‹ Essai sur les fausses membranesChapitre 2 sur 3 · ESSAI · texte numérisé non relu

ESSAI

sua

INTKODUCTION.

coup de ressemblance, seront aussi considérés dans cet essai, où l’autopsie cadavérique, jointe à l’observation des maladies et à ce qu’ont écrit quelques médecins irrécusables, appuie' mes recherches, dans lesquelles, guidé par le seul amour de la vérité, j’ai apporté la plus scrupuleuse attention, comme la bonne foi avec laquelle je les expose.

Je prends pour type des fausses membranes celles qui se forment sur les membranes séreuses rbeaucôüp plus fréquentes , elles peuvent être mieux observées. Dans 1 examen des autres, je ne ferai

Conditions nécessaires à la formation des fausses membranes.

La matière de l’exhalation des membranes séreuses s’altère, comme celle de toutes les sécrétions et exhalations, par toutes les altérations morbides qui surviennent aux organes qui la séparent et la fournissent. La plèvre, que je prends pour exemple, s’enflamme-t-elle, sa sérosité diminue de quantité, n’est plus exhalée, ou est entièrement absorbée. Ce n’est que dans les secondes périodes de l’inflammation, lorsque l’éréthisme commence à céder, que la perspiration se rétablit, et que la membrane enflammée se dégorge •. elle est de nouveau lubrifiée ; mais si l’inflammation est violente, la résolution ne pouvant s’en faire, au lieu de sérosité ordinaire, elle suppure ou exhale une matière qui. se rapproche plus ou moins du liquide de la suppuration du tissu cellulaire, et qui forme très-

Les fausses membranes étant la matière de la suppuration épaissie, concrète, disposée en nappe ou par plaques membraniformes, et appliquée aux surfaces qui l’ont fournie, elles sont constamment l’effet et une terminaison de l’inflammation, qui, en général, trou--’ ble d’une manière évidente la transparence de l’eau des séreuses,:

sont superposés.

Tous les médecins s’accordant à regarder, les fausses membranes sur les séreuses comme Tefïet de l’inflammation de.celles-ci (et c’est ce (fui les a fait appeler par quelques-uns fausses membranes inflammatoires ) , il serait superflu de rapporter des faits en faveur de l’opinion de tous. L’observation a-t-elle également fait connaître l’espèce'd’inflammation qui produit les'fausses membranes?

- Ouvrons Morgagni et,parcourons, dans son .admirable ouvrage de sédibus et causis morborum, les articles qui peuvent aider à résoudre la question. Sans vouloir rapporter ici ceux qui sont de mon sujet,, il suffit de faire .remarquer le résultat général .qu’ils donnent. La vingtièmc.épître(i) renferme beaucoup d observations d’mflammations aiguës'du poumon et de la plèvre qui se sont terminées-par la. mort; ce qui a permis de reconnaître , sinon constamment, des fausses membranes, au moins une. sérosité plus ou moins lactescente oü puriforme. De très-nombreuses observations analogues se lisent dans les. auteurs; et les miennes propres m’ont aussi fait voir que c’est particulièrement à la suite d’une inflammation. aiguë des membranes séreuses qu'on trouve leurs fausses membranes. Sion en rencontre souvent sur les cadavres des personnes cbez lesquelles, nous avons observé une inflammation séreuse chronique, C’ëst ordinairement parce que la maladie, primitivement

(Il)

d'une fausse membrane. Si on fait naître sur un animal l'inflammation d’une membrane séreuse au moyen d’une injection qui ne suffit pas pour produire partout me adhérence primitive, comme celle que l’on obtient quelquefois en poussant du vin. dans la vaginale , ce qui ne pourrait guère arriver au ventre ou aux . deux côtés de la poitrine sans occasionner de suite la mort, on détermine ainsi à volonté la formation d’une fausse membrane. S’il arrive fréquemment que l’on rencontre des fausses membranes encore récentes sur les cadavres des personnes mortes par suite d’inflammation chronique, l’observation a appris qu’elles .doivent le plus

plus nombreux, c’est-à-dire, où l'inflammation est là plus forte, •on 'aperçoit des petits points sépares- ou continus .. quû figurêtft comme des espèces de-villosités pulpeuses, d’un blanc ordinairement mat> très-courtes, et formant d'abord comme une espèce de gaze très-légère que le moindre frottement enlève. Élus ou-moins rapprochées, ces sortes de villosités:sont disposées en réseau, en Érès-petits grumeaux- continus ou séparés’; où se joignant,'élles-sônt étendues en plàqUes sous là forme qui les a fait’ appelern/aasses -UtOTtèranes/-Presque constamment on les rencontre sur la même séreuse sous toutes ces apparences-. L’espèce de membrane-ou pellicule qu'elles représentent alors est-très-mince; elle a deux faces : Fune est appliquée à -la membrane séreuse; l’autre libre en regarde la cavité, est mamelonnée en quelque sorte comme le côté libre des bourgeons charnus d’un-aleère ; , mais d’une maniéré-moins marquée; elle offre en outre des prolongemens sans nombre, .extrêmement minées , ou des Villosités plus, allongées et flottantes

: Dans cet instant de l’apparition des fausses membranes,laèséror site ne paraît altérée que dans sa quantité; plus tard, on ç trouvé des flocons blanchâtres, très-déliés,-qui troublent d’abord à peine sa transparence, puis la rendent quelquefois comme lactescente.- On doit considérer ces flocons comme autant de prolongemens ou de villosités déjà décrites , qui se sont détachées par le glissement où frottement des surfaces séreuses, dans les divers mouvemens dès orgïnès que ces membranes revêtent, sur les.parois des cavités qui lès renférmèUt, ou des parois sur ces mêmes viscères, ou bien encore des 'viscères enu-ë eux.

Elle Commence dès que l’exsudaûon a l’apparence membrariifôrme ; -elle est caractérisée par l’augmentation d’épaisseur et de densité de la fausse membrane-. - .. . . -, 1 :CD

tti)

Lés villosités réunies, confondues, et formant comme des espèces de plaques plus ou moins étendues, ordinairement multiples,, quelquefois n'en formant qu’une,'qui peut occuper toute la membrane séreuse, comme cela se voit plus particulièrement à une

ment'plus trouble, et quelquefois comme lactescente ou purisme (i). . .

C’est à la fin de ceue deuxième période.que les fausses membranes ont le plus d’épaisseur. Quelquefois elles n’ont pas celle d!unè pièce de vingt sous , et souvent elles sont plus épaisses qu'un éeu de cinq francs. J’ai vu une fausse membrane qui réunissait entièrement les deux portions d’qne même plèvre, qui avait dans plusieurs endroits jusqu’à huit ou neuf lignes d’épaisseur. Il est commun de voir celle qui revêt seulement la plèvre pulmonaire , sans qu elle contracte des adhérences avec le point correspondant de la plèvre costale, et vice versa , avoir jusqu’à un demi-doigt d’épaisseur. Stoü (2) dit que l’espèce de sac que forme souvent la fausse membrane autour du poumon, lorsqu’elle adhère également à la plèvre costale, a quelquefois un pouce d’épaisseur, et même davantage. On conçoit aisément qu’alors le poumon est réduit à n’occuper qu’un espace très-étroit. M. le docteur Broussais (3) rapporte l’obser-

Médecine pratique , traduction en français par M. Manon > t. 2 ,p. Zfo - - £3) Histoiredes phlcgmasies chroniquest. 2 £p. ^3i. ■

d'un homme dont les parois dé la poitrine avaient été profondémenfblesséès, quinzè jours avant la mort, par une halle : la plèvre costale offrait une fausse membrane parvenue à la fin de la seconde période ou au commencement de la troisième ; et la plèvre pulmonaire était doublée par une autre encore presque pulpeuse et évidemment plus récente. — Je suis porté à croire que les adhérences primitives qui se font sans intermède de fausse .membrane, et qui résultent d’une inflammation extraordinairement violente, telle que celle que l'on détermine quelquefois sur la vaginale pour empêcher le retour de l’hydrocèle , sont extrêmement rares.

