PREMIÈRE ÉPOQUE
(( Georges Bris en avance d'une somme de 18,000 livres » consommée en recherches de matières premières et en » essais, ne se crut pas assez fortuné pour faire les avances » nécessaires à un établissement effectif, et qui prés^tait ») de grands fonds à exposer.
y> La première Société fut rompue le 31 juillet 1782, et à » l'instant même, il s'en forma une nouvelle entre les » citoyens Leigh, d'une part, et Georges Bris et neuf nou- )> veaux actionnaires d'autre part.
» L'on distingue dans cet acte, deux associations : l'une » pour les propriétés foncières, usines et autres objets »> survenus à la fabrication ; ces propriétés furent laissées » aux français.
» L'autre pour les marchandises fabriquées et autres » objets commerciaux ; ils sont divisés par tiers, dont l'un » aux deux anglais et les deux autres aux français.
Après avoir exposé comment l'usine de la rue des Carmes fut construite, l'organisation du personnel, et le compte des bénéfices depuis l'origine de la Société jus-
qu'en 1787, l'auteur du mémoire continue : « A l'époque » du P** mai 1787, l'état de celte manufacture présentait » dans l'espace de deux années, une bonification de » 78,310 livres 12 s.
» Il n'est pas hors de propos d'observer ici, que la » manufacture était régie et surveillée pendant les deux » années 1786 et 1787, par deux associés français, les » citoyens Houzé et Picquet ; que leur régie était pure- » ment gratuite, et que le nombre des ouvriers salariés » s'élevait à 122.
» Les comptes des propriétaires de fonds élèvent les » avances faites par les associés français pour la construc- » tion des bâtimens, des ateliers, des usines ou ustensiles » à 217,124 livres, fonds morts pour eux, et qui, par l'ac- » croissement éventuel des propriétés foncières et des » matériaux, offrent aujourd'hui un capital plus que » doublé.
» Ces avances ont été faites, partie des mises person- » nelles des associés français, partie des argens levés sur » ]gi place, ou à constitution de rente. Quoiqu'il en soit, la » bonification ou les bénéfices commerciaux ne pouvaient » que leur présager un prompt remboursement , lorsque » le traité de commerce avec l'Angleterre vint frapper » cette entreprise.
SEGONDB ÉPOQUE
» A ce moment, les relations commerciales de l'entre- » prise commençaient à s'étendre ; Paris, Bordeaux, les » Sables-d'Olonne, Strasbourg avaient formé des deman- » des, et les associés avaient fait de nouveaux efforts pour )) faire de nouvelles avances.
» Mais elles furent sans fruit dans les années 1788 et » 1789, parce que les demandes n'étaient pas expédiées; » elles avaient été contremandées ; et peut-être aussi » à cause d'une nouvelle direction qui avait passé des
» mains des citoyens Houzé et Picquet, en celles du sieur » Cuvex, qui a cessé d'être intéressé dans l'entreprise au » moment de 1791.
» L'état de situation en recette et dépense de ces deux )) années présente un déficit de 29,452 livres. Mais en » 1790 et 1791, la recette excède la dépense de 19,872 » livres.
» Enfin les années 1792 et 1793 présentèrent encore un » bénéfice de 3382 livres.
)) Dans cet état de situation, les intérêts desargens pris » sur la place ne sont pas compris, parce que les associés » français étant seuls chargés des avances, c'est entre eux » seuls que ces comptes s'arrêtent.
» L'administration du département du Nord convaincue » de toute l'importance de cet établissement, consentit en » 1791, à ce que la corporation dite Université lui donnât » des fonds à constitution ; ces fonds furent employés en )) remboursement de ceux pris sur la place , et en restitu- » tion de ceux dont les intérêts étaient les plus onéreux ; » ce remboursement allégea les charges annuelles.
» La dette constituée de l'entreprise est aujourd'hui de » 151 ,560 livres, non compris le canon dû à la République, » à cause du terrain sur lequel les bâtiments ont été » construits, et de 11,821 livres d'intérêts dûs.
» Mais la valeur de ces bâtimens, celle des machines » et ustensiles servant à la fabrication, celle des matières, > des marchandises fabriquées peuvent être estimées » 200,000 livres.
