‹ Essai sur les formes et les effets de l'affranchissement dans le droit gallo-francChapitre 67 sur 91 · Brunner, loc, ci · texte numérisé non relu

Brunner, loc, ci

libellum entre les mains de Tévéque ou du prêtre, ou bien on déposait sur l'autel un objet symbolique qui la représentait, ou enfin , on plaçait simplement la charta sur l'autel ou sur les évangiles ^ Ces formalités existaient dans le droit des Âlamans. La tradition des choses données à TÉglise s'effectuait par le dépôt sur Tautel d'une charte qui contenait la mention de la chose donnée et les noms des témoins nécessaires pour confirmer la donation 2. On les retrouve aussi avec quelques variantes dans les chartes et les textes francs qui mentionnent des transmissions de propriété K Seulement , à partir du ix' et du X* siècle , on voit apparaître une certaine confusion dans l'emploi des formalités mentionnées sans ordre ni logique, et ce mélange prouve bien qu'à cette époque on avait à peu près perdu le sens véritable des formalités originaires. Aussi s'efforçait-on d'entasser dans les actes toutes sortes de mentions qui semblaient devoir les mieux garantir. Cette situation se retrouve pour les cartx libertatis et elle contribua à faire naître de nouveaux modes de tradition et de transmission.

Quant à l'investiture , elle consistait justement dans ce fait que c'était sur l'autel de l'Église donataire qu'on déposait la carta donationis ou traditionis. Il y avait là deux actes presque inséparables de la part du donateur et du donataire , mais que l'on peut cependant distinguer.

De tout cela, il résulte qu'il existait pour l'Église une forme de tradition spéciale in ecclesia, L'Église introduisit ce mode particulier dans tous les pays à mesure qu'ils adoptèrent la religion chrétienne. C'est ainsi qu'on le rencontre chez les Francs , les Alamans , les Bavarois , les Burgondes et chez les

i. Brunner, loc, cit., 92.

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