‹ Essai sur les fortifications anciennes, ou introduction à l'histoire générale de la fortification des anciensChapitre 58 sur 72 · Voy. ci-dessus, p. 39. —2. Id., p · texte numérisé non relu

Voy. ci-dessus, p. 39. —2. Id., p

Je ne )%viendrai pas sur la natui^e de ces forteresses aryanes^ pélasgiquesy grecques, étrusques » romaines» etc.; j'ajouterai seulement que celles-ci semblent n'avoir eu, à l'origiae, que des dimensions asse^ restreintes. Dressées dans des contrées où les autochthones touraniens paraissent avoir été plus rares que partout ailleurs S les acropoles servaient alors plutôt de réduits que de camps retranchés; on s'y appuyait en cas de danger eî on y renfermait les richesses les plus précieuses; puis^ en temps ordinaire, on se livrait, sous leur protection, à la culture des chanq)s et à l'élevage des troupeaux. C'était presque un âge d'or ; car^ peu contrariés par les autochthones, les Aryans de l'Europe méridionale pouvaient^ le plus souvent, vaquer sans soucia leurs occupations agricoles; ils couvraient aussi sai^ danger les campagnes de leurs villas et de leurs fermes.

Dans ces conditions, les forteresses ne redoutaient pas encore les sièges réguliei^; elles n'étaient occupées que passi^èrement, et leurs murailles d'enceinte, vraisemblablement, ne portaient pas encore de tours; Cette opinion se trouve confirmée du reste par l'examen des ruines de Tiryntfae, de Mycènes, de la Larisse d'Argos, forteresses pélasgiques des plus anciennes qui, en «ffet, ne portaient pas de tours K Ëlevés sur des hauteurs inabordables de phin-pied^ ces refuges ne portaient, parfois même, dès le début, aucune enceinte de murailles; des palissades^ érti ouvrages de bois y suppléaient ', et quand on les entourait de itours, cêttK-ci suivaient ordinairement toutes les sinuosités des rochers sur lesquels ite étaient placés. De fiiibles dimensions, ces forteresses se servaient à elles-mêmes de touris de surveil^ lance.

Mais cet ûge d*or oA d'aïçenl de l'Europe méridiénâîe ne fut évidemment que temporaire ; bientôt les mauvaises passions des hommes modifièrent cet état de choses, et les chicanes prirent naissance d'elles-mêmes, avec la prospérité des peuples et aVec l'extension des familles dont la i^éunioh formait la société. Ces chicanes résultèrent de leurs rivalités, de leurs ambitieuses espérances fet de leur besoin réciproque de se dominer les Uns

i. Voy. ci-dessus, p. 595. — 2. i>ompeï, t. î, p. 36; Gailhabauà, Monum. cyclop.; Blouet, Expéd. en Morée, t. II, p. US, 149.— 3. Voy. ci-dessus, p. 501.

les aut)*es; puis les invasions étrangères commencèrent, et les demeures éparses dans la campagne et protégées seulement par quelque défense légère durent être rapprochées et entourées de fortifications solides c pour résistera des ravisseurs étrangers ^» C'était l'Âge de fer qui commençait. Comme au temps du roi Cécrops, dont les États étaient périodiquement ravagés par des corsaires, on dut renoncer à la vie champêtre^ dont la liberté était Cendant très-précieuse *.

Ce fut alors sans do\ite que les acropoles, étant insuffisantes pour abriter toutes les populations, on songea à s'établir à leur pied et à renfermer dans des murailles les faubourgs ainsi formés. A partir de cette époque, les tours devinrent pour ainsi dire nécessaires sur les portions d'enceinte dont le pied se trouvait directement abordable. Il fallut défendre ces nouvelles fortifications par une action vive de commandement sur leurs approches ; ott les garnit de tours, afin d'éviter de donner h toule l'étendue des murs une hauteur disproportionnée avec les ressources dont on pouvait disposer pour leur construction.

Du reste, les Grecs semblaient avoir conservé lin vague souvenir de l'époque à laquelle on avait commencé à garnir lès muraîlles de tours. D'après Aïustotie, c'était auxCyclopes> c'està-dire aux Pélasges, qu'était due l'invention des tours, et TnÉopHiuSTB l'attribuait aux Tîrynthiens; c'était toujours la mêmre origine ^. Et d'ailleurs, il y avait un semblant de Vérité dans cette croyance; car si certaines des plus anciennes acrépoles pélasgiques ne portaient pas de tours, d'autres, vraîsem- WaWement plus récentes, comme Pharsale*, Calydon* etGottys*, en présentent encore defe restes sur les ruines de leur enceinte. Il est donc naturel d'admettre que c'est entre l'époque de la construction de Tirynthe et celle dePharsale qu'il convient de placer le temps de l'apparition des tours en Grèce.