A quelle époque commence cette troisième période des fausses membranes V ou leur organisation visible ? Ma propre observation ne m’a point fait voir les vaisseaux dans les fausses membranes avant le vingt-unième jour de l'invasion de la maladie dans laquelle elles s’étaient formées. Sto!/{i) rapporte des observations qui portent à croire que les fausses membranes peuvent s’organiser beaucoup plutôt, comme douze jours après l’invasion de la maladie, et même neuf et huit.

Il serait curieux de pouvoir déterminer précisément l’époque clu commencement dé l’organisation des fausses membranes , que doit avancer où retarder toute circonstance qui modifie le mode changé de sensibilité des organes perspiratoires sur lesquels elles se forment. La violence prolongée de l’inflammation peut-elle accélérer le développement des vaisseaux dans les fausses membranes? Ou est-il indifférent pour leur organisation , lorsqu’elles sont déjà exhalées et formées, que l'inflammation soit ou non véhémente ? L'observation fait voir en général que les vaisseaux des fausses membranes sont plutôt visibles dans les points où la séreuse paraît davantage enflammée. J’ai dit que c’est forganisation des fausses membranes qui caractérise leur troisième période; Stoll est, je suis

. (V. Médecine pratique, traduction en français par M. Mahon , nouvelleédition,-

Ufi

porté aie croire, le premier qui ait annoncé. que les fausses membranes présentent souvent:des vaisseaux sanguins très-évidens, et se prolongeant de la séreuse dans la fausse membrane.- Baillie a été plus loin : il a injecté ces vaisseaux a entrevu que les fausses membranes peuvent, à certaines périodes, exhaler de la sérosité, du pus. Il a aussi'vu la mutation des fausses membranes en tissu cellulaire formant les adhérences qu’pn rencontré si fréquemment dans les plèvres ; et il pense que cette conversion a toujours lieu

également l’organisation des fausses membranes; et l’on prétend que'cette opinion est aussi celle d 'Alexandre Monro . M. le professeur Dupujtren a injecté les vaisseaux des fausses membranes,

a: annoncé dans ses cours , avant la traduction en français de l’ou-, vrage de M. Baillie , que presque toutes les adhérences des membranes séreuses entre elles résultaient d’une suite d’altérations par lesquelles elles étaient réduites.en tissu cellulaire.

dans la fausse membrane , par des lignes presque droites, d’abord rares ; puis ils s’allongent, se multiplient, se ramifient par d’au- - très lignes qui partent des premières sous des angles plus ou moins aigus. On serait tenté de croire que ce sont plutôt des jets de sang très-fin qui se sont enfoncés dans la concrétion membranifarme pendant qu’elle était encore molle. Mais l’observation ne les y montre, jamais quand elle est dans cèt état. Ces vaisseaux, qui rayent obliquement l’épaisseur de la fausse membrane, et commencent ordinairement, à paraître dans les endroits où elle est plus épaisse,, et où la séreuse, qui est au-dessous, paraît plus injectée, épaissie, en un mot, plus altérée par l’inflammation, peuvent devenir extrêmement nombreux à l’oeil, et se ramifient en formant des angles moins aigus.

Si la fausse membrane, formée de deux feuillets adhérens et réunissant la plèvre pulmonaire à la plèvre costale, est coupée en

travers avec les plèvres, on voit, parfois que les vaisseaux rouges rayent où'sillonnent séparément: chacun; de ces. feuillets , .et leur donnent en quelque sorte l’apparence de deux bandes rosées, injectées, séparées par une lijjjie plus blanche que traversent trèspeu de vaisseaux plus déliés , et qui indique l’adhérence des. deux lames entre elles. Stoll (i) rapporte l’observation rare de ces deux lames'', qui formaient une fausse membrane au commencement de la quatrième période, pouvant se séparer aisément l’une de l’autre, foute leur substance étant ferme et solide.

Souvent, quand il y a déjà quelques jours que l’organisation de la fausse membrane a commencé, ses vaisseaux sont innombrables et très-rouges. C’est là l’époque, et particulièrement encore plus tard, que l’on confond quelquefois la fausse membrane avec la séreuse, le crois que c’est ce qui est arrivé presque toutes les fois qu’on a cité des membranes séreuses lardacées, carnifiées et extraordinairement épaissies.

Si l’on plonge dans les vaisseaux qui charrient le sang rouge dans l’épaisseur des fausses membranes la pointe rendue capillaire d’un tube de verre où il y a du mercure, on injecte les fausses membranes dans leur troisième période. A cette époque, je n ai pu y faire pénétrer la matière ordinaire des injections : la cire s’arrêtait à la séreuse, dont elle sillonnait, en manière de nervures de feuille, la face exhalante. Ce n’est qu’àf la quatrième période, quand des vaisseaux de communication ont'acquis beaucoup de développement (et on en trouve d’un tiers de ligne de diamètre) , que la matière ordinaire d’une injection un peu fine peut entrer dans les fausses membranes.

A»1 exception de ces vaisseaux, dont le développement est quelquefois assez considérable, et qui sont comme les troncs qui fournissent aux fausses membranes, l’œil ne découvre point de corn-

munications vasculaires. Ici le système de circulation accidentellement, analogue à celui de la plupart des orgai petit nombre de troues qui paraissent fournir exclus:

dation qui s’établit i organes, naît d’un

H est situe'de le surmonter pour le porter à l'extérieur, qui souvent s’enfonce entre ces parties , qui pour lors lui fournissent uneenyeloppe celluleuse particulière, un kyste, qui les isolé de ce corps, et arrête ainsi l’action ou délétère ou seulement fâcheuse qu’il pourrait avoir sur elles.

Comment s’organisent les fausses membranes ? Sont-elles le véhicule dans lequel se prolongent les extrémités, vasculaires qui vont.

membrane, celle-ci se fend, se déchire, seeomnrinue d'auiant plus

facilement.sousles d6igts,ets’alIonged’amantmoins, qu’elle esteneore

plus voisine de la période de formation. Ce n’est que vers leur troisième période qu’elles manifestent ces propriétés avéc quelque étendue. Si, après l’opération de l’empyème, la fausse membrane paraît revenir sur elle-même , cela est du aux parties qui la revêtent et forment les parois de la poitrine, à moins qu’elle ne soit déjà organisée. J’ai dit ailleurs qu’au commencement de leur troisième période, les fausses membranes peuvent avoir beaucoup de ténacité et d’élasticité, puisqu’on les a quelquefois comparées, quoique très-improprement, à du cüïr.

