‹ Essai sur les hiéroglyphes égyptiensChapitre 44 sur 48 · APERÇU · texte numérisé non relu

APERÇU

•VH OITELQVBS USAGKS ET f Uft PLtTSIEVES HrVEmOVS , DOST LES PEEUIEKS MOHUMEES DE l'jlET PAEAISSEIIT AVOIE CTB LA CAUSE.

V^or convient assez généralement qne la dé* couverte de Tagriculture et de rastronomte a dA précéder celle de la plupart des arls et des sciences. Lorsque les hommes eurent trouvé le moyen de mesurer le temps , et établi l'ordre qu'il fallait suivre dans les travaux de l'agriculture , les chefs des familles, les pasteurs des peuples, cherchèrent nécessairement un moyen pour faciliter la connaissance de ces travaux et celle de Tordre dans lequel ils devaient être entrepris. Ce moyen fut le même que celui dont les Scythes se servirent^ long temps après, pour engager Darius à ne pas leur faire la guerre. Il consistait à exposer , dans un lieu convenu , les instrumens nécessaires aux travaux qui devaient occuper le laboureur. A ces signes

( 255 ) symboliques on joignait ceaz qui pouTaieut désigner l'époque de Tannée dans laquelle on se trouvait.

Seth , ou un personnage de ce nom ^ re* cueillit ces instructions» et conçut l'idée d*imiter la forme des objets symboliques^ et pour prévenir toute cause d'oubli^ de les des* siner ou graver sur le bois ou sur la pierre. Kous avons vu que les anciens avaient cou* serve religieusement le souvenir de deux colonnes symboliques ^ sur lesquelles ses des^ cendans gravèrent » en caractères biérogly-r pbiques ^ toutes les instructions qu'il leur avait transmises.

Ces instructions avaient été gravées sur des piliers ou troncs d'arbres dépouillés de leur écorce. Ce fait est incontestable > puisque le mot ÊQ ou ÉQE qui désigne un tronc dtar^ pn bre, un pilier, un terme, une borne j signifie aussi graver , sculpter en figures ; figure gm^» pée, sculptée; loi écrite; décret j précepte éon* cernant la religion et la police.

L'obligation de rendre la signification du nom de Seth , fit changer ces troncs d'arbres en de véritables colonnes équarries» lesquelles portèrent son nom STè-le.

Ces colonnes^ d'abord au nombre de deux^

( 256 ) furenr ensuite sntaplées. On dressa^ de cette manière , une colonne pour chaque- moi;^ ; elles composèrent le premier calendrier (x).

Il fallut alors prévenir des méprises funestes , et ne pas se fier entièrement à la mé* moire pour reconnaitre » au bout d'un an ^ les signes et les colonnes qu'on devait con* sulter. L'ordre et la disposition de ces si^ gnes et de ces colonnes ne furent donc pas arbitraires.

On obvia h tous les inconvéniens en dis* posant ces colonnes trois par trois , pour les faire répondre aui quatre points cardinaux.

Cette disposition fut long •'temps conser«> vécy même après l'invention de l'écriture alphabétique ; et l'on voit encore , dans la pagode de Verdapetha , au Cap Comorin , les douze signes du zodiaque placés dans cet ordre*. Par une espèce de tradition de ces origines y les Egyptiens avaient consacré au soleil y dans le temple d'HéliopoIis , douze colonnes qui désignaient ces douze signes.

Les Arabes attribuent Torigine du zodiaque

(i) Ce qu'il y a de singulier, c'est qu'an des signes abi'c^g^s du nombre i^, forme le nom même de Thoth.^ yn Tho.

à douze colonnes ou tours (i) que les anciens élevaient dans un grand cercle.

De la disposition de ces colonnes vint Tusage d'orienter les monumcns > et de s'orien* ter soi-même en adorant. Cet usage est prouvé par les pyramides , monumens à quatre fa« ces ; par les temples anciens^ dont l'entrée était toujours placée du côté de l'orient; par ceuxméme qu'on ouvrait àToccident ^ afin que le peuple^ en entrant dans le temple^ eut le visage tourné du câté de l'orient. Le sphinx de la grande pyramide , placé à l'orient^ indiquait l'entrée du monument.

Cette disposition des colonnes hermétiques donna lieu , selon toute apparence ^ à la division occidentale de Tannée en quatre saisons au lieu de trois.

Ainsi les signes du printemps furent placés en face de l'orient ; ce qui indiquait , d'une manière bien simple ^ qu'ils ouvraient l'année. Les colonnes y dépositaires des signes de l'été > regardèrent le midi , celles de l'automne Toc* cident^'et celles de l'hiver le nord.

Les figures hiéroglyphiques étaient néces*

(i) On a vu que par le mot tour, il faut souvent en.^ tendre une colonne, un obélisque*

( a58 ) aairement placées sur chaque colonne de haut en bas; et pour les lire toutes ^ il fallait suivre Tordre des colonnes qui était de droite à gauche ^ d* orient en occident. ( Voy . pi. 1 3 )• De là vint la manière orientale d'écrire les hiéroglyphes , et même les caractères alphabétiques , sur des colonnes dé haut en bas , et de droite à gauche.