» D'un autre côté , les avances que les français ont faites » à leurs co-associés, à titre de pension alimentaire depuis » 1781, jusqu'à ce jour, augmente l'actif de 66,400 livresi
yy Nous ne devons pas oublier une circonstance particu- » lière, bien propre à baser l'opinion que Pon doit conce- » voir des sentiments qui dirigent les entrepreneurs, à » fixer la confiance.
» C'est que, depuis la cessation de leurs travaux, ils ont
» payé chaque huitaine aux deux anglais , soixante-douze » livres; qu'ils ont continué les salaires des ouvriers fran- » çais dont les talents leur sont nécessaires, ^t qu'ils ont » ainsi à leurs propres frais, conservé à la République » l'industrie des chefs et le concours des travaux des » simples ouvriers,
» Nous ne mettrons pas en question si cette manufac- » lure doit être encouragée ; son utilité, l'extension que » l'on peut lui donner, les circonstances où nous nous » trouvons élevés et la loi du 17 germinal, nous persuadent » qu'elle lésera.
» Mais dans ces mêmes circonstances, la njise en cir- » culation d'une masse quelconque d'assignats ne forme- » t-elle pas un obstacle, à la concession de cent cinquante » mille livres que ces entrepreneurs sollicitent ?
» L'état de ce passif comprend en capitaux dûs à la >> République:
I) P 81,110 livres dus à la ci-devant Université ; » 2^ 20,000 Uvres à l'émigré Saint-Prix ; » 3^ 12,000 livres à l'émigré Tenremonde,
» Ce qui forme un total de 113,110 livres.
» Ne pourrait-on pas, à titre d'encouragement, éteindre » ces capitaux ? la confusion dans les droits de la Républi- ». que viendrait à cesser, le crédit de l'entreprise renaîtrait » et la fortune individuelle de chaque associé croissant en » proportion* de cette extinction, ils pourraient plus tôt » faire face aux avances nécessaires, pour rendre à leurs » travaux sa première activité.
» Par là, le secours supplémentaire qu'ils sollicitent ne » serait que de 40,000 livres. )>
Cette requête donna lieu à une instruction dont nous avons heureusement pu reconstituer le dossier , grâce à l'obligeance de M. l'abbé Deliaisne, archiviste du départe-
ment du Nord , et à celle de M. J. Lépreux, archiviste de la ville de Douai .
En décembre 1794, la Commission d'agriculture et des arts écrivait à la Municipalité de Douai :
Paris , 12 frimaire an III de la R. F. une et indivisible.
Le Comité d'agriculture et des arts nous a transmis le mémoire des entrepreneurs de la manufacture de poteries en grés, existante dans le sein de votre commune, par lequel ces citoyens demandent une avance de cent cinquante mille livres, à titre d'encouragement pour leur fabrique.
La Commission est sans doute disposée à seconder par tous les mojpens que la loi met en son pouvoir, les établissements dont l'activité contribue à vivifier le commerce ; mais la demande des entrepreneurs de la manufacture de poteries lui a paru un peu exagérée, et elle a cru, en conséquence, devoir prendre quelques renseignements qui la mettent à même de juger, si le secours de cent cinquante mille livres est ou non strictement nécessaire à l'entretien de leur fabrique. Nous vous invitons, citoyens, à constater les besoins réels de la manufacture dont il s'agit et à nous donner votre avis sur la sonmie que vous croirez suffisante pour maintenir son activité ; vous voudrez bien ajouter à cette notice quelques assurances sur la solvabilité des entrepreneurs, et nous faire parvenir le tout, dans le délai le plus court.
Salut et £ratemité.
Le Commissaire ,
(Signé) TissoT, adj. par intérim.
Le mois suivant , 14 nivôse an III , les administrateurs composant le Directoire du département du Nord, auxquels la demande ci-dessus avait sans doute été renvoyée, écrivaient aux administrateurs du district de Douai :
Les entrepreneurs de la manufacture de grés établie à Douaj ont présenté à la Convention nationale un mémoire tendant à obtenir une avance de 150,000 livres, à titre d'encouragement, pour relever cette branche d'industrie naturalisée en France. La Commission d'agriculture et des arts, à qui ce mémoire a été renvojé, nous charge de prendre tous les renseignements nécessaires sur l'état actuel de la manufacture dont il s'agit , sur les causes du ralentissement de cette fabrique, et sur les moyens les plus propres à revivifier cet établissement, et à lui rendre son activité première . La Commission désire aussi connaître la moralité, l'intelligence et la solvabilité des entrepreneurs.