- Les propriétés que-je‘viens dé décrire-s’éloignent d’autant plus: de cet état pour se rapprocher de celui qu’elles offrent dans le: tissu cellulaire, que les fausses membranes sont elles-mêmes plus rapprochées de. ce tissu,

: Je dois faire remarquer la nature albumineuse des fausses membranes, sans examiner : les principes accessoires qui y entrent en pétite quantité. Ce travail, fait par un autre plus instruit que moi en chimie , pourrait offrir quelque intérêt.-H est probable qü’après le blane-d’oeuf, qu’on regarde comme l’albumine là moins impure, ce sont les fausses membranes qui l’offrent .dans de plus, grandes proportions. Ainsi que l’a dit Bichat (1), on dirait que là chaleur de l’inflammation, qui coagule cette albumine dans les fausses membranes, produit, pendant la vie, le même phénomène que le calorique un peu concentré détermine sur lé blanc -d’oeuf, l’eau des hydropiques, etc. L’inflammation, en conerétant l’albumine , et donnant naissance aux fausses membranes , produit au moins le même effet qüè produirait hors de 1 organisation une chai leur de 56. degrés du thermomètre centigrade (2). Cependant, rat

- Quatrième période , ou période de conversion en tissu cellulaire.

L’organisation étant une fois développée dans lés fausses membranes, elles perdent peu à peu l’apparence comme lardacéë que fai décrite , s’amincissent, se rapprochent chaque jour'du tissu cellulaire, et ne tardent pas beaucoup à offrir des lamelles diaphanes, extrêmement minces, molles, poreuses, disposées en tout comme celles du tissu cellulaire , et qu’il- est impossible de ne point- reconnaître pour en être. Si la fausse membrane adhère seulement par un côté, c’est-à-dire, si elle adhère à une seule paroi de la membrane séreuse, celle-ci, lors de la mutation de celle-là en tissu lamelleux, s’épaissit ét ne s’en distingue plus , la fausse membrane ayant aussi le côté qui regarde la-cavité, lisse ët lubrifiée ’ par la sérosité. Enfin de fréquentes ouvertures de cadavres permettent qu’on suive facilement la mutation de la matière des fausses membranes en tissu cellulaire ; et on observe qu’avant qu’elle soit : complète, les traces de l’inflammation actuelle disparaissent, dans-la. fausse membrane, comme dans les points de la séreuse qui lui Correspondent ; que les vaisseaux d’un certain diamètre deviennent plusnombreux , et que les plus gros, dans lés espèces dé- colonnes qui réunissent si ordinairement une paroi de membrane séreuse à la paroi opposée, passent très-souvent directement de l’une à l’autre. Non-seülemènt il y a identité d’apparence avec le tissu cellulaire et les véritables membranes séreuses, mais il y a aussi identité d’usages, et même de maladies. Je vais tâcher de le prouver. - Avant que les fausses membranes que je suppose, étant parvenues à leur quatrième période, adhérentes à une seule paroi de la cavité d’une séreuse, soient considérablement amincies et réduites » en tissu cellulaire, et lors même qu’il n’y a que peu de temps que . les vaisseaux s’y sont développés, leur surface libre devient Je -siége. d’une exhalation qui remplace celle de la portion de. séreuse quiest empêchée par l’adhérence. C’est, indépendamment de ce que

qu’en l'autre. La fausse membrane fut déchirée en un endroit avec, la pointe d’une pince à dissection , et en un autre, irritée pat- une goutte d’acidê sulfurique que je fis tomber dessus ; puis les intes-, tins furent replacés et maintenus dans l’abdomen par plusieurs points de suture. Trente-cinq heures plus tard, l’animal étant près : d’expirer, je fus étonné , en retirant de nouveau l’intestin , de la quantité de vaisseaux rouges qui s’étaient développés par le fait des deux irritations. Il arriva à la fausse membrane ce qui arriverait ampéritoine, s’il était le sujet d’une même expérience.

Sû>ll .(i) rapporté l’observation d’une fausse membrane déjà ancienne, très-difficile à déchirer, et «dans laquelle on distinguait, « très-clairement, à l’œil nu , un grand nombre de vaisseaux san- « guinsqui;, se subdivisant en d’autres plus petits, se répandaient « dans toute sa substance; et était recouverte par une autre , « formée récemment, facile à déchirer, dépourvue de vaisseaux « et d’une couleur jaune. » Dans un autre endroit; il dit avoir fait voir plusieurs fois semblable disposition à ses élèves-; et ailleurs encore (2) : « que les fausses membranes appliquées les unes sur

(l)M'éd. pratique, traduction nouvelle par M. Maho

(al Ouvrage cité, ti j , p. 34.

" les antres n’avaient pas la même ténacité. Celles placées plus « intérieurement en avaient davantage, et celles qui provenaient " de la dernière maladie étaient encore gélatineuses. On pouvait, « par le nombre des couches; calculer celui despleurésiesqui avaient f précédé. >> Avant que je rapporte une observation analogue, jê dois faire remarquer qu’il n’est point très-rare de voir des fausses membranes, dont le tissu passe à Pétai de tissu cellulaire, offrir des eSpèces.d’engorgemens et endurcissemens partiels, tantôt blancs et tantôt rouges, par une véritable phlogose. Ces deux états peuvent quelquefois se voir à côté l’un de l’autre, ou même entremêlés. —Enfin n’a-t-on pas plusieurs fois pris les fausses membranes parvenues à cette période, ayant acquis l’apparence larda'eée par.le fait des inflammations continues dont elles étaient le siège, et se confondant avec les séreuses, pour les séreuses elles-mêmes ?

(Jn trompette âgé de seize ans fut blessé, lorsqu’on poursuivait les Russes entre Friedland etTilsitt, d’un coup de pointe de sabre, im. médiatement au-dessous du milieu dû bord libre des côtes du côtédroit.. Transporté à l’hôpital, après , pour-me servir de ses expressions , cinq mois de maladie et de jaunisse, il fut dirigé en Francesur le grand dépôt de son régiment. Il eut beaucoup de peine à s’ÿ rendre, parce que lès moindres cahots dè la voiture lui faisaient, éprouver dè vives douleurs dans là 'région du foie ; ce qui le força â faire presque'tout son chemin à pied et à petites journées. En 1808, il rejoignit son régiment en.Espagne, où, presque toutes lesfois qu’il fallait aller au trot, il se plaignait de semblables douleurs dans la même région, sortait du rang, et prenait une allure plus supportable pour lui. En 1811, époque à laquelle il supportait un peu mieux les allures précipitées et dures du cheval, un biscaïen frappa sa giberne. L’hy poehondre droit, fortement froissé,. devint très-promptement le siège d’une douleur forte, lourde, pongitive , qui s’exaspérait par tous les mouvemens Un peu grands de la respiration. Le malade ne pouvait être couché sur les côtés; il restait appuyé SUr le dos , le IrOUC légèrement fléebi.c't mainten u:

au-dessous 'de,cette nouvelle fausse membrane pulpeuse, la fausse membrane ancienne et organisée. . . > •

. : De .cette; observation, et de l’expérience faite sur le chien , il paraît résulter qü’ün mois et demi après leur formation,' les fausses ■ membranés-peùvent déjà être le siège d’une perspiration qui remplace celle de la séreuse recouverte , et être enflammées par lès irritans qtdon : porte directement sur elles; enfin qu’à une époque qui n’est pas autant éloignée de leur formation qu’on serait porté à le croire, et qui doit être également avancée ou retardée suivant lés circonstances particulières à chaque individu, elles sont susceptibles de s’enflammer par plusieurs causes qui déterminent l’iniïauL-

L’organisation-des fausses membranes une fois reconnue, ou ne doit plus être étonné de leur susceptibilité à contracter des maladies : ; devenues accidentellement un tissu, un organe en tdut semblable à ceux au système desquels elles appartiennent,- elles peuvent éprouver les mêmes affections, et n’en contractent jamais qui soient

étrangères à-ces .organes.;

ïl n’est point rare de voir lès fausses membranes infiltrées lorsqu’elles sont à-moitié réduites en tissu cellulaire : cela s’observe quand il ÿ a liydropisie particulière de la séreuse et anasarque..

