‹ Essai sur les hiéroglyphes égyptiensChapitre 5 sur 48 · INITIATION ÉGYPTIENNE · texte numérisé non relu

INITIATION ÉGYPTIENNE

Eruiitus sstJHojriês omni sapientià ^gjptiorum.

Act. Apoft. , ca|». 7.

Les premiers Égyptiens n^ëtaîent point idolâitrcs ; mais la degcnëratîon de leur culte, du temps de Moïse , les avait en-

tratoës dans ridolàtrie. Au milieu de cette dëgëaëratioa générale , la pureté de la re^ llgion primitive s'était conservée dans Tintérîeur des sanctuaires. Les prêtres nosant plus révéler cette religion à tout le peuple, en avaient fait ce quils nommaient la sainte doctrine; et cette doc«« trine n était enseignée par eux qu'aux hommes, sur la discrétion et la sagesse desquels ils pouvaient compter. Ce futForigine des mystères. Moïse fut du petit nombre des élus : élevé dans les erreurs de régyptîanisme , son initiation arrêta sa pensée sur le culte de ses pères , et alors il conçut ridée d'effectuer pour sa nation ce que les prêtres n osaient faire pour l'Egypte, c'est-à-dire, d'initiet, par une révélation générale, le peuple juif que Fexemple avait entraîné vers Tidolàtrie.

Afienni dans cette résolution par une volonté plus qu'humaine, Moïse révéla donc aux descendans dlsraè'I , le culte de Jehova j du Dieu dont le nom ineffable , lÉOUÉ , caché à tous ceux qui n étaient point initiés , n existait sur au-

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cuQ 4ps tnoDuméns de TÉgypte , ne pouvait même y exister , puisque ëtant le nom de Tètre suprême , le nom de cet être ëtait suffisamment reVëlë aux inities par la présence de tout ce qui est , de tous les êtres figures. D'ailleurs , comme être DES ÊTRES 9 comme être influant sur tous LES ÊTRES y il ne pouvait être représenté par un symbole plutôt que par un autre.

Cette révélation universelle^ nous dirions aujourd'hui catholique j souleva les prêtres de TÉgypte contre Moïse , et principalement ceux qui remplissaient dans les mystères les fonctions de JÂNNES et de JÂMBBÈS ; ils proscrivirent sa mcfmoire , et vouèrent son nom à Toubli ; car y le nom des inities indiscrets ou in* fracteurs du silence absolu qui leur était commandé^ devait disparaître des annales du monde et rentrer dans le néant : on ne le désignait plus que par un symbole.

C est cette révélation mosaïque , qui semble constituer la première révélation; révélation diiTérente de la révélation primordiale qui lui sert de base, et qui ne

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peut avoir son principe que dans la dî'* vinité même.

La sortie des Hëbreux de la terre d'É-* gyple , par suite de la révélation mosaï-* que , dut âtre considérée par le peuple bien autrement que par les initiés. Aussi, dans le nom que les prêtres donnèrent à Moïse 9 s^attachèrent-ils à consacrer le souvenir, de ces deux manières. de ju« ger un événement si extraordinaire , sans néanmoins compromettre' leur pensée et |e secret des mystères. Moïse fut pour eux le conducteur heureux des SaP ou SaPH , c'est-k-dire y //e5 SaG-eSj des associés j des initiés j des chaudes } on verra bien-tôt pourquoi cette qualification. Pour le peuple, il fut seulement le conducteur heureux des lépreux} en un mot, ASeR- t}0 wm SaPH.

Il est remarquable que les anciens sa-* geSj pythagoriciens, platoniciens et au« très, qui avaient recherché la connais*sance des mystères de TÊgypte, parlaient souvent de la nécessité d'une révélation ^ pour connaître le vrai Dieu, et quelque^

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fois même semblaient pressentir le besoin dune seconde révélation.

