‹ Essai sur les hôpitauxChapitre 1 sur 12 · EMPLACEMENT, CONSTRUCTION, AÉRATION, CHAUFFAGE ET VENTILATION · texte numérisé non relu

EMPLACEMENT, CONSTRUCTION, AÉRATION, CHAUFFAGE ET VENTILATION

Rien ne fait désirer le bien, comme la vue continuelle du mal. Appelé tous les jours par notre service à l’hôpital civil de Strasbourg, nous avons sous les yeux'la réunion de tous les défauts que peut présenter un hôpital; nous sommes naturellement porté vers l’étude de l’hygiène hospitalière, en constatant à chaque pas les dispositions antihygiéniques qu’il présente, La question des hôpitaux est, du reste, à l’ordre du jour; elle a soulevé à Paris des discussions vives et souvent violentes; elle a donné le jour à de nombreux travaux, à de savantes recherches que l’on ne saurait consulter sans intérêt. On a vu se heurter, sur les ruines de l’Hôtel-Dieu, la philanthropie passionnée, l’amour du progrès et de l’innovation, les exigences exagérées d’une part, de l’autre l’esprit d’ordre poussé jusqu’à la routine, toujours conservateur et souvent logique, et le respect des traditions bonnes ou mauvaises. On a vu aussi des chirurgiens distingués devenir des administrateurs médiocres et des administrateurs que nous ne nous permettrons pas déjuger trop, s’occuper des questions médicales.

CH. SARAZIN

Pour ne pas mériter, nous aussi, le reproche de ne pas savoir rester dans le rôle qui nous appartient, nous ne nous mêlerons pas à une polémique qui, du reste, semble aujourd’hui à peu près terminée. Nous traiterons les questions relatives à l’hygiène hospitalière d’unefaçongénéraleet en quelque sorte abstraite, en n’effleurant qu’à peine l’économie administrative et nous profiterons pour nous guider des fautes commises dans les discussions ayant trait à la reconstruction de l’Hôtel-Dieu, car l’erreur aussi a ses enseignements.

Nous sommes toutefois des premiers à apprécier la valeur des nombreux documents que contiennent les travaux de Husson, de Blondel et Ser et d’Antony Rouillet, bien qu’ils ne soient pas dus à des plumes suffisamment médicales, et nous avons suivi avec le plus vif intérêt les discussions soulevées au sein de l’Académie de médecine et de la Société de chirurgie au sujet de l’hygiène des hôpitaux. Nous avons profité de tous ces travaux auxquels nous empruntons, plutôt qu’à notre expérience insuffisante, les quelques pages que nous écrivons.

Rendons aussi l’hommage qui leur est dû à Oppert et à Esse de Berlin ainsi qu’à un savant hygiéniste américain, médecin militaire, dont nous tairons le nom, jusqu’à ce qu’il ait obtenu la réhabilitation que lui doit son pays. C’est un douloureux exemple des dangers que court le médecin qui se croit administrateur. Puissent les administrateurs qui tranchent témérairement les questions d’hygiène hospitalière, ne pas rencontrer une aussi cruelle punition, si leur insuffisance était un jour reconnue.

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