Une des causes qui prolongent fréquemment les aceîdens qui accompagnent les inflammations des membranes séreuses et ceux qui en sont la suite, est la formation des fausses membranes. Matière solide, elles ne peuvent être résorbées comme la sérosité. La pblogose que l’on.rencontre constamment au-dessous d’elles, lorsque cette' phlogose n’existe point aux environs, ou qui s’y. trouve beaucoup .plus marquée quand elle s’étend aussi au-delà, tant que la conversion en tissu cellulaire n’est point avancée, prouve bien qu’elles se comportent plus ou moins, par rapport aux. séreuses qu’elles doublent, comme corps étranger. —Ce n’çst ordinairement qu’après avoir observé une rémission dans les accidens que l’autopsie cadavérique les a reconnues. Cette rémission, à l’instant de l’exbala- 8 ’ “

■violence des traces generales d’inflammation actuelle, dés vàisSë'âüX. rouges, des concrétions membraniformes plus ou moins pulpeuses, et là sérosité péritonéale plus ou moins altérée dans sa quantité; et troublée par des flocons albumineux, des lambeaux de faussé mem-

chentia réussite'de l’opération : son contact immédiat exaspère l’irritation, ct.eHc s’oppose, par, son épaisseur et sa dureté, h «e <jue le pumon sc JilaUï, et à ce que les parois de la cavité reviennent, ■assezpour cpie celle-ci s’efface. Quelques observations recueillies

à l’Hôtel-Dieu de Paris, et dont lé résultat m’a e’té < ont: appris que des anciennes collections dans les plèvi taiént fait! jour elles-mêmes, ont] été guéries. — N’

faire développer ailleurs une irritation qui amortisse ou éteigne celle qu’occasionne la fausse membrane, ne'doit-il: pas être ce' moyen? Mais quel sera le degré de confiance que nous lui accorderons? Ce h’est pas assez qu’il produise d’abord cet effet : il faut le continuer assez long-temps pour que, lorsqu’on le cesse, l’imta-' tion de la séreuse n’étant plus suripontéeni Contre-balancée, les aé cidens ne, se reproduisent plus. Quel sera donc le temps que devra durer l’irritation artificielle destinée à faireivorter celle de la membràne séreuse? Combien de : fois n’arrive-t-il pas; dans la pratiaue

d une P^ eur ® s ' e > quoique entretenu, ne l’empêche pas de reparaître avec tôuS'les autres symptômes! Ne voit-on pas aussi quelquefois que, quand le vésicatoire, appliqué dans le principe de la maladie, A dissipé la douleur pleurétique et diminué considérablement les symptômes, le malade meürttrès - peu de' temps après, et que l’autopsie prouve que l’inflammation de la plèvre n’avait point été enlevée? raison pour que je médecin reste toujours, dans le do.ute ; jusqu’à ce qu’il,se soit; écoulé un temps suffisant pour l’assurer de la guérison. — Ne devrait-on pas promener constamment l irritation factice autour du siège de la maladie pour qu’elle agisse constam- , ment avec la même énergie?.Le feu, qui, de tous les-remèdes externes,' produit l’effet le plus prompt et le plus énergique , appliqué avec précaution sur la poitrine, et seulement dans, l’origine des fausses membranes, ne -sérait-il pas, par son irritation alors.salutaire,, le plus puissant révulsif de l’irrimtion trop .souvent meurtrière que produisent les fausses membranes? L’emploi de ce remède ne peut être proposé qu’à des hommes dont l’ame est d’une trempe supérieure : tous les autres s’effraieraient à la seule idée d’un moyen qui paraît aussi terrible. Cependant c’est igi le cas impératif de.faire l’àpplication .de cet aphorisme d’HippocRATE : Ex- Iremis.morbis, extrema remedia optirna. Enfin l’affection étant profonde-,, s'étendant aux viécère's, ou ayant déjà entraîné I’œdematie, l’h.ydropisie, la fièvre hectique , n’est-on pas suffisamment autorisé à ne plus rien espérer? En supposant même que les désordres soient bornés à la membrane séreuse, peut-on croire que la nature bien dirigée puisse les réparer? Ges réflexions indiquent asser que l’on ne peut attaquer trop promptement la maladie, quand on a porté son diagnostic, et qu’attendre et espérer de. la guérir serait cbimé-

Fréquence des fausses membranes dans les diverses membranes §. î.“ Dans 1‘arachnoïde.

Ainsi que le remarque M. Baillie , les apparences morbides dans le' tissu de cette membrane sont fort rares, et paraissent avoir été négligées par les auteurs. De toutes les membranes séreuses , l'arachnoïde est celle où l’on trouve le plus rarement des fausses membranes et dès adhérences anciennes : quelques ouvertures faites à la suite de la frénésie .né m’én ont jamais montré. On a trouvé plusieurs fois Une exsudation pulpeuse, puriforme , mais trèsrâremênt une fausse membrane bien formée (t). Que devons-nous croire de l’assertion d’un auteur moderne qui assure qu’une fausse mèmbrànë peut se former partout sur là face interne de la duremère, entre elle et l’arachnoïde, et coller ainsi accidentellement cès deux mémbranës ensemble à la voûte du crâne? J’ai rencontré des espèces dé concrétions albumineuses ëh forme de plaques peu étendues eiïlrè l’arachnoïde et la pie-mère , aux endroits où la première passe d’une circonvolution a l'autre. Bichat a vu l’arachnoïde aSèctée d’inflammation chronique sensiblement' épaissie à la surface interne dè la düre-mère , sans que celle-ci eût éprouvé la moindre altération : on la détachait sans peiné, et elle se déchirait avec une extrême facilité.

§. H. Dans le péricarde.

L’autopsie cadavérique fait voir quelquefois le péricarde injecté d’une infinité de petits vaisseaux rouges qui dénotent son inflamma-

(i) Hichat (Anat. descriptive) possédait deux pièces où des fausses merh- brades se voyaient snr l'arachnoïde , devenue le siège d’une inflammation chronique dans l’bydrocépùale.

àu'coeür â été plusieurs fois prise" pour ce vice de §. EU. Dans les plèvres. .

Dansaucune Cavité séreuse les fausses membranes, et surtout les adhérences eelluléuses , nése rencontrent aussi souventque dans les plèvres, où le lieu quelles occupent le plus ordinairement paraît être la partie supérieure : on est étonné de trouver sur "la moitié des cadavres des adultes ces brides celluleuses.qu’on ne voit presque jamais sur-les cadavres des ehfans, et qui deviennent très-rares dans un âge extrêmement avancé. Les fausses membranes sont la suite fréquente des pleurésies; tantôt elles ne se trouvent, ainsi que beaucoup de flocons albumineux nageant dansla.sérosité, que dans une seule plèvre; d’autres fois dans les deux, suivant que l’inflammàlibn s’est bornée à une seule, ou lés a affectées simultanément. Il esfordinàire de rencontrer dans un côté de là poitrine des fausses membranes récentes, et dans l'autre, des brides dont là rareté, la loiiguéur et la ténuité sont les vestiges d’une inflammation qui n’existe plus depuis long-temps. Si l’inflammation était une péripneumonie , souvent les lobes du poumon sont réunfs. Dans tous les cas de. semblable réunion, quand elle est nouvelle, on trouve constamment le tissai pulmonaire altéré.

