DES CONDITIONS DD BEAU
chaque idée est une action. C'est pourquoi nous aimons les détails qui développent et varient en cent façons ub événement ou un caractère. L'esprit, d'abord restreint à une action monotone , s'élance , parcourt les circonstances , se jque avec elles , presse son mouvement comme elles , change à chaque instant d'allures j et bondit avec la liberté et l'agilité de la jeunesse dans le large champ de la vie. Ce mouvement multiplié est une action, et partant un plaisir. — Mais, par la même raison , l'unité des parties diverses nous agrée* Car l'esprit , qui auparavant ne se mouvait que par petites actions (détachées , se meut maintenant par une grande action qui enveloppe toutes les autres ; chaque idée partielle , isolée tout à l'heure , réveille à présent les précédentes et appelle les suivantes; à mesure qu'il avance , il se souvient des unes et prévoit les autres; chaque instant lui ouvre de vastes horizons en avant , en arrière, et ses idées présentes renouvellent les passées et anticipent les futures. Son être disséminé se concentre incessamment , et il est tout entier dans chaque parcelle de son mouvement. — Ce mouvement agrandi est une action accrue^ et partant un plaisir augmenté. La perfection d'un objet est dans sa plénitude ; plus il est limité, plus il est imparfait; son progrès est de reculer ses bornes , et ce progrès s'accomplit de deux façons. Tantôt une qualité ou une force se développe en propriétés et en facultés subordonnées , comme on voit dans un animal la vie se multiplier par des organes nouveaux et des fonctions différentes , ou , dans