‹ Essai sur les fortifications anciennes, ou introduction à l'histoire générale de la fortification des anciensChapitre 7 sur 72 · Niches creusées dans le roc et villes crsrptiques · texte numérisé non relu

Niches creusées dans le roc et villes crsrptiques

— Des niches creusées dans le roc remplaçaient paifois les cavernes naturelles. Ainsi faisaient les Germains, qui, au dire de Tacite®, avaient coutume de se creuser des cavernes souterraines , sur lesquelles ils entassaient du fumier pour se garantir de l'hiver et déposer leurs grains. Semblables à ces hommes du Nord , les Indiens de la montagne de Ba-

1. Flor., m, 11. — 2. TU. Liv., X, 1. — 3. Salvador, t. II, p. 197; Joseph., Ant. Jud., XIV, 15. — 4. Badin, p. 147. — 5. Monit. du 10 juillet 1845.-6. Tac. gcrm., XVI.

miyan', s'étaient jadis fait ime ville souterraine, nu moyeà de douze mille cavités réunies et treusôes dans le roc. Oa rencontrait encore de nombreuses villes crypti(jues dans les régions caucasiques et en Cappadoce*.

14. Lob canièree, — On habitait aussi les carrières, transformées par la suite eu uéoropoles. Les opprimés n'oublièrent jamais que si, comme les Latomies de Syracuse, elles leur avaient servi de prison, elles pouvaient encore, coname les -catacombes de Rome, devenir leur refuge. Les meilleui'es retraites furent toujours, du reste, œliea dont ou put le mieux dissimuler les entrées. Dans (juelqucs grettea récemment découvertes et habitées ii IMge de la pierre, oa ne pouvait s'introduire ^'en rcmpaut, l'entrée de la caverne étant fort étroite'.

15. Cananx souterrains des villes. -- Gomme dernière défense, et pour éviter la fureur d'mi vainqueur, exaspéré par les lenteurs d'un siège, certains peuples munissaient leurs villes de souterrains étroits aux entrées soigueusement cachées, qui, partant de l'intérieur de la cité, se prolongeaient fort loin dans la campagne. Ils aboutissaient à des cavernes ou à des lieux retirés, favorablement placés pour J épier l'occasion de fuir en siireté. Par leur canal, on s. tout ce qu'on voulait soustraire au pillage. Nicoclês , tyraa ' de Sicyone*, surpris par Aratus (251) ; Mœandrios, tyran j de Samos", attaqué pai- les Perses (521), échappèrent par ] celte voie A leurs ennemis.

C'est un souterrain de cette nature que M, TEXiEH'^a rencontré dans les ruines de Plérium en Asie-Mineure *, Éboulé en grande partie, il pouvait encore être parcoiuTi sur une longueur de 150". II devait mener à des retmitea éloignées, situées au milieu des forêts, et dont les issues se pei-daient dans les breussaillea.

t. Radin, p. iB. On prftend que ces grattes datent de cinq ù six siùdcs avant J.-C. — 2. Svcn Niisson. p. 199, d'après Bois de MonipcrreiiK el AinswortI). — 3. Figuier, p. 101. — 4. RoUin, Hisl. anc, XVII, II, 2; Plut, *ral. — 5. Wroà., III, 1 i6. — G. Twier, p

Dans beaucoup de villes pélasgiques ou étrusques ou méuageait au-dessous d'elles, lors de la coustructiou, d^s souterrains, doat le but n'est pas encore bien défini par les archéologues*. Peut-être avaient-ils comme celui de Ptériiun quelque propriété militaire? M. Oppert, dans son Voyage en Mésopotamie, rapporte qu'il a rencontré à Tekrit un serdab ou souterrain voût4, semblable à celui qu'il avait vu à Diasbekr (Amida) et qui, comme le marque ÂMStiEN Margelun , conduisait- à un escalier situé au-dessous du Tigre. Il pense que ce serdab servait à recevoir des provisions du côté du fleuve en cas de siège '.

Les princes gardaient généralement pour eux-mêmes le secret de ces compléments des places fortes. Tel Hyrcan, petit-neveu d'Onias II, grand-prêtre de Jérusalem, qui ayant été élevé à la cour de Ptolémée Epiphanes s'était rendu odieux à ses frères par le crédit qu'il avait auprès de ce prince*. Voulant se ménager un asile pour éviter de tomber entre les mains de ses frères , il fit bâtir le château de Tyri, tout de marbre blanc (186). « Les fossés étaient » très-profonds et taillés dans le roc, dit M. de Beausobre^, » et il trouva le moyen de les remplir d'eau. Il tailla dans » la contrescarpe des cavernes qui allaient sous terre à » plusieurs stades pour lui servir de retraites , s'il était un » jour forcé dans son château. L'entrée de ces cavernes » n'était pas plus larga que ne l'exigeait le passage d'un » homme. Elles avaient diverses chambres et différents » rameaux. »

16. Les égouts des villes. — A l'égal de ces canaux souterrains Mtis pour la fuite, les égouts des villes étaient encore autant de routes par lesquelles on pouvait s'échapper ou seulement faire des sorties. Au siège de Jérusalem par Titus (70 ap. J.-C.) les assiégés dét)ouchaient ^u loin dans la campagne par des conduits souterrains. « Il fallut, dit

1. Cs. N. des Vergers, t. II, p. 161. — 2. Oppert, t. I, p. 84; Ammicn Mac, XVIH, IX, 2. ~ 3. Munk, p. 490. — 4. De Beausobre, Tab. mil., XXXI, d'ap. Josùpb., Ânt. Jud., Xil, 5.

y> M. Ôalvador', que des troupes fussent spécialement des- » tinées à explorer et à feraier ces issues. » À la fin du siège, Gioras, Fun des chefs de la résistance, pressé par la faim , se jeta dans un embranchement des égouts qu'il connaissait et qui devait le mener au delà des retranchements romains. Il ne put réussir à s'échapper.

17. Retraites souterraines des villes. — Tous ces détails sont tirés de l'historien Josèphe^. Lui aussi avait jadis usé d'une cachette souterraine, quand il défendait contre Vespasien la place de Jotapat (67 ap* J.-C-). Enfermé à la un du siège avec quarante-cinq de ses compagnons d'armes, dans une cavité dont l'entrée donnait sur une citerne, il fut trahi par une femme. On convint alors que pour échapper aux Romains , tous se tueraient les uns les autres dans un ordre déterminé par le sort. Quand Josèphe, désigné pour être le dernier resta seul avec le soldat auquel il devait donner la mort , il lui proposa de se rendre aux ennemis. On connaît toute l'amitié qu'il porta depuis à ses vainquem*s.

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