La nécessite de cette seconde reVëlàtion avait été annoncée à toute la terre ; elle avait pénétré jusqu'au fond de TÂsie^ chez un peuple qui a les plus grands rapports avec les Égyptiens , et que plusieurs savans ont cru n être qu'une de leurs co-* lonieSy ou que du moins ils ont regardé comme ayant été formé à la science et à la sagesse par une colonie d'Égyptiens : je ▼eux parler des Chinois. Cest l'annonce de cette seconde révélation , parvenue jus* quà Confucius^ qui lui faisait dire à ses disciples , ne me nommez pas le saint, le Saint est en Occident (i)«

(i) Le oarftctère ttiCtqtie biëroglyphiqae de SAINT, en chÎDoîs CHENG, signiBe^ d'après l'analyse qu'en donne le Lteou-chau, lirre fort estimé par les leUrës de la Chine, homme qui est un avec le ZVe/i (le ciel , Dien), ntûttre de vérité j qui produit de grands changement dans les mœurs; vertu parfaite qui deyient visible par la souffrance.

Le mot de G>nfacias, et ce qui Ta saÎTre, proarera que les anciens lettrés de la Chine ayaient ea connaissance des mystères de l'Egypte.

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Cest encore Fannonce de cette révélation , qui inspirait à Fun des disciples oa au petit-fils de ce même Confucius, ces paroles bien remarquables : « O que c'est • bien connaître le Tien (le ciel, Dieu) et > les hommes, que de s'appuyer de la re* » ligion et de lattente du saint, pour per^ 9 suader les esprits (i) ! il est rëservë au

(i) CeUe attente fat un des grands moyens consenriteare employés par les sages de Tantiquitë. Les prëdic* lions relatives au saui^eur des peuples, embrassaient Vétendae de la terre; elles étaient permanentes, c'est* à-dire, qu'au sauveur, nu saint, au mêssia déjà Tenu, dcTaît toujours succéder, dans la suite des temps, ua autre sauveur, un antre saint, un antre messie. Par ce nojen, dont la conception semble au-dessus de l'buma-* nité, on maintenait l'existence des nations. Les mal* beurs, la dévastation , l'invasion des Barbares, ne pon* vaient rien sur cette existence. Une nation captive, exi« lée loin de sa patrie-, dispersée sur tous les points du globe, en butte au mépris des peuples, attendait son libérateur, et cette attente, d'autant moins douteuse qu'on était plus malheureux, d'autant plus prochaine qu'elle paraissait plus nécessaire, conservait dans tous les cœurs l'amour de la patrie absente, de la terre des ancêtres, et du Dieu sous la puissance duquel ces mé-' mes ancêtres avaient vécu. C'est par ce moyen que le peuple hébreu s'est maintenu jusqu'à ce jour , et qu'il continuera à se maintenir; c'est par ce moyeu que les initiés de la primitive église assurèrent l'exis-

» saint par excellence , au saint de tous les » peuples , de réunir tous les rayons de la » sagesse , et d'atteindre à }a perfection de » toutes lés vertus. Sa pénétration , ses luai mières, ses vues et ses conseils , embras- » seront sans effort le gouvernemeht du » monde, et en dirigeront les ressorts; sa » grandeur d'ame, sa magnificence, son af- 11 fabililë et sa douceur, concilieront tous » les intérêts et gagneront tous les cœurs; » son activité, sa force ^ son courage et » son intrépidité , changeront les obsta-

tence da chrîsilaoisme contre d* horribles persécutions. C'est ce moyen qui le maintiendra , lorsqu'un jour le^ atteintes qui lui sont portées par Talhéisme, au nom de la philosophie, dégénéreront, comme elles l'ont déj^ fait, en persécutions, ou tendront k rendre le christiaaisme méprisable. Plus on rendra les chrétiens malheureux, soit par la persécution, soit par le mépris, plus ils se croiront rapprochés de l'époque annoncée pour le second avènement du Sauveur, plus par conséquent ils redoubleront de fenreur et de zèle, parce que le jour de la justice divine leur paraîtra prochain. Le christia* iiisme ne sera plus la religion du riche, du sage du siècle; ce sera celle du pauvre et du peuple, comme dans le principe; et alors, si les temps sont venus , si ce nouvel {SO ou Sauveur se présente, elle triomphera et des philosophes et des riches^ comme elle eu a triomphé jadis.

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