‹ Essai sur les fortifications anciennes, ou introduction à l'histoire générale de la fortification des anciensChapitre 53 sur 72 · La fortiflcation passair^re chez les Grecs. — Les · texte numérisé non relu

La fortiflcation passair^re chez les Grecs. — Les

Grecs, dans leurs opérations de campagne, ne mettaient pas le même soin que les Romains à s'entourer de retranchements passagers en terre; et Poltbe dit positivement, à ce sujet, qu'ils recherchaient surtout, pour leurs campements, la force de l'assiette, afin d'éviter la peine de creuser des retranchements. « Ils adoptèrent en principe, rapporte l'historien ^ que les forc tifications artificielles ne valaient pas celles qui proviennent a de la configuration du sol. Par suite, quand il s'agit de proa céder à leur installation, ils sont obligés de changer compté- • tement la forme de celle-ci en se guidant sur la configuration c du sol, et en faisant varier chaque fois les dimensions, sui- « vaut les différents terrains. II arrive alors que chacun est « incertain relativement à l'emplacement que doit occuper, soit « lui-même, soit le corps dont il fait partie, d'après les dispoa sitions adoptées. Les Romains préfèrent prendre la peine de « creuser des fossés et d'exécuter les travaux qui en sont la « suite, pour conserver leur liberté d'action, ainsi que l'avanc tage d'avoir une installation unique, connue de tous et de « forme invariable. »

Cependant, les Grecs employaient quelquefois cette espèce de fortification pour suppléer aux défenses permanentes, quand il

1. Yoy* ci-dessus, p. 33. — 2. Polybe, Vl^ 42, trad. Masqueles, p. 335.

^'agiiBâit, par exemple/ de nurv^iller cérimo^ pa38iige3 ou de l^arder des positions importantes *. Ainsi Hippocrate^, général athénien, campant à Délion (424), fortifia par une levée de terre Tendroit consacré à Apollon, et il compléta cette défense en plantant, pur le bourrelet relevé en arrière du fossé, une ligne de pieux reliés par des sarments de h vigne sacrée. Il Qt, en outre, remplir les interstices avec des pierres et des briques prises aux édifices voisins, comme nous l'apprend Thucydito^ L'année précédente (425), les Lacédémonieus, bloqués par les Athéniens dans l'île d^ Sphactérie, après le combat de Pylps, y avaient rétabli un mnr fort ancien, en.piwre^ sèches, qui, disait-on 3, avait déjà servi pour la guerre; mais il ne «'agissait là ni de terrasses ni de fpssés. Dans la dix*septième année de la guerre du Péloponèse (415), les Athéniens étaient établis dans un eampement voisin de Syracuse et voulaient se méQftgor la possibilité de commencer le combat à leur volonté, sans avoir à craindre la cavalerie syracusaine : « Ils étaient protégés d'un c o6té par des clôtures, des maisons, des arbres et un marais, a dit TavGYDmE^; de l'autre par des pentes rapides. Ils abatiif rent les arbres du voisinage, les transportèrent vers h mer « et plantèrent une palissade le long des vaisseaux. Près du K Dascon ^, dans l'endroit le plus access^ible aux ennemie, ils c élevèrent à la bâte un retranchement en pierres sèches et en c bois; eniin, ils coupèrent le pont de l'Anapas. >

Gomme on le voit, ce fu( le plus souvent avec des pierres et dn bois que les Grecs consliluèrent les quelques retranchements . de jcampagne qu'ils élevèrent p^irfois ^. La palissade (j'ai indiqué précédemment son organisation) ^ formait rélément presque -essentiel des retranchements passagers helléniques. L^es Grecs étaient plus habile^ k dresser des murailles et des obstacles eo matériaux bputs trouvés sur place, qu'à creuser des fossés et à élever des (igger£$ ou terrasses de camps (chômata)^ comme les Romains savaient en dresser.

tm, Lea foa^és 4^8 c^jnpa des PerseSf — ^ T^es Perses, au

d. De la Barre-Duparc, Art de la guerre, p. 79. — 2. Thucydide, IV,

90. — 3. Id., IV, 31 , 35 , 36. - 4. Id., VI, 66. — S. Darse et village

'^oUins <de tyracôse ^ledeM. Bélaiit/tràd;:de1Ftooydide,'p;b46).—

e.Voy. ci-dessus, p.499(Campd'Eiiphaës,enMe8sénie),— 7. Id.,p,49p.

eontpaipe, à la bataille de Platée, à la fin des guerves médiquô^ (479), donnèrent aux Grecs Texemple d'un de leurs campements protégé par des fossés et des levées de terre surmontées de palissades; Les Lacédémoniens se distinguèrent peu dans l'attaque de ce retranchement, et, d'après Hérodote ^ ils auraient dû renoncer à le forcer, sans le secours que leur apporlèpent le^ Athéniens, qui étaient plus habiles qu'eux dans l'exécution de C6s.6ortes d'opérations. L'historien grec ajoute, du reste, que les assaillants étaient peu accoutumés à combattre une troupe retranchée, ce qui est la meilleure confirmation de TasseKian précédemment avancée : que les Grecs n'avaient pas rhabitnde de se garder, dans leurs camps, derrière des fossés et des levées de ferre.

