‹ Essai sur les faïences de Douai dites grès anglaisChapitre 20 sur 26 · FAÏENCES ROUGES, NOIRES ET PEINTES · texte numérisé non relu

FAÏENCES ROUGES, NOIRES ET PEINTES

Numéro 1 Aiguière , âûence polychrome avec or.

— 2 Christ , terre rouge et blanche.

— 3 - 5. ..... . Petites aiguières peintes.

— 4 Brûle-parfum jaspé , marque Halfort.

— 6 Salière.

— 7 Cafetière , terre rouge , marque W. 2a?.

Numéro 1 Aiguière , terre rouge , jaspée.

— 2 Drageoir avec les armes de France.

— 3 Petit lion.

— 4 Bol des Canonnière de Douai, avec attributs peints.

— 5 Carreau , marque Douai.

— 6 Petite aiguière avec fleurs.

— . 7 Vase d'ornement , terre noire.

Numéro 1 Lampe de nuit , terre rouge jaspée.

— 2-4 Compartimens d*un surtout de table.

— 3 Assiette avec attributs maçonniques.

— 5 Cache-pot , terre rouge jaspée.

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provenant de la VOTite Bilbaut, c^est un grand bol dit des canonniers sur lequel sont peints des attributs militaires.

Certaines pièces sont non-seulement polychromes , mais encore revêtues de dessins en or, semblables aux faïences de Delft , et cependant reconnaissables, d'avec ces dernières à cause du vernis légèrement jaunâtre dont elles sont recouvertes.

Les ornements consistent presque toujours en fleurs isolées ou réunies en bouquets ; la fleur du couvercle est également peinte ; certains bols et assiettes sur lesquels on voit des scènes religieuses telles qu'un Christ en croix, paraissent également appartenir aux produits de notre fabrique. MaUieureusement les pièces de cette nature portant une marque manquent complètement, et il est extrêmement difficile de présenter un point de comparaison aux curieux qui désirent s'éclairer.

La forme des pièces ainsi décorées de peintures est généralement harmonieuse, il semble que les modèles aient été choisis parmi les vases de bronze de Pompéï ou d'Herculanum. Nous savons du reste que le célèbre Wedgwood, qui a donné en Angleterre une si vive impulsion à cette fabrication, avait étudié à fond l'antiquité, et se plaisait à en reproduire les plus beaux spécimens. De là sans doute parmi les artistes venus d'Angleterre, d'excellentes traditions qu'ils se sont empressés d'implanter à Douai (1).

En 1872, la Société d'Agriculture, Sciences et Arts de Valenciennes, organisa une Exposition artistique départementale. M. Bilbaut envoya ime collection de faïences douaisiennes, qui lui valut une médaille d'argent.

Voici en quels termes M. Cbampfleury, dans la Gazette des Beaux-Arts, sous ce titre : La Céramique du Nord de la France j rendit compte de cette exhibition :

c< Soixante-dix lots choisis paimi les Céramiques douai-

(1) Une des collections les plus complètes que nous connaissions en ce genre est celle dn docteur Housé de TAulnoit , è Lille.

siennes, formaient cette exposition. A l'exception de quelques biscuits, c'étaient pour la plupart des terres jaspées, à fond brun rougeâtre, parfois grémentées de guirlandes et de festons en relief et décorées de bleu. Certaines pièces sont signées des noms des fabricants, car il est à remarquer que les faïenciers du Nord marquent volontiers leurs produits contrairement aux habitudes des potiers de Rouen, de Nevers et de Moustiers,

)) Cette exposition se fait remarquer par des détails historiques et locaux. On sait que le Nord, Lille en tète, avait une tendance marquée pour l'artillerie. Un bol de Douai représente les principaux attributs chers aux enthousiastes de Sainte-Barbe ; canon, poire à poudre, tire-bourre, écouvillons. Une autre tendance vers les principes des encyclopédistes et des françs-maçons doit être signalée. Une pièce de la Loge-Maçonnique de Douai la Parfaite Union^ est ornementée du compas et du niveau symboliques. Si les drageoirs ou les tabatières portent en relief, le médaillon de Louis XVI avec l'inscription Vive le Roi! d'autres boîtes à bonbons affichent la devise Vive (sic) libre ou mourir l

y> Cette fabrique livrait également aux esprits préoccupés des doctrines philosophiques du dernier siècle, des bustes de Voltaire et de Jean Jacques. »

DBS MARQUES.

Bien que les faïences ou grès sortant de la fabrique de Douai, soient très rarement signés, nous connaissons cependant des marques appartenant de la manière la plus certaine, aux deux manufactures de la rue des Carmes et de la rue des Jésuites.

Les circonstances dans lesquelles la première dût, en 1784, faire marquer ses produits, sont assez curieuses pour être signalées.

Voici en effet ce que nous lisons dans un travail émanaut de Tun des administrateurs (1) :

ce Lorsque S. M. Louis XVI pçrmit Tintroduction des

» marchandises de la manufacture dans Tintérieur du

> Royaume, modéra à leur égard les droits dûs à l'entrée

> des provinces des cinq grosses fermes, et les exempta de » ceux de circulation dans les Provinces réputées étrangères » et de sortie du Royaume , les régisseurs généraux » craignirent que Ton abusôt de cette permission pour » introduire en France des fayances anglaises, sous le » manteau de notre manufacture ; ils exigèrent différentes » formules pour les factures, les letlxes de voiture et leurs » signatures; ils voulurent môme que les marchandises de » la manufacture de Douai, fussent marquées d'une em- » preinte particulière : on fit confectionner un poinçon par

> le sieur Hubaut, auquel on paya la somme de 4 livres » 10 sous. »

Quelle est la marque qui devait ainsi aux yeux de toute la France caractériser les produits de la fabrique de Douai? NousTignorons, mais plusieurs pièces portent la signature suivante :

Leigh & G* en creux, et sur la face opposée la lettre F.

Les pièces ainsi signées consistent en un pot à l'eau d'une hauteur de 0™25 m'appartenant ;

Une soupière figurant à la vente Bilbaut sous le n® 53 (6 novembre 1876) et un porte huilier à jour nMl ;

Une assiette du musée de Douai.

Nous avons également retrouvé la marque Leigh. 179^ sur un vase en hauteur de la collection Bilbaut.

Indépendamment de cette marque, on constate sur cer-

(1) Notes manoBcrites de M. Honxé de TAnlnoit.

taines pièces présentant avec celles qui précèdent la plus parfaite similitude les signes suivants :

Des plats portant en creux la mollette b se trouvent dans les vitrines du musée de Douai. M. Deleplanque conservateur, dit que plusieurs fabricants se sont servis de cette mollette.

Dans la rue des Carmes, on a aussi fabriqué des carreaux émaiUés et peints ; ils portent en-dessous la marque

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