Nous vous engageons donc, citojens administrateurs, à nous procurer tous ces renseignements, soit par la voie de la municipalité, si par vousmêmes vous n'avez pas les détails suffisants, et de nous les adresser dans le plus court délai, pom* que nous puissions les transmettre de suite à la Commission.
Nous vous adressons le mémoire afin que vous paissiez constater si les aits qui y sont énoncés sont positiDs.
Salut et Fraternité.
Dblsartb (prêtre) , Gauthier , Façon , Variet, Lbbon.
L'Administration du district répondit à cette double mise en demeure : ^
Extrait des Archives de Douai (Série F, secUon II, N« 2).
Manufacture. La manufacture de grès établie en cette commune mérite sous tous les rapports, l'attention et la protection du gouvernement régénérateur de la France.
Les poteries qui s'j fabriquent peuvent par leur solidité, rivaliser avec celles d'Angleterre, et augmenter ainsi nos dchesses commerciales. Cet élablissement d'ailleurs, par les artistes qui y ont ét^ formés, par l'immensité de ses ateliers, par le nombre de ses fours et de ses machines, est susceptible de la plus grande extension, et offre en outre du travail aux vieillards, et aux défenseurs de la patrie retirés pour cause de service.
Mais les pertes que les entrepreneurs ont essu;)'ées par l'effet du traité de commerce de 1787, la cessation de leurs travaux, pendant que les mines à charbon étaient occupées par l'ennemi, les intérêts des capitaux levés en constitution, les sacrifices qu'ils ont faits pour conserver leurs artistes pendant cette cessation, et l'inégalité dans la fortune personnelle des intéressés, les met à l'impossible de lui rendre son ancienne activité.
Cette fabrication a été amenée en 1781 par Charles et Jacques Leigh frères, fils de manufacturiers anglais, et commencée avec les fonds de feu Georges Bris.
Dix-huit mille livres consommées en recherches et en essais, annonçaient des fonds considérables à exposer pour étendre la manipulation.
Alors il se forma, c'est-à-dire en 1782, une nouvelle association entre Jes deux anglais et onze français : les deux premiers ont un tiers dans les effets commerciaux ; les français se sont conservé les deux autres tiers, et la propriété entière des bfttiments, usines et ustensiles.
En 1784, la Société obtint un privilège exclusif et des exemptionS| tant pour les matières premières que pour la circulation des marchandises.
Ce fut à cette époque que les bâtiments furent construits : les comptes des associés français en élèvent la dépense à plus de deux cent mille livres ; et dans cette dépense est comprise ceUe des moulins, fours, usines et ustensiles.
Les comptes commerciaux, jusques et compris le 1^' mai 1785 présentent un déficit de 22,000 livres environ ; mais le secret des mélanges, et l'art de fabriquer ayant été confiés au citoyen Houzé, l'un des associés français, et cet associé ajant été chargé avec le citojen Picquet, autre associé français, de la régie et de la direction des travaux, leurs comptes ont offert au V mai 1787, une bonification de 75 à 78,000 livres.
Cette année 1787 ne fui* pas aussi fructueuse, car elle a présenté une perte d'environ trente mille livres, et celles subséquentes, une autre perte de six miUe livres environ.
Mais les associés français restent chargés des capitaux levés à constitution de rente, dont la masse s'élève à cent cinquante mille livres et plus ; et les intérêts ou les dettes passives exigibles à douze mille livres environ.
Dans ces capitaux, la République, comme représentant le ci-devant h6tel des Nobles, est créancière de 81,000 livres; elle l'est encore de 32,000 livres, à cause des émigrés St-Prix et de Tenremonde.
La solidarité des associés met ses capitaux à couvert, car la responsabilité de l'un d'eux est d'un million au moins.
n n'en est pas de même de quelques uns d'entre eux dont la fortune est considérablement détériorée par la suppression des offices municipaux, et le mode de liquidation adopté à cet égard.
Quoiqu'il en soit, l'intérêt national demande que cette fabrication soit remise en activité, et il appelle les secours de la République.
