‹ Essai sur les Fables de La FontaineChapitre 20 sur 21 · RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ

une graiae uniforme et partout semblable à elle-même , des parties formées et distinctes sortir tour à tour , et donner à la plante tige , racine , feuilles et fleurs. — Ici l'objet un est devenu multiple, et dans cette unité conservée , cette multiplicité introduite est un accroissement , partant une perfection. — Tantôt un amas de parties s'organisent par une force commune ou pour un but commun , comme on voit , dans un chaos de pensées confuses, une idée se dégager, distribuer les autres en système, et prêter à chacune la force de l'ensemble ; ou comme des pierres éparses se dressent en l'air par la volonté d'un architecte , s'attachent les unes aux autres , et composent un tout par leur har- 9ionie. — Ici, au:?^ parties primitives se sont ajoutées des qualités et des rapports nouveaux. L'objet multiple est devenu un ; sa vie solitaire s'est changée en une vie sociale, et dans cette multiplicité conservée, cette unité reçue est un accroissement , et partant une perfection.

Unité , diversité , telles sont les deux qualités dont Talliance donne à l'âme les plaisirs purs , aux objets la perfection vraie. L'univers est la plus parfaite des choses , et la contemplation de l'univers est le bonheur le plus grand , parce que nous concevons sa multiplicité infime comme régie par une loi unique. La cause de la beauté est la même dans le tout et dans les parties ; et le moindre objet, aussi bien que l'ensemble, est système et harmonie. La fable, le plus humble des genres poétiques, ressemble aux petites plantes perdues dans une grande forêt. Les yeux fixés sur les arbres immenses qui croissent autour d'elle, on l'oublie, ou, si on baisse

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