DÉLIMITATION DU SUJET
Par hernie de l’appendice, nous ne voulons parler que de la présence dans un sac herniaire de l’appendice iléocœcal seul en tant qu’intestin prolabé, accompagné ou non d’épiploon. | :
Les hernies qui rentrent dans cette catégorie sont jusqu’à présent peu connues comme nous avons essayé de le démontrer. Nous pensons cependant qu’elles sont moins rares qu'on ne le pense en général. € M. Lucas- Championnière, dont on connaît la grande expérience en celte matière, n’a jamais rencontré l’appendice vermiforme, isolé dans un sac de hernie, dit M. le D' Thierry, qui n’en avait également jamais trouvé avant le cas qu'il a publié. »
En somme, il n’est pas extraordinaire de rencontrer dans une hernie commune, l'appendice, accompagnant une anse intestinale, et il est assez naturel de constater sa présence dans une hernie du cœcum.
Dans ces conditions, son importance est bien diminuée, et les phénomènes d’étranglement dans 8 premier cas sont confondus avec ceux de l’anse intestinale étranglée, qui les surpassent en intensité, de même dans le
deuxième cas où il n'y a pas à propreme.t parler étran-
glement de l’appendice puisque l'obstacle réside en général sur le cœcum.
Comme toutes les hernies, celles de l’appendice peuvent être congénitales ou acquises. Nous constaterons donc des différences pathogéniques tranchées dans les deux classes.
Un de nos devanciers les a décrites en trois chapitres : hernies irréductibles, hernies étranglées de l’appendice seul, hernies étranglées avec épiploon.
Pour la commodité de la description, nous étudierons la hernie de l’appendice comme la hernie ordinaire, en la suivant dans chacune de ses évolutions pathologiques.
Nous ferons un essai sur l’étiologie difficile à établir, un chapitre très complet sur l'anatomie de l’appendice en insistant sur Sa forme, ses dimensions, sa situation précise, la disposition de son méso, sa mobilité et celle du cœcum qu’il est forcé de suivre dans ses déplacements, ses rapports avec les organes voisins, et les orifices par lesquels il peut faire hernie. Nous verrons aussi ses anomalies les plus communes. Pour cetteétude, nous avons fait de nombreux emprunts au travail de M. Clado, paru dans les Mémoires de la sociélé de Biologie de 1892.
Nous passerons ensuite en revue la pathogénie, l’anatomie pathologique. Les symptômes glissant rapidement sont ceux de la hernie réductible pour s'étendre sur l'étranglement. À ce propos nous ferons quelques réflexions sur la physiologie pathologique et la variabilité des symptômes. Nous arriverons, après le diagnostic, la marche et le pronostic, au traitement auquel nous consacrerons un long article.
ÉNAITS
A la fin de ce travail on trouvera deux tableaux récapitulatifs : l’un des hernies irréductibles, le second des hernies étranglées, avec statistique et résultat opéra-
toire.
ÉTIOLOGIE
On ne peut guère se rendre compte exactement de la variabilité de ces hernies suivant les âges. Les observations réunies, à part quelques-unes bien détaillées, offrant trop de lacunes. Certains auteurs avancent quelques faits relatifs à ces hernies chez les enfants. 2
Enfant naissant, icones Herniæ congenitæ (Sandifort). Enfant de deux jours. Fleischmann. Enfant de 2 ans (The Dublin journal. Th. de Merigot de Treigny). Nouveau-né (Sæmmering cité par Merling). Enfant de dix semaines (Hesselbach). Garçon de 8 ans (Nusbaum). Enfant de 13 ans (Malgaigne). id., 13 ans (Guersaut fils), etc. Les adultes y sont plus sujets, on rencontre plusieurs personnes âgées, 60 ans (Vignard), 71 ans (Pollosson), 68 ans Carlo-Javomelli. On trouvera l’âge indiqué, quand il sera connu, aux tableaux récapitulatifs.
Le siège a toujours lieu à droite, comme c’est rationnel, sauf dans un cas où l’appendice a été trouvé à gauche ? Observation XXIIT de Brieger. Hernie inguinale gauche.
Quant au siège, l'appendice peut faire hernie dans les deux trajets ordinaires, canal inguinal, anneau crural.
Sur 52 cas nous trouvons: Trajet crural 17 fois.
Trajet inguinal 35 fois.
AT jo us
Le rapport entre homme et femme est difficile à établir pour la cause déjà invoquée. Il paraît résulter, comm: c’est l’habitude pour les autres hernies, une fréquence plus grande de hernies crurales chez la femme.
Ces hernies paraissent reconnaître les mêmes causes productives que les autres.
Leur irréductibilité provient d'adhérences inflammatoires. L'étranglement semble plus fréquent dans la hernie appendiculaire par l'aptitude particulière de l’appendice à contracter dans sa position normale des lésions inflammatoires, à plus forte raison dans un sac herniaire où elle est exposée aux affections spéciales aux hernies ordinaires. | |
Rivet de 3.