Les fonds consommés en essais, les avances faites par les nouveaux associés français, offrent un capital déboursé en matières premières de 40,000 livres, et l'augmentation progressive de toutes les denrées, porterait aujourd'hui un semblable approvisionnement à 130,000 livres.
Ce serait véritablement encourager l'entreprise et la secourir , que de la décharger des capitaux dûs à la République, mais ce secours ne serait que personnel aux associés et n'assurerait pas la révification ce la fabrication qui exige de nouveaux fonds.
Cette considération invoque un secours effectif, et tel que son emploi amènerait nécessairement une manipulation, et il parait qu'on pourrait verser dans la caisse des associés français, un capital de 130,000 livres, dont la convention réglerait l'emploi en matières servant à la fabrication.
Cette notice, qui confirmait en tous points les dires des Directeurs de la fabrique de grès, fut encore confirmée par la lettre écrite le 16 pluviôse an III (mars 1795) , par le maire de Douai :
Citoyens représentans y
L'administration du district a dû vous faire parrenir, par l'intermédiaire du département, les renieîgnements que j'ai recueillis sur la manufacture de grès anglais établie en la commune de Douai , parce que ce fut à l'administration du département que le mémoire des entrepreneurs fût renvoyé .
Je n'ajouterai rien aux détails que renferme l'avis de l'administration du district; ces détails sont exacts el vous pouvez vous apaiser sur leur véracité.
Mais je ne dois pas omettre que le mode d'encouragement a été présenté par l'un des co-propriétaires ; que le citojen Houzé a obtenu d'être dispensé de se rendre dans la Belgique (1) et que la Société l'a replacé à la tête des travaux.
Ce projet vous fera connaître les principes qui dirigent la Société et la Commission peut , d'après cela, avoir toute confiance dans les actionnaires sur les renseignemens ultérieurs qu'elle pourrait désirer encore sur cette entreprise.
D'autre part , les administrateurs dû district de Douai , également mis en demeure d'avoir à formuler leur avis , répondaient le 29 nivôse an III (janvier 1795), à MM. les administrateurs du département du Nord (2) :
Citoyens ,
Le rétablissement de la manufacture dite de grès anglais, placée à Douay, nous avait paru de si haute importance pour le commerce français et l'industrie nationale, qu'elle avait déjà fixé notre sollicitude.
Après avoir passé en revue la fondation de la Manufacture , ses constructions , ses opérations , ses succès et ses pertes jusqu'à ce jour, la lettre continue ainsi :
1) L'administration centrale de la Belgique avait appelé M. Hooté de rAalnoit auprès d'elle » pour y remplir un poste éleré.
(2) Archives du déparlement du Nord.
Aujourd'hui la dette constituée de la Société , non compris le principal du canon de 570 livres dont nous avons parlé, est de 151. 560 livres, et le passif exigible, est de 11.821 livres, dont 81,110 dus à la ci-devant Université et 32.000 livres aux émigrés Saint-Prix et veuve Tenremonde. Mais la valeur des bâtiments, celle des machines et ustensiles servant à la fabrication des matières et des marchandises existantes, peut être évaluée à 200,000 livres et ils sont créanciers de leurs co-associés anglais, à titre d'avances de 66,400 livres, avances dont ils ne peuvent cependant être restitués que par le bénéfice commercial, dont un tiers est assuré à ces - Anglais.
La solvabilité des associés français , leur solidarité mettent , outre cela, les fonds de leurs créanciers en sûreté, car la masse des fortunes de quelquesuns d'entre eux , et celle d'un de ces associés, offre une responsabilité de plus de six cent mille livres. Mais celles d'autres sont resserrées , et cette inégalité est un obstacle aux nouvelles avances qu'exige la remise en activité de la manufacture.
Il est néanmoins de l'intérôt de la République de relever cette fabrication parce qu'elle peut rivaliser avec celle d'Angleterre^ et multiplier nos richesses et nos mojens d'échange. Elle offre, d'un autre côté, l'avantage de procurer du travail aux vieillards, aux défenseurs de la patrie et aux enfans.