Au moyen âge, à la bataille de Kadésiah (634 ap. J.-C), les Arabes trouvèrent les Perses retranchés derrière des fossés profonds, et il en fut de même, du reste, à celle de Néhavend

(642 ap. J.-C.)*.

Mirkound, d'ailleurs, d^ns son Histoire des Sassantdet^, ràp«

porte aussi qu'Ardeschir Babcghan , avant la bataille d'Hor*

muzdan contre les Parthes (256 ap. J.-C), avait fait creiieer un

fossé autour de son camp, s'étant rendu sur le champ de bataille

avant l'action.

122» Les fossés des eamps des Arabes. *- A la bataille de Kadésiah, les Arabes, comme les Perses, s'étaient retranchés derrière un fossé et une levée de terre. Les Sémites, du reste, paraissent avoir fait, dans une très-haute antiquité, un usage fréquent de cette espèce de fortification, qui est indiquée dans leDeutéronome* à propos des sièges des villes. Les Babyloniens étaient très-habiles à faire de grands travaux de terrassements, témoin Hérodotb^, qui rappelle les étonnants fossés de canalisation entrepris en face de leur capitale par la reine Nitocris, en vue de s'opposer aux incursions des Mèdes. Quant aux Assyriens, nous avons dit qu'ils savaient entourer leurs campements de palissades ^; ils devaient avoir spuvent recoure aussi

1. Hérod., IX, 70.— 2. Voy. ci-destag, p. 208.-* 3. èllrkeaad, trad. de8acy, p. 277.-4. Deutér., KX, 19.--- 5. Hérod , (, 4a5.-*^«. Voy. ci-dessus^ p. 49S.

aux.fossés et aux levées de terre, pour ne pas contrarier leurs habitudes de précautions, lorsqu'ils opéraient dans des régions privées de bois, comme la Mésopotamie et TAsie centrale. Nous connaissons également les immenses chaussées dont Hs usaient parfois dans les sièges ^; et la Bibk marque suffisamment l'emploi qu'ils faisaient des fossés et des levées de teri^ devant les villes assiégées ^.

Au siècle de Mahomet, une des guerres du prophète contre les Koreischistes prit le nom de guerre du fossé (627-628 ap. J.-C) 3; et, quelques années plus tard (632 ap. J.-C), sous Abou- Bekr, dans la campagne d'£l-Ala dans le Bahrayn, les troupes arabes belligérantes s'entourèrent aussi de fossés profonds : c Les deux armées, dit M. de Pergeval ^, restèrent pendant un c mois en face l'une de l'autre, escarmouchant tous les jours, a mais sans en venir à un engagement général. » Le camp des Bahraynites fut toutefois emporté par les Musulmans, qui s'y introduisirent pendant que les ennemis, plongés dans l'ivresse, s'y étaient rendus incapables d'opposer la moindre résistance.

Plusieurs extraits de Makrisi ^ témoignent encore de l'emploi constant de cette fortification pour les camps à l'époque des khalifes fathimites d'Egypte. On s'en servait de longtemps en Arabie, pour la protection des habitations particulières, comme en fait foi l'un des moallakats^ : t 0 demeure de Meyya, qu'on voyait sur le sommet, puis sur le versant de la montagne ! dit le poëte. Elle est déserte et les années ont passé sur elle bien

longues 1 J'ai retrouvé le fossé semblable à une citerne

creusée dans un sol vierge, dans une terre rocailleuse. La vieille servante avait rendu au fossé ses bords et l'avait ensuite

consolidé à coups de pelle au milieu de l'humidité Cette

demeure, elle a été abandonnée un soir; un soir ses habitants ont émigré, et elle a été frappée par le môme ennemi (la vieillesse) qui a frappé Lobad. »

d. Voy. ci-dessus, p. 309, 313.-2. lY Rois, XXIV, 10; XXV, 1.— 3. Sédillot, Hist. des Arabes, p. 52. — 4. De Perceval, Hist. des Arabes, t. III, p. 383.— 5. Voy. ci-dessus, p. 2d6. — 6. Le Diwan de Nabîga- Dhobyani, trad. de l'arabe par M. Hartwig-Derenbourg, Journ. asiat. 1868, t. II, p.30i. L'auteur écrivait vers 615 ap. J.-G.

