‹ Essai sur les hiéroglyphes égyptiensChapitre 10 sur 48 · AIN, ON , AN · texte numérisé non relu

AIN, ON , AN

-is , comme je Tai dit , est une terminaison ^^ grecque.

(i) La célèbre bibliothèque d'Osymandias , dlSO'- I^piaySi); MANDES ,' n'ëtait que le dëpôt de la sainte doctrine.

OBR-Ès a donc fait ABR-ès^ d'où AmBR*ES.

Mais OBR est le mot qu*ayec la ponctuation des MassorèteSy nous prononçons hE- BeR; il est le nom d'un patriarche^ et désigne la langue parlée par ce patriarche ; la langue d'hEBeR , la langue AmBRique^ hE- BRi-que, la langue hEBR^aïque^ ThEBR-eu.

Si cette étjmologie est exacte , et je crois que cette facilité constante d*expliquer avec clarté les symboles^ les traditions et les monumens égyptiens par l'hébreu > prouve assez qu'il faut la considérer comme telle > il en résulte que les Egyptiens nommaient Hébraî^ ques leurs livres sacrés , confiés à la garde du scribe hiérogrammate. Je ne me permettrai sur cette nouvelle découverte aucune réflexion I tout ce qu'on a vu déjà des fragmens que je publie est si extraordinaire^ si peu attendu^ que ces réflexions se présenteront assez d'elles-mêmes à l'esprit du lecteur. Quant à ceux qui s'occupent de l'étude des monumens de l'Egypte y ils entreverront maintenant pourquoi^ malgré tout ce qu'on a pu dire^ le copte est d'un si faible secours pour expliquer les hiéroglyphes. Cependant le copte est fort ancien ; il est, dit-on ^ la langue parlée en Egypte même avant Gambyse: cela se

( 33 ) peut^ et n'empêclie pas que^ relativement au sujet qui captive aiijourd*hui Fattention des sa vans 9 il ne soit presque inutile.

La langue hébraïque était la langue sacrée j la langue des mystères^ et par conséquent des symboles. La langue copte , au contraire , était celle du bas^peuple, la langue en sousordre j abattue^ subjuguée, soumise j c'est-àdire, placée au-dessous de la langue hébraï-* que; elle était celle de V idolâtrie, de Vimpié^ téj du culie des idoles j puisque le peuple non initié était idolâtre. Le nom de cette langue, . . soit qu'on le prononçât QoBT, CoBT ou ^-^'-^ ^ GoBT, avait toutes ces significations, qui an-

noncent assez le peu de cas qu'on en faisait. Moïse trouva dans les livres ambriques ou bébraïques toutes les traditions historiques qu'il nous a transmises. Scribe-sacré , il eut la qualité de Jàmbrès; il porta dans l'initiation le symbole d^ Hermès; il £utV Hermeneus, l'interprète Hermès, Y Hermès vivant; cela explique pourquoi quelques anciens l'ont considéré comme le véritable HetTnès, et lui ont attribué la fondation d'une des villes nommées Hermopolis (i).

(i) c Selon Saint-C jriUe , non-seulement les Juifs, ce

Son symbole fut le panier , la kiste^ le Tan, le crible , comme il le fut quinze cents ans après du nouvel ISO , du second Moïse en^ vojré par la sagesse divine.

Avant de donner Tétymologie hiéroglypbi* que de son nom , il importe de connaître celle du nom porté par Hermès, dont il fut le représentant et l'interprète.

Ce mot HER-MëS n'est pas aussi moderne qu'on pourrait le croire diaprés les &usses étymologies qui en ont été données.

C'est un surnom adopté par les Grecs ; il est formé de deux mots orientaux, hER et EM ou MES.

