en ramenant toutes les pensées au but religieux de la solen-* |}ité, que Ton tiendra en bride, les petites passions, qui sont toujours prêtes à se montrer dans toute distribution de ce genre, où il est si diffi- 4le de laisser chacun content de son sort.
La fête de fiimQle se donne aussi qbelquelbis à
la campagne, et plusieurs écoles du dimanche peuvent se réunir pour y prendre part.
Yous vous mettez eu chemin avec Theureuse troupe aux premiers rayons du jour. Vous ayez choisi nne portion de pays qui n'ofire pas trop de difficultés aux jeunes enfants, et vous cher* chez à lés installer dans un local champêtre qui ne soit pas très éloigué de la ville ou du village, afin que les parents et les amis puissent venir les joindre. Chaque école marche sous sa bannière. Tontes les figures sont radieuses, la vue des campagnes verdoyantes cause des transports de joie aux enfants, ils respirent avec bonheur un air vif et pur.
Arrivés dans la prairie où la fête doit avoir lien, les élèves forment un cercle immense et régulièrement organisé par groupes. Au centre se idacent les directeurs, les instructeurs et quelques amis. Les spectateurs sont en dehors du cercle.
L'assemblée tout entière chante un cantique tel que pelui-ci :
A IHea montent no» prières.
Dans un anrai beau jour ; Los voix d'enfants lui sont chères^
A lui nos chants d'amour.
Oq eetautre ; .
Célébrons l'Etemel : sa céleste puissance
Eclate partout fi nos yeux ; I/tonivers^ couroané de sa magnificence.
Proclame 8oa nom glorieux.
L'oiseau qui fait son nid à Tombre du feuillage,
Le lion du brûlant d»'sprt, lift tonner):e qui gronde au milieu de rorage.
Louent le Pieu de TanîTers.
Du radieux printemps l^halcine pàrftamée.
Le vent qui balance les bois, * • *
Le misseau qui mi^rmurQ au §ein de la vallée. Pour, le louer ont «ne voix.
. Mais 8i partout, grand Dieu, ta puittanee eei emprtintê. Si tout parlo de ton amour.
C'est à tes cbers enfants, qui vivent dans ^ crainte^ De les célébrer chaque jour.
Annis, venez aux pieds de ce fi&L débOAlisfre,
Ensemble vous humilier; Présentons-lui nos cœurs, et, conun^ un tendre pèro
n daignera nous relever.
Célèbre-le, mon âme, et chanta la démence
Du Dieu dont Tamour te sauva ; Redis sans te lasser Thymnc de délivrance.
Gloire à Luil Gloire à Jéhovah.
On accorde aux enfants une demi-heure de repos. Des rafraîchissement^ leur sont distrSmés, si la marche a été un peu forte; puis on les in-
TÎte à refimner leurs rangs. Les instnieteurs
président naturellement à Topération.
Un paÉteat on Ym des direoteors prononce
one prière, au milieu de Tenceinte; après quoi mOr on denx discoars fànnliers sont adressés aîix écoles réunies. Le sujet de ces discours est tout naturdiement quelqu'un des suivants : La Joie après le travail; le besoin de bénir Dieu pour les éoueeurs qu'il nous accorde au sein de nos familles et dans l$$ écoles dirigées par des moAtres chrétiens; le devoir de redoubler de zèle dans le service du Sassvewr; le ionheur de se trouvér ensemble pour louer Dieu ; le sentiment de notre faiblesse et du besoin de la Grâce divine; lapuissancc}, là àagesse et la bonté du Seigneur se manifestant dans les œuvres deiaoréoHm. -
Des détails sur les écoles des autres pays, des traits intéressants «latife aux écoles du dimanebe, des faits4irés de Thistoire des missions évangéliques peuvent aussi être rappelés utilement.
J'ai entendu un ami de cette «BUTre prendre pour sujet d'allocution les couleurs et la devise de la bannière principale qui flottait au milieu de l'assemblée. La devise était, union et foi : Ecoles du dimanehe^'Leê eouleu^s étaient le rouge et le Une, disposées de manière à présenter une éKMx bhràoha sur un fond rouge : c'est la ban* aière helvétique.
L orateur parla aux eufauts du bouheur que Fou éprooTe qaaad on vit dans Tumon; le coeur de rbomme ét^t fait pour se rapprocher du cœur de «es ftemblaUes* D montra la forée qui résultait de T union entre les hcHnoies, même de celle des enfants entre eux. Il le prouva par rinfluence des écoles du diniaaobe. Puis-il mon* tra qu'il fallait s'unir pour le bieu et non pour le mal; que tous pouiraîent fr'aider Jes OBftles aatees dans IsL pratique du devoir; mais que ce a était que dans la foi en GhrîBt que Ton trouvait cea deux choses» une solide unionM la Jorce de Jawe le bien; Christ nous communiquant son Esprit-, pour venir au secours .de notre faiblesse.
Passant ensuite aux couleurs de la bannière^ il montra la croix blanche sur un. fond rou^e,comme une représentation de Christ versant son sang pouK effacer, nos péchés- et sou nmiener A une vie pure. Il conclut en exliortant les enfants à s'attacha à Jésus^hrist crucifié et à le aervir de tout leur cœur.
Après les allocutions, ou pronoiice use «mh velie priërCà Le culte terminé, on distribue aux enfants les provisions qui leur sont deflUaées* du laitt des beurrées, quelques fruits.
Après ce repas auquel la gaieté de Tenfance, lea .aoènes rustiques et rafiéetîon chrétienaa donnent un chai^me difficile à décrire, ou laisse
aux élèves ua peu. plus de liberté. Ils comment éettt à faire des jeux, à cueillir des fleurs; la plaine retentit de leurs cris, et les assistants se joignent de cœur à ces plaisirs rendus plus doux par b sagesse.
Mais il faut toujours que les instructeurs veillent sur les en&nts de leurs groupes, afin de prévenir tout accident et tout désordre.
C'est ainsi que la journée se passe. EUe^est trop courte au gré des parents, des enfants et des maîtres. On reprend de bonne heure le chemm de la ville ou du village, glorifiant Dieu de ce qu'il a accordé à cette jeunesse un délassement dont eUcf peot jouir dans sa crainte et dans son amour.
Ce genre de récompense a le grand avantage de ne causer ni jalousie, ni récriminations; tous mmt contentS) tous ontité henr^ ensemble.^