123. Ijea fortifications passat4;éres des Groths.— -Les Goths, qui furent si habiles à profiter des leçons des Romains dans rétablissement des forteresses de pierre, les imitèrent aussi dans la construction de leurs retranchements de campagne, comme en font foi les restes de remparts en terre et en pierres sèches qu'Alaric, roi des Yisigoths, établit près de Poitiers» avant la bataille de Youillé (807 ap. J.-G.)) pour s'y renfermer en attendant les secours espérés du côté des Ostrogoths K

±Z4, Lignes de aiégB chez les Romains. "— En arrivant devant une place forte, Tarmée de siège, chez les Romains, se gardait contre les armées de secours et empêchait les entrées frauduleuses dans la ville, au moyen de retranchements continus élevés du côté de la campagne. G*est ce que nous nommons aujourd'hui des lignes dé etrconvoUation. Les Romains appelaient ces retranchements mum'tio ou munimentum ', noms qui s'appliquaient également à un grand nombre d'ouvrages du même genre.

Pour éviter les surprises de la garnison et la mettre dans une espèce de blocus pendant le siège; afin d'écarter les espions des camps et de disposer à volonté des transfuges et des suppliants; pour les repousser ou les accueillir, selon les circonstances, on élablissait du côté de la place une autre ligne de retranchements (munitio), auxquels les modernes donnent le nom de lignes de contrevallaiion.

L'ensemble de ces deux sortes d'ouvrages est appelé quelque part, par Tite-Live ', ancipitia munimenia, ou retranchements h double face.

Il était essentiel, dans les sièges, de forcer les habitants à épuiser leurs vivres le plus promptement possible, et toutes les bouches inutiles poussées hors des murs, que les lignes arrêtaient et refoulaient vers la ville, ajoutaient singulièrement aux embarras de la défense, qui souvent refusait de les recevoir de nouveau. Aussi voyait-on parfois des malheureux à qui l'on retirait d'un côté une patrie, à qui on refusait de l'autre un asile, mourir de faim dans les fossés de la place oa s'y nourrir

i. Cs. H. Martin, t. I, p. 447.-2. César, G. de G., V, 42; Tile- Live, V, 2. — 3. Id.

d'herbes et de racines; ils y broutaient encore Técorce des arbres ou fai^aient bouillir, en guise d'aliments, les cuirs de leurs ceintures et les courroies de leurs sandales. La sensibilité des Anciens ne s'excitait pas pour si peu I Titus, au siège de Jérusalem, faisait, dit-on S crucifier tous les prisonniers, et les soldats romains se donnaient la satisfaction de les transpercer de leurs épées. Le prince voulant réduire la ville par la famine et empêcher les attaques répétées que les Juifs poussaient contre ses machines, venait d'entourer la place d'une muraille de neuf stades de circuit, portant treize tours; cette enceinte, dit José- PHE *, fut construite avec une incroyable rapidité (70 ap. J.-C).

C'était dans l'intervalle compris entre les deux lignes que les Romains plaçaient leurs camps de siège, en les répartissant sur le pourtour de la ville. Chaque fraction de l'armée possédait le sien, qui était indépendant, entouré de fortifications et relié aux autres par les lignes ou par des communications en tranchée ouverte.

Cette méthode parait avoir ité, de bonne heure, en usage chez les Romains, car Dents d'Halicarnasse * fait mention de lignes de siège pour l'attaque de Vélitre (Velletri) par Ancus Marcius (632), pour celle de Suessa Pometia par Tarquin le Superbe (S32) et pour celle de Lavinies par Coriolan (486). Tous ces retranchements étaient faits avec des fossés, des levées de terre et des palissades.

De son côté, Tite-Live* mentionne les lignes de siège de Véies (396) : « Les unes, dit-il, étaient tournées vers la ville et les a sorties des assiégés; les autres faisaient face h l'Etrurie et « devaient arrêter les secours qui pouvaient venir de ce côté. »

On pourrait multiplier beaucoup les exemples et rappeler en outre les doubles lignes du siège de Numance par Scipion (133) *, ou encore celles du siège d'Alise par César (52) «.

Dans les lignes de contrevallation d'Alise, un premier fossé fut tracé à quatre cents pieds (120 mètres) en avant du retranchement principal, pour prévenir les surprises pendant l'exécu-

1. Munk, Palest., Univ. pitt.,p. 596.-2. Josèphe,6. d. J., V,ld. — 3. Denys d'Halic, lîl, XIII, 13 ; IV, XII, 2; YIIF, III, 9.- 4. Tîte- Live, V, 1. — 5. Appien, Guerre d'Espagne. —6. César, G. d. G., VII> 72,73.

tion de celui-ci et pour mettre les travailleurs en dehors de la portée du trait de l'enûemi. Quant à ce retranchement principal, il se composait de deux fossés, dont le plus intérieur était rempli d'eau, et d'une terrasse surmontée d'une palissade (agger ac vallum); on avait clayonné la palissade ^ pour lui constituer des créneaux semblables à ceux des villes (lorica pinnaeque).