Toutefois cet accessoire des murailles ne paraissait pas toujours indispensable, même h Tépoque hellénique ; car on ne le rencontrait pas encore partout alors, c Les murailles de Cimon

4. Biucyd., h 2. — 2. Barlhéletoy^ V<9»ge an jeune AnadiéFA, ïnttdd., «•• pmte. — ». Pllae, Vil, 57. -^ 4. PlBtit-«tAll, ^. «f7. — Jk W.j p, «W. -n 6. PôuqwAriflé, Voyèige fen Gr*î«, t. V> p; 4«r

« et de Thémistocle (à Athènes), dit en effet M. BsoLé ^ repoc sent simplement sur le bord du rocher, suivant ses mouve- « ments et ses inégalités. Il n*y avait pas de tours, comme on < en voit dans la plupart des fortifications helléniques, parce c que le lieu était naturellement trop bien défendu pour qu'une c simple muraille ne fût pas suffisante.»

D'après Denys d'Haligaunasse^, les Tyrrhéniensou Étrusques passaient, en Italie, pour les premiers inventeurs des tours ; c'est qu'évidemment il s'était produit là le même état de choses qu'en Grèce. Au fur et h mesure que les populations s'étaient développées, on avait suppléé aux défenses naturelles des villes par des enceintes de murailles élevées en plaine, et, dans ces nou> velles fortifications, l'usage des tours s'était trouvé introduit, lorsque l'art poliorcétique avait progressé. On disait du reste que, de Turris ou Tubseis, venait le nom des Tyrrhéniens ou Tyrséniens'. Ce qui d'ailleurs peut faire penser que l'usage des tours succéda à celui des enceintes, en Italie, c'est que les parties les plus anciennes des murailles de Pompeï ne portent pas de tours ^, ou du moins celles qui s'y trouvent sont postérieures, de longtemps, à la construction primitive de la cité ^.

Les Romains attribuaient aussi à Cybèle l'invention des tours dans les villes de Pbrygie, ce qui en faisait remonter le premier établissement sur les murailles à une antiquité dont on ne savait, pour mieux dire, assigner les véritables limites, c Pourquoi Cybèle a-t-elle le front couronné de créneaux, disait en effet c Ovide ? Aurait-elle la première donné des tours aux villes de € Pbrygie? Un signe aflirmatif de la muse, ajoute le poète ^ c m'apprit que j'avais deviné. »

g V. — CONCLUSIONS.

140. Gonolnslons.— En résumé, les trois groupes humains que nous avons étudiés et auxquels semblent pouvoir se rattacher

i. Beulé, Acropole, t. I, p. 91. —2. Dénys d'Halic, I, 27. — 3. Voy. No6l des Vergers, Etrurle, t. I, p. i07. — 4. Voy. ci-dessas, p. 73. — 5. Mazois, Pompeï, t. I, p. 36. — 6. Ovide, Fastes, IV; Virgile, Enéide, X, 252 ; Lucien , La Déesse syrienne, XV; Voy. de Caylu», Antiq., t. II, p. 378 et pi. ii8; t. V, p. 312 et pL IH.

aussi les peuplades hol(^hrastiques de T Amérique S nous ont montré une organisation physique différente, des langages distincts, des tendances diverses et des procédés défensifs variés et appropriés aux conditions ordinaires de leur existence et à leurs aptitudes sociales.

Les Chamites chasseurs, race de préparation, au langage monosyllabique, n'ont jamais eu de fortifications établies en vue d'empêcher l'absorption étrangère à laquelle ils semblent avoir été condamnés d'avance. Quand viennent les invasions, ils savent seulement en laisser passer le torrent en occupant des positions naturellement fortes; c'est là qu'ils trouvent leurs asiles les plus sûrs et c'est là qu'on rencontrera le dernier des Chamites n'ayant pas encore subi la loi de l'absorption. Dans ces retraites, ils attendront la civilisation qui leur vient; ils laisseront ainsi aux familles nobles le temps d'accomplir lentement, progressivement, et avec mesure, leur mission providentielle. Mais, pour la conservation de leur race jusqu'à l'heure marquée par le destin, ils sont très-habiles à se garantir, par des moyens simples, de leurs agressions réciproques et de la surprise des animaux. Chez les plus avancés seulement — mais c'est l'exception — l'art de la fortification se réduit à l'emploi de la palissade, du fossé et de la levée de terre. Ils ne connaissent ni le mur de pierre, ni le mur de terre; et l'on ne rencontre ceux-ci que chez les familles du groupe qui ont déjà subi l'influence étrangère, sémitique ou autre.

LesTouraniens pasteurs, autre race de préparation, au langage agglutinant, n'ont jamais eu non plus de véritables forteresses. Chez eux, la cité nécropole, le tumulus, la terrasse, ont de tout temps constitué seuls les camps de refuge ou les postes de combat; ils ont servi dans les guerres de famille, comme dans les invasions étrangères, pour la protection du groupe et la conservation momentanée de la race. On signale, il est vrai, quelque emploi du fossé et de la levée de terre chez les Touraniens; mais ils se sont distingués surtout par des enceintes de pierres levées à grands intervalles, espèces de boucliers fixes, remplissant le rôle des créneaux des villes et des armures défensives.

Les Aryo-Sémites, tantôt pasteurs, tantôt agriculteurs, race

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