Est-il vrai que le canal thoracique se; soit quelquefois déchiré ? En admettant cette supposition, comment le éhÿlè a-t-il pu pénétrer dans là cavité des plèvres? "Ne faudrait-il pas aussi supposer que la plèvre s’est rompue? Enfin n'est-on pas autorisé à croire que ce qu’on a pu prendre pour un épanchement de chyle dans les plèvres.'excepté les cas de blessures , dans lesquels la poitrine et le canal thoracique ont été ouverts, n’étàit qu’une matière pti^ riforme exhalée à leur surface interne, et-le.résultat de leur, in.

lïar

.Je njen dis point davantage sur les fausses membranes de la plèvre, que je prends particulièrement pour type de.tojites.les aui

blabtés adhérences, dans les cas où elle donne jour à- ; des abcès profondément situés dans les Cavités ? Sans elles tous lès malades fjüi on't des plaies au canal intestinal seraient roués à une mort, prompte et irrémédiable. Les adhérences des. viscères -abdominaux n’ont pas constamment des suites aussi heureuses : ce sont

« même de l’irritation communiquée aux ovaires par un coït trop « fréquent ou par la masturbation. Voilà pourquoi l’on remarque le « plus souvent ces adhérences, ehezles filles publiques; »

Toutes ces adhérences, ou presque toutes, ont d’abord lieu par l’interposition d’nne fausse membrane; et ce n’est que long-temps après que l’inflammation h’existe plus qu’elle a pris l’état .de brides celluleuses.

Il est une remarque à faire pour le péritoine : c’est qu’il y a des observatiohs qui portent à croire qu’il s’épaissit parfois dans les inflammations aiguës et de courte durée. C’est particulièrement lorsque la fausse membrane est encore récente que l’on voit qnelquefois que la bile, qui a transsudé après la mort, en a coloré les portions qui se trouvent au voisinage de la vésicule qui la contient.

Doit-on admettre sans restriction ce qui a été dit. des épanchetnens lymphatiques et chy leux dans la cavité du péritoine ? Si de gros troncs ,se sont rompus, il faut nécessairement admettre aussi là rupture du péritoine pour concevoir la possibilité de l’épanchement dans sa cavité’. Voyons ce qui est écrit dans un livre encore récent : « Quoiqu’on puisse facilement se tromper sur la nature et " l’origine de ces épanchemens (lymphatiques ét chyleux), on ne « peut cependant se dissimuler que les observations ont bien prouvé « que la cavité du péritoine peut se remplir d’une humeur vérita- « blemént lymphatique, provenant de quelques-uns des nombreux “ va ‘ sseaux - lymphauques du bas-ventre, et dont on a quelquefois « reconnu la rupture après leur excessive dilatation. Je pourrais " même en citer deux exemples que j’ai bien reconnus à l’ouver V ture de deux enfans serophuleux, chez lesquels on a reconnu des * . engorgemens des glandes mésentériques dans les vaisseaux, lactés “ et les autres lymphatiques, ainsi que dans le canal thoracique.... “ Les anatomistes ont cité quelques exemples qui les ont convain-

> de quelques vaisseaux lactés, et même ducânal thoracique..'.:. « On a vu couler, par le trocar dont on s’était servi pour faire « l’opération de la paracentèse, un liquide blanchâtre comme du ■?. kit; qu’on a jugé, être du vrai chyle, au lieu d’eau .qu’on avait

La distension des vaisseaux lymphatiques est fréquemment obsetvée dans le ventre lors de l’ascite ; mais je crois que de semblables ëpanehëmens y sont extrêmement rares, et que ce qu’on a pns-.pour.du chyle-, de ; la .lymphe n’était que la sérosité altérée du-, péritoine-;: t;endüe purifôrme par le fait de l’inflammation .dé cetté membrane.

§. V. Dans la vaginale.

Les adhérences dans la vaginale , par le moyen de faussés membranes et de brides celluleuses en lesquelles elles dégénèrent, sont rares, à moins que l’art ne les ait fait naître. Bichal (t) a vu une fois, sur la tunique vaginale, une adhérence lâche et facilè à détruire par le moindre effort. Je me souviens d’avoir rencontré une

communément d’autarit.plüs considérables, que les adhérences sont plus récentes : ainsi une bride unique qui coupe la Cavité d’une plèvre est ordinairement très-mince et très-allongée. Néanmoins , à mesure qu’une fausse membrane se convertit en tissu cellulaire, lorsqu’elle réunit deux points d’une séreuse, elle se divise en colonnes séparées;

Ces adhérences sont, dans le principe, accompagnées d’une espèce de douleur, de tiraillement qu’éprouvent ceux qui ont reçu quelques blessures aux cavités, ou qui ont eu des inflammations séreuses dépendantes d’autres causes. Après un long laps de temps , ces douleurs diminuent, cessent même entièrement, ainsi que té prouvent chaque jour les ouvertures de sujets que nous avons connus; sans que leur santé fût altérée en quelque manière, ou sans qu’ils ressentissent quelque chose. Si une cavité séreuse est complètement obb'lérèe par tine fausse membrane, cette cavité'ne se reforme ' plus ordinairement, là surface pérspirante est effacée pour toujours,'* et l’adhérencè celluleuse qui succède, extrêmement courte, con-

fond les deux portions de la séreuse , comme on le voit à la yj

nale après la cure radicale îe l’hydrocèle/

Les adhérences par des colonnes celluleuses n que rarement avant seize ou dix-sept anssont extrêmement cornmunes^ebez les adultes, diminuent dans la vieillesse , et n’existent plus lorsqu’elle est extrême. J’ai disséqué u eu plusieurs maladies de poiuine, m avant sa mort, et qui, par suite de ces affections, avait pendant long-temps éprouvé des tiraillemens lors des grands mouvemens de la respiration : je n’ai pas trovivé une seule adhérence de la plèvre. — Elles commencent par se rompre à leur centre, qu’on trouve toujours filiforme, quand elles sont ü;ès-aneiennes. Les extrémités séparées s’affaissent, se retirent sur la séreuse, et bientôt n’en sont plus distinctes. Je ne connais point d’observation qui'atteste qu’on ait surpris ces extrémités flottantes dans la cavité.

Il est à remarquer que, lorsque les adhérences celluleuses sont déjà anciennes, presque constamment on ne peut plus y apercevoir

Est-ce à la rupture des adhérences celluleuses que sont dues, lois d’une nouvelle inflammation séreuse, des espèces d’appendices que je ne crois point décrits , et que M. le professeur Dupuytren a appelés, dans un cours d’anatomie pathologique qu’il fit il y a douze ans , franges vasculaires , parce que, vus au foyer d’une forte loupe, ils paraissent entièrement vasculaires ? — Ce sont des prploqgemens ordinairement rosés, qui ont la forme des' appendices épiploïques qui se voient sur les gros intestins, et qui paraissent naître de tous les points de la surface exhalante du péritoine,,où je les ai seulement observés quatre ou cinq fois. L'anal’ logie porte à croire qu’ils peuvent aussi se former ailleurs. Ces

et le plus grand nombre en a quatre ou six. Je les ài vues en nombre très-varié, comme trois ou quatre jusqu’à'trente, èt'sür des péfitKine's qui offraient des traces d’une inflammation éhronique , une grande épaisseur et des tubercules granuleux. Ges prqlongémens paraissent entièrement formés par" le réseau capillaire 'trës’-.dèveloppé et pénétré de sang ; ils sont enveloppés par uü'e continuation uès-mince du péritoine, qui, à.'fleur sommet, oflré presque l’apparence d’une membrane muquéusè: phlogosée:

Je ne pourrais m’étendre davantage sur les adhérences celluléusès , desquelles j’ai dit quelque chose ailleurs (1) , sans sortir de mon sujet, qui se borne aux fausses membranes. Une fois métamorphosées en brides celluleuses, devenues tissu qui.a son analogué dans l’organisation, elles présentent la même structuré, jèt ne doivent plus être considérées que eomme adhérences. J-’ajôii-' terai seulement que c’est constamment aux fausses membranes qu’il faut attribuer l’origine des filamens ou colonnes qui traversent les cavités séreuses, et que l’on a crues exister dans î’orgaiiisation primitive.