C'est à ce masque que César donne le nom de plutem, désignation commune à tous les dispositifs couvrants des Romains, ainsi qu'à plusieurs de leurs machines protectrices employées dans les sièges.

125. Les trous de loup ou lilia. >- Ces retranchements d'Alise étaient en outre garnis d'abatis artificiels (cervi grandes eminentes), de cippes (cippi) ^, et ils étaient précédés de huit rangs de fosses tronconiques (scrobes, paulatim angustiora ad infimum fastigio), rangées en quinconce (obliquis ordinibus in quincuncem). Chacune de ces excavations, que les modernes appellent trous de loup et que les Romains désignai^t ordinairement sous le nom de lilia, h cause de leur grande ressemblance avec la forme du lis, contenait un pieu de la grosseur de la cuisse, aiguisé et durci au feu. Le piège était, eu outre, recouvert de broussailles et de ronces.

Xénophon indique ces fosses comme servant h. prendre les animaux sauvages'; on les employait en Palestine contre les lions *, et elles sont signalées dans plusieurs passages de la Bible ^ : « Habitants de la terre, dit Isàïe ^, l'effroi, la fosse, le « piège vous sont réservée. Celui que l'effroi aura fait fuir « tombera dans la fosse; celui qui sera sauvé de la fosse sera f pris au piège. »

Ainsi que je l'ai rappjalé précédemment» quelques: peuples sauvages> comme les Hottentots ', se servant encore aujourd'hui de cette espèce de pièges, pour la chasse des bêtes fauves et de l'éléphant. Dekuam» dans le récit de son voyage au Soudan ^,

i. Voy. Napol. III, J. César, III, X, XII.— «. Voy. ci-desstis, p*H08 et SQÎv. — 3. Xénoph., La Chasse, XI. — * 4. Mnnk, La Palest., p. dS9. — 5. Ezech., XIX, 4, 8 ; Jérém., II, 34; XLIX, 43, 44.-6. Isaïe, XXIV, 17, 18. — 7. Voy. ci-dessus j p. 554. — 8. Denham> dans de Lanoye, Le Niger^ p. 224.

rapporte également que les Nègres riverains de TYeou « n'ont

< qu*une manière de se défendre contre les attaques des c hommes et des bêtes de proie. Dans les deux zones de hautes t herbes et de broussailles qui bordent la rivière, dit-il, ils « creusent plusieurs rangées de trous profonds en forme de « cônes renversés; ils en hérissent l'intérieur de pieux pointas « et durcis au feu, puis les recouvrent si adroitement de pla- « ques de gazon et d'herbages, qu'il est impossible d'en découc vrir Torifice. Toute créature d'un certain poids, passant sur

< un de ces pièges, y est immédiatement précipitée pour y « périr misérablement. >

126. Les lignes de siège des Grecs. — Les Grecs n'étaient pas étrangers à l'exécution des lignes de contrevallation et de circonvallation, et le siège de Platée par les Lacédémoniens et les Thébains (479) est l'exemple le plus connu et le plus complet de leur emploi. Toutefois, les murs qui furent élevés devant cette malheureuse cité ressemblaient à de véritables remparts de places fortes, faits en briques, avec des tours, et n'avaient que très-peu l'aspect de fortifications passagères. On sait, du reste, que le siège de Platée dura deux ans, et que, malgré toutes ces précautions, la garnison réussit néanmoins à s'échapper *.

Mais les lignes qui furent élevées, du temps d'Alexandre, devant la Cadmée de Thèbes (335), étaient probablement formées, au contraire, d'une simple levée de terre et d'un fossé. Cette citadelle, tombée au pouvoir des Macédoniens, se trouvait assiégée par les Thébains, quand Alexandre vint au secours de la garnison. Les Thébains, dit Abrien >, l'avaient cernée d'une double ligne de retranchements, pour fermer toute entrée aux secours extérieurs et tout passage aux sorties qui auraient pu les inquiéter.

S'il faut s'en rapporter au récit d'HoMÈBB, les Grecs, devant Troie (1184), n'avaient pas précisément établi de lignes de sié^e; mais leur camp se trouvait cependant entouré d'un retranchement en terre. D'après le poète de l'Ionie '> le campement

1. Yoy. ci-dessus, p. i02. — 2. Arrîen, Alex., I, 3. — 3. Homère, Iliade, Vil et XII ; voy. ci-dessus, p. 5G.

des Grecs était protégé par quelques fossés à talus roides, et garni de palissades aiguisées. Un massif de terre, auquel il semble qu'on avait associé la pierre, en certains endroits, complétait l'organisation défensive de ce rempart grossier et primitif.

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