CHAPITRE PREMIER
Histoire critique des travaux relatifs à la symphyse du péricarde. Exposé des opinions absolument contradictoires sur l’anatomie pathologique de cette affection : l’hypertrophie du cœur est affirmée dans tous les cas par certains auteurs, d’autres ont trouvé l'atrophie. Les résultats cliniques ne sont guère plus nets ; chaque signe est discuté, peu à peu discrédilé, par suite de sa variabilité el de son inconstance. Nécessité d’une classification des symphyses cardiaques,
L'étude vraiment scientifique de la symphyse cardiaque date de Lancisi qui, se basant sur les autopsies et l’évolution clinique, dèmontra qu’il s'agissait là d’une véritable maladie causée par une lésion, et non pas d’un défaut de dèveloppement comme l’avaient enseigné Galien et ses successeurs. Après Lancisi, Baillou, Lower, Vieussens, Morgagni, eurent l’occasion de confirmer cette première notion dans les autopsies dont la pratique entrait de plus en plus dans les mœurs médicales; mais déjà, au début de cette étude sur la symphyse cardiaque, on relevait la variabilité des lésions; c’est ainsi que Morgagni (Let-
tre XXII) cite des cas où, avec les adhèrences du péri-
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carde coïncidaient tantôt l’hypertrophie, tantôt l’atrophie du cœur. |
Au commencement de notre siècle, avec les travaux de Corvisart, de Heim, de Krœæysig, de Sanders, de Bouillaud, l’étude de Paffection se fait plus complètement, mais certains cliniciens montrent déjà qu’il faut distinvuer la symphyse latente et la symphyse à symptomatologie bien nettement individualisée. Ainsi, Corvisart (1) dans son chapitre sur l’adhérence du pèricarde dit formellement qu’ «il est des sujets qui, après leur mort, ont ètè trouves dans cet état patholgique sans que, pendant leur vie, on ait eu l’indice le plus léger de l'existence de cette affection; c’est quand l’adhèrence est formée par des filaments celluleux, plus ou moins allongès, ou même immédiate mais partielle et peu étendue, semblable en cela aux adhérences si frèquentes des poumons avec les plèvres; 1l paraitrait donc que, avec le temps, le cœur s’habitue aux entraves que cette affection apporte à ses mouvements; au Contraire, dans d’autres cas, elle amène un dérèglement tel dans les fonctions de l’organe que la mort en est la suite immédiate, plus prompte on plus tardive, suivant l’âge, le tempérament, la profession (pouls petit, vite et irrégulier, absence de fortes palpitations, rougeurs subites au visage produites par le trouble que lPadhérence apporte dans l’action régulière du cœur, sentiment pénible de
tiraillement dans la région du cœur parce que dans Pacte
1. Corvisart, Trailé des mnaladies du cœur (1806); 3° édition,