Faussé membrane des abcès, ou dépôts par congestion?"'-

Les dépôts par congestion , ou ceux qui se forment'lentement plus ou moins loin du siège de la partie qui suppure, ont un kyste niembraniforme formé , soit par les flocons albumineux qui nageaient au milieu du pus, et se sont déposés, à l’aide du"temps/à la circonférence de la côllèetion, soit aussi en même temps par une ipatiere albumineuse concrète qu’aura pu produire une inflàmtmiyon déterminée par la présence du pus, comme, corps "étranger ?

Je vais rapporter une observation d’un • dépôt par congestion», qui offre seule presque tous les détails qui ont rapport aux fausses membranes qui servent de kyste à cette espèce de dépôt.

Pendant l’été de 181J , un soldat d’environ quarante ans, athlétique , extraordinairement robuste , entra à l’hôpital de Gordoue, en Espagne , pour cause d’une tumeur qu’il portait aux .côtés externe et antérieur de la partie moyenne de la cuisse,,droite. Cet homme dit avoir été tourmenté pendant long-temps d’une douleur dans les reins, laquelle s’exaspérait presque toutes les fois qu’il

Kéy;

-très-onctueux au toucher. — Cèt état dura trois ouique le malade eût de la fièvre,"sans qu’il perdît palpé, offrît'

de son appéd quelque chose d’insoli ^ le malade se plaignit de n’avoir point dormi, et d’avoiréprouvé de la cliale.m- pendant la nuit. Le pus, plus abondant, moins épais, moins blanc, presque séreux, avait de l’odeür, et 1,’o'n reconnut au-dessus du lieu de la tumeur, sur le trajet du muscle ilio-prétibia! , comme une fluctuation et un bruit semblable'-» celui qu’aurait produit le passage d’air dans les -parties: Même état général le lendemain, sans qu’on puisse reconnaître lafluctuation sourde ni l’espèce de crépitation gazeuse de la veille.

Le jour suivant, le malade n’avait pas dormi, la chaleur était forte, cuisante, sécheresse de la peau, pouls dur’ et matièrédé 14 suppuration plus séreuse, plus abondante, avec une odeur ammoniacale marquée. La main appliquée à l’arcade crurale , et ramenée en pressant en bas, poussait devant elle un flot qui faisait saillir les

là tumeur qui n’existait plus , mais de res^tfed^teÆÏ résultait de son affaissement, par une sérosité puante mêléé à dn gaz de même odeur.

Des ce moment, chaque fois qu’on pansait ce malade , ôn produisait à volonté la même chose; il alla de mal en pis , mai*™ considérablement et très-promptement, s’affaissa, eut la fièvre hectique, la figure se rétrécit, la langue devint fuligméüsé et il mourut dans l’adynamie la plus complète, le seizième bu dixseptième jour de Poùverture dit foyer.

Quelques jours après l’ouverture de ce dépôt, des flocons ou'

fragmens:, les' uns membraniformes , lés ajitres nôn, se détachèrent de son fond, qui prit une couleur vermeille, devint grenu, très-facilement saignant par le moindre frottement , et présentait alors toute l’apparence d’une surface à Bourgeons eharnus-.Cette .espèce d’exfoliation » qui précédait immédiatement le développement des bourgeons, s’étendait chaque jour vers l’ouverture. Les trois,: derniers jours avant la mort, elle était plus abondante, mais formée de fragmens grisâtres, noirâtres, pour la plupart de consistance., pulpeuse et répandant unè odeur très-putride.

Autopsie cadavérique. On trouva un kyste qui avait toute l’apparence d’une fausse membrane des séreuses, parvenue au commencement de la quatrième période. Sa cavité répondant à la collection, offrait, dans plusieurs points, et.plus particulièrement vers l’ouverture, une infinité de prolongemens ou lambeaux en général très-petits, les uns de nature albumineuse, grisâtres, plus denses, et le devenant encore davantage par le contact de l’acide, sulfurique; les autres, noirâtres , pulpeux et fétides. Tout le reste de la surface concave, particulièrement le fond , présentait les bourgeons charnus déjà décrits, mais comme affaissés, et ayant, perdu leur couleur vermeille pour en prendre une livide et grisâtre. I.a convexité du kyste adhérait d’une manière intime à.un tissu.cellulaire lardacé, dont l’épaisseur variait depuis deux lignes, jusqu’à quatre ou Cinq, et qui, se prolongeant entre "les faisceaux musculaires, perdait bientôt cette apparencè lardâcée pour prendre celle du reste du tissu cellulaire. Une ligne bien évidente, formée parla différence du tissu du kyste, et de ce tissu cellulaire, en traçait parfaitement les limites.

Lë kyste avait jusqu’à trois et quatre lignes d’épaisseur, suivant les. beux ou on le considérait; il était injecté par une quantité prodi- : gieuse de petits vaisseaux rouges en lesquels semblait presque se réduire tout son tissu au-dessous des bourgeons charnus, dans lesquels les vaisseaux n’étalent, plus distincts, et dont la lividité

avait à peu près une demi-ligne d’épaisseur. En plaçant une portion de la membrane du kyste entre l’oeil et la lumière, on voyait au milieu de sa légère transparence comme des houppes de vaisseaux rouges qui s'épanouissaient et ne se distinguaient plus les uns des autres vers les bourgeons. Le tissu cellulaire lardacé, qui était -intermédiaire au kyste et aux muscles (dont les faisceaux avaient ï-été écartés, pressés, diminués d’épaisseur à l’endroit de la tumeur), était traversé de vaisseaux rouges, dont la plus petite quantité • passait avec cette couleur dans la membrane du kyste.

Une semblable fausse membrane, mais beaucoup moins épaisse et à vaisseaux moins gros, tapissait le conduit ou canal qu’avait suivi le pus, lequel s’ouvrait à la partie supérieure et interne du foyer par une ouverture à admettre le petit doigt. De là ce con- ' duit s’élevait vers l’arcade crurale, en devenant un peu plus étroit; puis passant aux côtés antérieur et interne des tendons réunis des muscles prélombo-trochanünien et iüaco-trocbantinien, il montait ■ légèrement flexueux au milieu du tissu cellulaire abondant de " ces parties, qui était engorgé et comme lardacé dans le voisinage immédiat du conduit, jusqu’au côté droit du corps de la deuxième - vertèbre, qui était à peine cariée dans une étendue de trois à quatre

duit, on était bien persuadé que la plus grande partie de la quan- ’ tité considérable de pus qui avait formé le foyer n’avait pu être fournie par la vertèbre:

Au-dessus de l’arcade crurale, la fausse membrane était heau- , coup plus mince, n’avait plus de lambeaux albumineux , suspenv . dus en grand nombre inférieurement ; elle avait acquis l’apparence „ d’une membrane muqueuse; ou plutôt c’était une véritable mem- , brane muqueuse , comme le sont toutes celles qui se forment accidentellement dans les conduits fistuleux.