Enfin ^ lorsque ces colonnes, ainsi placées sur quatre faces , eurent dans la suite été couvertes pour être garanties des outrages de l'air, elles donnèrent l'idée des temples proprement dits, et de l'emploi de colon nés dans ces monumens. (Voy. pi. i3,fig. a).. C'est donc ici qu'il faut placer l'origine vraie , et si inutilement cherchée depuis Vitruve , de l'architecture et des ordres qui la distin-guent de la maçonnerie ; car avant Tinvention des temples , et par conséquent de l'architecture , les hommes connaissaient déjà l'art de bâtir. La planche 1 4 montre la disposition de ces mêmes colonnes dans une espace de terrain consacré nommé Templum, et entouré d'un mur pour le défendre.

Ces colonnes étaient couronnées par quelques attributs symboliques relatifs aux travaux de chaque mois. Ces attributs donne-

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ORIGINE DES TEMFLESo

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rent Tidée des chapitaux hiéroglyphiques f semhiables à ceux qu*on Toit encore dans tous les temples de TEgypte. Les Grecs imi* tèrent ces chapilaux; ils les soumirent, ainsi que le fût et la base de la colonne^ à des formes > à des proportions moins variables »

et se firent passer ensuite pour les premiers inventeurs de l'architecture (i).

Quelque heureuse que fut la disposition des colonnes , et malgré l'impossibilité de se méprendre snr Tordre des signes hiéroglyphiques 9 on porta l'attention jusqu*à établir Tusage de lire publiquement ces carac* tères aux différentes époques des travaux , pour l'explication desquels ils avaient été imaginés. On chargea naturellement de ce ^■^"■^^— •^•""^■^i^i^"^^^— ■— ^^"^•■^■— ^— ^■"■^"»-^^"- ' «^^™^^«^^«^»«^^i^«

(i) Les anciens couvraient aussi quelquefois les deux pierres ou colonnes hcrmëtiques , qu'ils plaçaient dans les lieux fi^quentés. Ces sortes de constiuctioiis donnèrent naissance aux monumens nomni^s Fans de Mer^ cure. On trouve , dans les peintures d'Herculanum^ beaucoup de monumens qui rappellent cet usage y avec cette diffërence que ces Faits ont des proportions architecturales , tandis que les premiers n'dtaient que des pierres dressées , simplement équarries et couvertes par une troi* sième. Ces Fans nommés , dans le concile de Leptines ^ Casulae ou petites niches , ont donné lieu \k ces petites chapelles qu'on plaçait autrefois sur le bord des chemins.

( a6o ) soin les vieillards et les chefs de famille j à cause de leur expérience et de leur sagesse.

Ce fat la cause première des fêtes célébrées chez les. anciens à chaque néoménie ^ c'est-àdire, au commencement de chaque mois lu*^ Xiaire (i). Dès ce moment, les interprètes des hiéroglyphes devinrent les Hennés, les savans y les sages de la nation ; enfin et hien« tât après , les chefs et les ministres du sacerdoce.

Gomme ces cérémonies arrêtaient Fattention des hommes sur les bienfaits de la Providence , il était naturel , qu'après avoir annoncé les travaux auxquels on allait se livrer ,. on fit des vœux pour leur soccès. Ces vœux exprimés hautement, se changèrent en prières, donnèrent naissance au culte pu* hlic, et c'est Torigine des cérémonies religieuses. C'est également de cette époque que date la consécration des temples , et leur destination au culte public (a).

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(i) Dans les caractères de l'ëcriture chinoise , rimage de bme et le caractère A' époque , signifient, réunis , <tfsemblée religieuse.

Mem. chin. , tom. 9 , pag. 3i5.

(3) On trouve dans l'histoire des Mexicains un exent'* pk de cettft gradation naturelle. Les douze piliers ^'ils

( a6i ) Par une tradition de ces faits , les anciens «ttribuaieût à Thoth Tinvention de la théo*gonie^ de la Ijre ou du chant sacrée et du culte des dieux^ Je Tai déjà dit^ et je dois le remarquer encore : le nom de David , DOD ou DOUD9 de Tauteur des cantiques sacrés chez les Hébreux^ est le nom même de Tholh

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ou Thouth prononcé à Tégyptienne. Ce mot ï)avid ne serait donc qu'un surnom. David ,

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élevèrent au Soleil dans la ville sainte , et qui avaient servi ^ leurs ancêtres pour observer l'ombre de cet astre , furent , dans la suite et par Veffet de cette consultation continuelle, yénêiés comme régulateurs premiers des saisons tt des fêtes , bons conseillers et génies protec* teurs des af&ires <les hommes.

Voy. les frag. de M. de Palin, Quant au choix des vieillards , des chefs de famille pour expliquer les hiéroglyphes , ce fait est facile II prouver, puisque le surnom d'interprètes de la volonté , de la parole , PRES-BITA «Q^-WISî , qui leur fut donné , désignant des hommes remarquables par leur grand âge^ passa dans les langues étrangères avec la signification d'homme âgé , en Grec , PRES-B YS et PRES-BYTE- ROS , un vieillard , un ministre , un pontife , un légat , un ambassadeur j un homme chaire d'être F interprète , un orateur , un intercesseur , un PRETRE. De leur nom GEN 9 p , les Latins tirent le mot SEN-ex ; le mot sage , sap iens , ArSaP , C^Q>-^ , vient de SaB , :it9 , qui signi* fie avoir les cheveux blanchis par l'dge, être vieux.

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