‹ Essai sur les fortifications anciennes, ou introduction à l'histoire générale de la fortification des anciensChapitre 52 sur 72 · Voy. ci-dessus, p. 3Â · texte numérisé non relu

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murailte^. C'est pourqaoi aus^i les hommes primitifi» des régions • occidentales de TEu^opc n'eufent paè^ de Véritabler places^ fortes, avec des fossés et des temblais, les seules fottifieâtiotis qu'ils eussent été capables d'etécoter; fcar, n'ayant à leur dis*; posltiona t|ùe de faibles moyens balistiques^, il leur eût lété. probablement impossible de défendre ocnvenabletnent leurs, remparts à distance. Bans ces retranchements, ils auraient été exposés à se voir forcés sur un point unique, par un comble*ment de fossé et par un assaut bien mené, sans avoir "pu combattre avec, les armes dont ils savaient surtout foire uû bon usage, c'est-à-dire avec les armes de main*» C'est pourquoi encore tous les peuples primitifs, dans ces mâlties régions, ont adopté universellement l'usage du (umulus, h la fois eoubasse-^ ment de tente ou do cabane et poste de combat, puis, plus tard/ tombeau et temple, — monuments dont les formes dérivent toujours de celles des habitations humaines, -* quand la reli- . gion et le culte des morts eurent pris naissance chez ées peuples, deux choses qui annoncent déjà^ dans une tiâtion, un certain degré de civilisation et que les sauvages des mers dtl^ Sud né connaissent même pas encore tous^. Alô^s les tumuli^ prirent les dimensions des plus grands qiie nous connaissona^ ils devinrent dea moaumeiiis grandioses pour Tépoque ^ k la.

ié (^1.6 ^uVage le pins arriéré, dit Labbock (p. 457), tie peut se fi servir ^ue d'ane ou deux armes. Il est limité à celles qui! peUt em- « porter areé loi, et naturellement îl préfère celles qui offiredt l'uti* a îitéla plus fénér«iie. )» Je suis porté à^erôire qae, pour^es hdmmesde* tftge de la pierre, là flèche était plutôt une arme de chasse qu'une arhie de guerre ; car ceux-ci ne pouvaient se faire suivre au combat par des . caissons de munitions de rechange, comme en ont les armées modernes. — 2. Le nombre des armes de jet retrouvées dans les stations néolithiques est toujours relativement faible par rapport à celui des armes de main. Ainsi, d'après M. Lubbock (p. 62), le musf^e de Copenhague, sur 48i0 instruments de pierre oU d'os, ôomple seulement 171 pointes de flèche, tandis qu'on y trouve 250 poignards, 658 lances et plus dô 1800 haches ou coins de silex. — 3. VoyeÉ, pour la religion douteuse des Hottentols, Lubbock, p. 342; pour les Veddahs de Ceylan, îd./ p. 346; pour les Australiens, id., p. 355; pour les Tasmaniens, id., p. 357; pour les Esquimaux de Groenland, id.^ p. 416> etc., etc.

manière des pyramides d'Egypte ou des theoctdlù du Mexique, dont le calli simple fut le premier modèle ^

Quant aux fossés et aux levées de terre, ce genre de fortifications ne pouvait être inconnu aux premiers habitants de TEurôpe septentrionale. Les ravins en avaient donné Tidée, et l'étude de quelques monuments mégalithiques a suffisamment démontré, qu'au moins à une certaine époque, on en faisait déjà usage '. Mais c'était toujours dans certaines circonstances particulières qu'on l'appliquait, et l'on cherchait alors, dans cet emploi, à produire les dispositions défensives les plus convenables pour le but qu'on poursuivait.

Ainsi, à Abury, on a doublé la ligne de défense par la position du fossé, et en conservant le remblai en première ligne, on a maintenu pleine et entière l'action de la défense rapprochée et presque corps à corps, la seule qui soit utile avec l'emploi presque exclusif des armes de main.

Avec le fossé en avant, on paralysait cette action, en raison de la distance et de l'infériorité reconnue des armes de jet de l'époque *. On perdait en outre tout l'avantage de la supériorité obtenue par le commandement, si universellement appréciée par les constructeurs de tous les tumuli. On se condamnait, en conséquence, à voir le fossé comblé et l'enceinte franchie sur un point unique par une forte colonne d'assaut, sans avoir le moyen d'empêcher ces opérations , sans pouvoir développer l'usage des moyens par lesquels on eût le mieux repoussé l'attaque dans d'autres conditions, c'est-à-dire par un combat f)resque corps à corps avec la supériorité de la position, en un mot par l'écrasement de l'assaillant sous le poids du défenseur et de ses armes.

Au contraire, en maintenant le fossé en arrière, on se conservait toute l'étendue du mode de défense ordinaire des tumuli; on rendait difficile, sinon impossible, l'opération du comblement du fossé; et, devait-on se retirer derrière la palissade qui formait la seconde ligne de défense, on retrouvait, sous son abri, le commandement au-dessus du fond du fossé, d'où l'assaillant devait forcément combattre, avec l'infériorité de la position. En

4. Voy. ci-dessus, p. 542.— 2. Id., p. 33 et suiv.— 3. Voy. sur les pointes de flécha^ Lubbock^ p. 78 et suiv.

même temps, les menhirs ou peulvans de l'escarpe constituaient, pour le défenseur, des boucliers fixes analogues aux créneaux des villes fortes des temps anciens.

On objectera, sans doute, qu'au stone-henge de Salisbury, le fossé, de 9",50 de largeur, est la seule défense du monument, et qu'il précède les cercles de trilithes qui le composent *. Mais, outre que ce temple-forteresse est d'une époque probablement bien postérieure à celle d'Âbury, et que le perfectionnement de Fart balistique pouvait peut-être permettre alors la construction d'un fossé extérieur, on remarquera que les défenseurs, montés, comme sur des tours, sur les trilithes de 9 mètres de hauteur du stone-henge, n'avaient qu'à laisser glisser leurs projectiles à të^ pour en accabler sûrement l'assaillant.

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