‹ Essai sur les hiéroglyphes égyptiensChapitre 4 sur 48 · VIJ · texte numérisé non relu

VIJ

» veau point de vue , est en même temp»

» alpbabëtique'etsyllabiique ».

Après avoir médite sur Torigiae des mots composés , et recueilli les deux as-perlions que j'ai citées, je vérifiai les éty-« jnologies hiéroglyphiques de Talphabet hébreu , d après le syçtèine de Court de Gébelin, et je vis bieptôt que toutes celles quavait proposées ce savant, étaient fausses ou imparfaites. Il suffira , pour s'ea convaincre, de les comparer à celles que je donnerai dans un des fragmens que j'annonce.

Ce premier travail et quelques ten.tatîi»

ves semblèrent alors dévoiler à mes yeux ]e mystère de la formation de la langue hébraïque. De nouveaux essais vinrent à Fappui de mes conjectures.

Séduit par Tespoîr de retrouver les principes réels de la science étymologique et de la signification des symboles égyptiens , je ne considérai pas assez toutes les difficultés du travail que j'allais entreprendre ; leur nombre m'aurait découragé, et c'èùf, ^été sans doute unjjoohçur pour inoi. J^

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m'aveuglai donc sur Tinsuflfisance de mes forces , sur celle de mes premières études , et je me livrai prësomptueusement à ce genre nouveau d'analyse étymologique.

Je passai en revue tous les mots , non-seu« lement de là langue hébraïque, mais encore , lorsqu'il le fallait , ceux des langues arabe, chaldaïque, syriaque, éthiopienne, chinoise même, etc. Enfin je com^ mençai un dictionnaire hiéroglyphique hébreu, destiné a faciliter l'interprétation des hiéroglyphes égyptiens.

Mais une entreprise si longue , si di(Bcîle , était loin de s'accorder avec mes occupations habituelles; et lors même que j'aurais eu la faiblesse de le vouloir , je ne pouvais les négliger entièrement, dans la seule vue de compléter un travail basé sur une hypothèse.

J'abandonnai donc mon projet faute de temps, mais non sans regret.

Depuis lors , j'avais résolu de laisser dans l'oubli toutes ces recherches; et j'au^ rais persisté dans cette résolution, si je n'avais vu l'attention de plusieurs savans

fixée sur TEgypte , et leurs investigations dirigées vers la science des hiéroglyphes.

Je Tavouerai, j'ai senti quelques regrets; les restes d'un goût mal éteint pour ces sortes de travaux se sont reVeillés dans mon cœur ^ et j'ai cëdë trop facilement peut-être au désir de faire connaître en partie la marche que je me proposais de suivre. Qu'on ne me suppose pas la folie de me croire fait pour prendre place au milieu des sa vans que j'ai nommes. Je considère mon travail comme le denier de la veuve, et j'espère qu'on voudra bien excuser, sûr Tintention, la modicité de mon offrande (i).

Si mon système est faux, si les résultats qui m'avaient séduit sont aussi trompeurs qu'ils me paraissaient heureux , je regar-* derai comme l'effet d'une bonne inspî-* ration, d'avoir cessé mes recherches :

néanmoins j'en aurai dit assez pour être utile à ceux qui s'occupent de ce genre

(i) JVè che poco io vi dia, da imputar sono : Che quanto io posso dar, tutto vi dono.

d antiquités, puisqae je leur aurai fait apercevoir lecueil contre lequel j'allais échouer.

Si cet essai , au contraire , obtient quel-* ques encourage'mens , s'il parait ouvrir une route nouvelle et en apparence assez sûre pour qu un autre plus habile ne dëdaigne pas de la suivre, alors U satisfaction davoir pu me rendrç utile , me dédommagera du sacrifice d'un travail sur Tachèvement duquel j'avais compté jadis pour obtenir quelque gloire.

Ainsi, malgré la confiance que m*ins-^ pire ce système, je ne prétends l'offrir que comme un moyen conjectural. Je le laisserai même dépouillé de tout appareil de citations scientifiques ,• afin qu'on puisse le juger sur les seules apparences de vé-^ rite qu'il peut avoir. Je n'ai point cherché dans la langue hébraïque la signification connue ûu présumée de certains hiéroglyphes ; j'ai voulu que ces significations se présentassent à moi par la seule analyse du langage : en sorte que si je me suis trouvé d'accord avec l'ouvrage qui porte

le nom ^Horapollon , avec Clément d'Alexandrie 9 Dîodore de Sicile , ou d'autres au^teurs auxquels nous devons Texplica-?

tion de quelques symboles, cet accord^ a dû augmenter ma confiance.

