Thévenin, Contribution, etc., loc, dt., p
ordinaires * ; 2" que les mentions per lanceam et per gladiv/m, qu'on rencontre plus tard pour des affranchissements proprement dits , c est-à-dire en ce sens que ces expressions signifient que rafiFranchissement et l'investiture s'effectuaient par la tradition et Tinvestiture d'objets symboliques qui représentaient la qualité d'homme libre.
Dans l'opinion contraire, on n'invoque d'autre argument qu'une explication un peu cherchée du texte de Paul Diacre, tandis que nous croyons pouvoir soutenir que notre opinion est en rapport avec tous les procédés et les modes connus d'affranchissement romains ou germains, qu'elle est en parfaite harmonie avec notre tendance à assimiler les formes de l'affranchissement à celles de la tradition , qu'enfin elle explique le texte de Paul Diacre d'une façon toute naturelle et que semblent confirmer des textes postérieurs. N'était-il point naturel, chez ces peuples primitifs, que les armes fussent en effet le symbole de la qualité de l'homme libre et que l'affranchissement se fît dès lors par la remise des armes simulant ainsi l'investiture de la liberté ?
Notre opinion s'appuie sur des textes anglo-normands , très postérieurs , il est vrai , mais qui ne sont que l'expression des traditions germaines et ne laissent aucun doute : 1" Qu'il y ait eu tradition dans les mains d'un tiers « tradat eum vice comiti ; » 2® qu'il y ait eu déclaration solennelle de dessaisissement « quietum illum clamare débet a jugo servitutis suas; » 3** enfin qu'il y ait eu investiture de la liberté par la remise des armes « tradat ei libéra arma scilicet lanceam et gladium, » « et lanceam. et gladium in manibus ei ponat; » 4® que ces armes étaient le symbole de la qualité de libre « libéra arma, » « lanceam et gladiv/m qux liberorum sunt arma. ^ »