AVANT-PROPOS ET HISTORIQUE
Ayant eu connaissance d’un cas récent de hernie de l'appendice, désireux d’avoir des renseignements précis sur celle question, nous cherchâmes dans les auteurs les lumières qu'il nous fallait. Après avoir compulsé avec soin les dictionnaires, les ouvrages de chirurgie modernes, les traités récemment publiés, nous fûmes surpris de n’y presque rien rencontrer, et pourlant est-il un sujet de pathologie chirurgicale plus étudié que celui des hernies”?
Pendant longtemps l’appendice iléo-cœcal a été laissé
de côté. Beaucoup d'auteurs avec Morgagni, considéraient ?
les lésions de ce diverticule intestinal comme inoffensives
et lui-même avait réséqué l'organe sur les animaux sans
déterminer aucun accident. Les petites dimensions et le Rivet 2
Gr
peu d'importance physiologique de l’appendice paraissaient n'avoir jamais un rôle bien considérable en pathologie.
Les nombreux travaux, qui chaque semaine pour ainsi dire surgissent de lous côtés, se sont chargés de démontrer la fausselé de cette opinion.
L'anatomie normale de l’appendice in situ a été éludiée scrupuleusement par les anatomistes contemporains,
Trèves en Angleterre, Tuffier et Clado en France, pour ne citer que les principaux.
L’histoire théorique et clinique des appendicites, longtemps confondus avec fatyphlite, la pérityphlite, le phlegmon jiiaque, possède à l’heure actuelle un chapitre des micux élucidés, depuis surtout que le traitement de ce genre d'affection est devenu totalement chirurgical.
Etant donné que l’appendice in situ était le siège de lésions inflammatoires fréquentes, il était à supposer a priori, que cet organe prolabé, tombé dans un sac herniaire, devait y êlre encore plus prédisposé, puisqu'il ajoutait encore à ses aptitudes pathologiques tous les accidents propres aux hernies ordinaires.
Nous avons donc été surpris, nous le répétons, q'ie ces bernies intéressantes n’aient pas attiré davantage l’attention des cliniciens.
Nous essaierons dans les pages suivantes de tracer d’après les observations, recueillies avec difficulté, les principaux traits de ce genre de hernie.
Avant d'aller plus loin, nous offrons à M. le Dr Vignard, chirurgien suppléant à l’Hôtel-Dieu de Nantes, le témoi-
gnaige de noire reconnaissance el nos plus sincères
on
remerciements, pour la bienveillance avec laquelle il s’est toujours empressé à nous aider dans notre tâche.
L'histoire de la hernie de l'appendice est de date toute récente. Morgagni a été un des premiers à mentionner la présence de l’appendice dans plusieurs hernies. Amyand trouva dans une hernie scrotale, cet organe adhérent à l'épiploon (Tritschler, thèse Tubingue, 1806). Merling (thèse d'Heilctelberg, 1826) rapporte un certain nombre de cas analogues. Chez un nouveau-né, l’appendice était contenu dans une hernie inguinale congénitale avec adhérence au testicule (Scemmering). Hesselbach décrit une hernie inguinale droite de l’appendice chez un enfant de 10 semaines. Fleischmann rencontre l’appendice dans un hernie inguinale congénitale chez un enfant de 2 jours. Dans une opération d’entéro-épiplocèle chez un homme de 20 ans, le sac herniaire ne contenait que l’appendice lié au testicule et simulant par suite de cette adhérence un varicocèle. Schwenck, Leipzig, 1805. Citons encore, Morse (Wiener med. Woch. V. 15. 1802). Hernie crurale droite contenant l’appendice. Puchets id. Carlo Javamelli Th. d'Osmondi, 1836. Quelques cas de Cruvéilhier, Malgaigne, etc.
En 1868, Klein fait paraître un résumé de tous les cas connus, mais la plus grande partie de ces observations se rapporte à des trouvailles d’autopsie ou à des pièces anatomiques.
À partir de cette époque, quelques auteurs suivent la voie tracée, et apportent à cette élude, encore bien neuve, plusieurs faits non sans intérêt. Pas un seul cependant, ne s'était attaché, par un travail d'ensemble, à coordon-
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ner les faits épars, à en tirer des déductions ou des indications thérapeutiques.
En 1893, Brieger publie dans les Arch. f. Klin. chir., XV, le premier travail important, sous le titre : Hernies de l'appendice vermiforme. L'auteur s’eflorce de démontrer que ces hernies sont moins rares qu’on ne paraissait le croire jusqu'ici. Il a réuni toutes les observations parues depuis le mémoire de Klein, 28 cas de hernies de l’appendice seul.
Cet ouvrage nous aura été d’un grand appui pour lédification de notre thèse. Nous avôns surtout mis à profit les observations in extenso prises dans la clinique chirurgicale de Breslau. Nous avons également mis à contribution, celles que M. le D’ Pollosson fit paraître dans le Lyon Médical, avec quelques réflexions à la suite. Le cas publié par M. le D' Thierry, sous le néologisme heureux d’appendicocèle, in Bulletins de la sociélé anatomique, 1892, quelques fragments de M. le D' Bernard, même bulletin, 1894 : enfin deux autres observations inédites dues à la complaisance de M. le D' Vignard. Ajoutons encore tous les faits consignés dans la thèse de M. Merigot de Treigny et dans le mémoire de Brieger.