Je ne me suis même pas toujours mis en peine de rechercher de semblables té^ moignages , et je ne les ai produits que lorsque ma mémoire, me les a présentes.

Aussi trouvera-tron dans cet essai, au mi^ lieu d'un grand appareil étymologique^ bien peu de science réelle , et probablement de graves erreurs de fait. Cependant telle doit être la nature d'un système semblable à celui que je propose , que ces erreurs fussent -elles encore plus multipliées et plus grossières, elles ne doivent rien prouver contre lui.

Je dois le remarquer, des rapprochemens d'un genre fort extraordinaire auront quelquefois lieu, dans ces fragmens, entre le culte et les symboles primitifs de l'Egypte , et le culte et les symboles de la religion catholique. Je déclare avec sincérité que jamais je ne les ai cherches : ils se

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sont oflerts à mes yeux avec un tel air de vëritë, quil y aurait eu plus que de la fai^ blesse à les repousser. Le lecteur un peu attentif les aurait eu bientôt découverts lui-même; et alors, comment aurait -il înterpre'té mon silence ?

Ces rapprochemens ne peuvent nuire au culte catholique, que j'aime et que je professe ; ils supposent seulement lexistence d'un fait dont je parlerai bientôt ,. et dont les preuves se trouvent dans nos livres sacrés eux-mêmes. Si néanmoins ces rapprochemens déplaisaient à quelques personnes, quelles considèrent que je né leur ofTre ici que des hypothèses, et que jusqu à ce que la science des hiéroglyphes soit créée, je serai toujours le premier à leur dire de ne point admettre comme rigoureusement vraies, des interprétations dont des recherches mieux dirigées pourraient démontrer la fausseté.

Quant à ma confiance en ces rapports , confiance qui néanmoins ne peut être entière, elle est fondée, i^ sur les résultats mêmes de mes recherches; i"". sur ce

que j'ai dit d'abord de Tusage de la langue Iiëbraïque en Egypte ; 3^ sur ce mot de St. Clément d'Alexandrie , les sjmboles des Egyptiens sont semblables à ceux des Hébreux ; fy". enfin, sur ce que Moïse est loue dans nos livres saints d'avoir ëté instruit dans la sagesse des Égyptiens.

Je ne crois donc pas à Tidolâtrie des Égyptiens ; je veux dire de ceux qui exis* taient quelques siècles avant Moïse. Je crois, au contraire , que leur religion était celle des Hébreux ; et ce fait une fois établi, tous les rapprochcmens dont je parle ne doivent pas plus étonner, que s'ils se trouvaient dans nos livres saints , où ils se trouvent en effet : en sorte qu'au lieu de nuire à raulhenticitë de ces livres, ils la confirment.

( Pendant qu'on imprimait la partie de rintroduction qu'on vient àe lire, et qui devait servir de préface au sixième fragment, le seul que je m'étais proposé de publier d'abord^ le hasard ayant arrêté mes recards sur le bas-relief égyptien , gravé pi. 3 , j'ai cru y reconnattre une scène de riniliallon aux mystères de rÉgypte j telle qu'elle avait lieu dans

les temps les plus. reculés. Les auteurs anciens ne nous ont aonoë aucun détail sur ce sujet , ou se sont exprimé d'une manière si obscure , qu'il est impossible de les comprendre si Ton n*a pas Tintelligence des hiéroglyphes relatifs à riuitiation. J'ai donc pensé que l'explication de ce bas-relief serait de quelque inté* rét; je l'ai entreprise de suite ; j'ai composé dans cette vue la partie d'introduction qu'on va lire ^ ainsi que les cinq fragmens qui la suivent .immédiatement j et qui développent les faits qu'elle contient. Ces fragmens se res« sentiront sans doute de l'excessive précipitation avec laquelle ils ont été composés ; je sais que cette précipitation ' ne ^ donne aucun droit à l'indulgence du lecteur^ que le temps ne fait rien à l'affaire ; mais il m'a semblé qu'il n'était pas tout à fait inutile de donner un exemple de la facilité avec laquelle on pourrait se servir du système que je propose^ pour expliquer les raonumens égyptiens )•

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