^ous avons dit que la distribution dés ateliers, le nombre des usines et des fourneaux rendent, outre cela, cette manufacture susceptible d'une grande extension ; si on j ajoutait la ci-devant église des Carmes, le cloître et le parloir j adhérents, la fabrication pourrait s'j décupler, et il est certain que les nombreux élèves qui s'j formeraient, ne tarderaient pas à alimenter de nouvelles fabriques dont celle de Douai deviendrait mère.
Cette extension ne peut s'opérer sans un secours conséquent, et nous n'apercevons pas qu'il puisse être moindre de 150,000 livres, car il est aujourd'hui quadruplé, et, si en 1785 les associés avaient avancé en matières premières, tant par eux que par feu Georges Bris, 40,000 livres, ce qui résulte des comptes, il n'est pas douteux que les mêmes avances s'élèveraient dans le moment actuel à 120,000 livres ; mais cet état serait insuffisant au commerce français. Il faut que la manipulation croisse en proportion de ses besoins, dans cette branche d'industrie ; il faut qu'il n'existe aucune place dans les ateliers qui ne soit en activité .
Nous allons, citoyens Administrateurs, vous présenter nos vues sur le mode de secours à concéder à cette manufacture ; elles nous paraissent réunir le quintuple avantage de faire connaître la fabrication et d'jr attacher la confiance des commerçants ; de dédommager les entrepreneurs des sacrifices qu'ils ont faits ; d'assurer à la Convention que sa bienfaisance contournera au profit de la fabrication ; de procurer progressivement la libération des associés françois, et de leur conserver une indemnité annuelle de leurs avances personnelles.
Nous proposons donc :
I. — Que la République Française prenne sous sa protection spéciale la manufacture dite de grès anglois établie en la commune de Douaj^ sous la dénomination du citojen Houzé et Compagnie ;
II. — Que la Convention nationale, pour indemniser les associés français des sacrifices qu*ils ont faits pour naturaliser cette fabrication et la maintenir, décharge les associés du canon de 570 livres et des capitaux des rentes dAes aux émigrés Saint-Prix et veuve Tenremonde, s'élevant à 32,000 fr.;
III. — Qu'il soit misa la disposition des associés une somme de 100,000 francs doat il serait employé 30,000 francs en acquisition de frais de manipulation et de fabrication ; 40,000 en approvisionnement de charbon de terre, 15,000 en un autre approvisionnement d'arg^e blanche et 15,000 en un troisième approvisionnement d'autres matières premières servant à la fabrication et aux cuissons.
IV. — Que le versement de 30,000 francs se fera de suite en la caisse de la Société (par tel pajeur qu'il appartiendra), d'après le mandat qui en sera expédié par le directoire du district.
V. — Que le versement des autres sommes se fera à fur et mesure des besoins delà manufacture, après que ces besoins auront été justifiés au Directoire du distnct qui en expédiera les mandats .
VI. — Que le premier de chaque mois, il sera rendu entre les associés et à l'intervention de l'agent national du district, un compte en recette et dépense de la fabrication du mois précédent, et dont un double sera adressé au Comité d'agriculture et des arts.
VII. — Que les bénéfices de la fabrication seront répartis de manière qu'un tiers sera employé à la fabrication, un autre tiers à la libération de la dette constituée, et le troisième tiers distribué entre les associés français conformément à leur contrai de Société.
VIII. — Que le décret à intervenir sera consigné dans le bulletin de la Convention et imprimé dans les papiers publics.
En adoptant ces mesures, la Convention assurerait la permanence et la pro&périté de cet établissement vraiment utile sous tous les rapports, et dont les succès deviennent certains depuis la délibération de tous les intéressés, qui a replacé à la tête des travaux les citoyens Houzé et Picquet.
La moralité de tous les associés, la loyauté de leurs sentiments vous sont connus, et la circonstance seule que malgré la cessation de leurs travaux, ils ont continué le paiement de 72 fr. par huitaine à leurs deux
associée anglais et salarié leurs ouvriers de confiance, est faite pour leur attacher celle de nos représentants.
Vous apprécierez sans doute, citoyens administrateurs, nos observations, près le Comité d'agriculture et des arts et vous vous hâterez de les lui adresser avec deux bustes, l'un en pâte noire, façon de Newcastle, Taulre en pâte blanche, façon de Straffort, que nous nous sommes procurés, et que nous crojons intéressants de joindre à ces renseignements.
Salut et Fraternité,