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* La cause de ces dénominations phéniciennes et hébraïques^ chez les Grecs ^ est connue ; et il serait superflu de rappeler que CaDM-us qui, le premier, instruisit lesGrecs, DTp était Hévéeq , et de la partie la plus orientale de la Palestine.
Malgré ces abus , l'usage de surnommer les hommes illustres était trop naturel et trop sagement établi, pour qu'il ne se conservât pas long temps encore après la découverte de récriture alphabétique. Lorsqu'on trouve dans nos livres sacrés ces paroles :
« Moi y Ecclésiaste , iîls de David , j'ai été j» roi d'Israël dans la ville de Jérusalem n. Peut-on méconnaître Salomon, fils de David?
Le mot hébreu kelath ou koheleth, que nSrtp nous rendons par ecclésiaste , ecclésiastique , signifie , dans sa racine , assembler les hom^ mes pour prier ; et dans ce dérivé, parler au peuple assemblé pour remplir les devoirs de la religion , et même lui paiier en paraboles. L'Ecclésiaste est, en effet, un de cinq livres que les Hébreux lisent , à différentes époques de l'année, dans leurs assemblées religieuses. Ces exemples , qu'il serait facile de multiplier , suffiront pour prouver que la signifi* cation des noms propres des personnages de
( a4a ) la haute antiquité tie doit pas être négligée. Il semble même que lorsque ces significations sont fortifiées par des traditions historiques , il est bien difficile de ne pas admettre au moins la possibilité du fait qui résulte de leur accord.
Nous savons ^ par un passage cité dans Tépt* tre canonique de St. Judes ; par les témoignages de St. Augustin et de plusieurs autres pères de Féglise , tels que Tertulien et Origène^ qu'il existait » dans les premiers siè* clés du christianisme^ quelques copies d*un livre attribué à Henock. Ce livre ne se retrouve aujourd'hui qu'en éthiopien. Sans adopter l'opinion de Dodwel , qui yeut que cet ouvrage n'ait été fabriqué qu'après le second siècle ^ opinion insoutenable > disent les critiques 9 je n'admets pas qu'Henock en est certainement l'auteur ; mais la tradition qui le lui attribue , est fondée , à ce qu'il me parait , sur ce qu'on avait anciennement ridée que l'écriture avait été inventée avant l'époque oh nous plaçons le déluge^ et -^•(j)^ sur ce que le nom d' Henock signifie; imffer^ cathéchiser , instruire le premier.
Ces observations , jointes à ce que nous avons vu d'Hermès et de la langue d'Heber^ suffisent pour l'objet que je me propose»
(^43) Faisons maintenant TappIIcation de ce que
nous avons dit sur Tusage ctes noms signi« ficatifs , et recherchons par ce moyen le nom de celui qui , le premier , donna l'idée d'ériger les bornes , les colonnes ou les piliers qu'après lui on a consacrés , et dont on a ^ par la suite , fait des statues.
Quel fut l'auteur des phemièees coLoinrES
HERMETIQUES 7
Les traditions égyptiennes portaient qu'un Thaut ou Mercure , antérieur au déluge , avait fait dresser le premier des coloones sur lesquelles il avait ordonné de graver les lois astronomiques. Platon , qui avait voyagé en Egypte et fréquenté les prêtres de ce pays> attribuait à ce même Thauth ou Theuth l'art des calculs, l'invention de la géomé* trie et celle des caractères 9 inventions tou« tes nécessaires à l'agriculture et à l'astro* nomie. Il communiqua y dit-il , ces découvertes à Tham ( ou Thim ) , qui régnait alors à Thèbes , et dobt la mémoire fut ensuite révérée.