Cette observation, en prouvant l’identité des fausses membranes

séreuses avec celles qui enveloppent les collections, des dépôts .^ar congestion, confirme davantage ce, que ,dit de J’organisation gqu’acquièrent les. fausses membranes, et des Sections dont elles deviennent susceptibles.

J'ai quelquefois rencontré des fausses membranes dans leur deuxième période, formées en grande partie d’une matièrë pulpeuse

De la membrane croupale, et des fausses membranes muqueuses.

ta fausse membrane qui, dans le croup, tapisse le larynx, la trachée et une portion des bronches, ressemblant, par tant de circonstances (1), à celles des membranes se'reuses, lorsqu’elles n’ont point encore eu le temps des’organiser, est-elle absolument de mémè nature? L’analogie favorise cette conjecture-, et fait présumer que l’organisation se développerait également dans la fausse membrane croupale, son contact avec la muqueuse étant immédiat, si les efforts d’expectoration ne la détachaient pas.

Cette fausse membrane croupale , plus ou moins adhérente à la muqueuse, en est ordinairement séparée, dans la presque totalité de son étendue, par une couche intermédiaire de mucosité liquide (2). Dans sa circonférence, elle se fond dans la sécrétion muquéuse plus abondante, diversement consistante et colorée.

La présence continuelle des sucs muqueux, et celle d’un épiderme dont-l’existence:est si facilement démontrable à l’origine des surfaces muqueuses, et très-incertaine quand on les considère plus profondément, jointes aux efforts d’expectoration peur le larynx, et au passage des alimens .pour le tube alimentaire , expliquent assez bien la rareté de l’adhérence intime des fausses membranes

muqueuses à la surface enflammée qui en a fourni la matière;

On lit dans le Dictionnaire des Sciences médicales, à l’article croup, que,.s’il faut en croire M. Allers, « dans les cas de gtié- : « rison, la fausse membrane du croup, évacuée quelquéfois par ; « l’expectoration, ou reprise par l’absorption, demeure encore plus >

xn Abraham Albers , Rapport

« souvent attachée par une adhésion intime ét permanente à"

“ membrane muqueuse trachéale, et prend alors la forme e « texture d’une membrane organisée. Il

“ cabinet anatomique de M. Sœmmering, i . ___

“ I existence de ce phénomène, et il invoque même à cet égard « le témoignage de cet illustre' anatomiste,. dont l’opinion °sur- “ ce point se trouve parfaitement conforme à la sienne. »

M. le baron Larrey, qui a vu les mêmes pièces, s’est assuré par sa propre observation, que la concrétion membraniformes’atta-: che quelquefois par quelque point à la membrane propre du larynx

uque lui avait déjà fait voir quelque chose d’analogue (.1). ; ?:-

M. /. M. Caillau (s) assure avoir observé des fibrilles longitu-i dinales et des rameaux vasculaires dans la fausse membrane eroU- i pâle ; ce qui ne pourrait avoir lieu sans un commencement d’orga- . riisation., .

Ceux qui disent les 'malades s

oât, été trompés par l’effet de.membrane croupale encore r« doit croire que l’apparence des fibrilles observée par m’Caillau »» t fm. fefejéqte cause.

Serait^ce à la présence d’une portion de ces fausses membranes crQUjpales , ; dont l’existence se prolonge beaucoup au delà dé la maladie .qui leur a, donné naissance, qu’il faut attribuer les eban- gemens qui, se conservent dans la voix de certains individus qui ÿht et< L a .)î tre f 0! f affectés du croup? Cette supposition, rendue probable parl’a nalogie, por te à croire que c’est dans les points de la muqueuse laryngée, dont l’épidèrme aura été détaché par l'inflammation,- qu’a lieu l’adhérence intime , ou que se fait l’organisation -, de la fausse membrane.

> e semblable disposition quand: " commencement de la maladievemens d’expectoration sur la é

, Je ne puis mieux faire, pour compléter l’histoire des fausses membranes muqueuses, et en particulier dè la membrane croutouchant laquelle je h’ai point de faits qui me soient propres , que de rapporter ici en grande partie une note de M. le professeur Chaussier, qui se lit à la"fih de la traduction française, par JVÏ. Nauche , de la Pyrétologie de Selle, page 5g3 et suivantes : " Les recherches anatomiques que l’on a faites sur le cadavre des enfansqui ont succombé à cette maladie (le croup) ont toujours

Quelquefois ces- lambeaux sont considérables, et représentent 7 étant développés dans l’eau, des tubei inégalement déchirés à leurs extrémités : circonstance qui, plusieurs fois, en a imposé en les faisant-prendre pour dés portions de la membrane interne de l’oesO- -phage, de J’estoinac et de l’intestin, séparées des membranes extérieures par la .maladie. Des observations attestent que quelquefois dé Semblables-concrétions ont été rendues par la vulve, et provenaient de la matrice, dont elles avaient conservé exactement la forniè intérieure ; d’autres nous porteraient à croire que des tubes, quelquefois même ramifiés de ’ Ces fausses membranes-provenant dés bronches, ont été expectorés. -—J’ai eù.bccasion de voir beaucoup de fausses menbranes ainsi rendues par les selles pendant l’été de 1.811, à Cordoue , où il y avait un grand nombre de,soldats malades de la colique de Madrid. Ils étaient ordinairement de consistance: gélatineuse , très-petits, et enveloppés de beaucoup de mucus. Immédiatement après la sortie d’une assez grande quantité, les malades étaient constamment sonlagés. M. Royer, chirurgien aide-major, qui était aussi attaqué de la même maladie, rendit un jour un de ces fragmens moulé dans l’intestin, lequel formait un tube de trois ponces de longueur.

M. le professeur Chaussier (1) dit : Les villosités : les papilles « de la surface ( qui fournit la concrétion membraniforme■) sont « rouges, et toujours beaucoup plus allongées, plus développées « que dans l’état naturel. Gela se démontre très-bien en plongeant, « en agitant dans l’éau la partie affectée; on voit alors les villosités « prolongées flotter à la surface, former des espèces de franges ; « très-fines et dans lesquelles on distingue très-bien le caractère -« vasculaire.’ Si l’irritation inflammatoire cesse bientôt , parties « ne tardent pas à reprendre leur disposition première ; la couche '« membraniforme qui s’était formée à leur surface se détache, et « est rejetée en totalité ou par lambeaux, suivant l’action et la

(èr

- structure de l’organe; au contraire, si l’irritation persiste, ces « villosités , ces franges vasculaires, d’abord si fines, continuent « à se développer, forment à la surface de la partie des éxcrois- " Sances . des fongosités plus ou moins considérables. . . . Nous « sommes parvenus, par l’effet d’une irritation continue; à déter- « miner à la surface des différentes membranes perspirables un « nouveau mode d’action qui a entièrement changé l’état des vil- - losites de leur surface-sécrétoire, a produit un développement « de vaisseaux tres-apparens, susceptibles même d’être injectés, et « que nous avons vus quelquefois prolongés de plus de deux cen- « timetres » (i). . . . . ’ ' ■ • . ;■ -

i. ti?

h Ejf.