On a vu que l'élévation en coliine, en mon*

tagne, en bosse ^ la bosse même du chmneau,

étaient hiéroglyphiques dans Tinitiation. Le

nom de cette élévation montanéiforme était

%n hER et même hERM. HER, appliqué aux êtres

» que dit encor<^ Saint-Justin, mais les Égyptiens mêmes , » regardèrent Moïse comme un Dieu| pensée que con- M finne, et Artapan dans Eusèbe, et dans Clément d'A- > lexandrie, Vhypomnema attribué \'Eusthaie d'Antio-

» che , Gedrenus , etc. Tous ces auteurs nous rapportent

» que Moïse fut adoré pa): les Egyptiens sous le nom de » Mercure , et que ce fut lui qui fit bfttir Hermopolis >•

Db FooaMovT, Réfl. crit.

(35) animés^ signifie concevoir ^ devenir enceinte ^ parce que, dans la grossesse > le ventre sem* hle s'élever en forme de montagne ; il se dit de la femme et du chameau.

Dans un sens moral ^ hER désigne la con'cepUon m&italey concevoir , penser j avoir une pensée , la pensée.

M£ on MES vent dire porter la main sur rro vn une chose ^ la frapper j la toucher^ la palper.

HEA-MÈS désigne donc la pensée rendue palpable ou figurée. Ce mot^ comme nom propre ^ convenait à celui qui ^ le premier ^ fit en quelque sorte toucher la pensée en la représentant par des figures. De là vient qu'en arabe > liEIlME signifie sculpter j graver, inciser. Ce nom convenait également à tous ceux qui expriment leur pensée au moyen de récriture.

Mais la pensée qu'Hermès rendit palpable , n'est pas cette pensée vulgaire qui ne s'attache qu'aux choses matérielles : c'est cette pensée divine dont parle Hermès Trismégiste; c'est la sainte doctrine déposée dans Tame du scribe-sacré , et dans l'Ambrés dont il est le gardien et l'interprète. Le mot hER^ avec une simple modification de prononciation ^ est le nom des principaux symboles relatifs

( 36 ) aux signes de cette pensée; il est un des noms de VÉpervierj de la Colombe et de VOabai ou Serpent enflé.

L'épervier désigne Dieu, la colombe F j&,rprit de Dieu, Toubaî Y Eternité de Dieu.

Ainsi HER-MÈS signifie rendre en quelque sorte palpable j au moyen des signes ou des figures^ la pensée, la doctrine relatiife à Dieu j à l'esprit de Dieu j à V éternité de Dieu; en un mot , interpréter et faire toucher au doigt toute la doctrine de TAmbrès.

Hennés ^ comme on le verra , appartenait aux anciens hébreux ; son nom prononcé Hermé ou Hermon^ fut donné par eux à plusieurs villes et montagnes de la Palestine.

La langue sacrée ,. la langue AmBRique^ la langue d'Héber^ la langue hébraïque ^ était^ disait-on encore ^ la même que celle dans laquelle le premier Hermès écrivit ses découvertes. Elle fut nommée Amhrique, Hébrique ou Hébraïque , non parce qu'elle fut celle d'un patriarche nommé Heber ^ qui> ^^ ^^ trouvant point à la tour de Babel lors de la confusion des langues ^ conserva seul la langue parlée avant le déluge ^ explication ridicule ; mais parce que ^ pour la rendre respectable ^ pour lui donner un rang supérieur & celui du

copte qui était la langue vulgaire ; et pour, cacher son origine^ ou plutôt pour la rendre mystérieuse^ on la disait éloignée, ancienne , antérieure au déluge; mot à mot^ d'au delà le grand épanchement des eaux (AmBRe ITERI)^ à^au delà le déluge ou de de Vautre côté du déluge.

