LES ADIONISTRATBURS DU DISTRICT DE DOUAI
La demande des administrateurs de la manufacture de grès anglais, vivement appuyée par la municipalité de Douai, et Padministration du département, paraissait avoir de grandes chances d'être favorablement accueillie par les députés de la France. Nous n'avons pu néanmoins trouver aucune trace d'un encouragement quelconque, bien que nous ayons feuilleté avec le plus grand soin tous les décrets de la Convention nationale jusqu'à sa dissolution qui, on le sait, eut lieu le 4 brumaire an IV (26 octobre 1795).
La situation était toujours extrêmement tendue, le charbon, hors de prix , inabordable pour l'industrie. On en jugera par le renseignement suivant extrait de l'ouvrage de M. Dechristé : Douai pendant la Révolution. {Séduce du 23 frimaire an III. « On fait lecture d'une lettre de l'agent national près le district de Douai en date du 23 de ce mois , par laquelle il informe la municipalité qu'il a cru devoir augmenter de trente sols le prix du gros charbon, et de vingt sols celui du menu dit gaillète, de sorte que le prix fixe du gros charbon serait de 8 livres 10 sous la rasière, et celui du menu de 6 livres 10 sous.
Le Conseil charge son bureau d'en faire passer copie aux commissaires préposés à la recette du charbon. (Il s'agissait de charbons achetés par la municipalité pour les besoins des habitants de Douai). »
• La Société, à son origine en 1782, se composait de onze associés ; depuis cette époque , M. Cuvex était tombé en faillite, en 1791 ; M. de Cousser avait vu sa part saisie par suite de l'émigration de son fils, et M. Houzé de l'Aulnoit avait vendu la moitié de sa part à un sieur Derenty.
En Tan III, M. Duquesne céda son action à un sieur Cloteau, et le 17 nivôse an IV (jamder 1796) M. Charles Leigh et son épouse née Halfort, vendirent au mftme Cloteau leur intérêt, dans ladite Société, au prix de 23,000 fr. stipulé dans Tacte. M. Cloteau, en conformité du contrat social, fit notifier cette cession aux autres associés ; mais quelques années après, dans un procès qui surgit entre M. Cloteau et la Société, on acquit la preuve que ce prix était simulé, et que les sieur et dame Charles Leigh n'avaient reçu en réalité qu'une somme de trois mille francs.
I^a situation de la Société devenait de plus en plus difficile : les associés, qui avaient reçu de divers un capital de 80,000 fr. pour l'importance duquel des rentes avaient été constituées, résolurent en Tan IV, de liquider leur situation par un nouvel appel de fonds. Le nombre des sociétaires était réduit à huit.
Par une délibération en date du 14 prairial an IV, ils décidèrent que chaque associé serait tenu de verser, dans la caisse de la Société une somme de 10,000 fr. Ceux qui ne feraient pas, dans la décade, leur mise de pareille somme, demeureraient individuellement débiteurs d'une des rentes dues aux créanciers de la Société, au prorata de dix mille francs en capital ; à défaut d'exéeution des clauses ci-dessus ils encoureraient l'exclusion, en conformité de l'art. 20 du contrat de Société.