Fausse membrane dermoidalc et des surfaces ulcérées. '

Un vésicatoire dont l’action a été trop irritante pour ne faire que soulever l’épiderme détermine au-dessous de la sérosité la formation d’une espèce de fausse membrane ordinairement simple , sémitr an s p a rente, que j’ai quelquefois vue formée de deux feuillets accolés tout comme s’il y avait eu deux mouvemens de fluxion distincts-, minces, et pour la description de laquelle j’emprunte encore ce qu’en a dit M. le professeur Chaussier dans la note précitée : .Ce n’est •< qu’avec difficulté que l’on peut, dans les premiers temps, en- “• lever cette couche couenneuse ; elle est alors intimement ap- •• pliquce, et en quelque sorte engrainéè à la surface de la peau , * parce qu’en même temps que la sécrétion couenneuse se forme, « les papilles de la peau s’élèvent, se tuméfient, et laissent ainsi “ une' infinité de pétits interstices dans lesquels se concrète la « matière couenneuse; et si, malgré cette connexion infime , on « s’obstine à enlever cette couche membraniformè , on ivoit alors ? que la surface de la peau est grenée, d’un rouge très- vif, et « qu elle se recouvre bientôt d’une nouvelle couche lymphatique ; « au contraire, si on attend la cessation dé l’irritation, la tumé- « faction des papilles diminue peu à peu pelles reviennent à leur “ état naturel, elles ne fournissent plus'qu’un fluide séreux bu “ pùriforme, et la couche couenneuse qui les embrassait de tous « côtés, soulevée par cette nouvelle sécrétion , se détache focile- « ment, ou tombe spontanément. » D suffit d’avoir vu une seule fois 1 espece de fausse membrane dermoïdale que produit quelque-

fois l’application d’un 1 -vésicatoire , pour être frappé : de la vérité et de là précision de cés détails. En outre, on observé quelquefois,

avait commencé dans les exbalans. Il est à remarquer que là-substance de cette faussé membrane n’est point facilement- friable dès l’origine : elle est alors légèrement tenace-ou -visqueuse, et elle peut-être allongée en la tirant. Nè doit-elle pas ces propriétés à Une certaine proportion de-gélatine ? «Ces pbénoinènès s’obser- «-vent également ( ajoute- le même professeur ) à toutes; les « surfaces perspirables , lorsqu'elles éprouvent un êertain degré « d’irritation-: nous en avons vu depuis peu un exemple bienre- « marquable sur un chimiste qui, dans un endroit peu spacieux, « se trouva tout a coup exposé, par la rupture d’une très-grande '« bouteille , à une masse considérable de vapeurs d’acide muria- * tique oxygéné ; il éprouva d’abord une toux très - vive , Une « excrétion abondante de larmes, de sérosité limpide et visqueuse « -qui s’écoulait par le nez, ou provenait du pharynx et de la t.ra- « chéè; quelques heures après l’accidfent, ces excrétions s’arrêtèrent, « mais la voix devint enrouée , la vue s’obscurcit, l’odorat se per- «/dit entièrement; et en examinant ce jeune chimiste, nous vîmes « qu’il s’était formé à la surface dés yeux une couche .opaque,

« blanchâtre , mCmbraniforme, qui interceptait le passage de . la « lumière.; il s’était formé de semblables concrétions dans Ics ca- « vités- du nez-,' du pharynx', et sans doute dans le larynx et la' « tra'Chée. Quelques jours de repos et l’usage des adoueissans œu- « cilagineux firent cesser tous les aeeidens ;-les yeux se dépouillé-' « rent d’abord'dè la couche lymphatique qui s’était formée à leur « surface ; l’expectoration fit rendre quelques lambeaux membra- « niformes , et toutes les fonctions fuient promptement réta- « blies. »

développement des fausses membranes. Ne doit-on pas considérer comme une sorte de fausse membrane ces croûtes blanchâtres, et quelquefois grisâtres, comme lapdaeées, qui recouvrent fréquemment les aphthes ? M. Jurine, de.Genève (2), remarque que , dans cette dernière maladie, la matière muqueuse, blanchâtre, acquiert de la consistance, et à la fin se convertit en une pelliéulé qui se détache et tombe par un même.enchaînement d’effets et la même série de phénomènes que la membrane crbupale. — L’observation fait voir que si, lors de la chute de la croûte àphtheuse, la membrane muqueuse est fortement enflammée, ce qu’on reconnaît par la rougeur et la sécheresse , on doit s’attendre à voir l’exsudation se renouveler, et que semblable renouvellement peut avoir lieu cinq ou six fois sur le même point

. . (1).Dissertation de physiolbgiè pathologique sur lés fausses inemî>ranès : et les adhérences. Paris 1812. •

p) Rapport sur le concours relatifjiu.croup., : - - ;>

La fausse membrane dermoïdale né s'organise jamais Dâni la supposition gratuite -que la nature tende à opère. son organisa- Von le soin qu’on a de l’enlever., les pansemens, les frottemèns dont la surface du eorps est le siège, le «tellement de cette fausse membrane au linge, à la main qui s’y applique, l’action de l’air,

s y .opposent nécessairement.

' 4. 'D’abôrd matière étrangère, elles s’organisent ensuite, ou ont une tendance à s’organiser par dès vaisseaux qui leur viennent des parties auxquelles elles sont superposées » et qui les envahissent. ’

5. La circulation s’y faisant une fois/elles sont le siège d’une nutrition par laquelle elles manifestent une suite pon-interrompuë d’altérations qui les rapprochent de l’organisation et de la nature .particulière des surfaces avec lesquelles elles sont continués, et dont elles remplissent exactement les fonctions.-Ainsi parvenues à cet état sur les membranes séreuses, elles ne s’èn distinguent plus par rapport à leur organisàtion intime, èt elles éxhalent une même sérosité ; les portions de membrane croupale, qu’on dit s’organiser, ' séparent le mucus du larynx/tetc; •

Devenues ■ parfaitement semblables aux organes sur lesquels elles se sontformées, portions de ses mêmes organes, il y a identité parfaite:celles sont susceptibleg dés mêmes.affections parles mêmes causes. Dès-lors ii n’y â plus de fausse membrane.

Enfin , dans quelques endroits qu’on rencontre les fausses membranes , elles ont un même .aspect,elles se confondent sous une apparence générale, et se comportent, pal rapport aux parties dans lesquelleselles sont, d’une manière commune. Les différences sous lesquelles elles peuvent se présenter tenant à des circonstances

’ §- II- Pathologiques (particulières aux fausses membranes des

séreuses ).

T 1 • Les fausses membranes qui ne se forment pas. sur le derme, ou

6. Ce n’est que par, et après l’organisation complète des fausses membranes, que le malade a le bonheur d’e'chapper aux accidens qui sont la suite de leur formation.

7. Mais le plus souvent il succombe dans le cours des accidens secondaires, lorsque déjà l’organisation de la fausse membrane est plus ou moins avancée ; et il paraît, d’après les observations, que tres-souvent c’est quand il survient une exaspération dans les symptômes , qui redonne à l’inflammation le caractère aigu.

HIPPOCRATIS APHOR1SMI.

( Edente Eduardo-Francisco-Mariâ Bosquïllon).

Morborum acutorum non omninô tutæ sunt prædictiones, neque salutis , neque mords. Sect. il, aph. 19. '

Morin acuti judicantur intra dieaquatuordecim. Ibid., aph. 23.

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