Sanchoniaton, qui place ce même Thauth^
qu*il désigne , en lui attribuant Tinvention des premiers caractères ^ à la dixième génération y à répoque oh vivait un prince nommé Sjdyk, dit qu'il était fils ou successeuii* de Misor. Thim et Sjrdjrk sont deux adjectifs que Moïse joint au nom de celui que les Grecs ont appelé Nyc-Tim ^ que nous nommons Noé^ et qui se trouve effectivement placé dans la Genèse à la dixième génération. Quant à Misor, son nom est le singulier de Misorim ou Misraïm , nom propre d'un petit-fils de Noé. Ce Misorim eut TÉgypte en partage ; il lui donna son nom^ elle le porte encore.
Les mêmes traditions égyptiennes disaient aussi que le premier Thauth n'avait point gravé lui même les caractères hiéroglyphiques dont il avait été Tinventeur y mais qu'il avait ordonné qu'ils le fussent sur des colonnes y et que ces colonnes existaient dans la terre nommée Sériadique. K'est-il pas évident que Thauth > également nommé Theuih et Theth est ici le même que Seth ^ dont les descendans y c'est-à-dire^ ceux de sa race^ de $a famille y gravèrent les découvertes astrono-; miques sur des colonnes que Ton voyait ^ selon Flavien Josephe^ dans la terre nommée
Seirotha. On remarquera^ en effets que le nom de Theth , Theuth ou Thauth , n'est ainsi prononcé que pat un changement conforme au dialecte chaldaïque ; que c'est aux Chaldéens qu'on attribue les premières observations astronomiques ; que le mot Seth j au contraire , est hébreu - égyptien ; qu'on trouve fréquemment , dans les annales de TEgypte^ les noms de Seth^ Sethos et Sothès; enfin que le mot Sert ou Seirj qui entre dans la composition des mots Seri-adique et Seir»
otha, est également hebreu«égy tien ^ et désigne le NiU
. Le nom d'un personnage si célèbre dans tout l'orient par la sainteté de ses mœurs et l'étendue de %es connaissances y ne pouvait être oublié. Je ne chercherai point à démontrer que cet homme extraordinaire a réellement existé ; pourquoi récuserais-je le témoignage, de Moïse 5 lorsque toute la terre ancienne parle pour l'appuyer.
C'est elle qui nous dit qu'un sage y dont le nom primitif fut Seth ou Seth-os ou Soth-is^ Theth ou Theuth ou Thoth y a existé ; qu'il est l'auteur des premières observations astronomiques; qu'il inventa les hiéroglyphes et les chants sacrés ; qu'imitant le ciel y il fit le
portrait des Dieux , et traça le premier les caractères sacrés des lettres (i).
Sans doute Texistence de ce fait présente des difficultés ; mais il serait bien extraordinaire que réloîgnement des temps ^ la différence des lieux ^ celle des langues et des surnoms j et enfin les systèmes inventés par les auteurs , ne les eussent pas fait naître.
Sanchonîalon place à la cinquième génération un nommé Osoûs^ lequel , dit-il , érî* gea deux colonnes^ Tune au feu et Tautre aux vents ( ce qui peut s*interpréter à l'étude des variations de l'atmosphère )• Cet Osotis adora ces colonnes et leur fit des libations. Ceux qui lui succédèrent , ses descendans ^ consacrèrent des poteaux ^ adorèrent des colonnes et leur firent des fêtes annuelles.
Seth^ qui érigea également deux colonnes, ou qui les fit ériger par ses descendans; Seth , dont les fils établirent les premiers les fêtes annuelles et néoméniques ^ quoique placé dans la Genèse à la deuxième génération , est évidemment le même qu'Osoiis. Ce mot
(i) ToauToc |j.t(jii2ffa|ievoc tov Oupavov | xoiv Oeuv
o\j^6iC ^iftTU^flOtfSv tou? U90UC t»y coixeuov
xa^axTijpa;.
Frag. de Sanchoniaton.
Osoûs 9 est un surnom ; il vient de OTZ , et yf signi&eboisj travailler le bois. En effet ^ Osoûs est représenté comme ayant le premier coupé les arbres pour en faire des radeaux ^ des piliers et des statues (i).