FAÏENCES BLANCHES
Numéro 1 Buste de Bonaparte , biscuit.
— 2-4 Huiliers.
— 3 Soupière.
— 5 -. .... Buste d*un Directeur de la fiâencerie.
Numéro 1 Aiguière.
— 2-4 Beurriers avec soucoupes à' jour.
— 3 Surtout de table avec Dauphws et statuette.
— 5 Aiguière.
Numéro 1 Nécessaire de table.
~ 2 Saucière - Cygne. Le moule de ce modèle existe au
musée de Douai.
— 3 Bénitier.
— 4-5 Moutardier et truelle à jour.
— 6-7 Statuettes.
métalliques , les autres d'un travail exécuté avec un instrument tranchant sur la pâte encore molle, et avant le vernissage.
Indépendamment des ustensiles ordinaires servant aux usages de la vie, on confectionnait encore des animaux, des objets d'étagère, etc. Ainsi, nous avons des petits lions couchés ou debout, des chiens, des cerfs , biches, etc., des boîtes à parfum, véritables joujoux.
Généralement, dans les vases ornés d'un manche, on remarque que ce manche est formé de deux rubans rayés entrelacés et le couvercle surmonté d'une fleur ou d'un fruit. Les anses des corbeilles ou des soupières sont composées au lieu de rubans, de deux cordes tressées ensemble.
Quelques bustes en faïence vernissée, sont également sortis de cette usine. Ainsi dans la collection Bilbaut, dispersée en 1876 au feu des enchères, se trouvait un buste de ce genre, avec piédestal, moulé sur un modèle en biscuit, signé Bra. Bien que cette faïence ne porte aucune marque, elle appartient certainement à la fabrique de Douai , dont M. Bilbaut, banquier dans cette ville, était parvenu à réunir un très grand nombre d'échantillons. Le vernis en est brillant, la pâte fine et très douce au toucher.
Le musée de Douai possède un pichet de table représentant un Roger-Bontemps à cheval sur un tonneau, de même genre et qualité, que M. Deleplanque , conservateur, n'hésite point à rattacher à une origine commune.
Les produits de la manufacture Martin Dammann sont identiques ; M. Dieudonné, dans sa statistique de l'an IX, classe ces deux établissements sur le môme rang. Quant à la nature des objets fabriqués , nous ne ferons qu'une observation.
Au musée de Douai existe un vase blanc de trente centimètres de hauteur avec deux têtes de bélier. Il est signé Martin Dammann. Or, le vernis employé n'est pas celui
de la fabrique de la rue des Carmes ; il en diffère essentiellement. Dans les joints il a un reflet vert qui n'existe pas dans les autres. Nous signalons ce fait à l'attention des amateurs ; il pourra leur servir pour distinguer les produits des deux fabriques, à défaut de marque ou de signature.
M. Dieudonné rappelle que Martin Dammann, au lieu d'utiliser le charbon pour la cuisson, ne se servait que de bois et que les pièces sorties de ses ateliers, devaient à cet emploi, une couleur plus blanche que celles de la manufacture de la rue des Carmes. Cette circonstance était utile à mentionner, bien que nous ne pensions pas qu'elle ait eu de résultats appréciables.
Quant aux produits de MM. Boulé frères, nous ne connaissons aucune pièce signée, et par conséquent, nous ne pouvons décrire les caractères extérieurs de cette fabrication.
LBS BISCUITS.
Le fait de la fabrication des biscuits par la manufacture de la rue des Carmes , nous est révélé par deux lignes insérées au catalogue de l'an XI, de l'Exposition de Lille, faite à l'occasion du voyage du premier Consul :
c( Lepet aîné (directeur) a présenté deux vases en biscuit blanc et différentes pièces faïence, dite grès anglais.
» A l'Exposition de Douai en l'an XHI, la même fabrique envoya entre autres sujets deux bustes du premier Consul, en biscuit (1). »
Une de ces dernières pièces^ ou tout au moins une similaire sortant de l'usine, a été adjugée à la vente Bilbaut. Nous l'avons en notre possession.
Nous possédons également un buste exécuté par Bra, sculpteur, grand-père du statuaire inort il y a peu d'années. Ce buste signé paraît être le portrait de l'un des
(1) Dieudonné. StaMique du département du Nord , pag. 107, tome II.
administrateurs de la faïencerie de la rue des Carmes. C'est celui dont nous avons précédemment signalé le moulage.
L'aspect de ces biscuits est un peu terne ; par cette teinte grise, ils diffèrent des biscuits de Sèvres dont la pâte au contraire est très blanche.
On a fait encore d'autres modèles ; ainsi des petits bustes de Voltaire et de J.-J.-Rousseau, de petites madones, etc., mais ce ne sont que des exceptions. Les œuvres artistiques en ce genre sont rares, et nous n'en connaissons aucune portant une marque ou signature.
En l'an III, les administrateurs du district de Douai, adressant aux administrateurs du département du Nord, des renseignements sur cette fabrique, les informaient qu'ils joignaient à leur lettre deux bustes , l'un en pâte noire, façon deNewcastle, l'autre en pâte blanche, façon de Strafford. Ce dernier appartenait sans doute à la classe des biscuits dont nous nous occupons.
FâIBNGBS ou GRiS ROUQBS BT NOmS.
Parmi les objets de cette fabrication, on rencontre un grand nombre d'ustensiles de ménage en grès rouge. Cette couleur était donnée à la marchandise en biscuit, au moyen d'une terre rouge. On l'appUquait lorsque la pâte de l'objet était composée, et qu'il aVait reçu sa forme définitive des mains du tourneur (1).
Les pièces de cette nature étaient très fréquemment rehaussées par des rubans composés d'un mélange de terres imitant le caiUoutage : ainsi dans les factures transcrites ci-dessus, on trouve : 6 sucriers ruban n*^ 1, 36 jattes ruban n« 1. Parfois encore on y appliquait des sujets en pâte blanche représentant des dessins, personnages, etc. Nous avons en ce genre un petit crucifix dont la croix et le piédestal sont en terre rouge et le Christ revêtu d'un vernis blanc.
(1) Notes manuscrites de M. Houxé de TAulnoît.
Des théières ont été ainsi décorées, et ce genre d'ouvrage est des plus gracieux.
Les faïences rouges représentent des cache-pots , des jardinières , bassins et vases de toilette , cafetières ou théières, etc., etc.
Nous possédons une petite bonbonnière rouge sur laquelle les armes de France, entourées d'une ceinture de cailloutage , se détachent en blanc de la manière la plus élégante.
Les faïences noires fabriquées d'après les mômes procédés que les faïences rouges, sont plus rares que les précédentes. Nous pouvons montrer deux vases à fleurs du plus beau vernis doux et brillant. Leur origine n'est point douteuse ; ils appartiennent à ma famille depuis leur fabrication. Dans les factures signalées plus haut, on trouve quatre petites théières noires au prix de soixante centimes l'une.
Enfin la lettre de l'an III aux administrateurs du département du Nord parle d'un buste en pâte noire , façon de Newcastle qui l'accompagne, et qui doit leur permettre d'apprécier l'importance de cette industrie.