Possesseurs de cette langue sacrée y les Hébreux affectèrent pour la langue populaire des Egyptiens^ le mépris que son nom ( le copte ) exprimait. Ce fut pour eux la langue /le/venre^ celle de Yidoldtrie et de Vimpiété. Aussi mettaient-ils pour condition première , ou pour premier témoignage du retour des Égyptiens au culte du vrai Dieu> qu'ils parlassent la langue hébraïque. Lorsque Isaïe annonce le retour d'une partie de TEgypte au Dieu dis* raël : « Ce jour-là , dit-il > il y aura cinq. » villes au pays d'Egypte qui parleront la ji langue de Canaan , et qui jureront à l'étern nel Dieu des armées^ et un autel sera élevé M à rÉtemel au milieu du pays d'Egypte ».

Lorsque David (pseaunie cxiv ,v. i), parlant de la sortie de ces mêmes Hébreux de la terre d'Egypte , s'exprime en ces termes :

« Càm exiret Istuel ex jEg/pto, et domus Ja^

(38) xjfh ' cob ex populo barbaro » (i)^ le mot LOZ qu'il emploie ne signifie pas simplement étranger, barbare , pariant une langue étran^ g^re, ce qui n'établît aucun rapport entre les deux peuples^ mais pers^ers , pery^erîi , dégê^ néré y détourné du droit chemin j qui parie dune manière perverse , qui tourne en ridicule les choses saintes, qui raille des choses saintes , qui les calomnie j qui parie en impie; car alors la raillerie sur les choses sacrées s'ap« pelait ïin/?iVif^; celle sur les fidèles calomnie j et celle sur les hommes en général méchanceté. ( F'ojr. les signifie, du mot LeSaN , langue , telles qu^ elles se trouvent dans les dietionnaires )•

Avant leur initiation^ les Hébreux parlaient la même langue que les Egyptiens^ sauf les modifications causées par les progrès des arts et des sciences en Egypte. Cette langue était la langue barbare j perverse, de laquelle David parle dans le passage cité. Lorsque les frères de Joseph vinrent en Egypte ^ ils lui parlèrent cette langue dans laquelle sa qualité de premier initié y d'interprète de la sainte

(i) c Lorsque Israël sortit d'Egypte, et la maison de » Jacob du milieu d'un peuple étranger ».

science exprimée dans la langue sainte > ne lui permettait peut-être pas de leur répondre ; il fit usage 9 pour les questionner > d'un Me* LOZ , d!un interprète du langage LOZ , d'/m itV-n interprète en langage LOZ^ des choses cachées , des paroles mystérieuses : c'est Texpression même de Moïse.

Le yerset 6 du pseaume 8i » en ces termes : Cùm exiret contra terram jEgjrpti ubi senuonem ignotum audiebam {%), est une faute de traduction; au lieu de sermonem ou linguam, il £iut buccinam. « Le mot SPheT^ qui signi- z\ao » fie langue pariée , dit Fauteur de la nou- 9 Telle traduction des pseaumes faite sur Thé- » breu, imprimée à Paris, chez Eberhard , en » 1809, parait être une faute pour SPheR, nsD » ou plutôt SYPhR buceinam. Il s'agit de la isïo n trompette qui appelait les serviteurs à Tou- » vrage , et c'est en cela que la fête des trom- » pettes servait de mémorial. linguam ne re- » vient k rien; il y aurait d'ailleurs SPhE et xxsm » non SPheT, le mot n'étant pas en état de » régime a.

Au reste , si l'on n'admet pas cette traduc-

(i) « Lorsque ce peuple se fut répandu dans le pays » d'Egypte , où j'entendais une langue que je ne cob« ji naissais pas »•

tion , le passage n*en fortifiera que plos ce que j'ai dit de la langue hébraïque. SPh*o ou SB*o est le nom de la sainte science contenue dans r Ambrés ; et SPh-e , qui est une des modifications de ce mot y désigne la langue ambrique ^ la langue hébraïque , selon Aben Ezra (vojr. ci-dessusj p. 3o^ n. ii); d'accord en cela avec les interprètes , puisqu'ils conviennent que David entend par cette langue inconnue , la parole , la doctrine du Sei^ gneur méconnue par les Israélites.

FIN hV PBXMIER F&AGMErr.

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