IV. — Aération et -ventilation naturelle des hôpitaux
Une bonne aération et une ventilation naturelle facile, sont deux conditions indispensables aux bâtiments hospi-
fl) Avnnles d’hygiène publique, juillet 1865,
en. SARAZIN.
taliers : la ventilation artificielle, quelque puissante et active qu’elle soit, ne pourra jamais les remplacer et ne peut être considérée que comme leur auxiliaire utile.
L’aération et la ventilation des salles d’hôpital dépendent en grande partie du plan d’après lequel ont été construits les bâtiments qu’elles occupent. C’est pour que les salles de malades soient exposées de tous les côtés à l’air et à la lumière qu’on les a placées de nos jours dans des pavillons séparés, largement espacés. La disposition des bâtiments en croix, comme à V Hospice des incurables (femmes), la forme carrée qui a prévalu à Saint-Louis et à la Charité, les fers à cheval que l’on rencontre à Saint- Antoine, à Cochin, à Guys Hospital, à Y Hôpital des enfants, les cours carrées entourées de tous côtés par des salles de malades, comme à Y Hôpital majeur de Milan et dans la plupart des hôpitaux militaires construits par Vauban, telles sont les principales formes suivies jusqu’ici, toutes défavorables à la ventilation et à l’aération des salles de malades.
Il ne nous serait pas difficile, en feuilletant le savant ouvrage de Husson, de trouver encore de nombreux exemples à éviter parmi les hôpitaux de construction ancienne,
Aération et ventilation naturelle ne sont pas absolument synonymes, quoique elles soient dépendantes l’une de l’autre et qu’on les réalise en même temps. Sous le nom d’aération nous comprenons surtout l’action de l’air et de la lumière, et tout le monde sait que la ventilation est due à des courants atmosphériques qui balayent en quelque sorte mécaniquement les surfaces sur lesquelles ils passent.
Il faut que les salles d’hôpital soient enveloppées dans une atmosphère pure et libre, obéissant facilement aux courants d’air naturels. Il faut que la lumière solaire y trouve un accès facile. Cette dernière condition est une des plus indispensables à la salubrité des salles. La lumière est nécessaire à tout ce qui est doué de vie; les végétaux comme
les animaux, pris dans l’état de santé, ne tardent pas à dépérir lorsqu’ils en sont privés, à plus forte raison s’ils sont malades. Il est à remarquer que cette privation n’a pas besoin d’être absolue pour agir d’une façon manifeste : la végétation est rabougrie et misérable à l’ombre des grands arbres, et cependant la clarté y semble suffisante. Il faut que les salles d’hôpital reçoivent des flots de lumière solaire ; les inconvénients qui pourraient en résulter ne sont pas à comparer aux avantages réels que les malades en retirent; c’est un excitant naturel qui réveille leur organisation défaillante et active leur convalescence ; c’est un excitant inoffensif qui réjouit le cœur et relève le moral abattu. Le soleil, c’est la vie; la nuit, c’est la mort; la lumière, c’est la santé et la force.
Et que l’on ne craigne pas de pécher par excès en ouvrant à la lumière des accès faciles et nombreux. 11 suffit de se rappeler que, dans les pays où les rayons solaires ont la plus grande intensité lumineuse, la nuit ne le cède pas au jour comme durée, et permet au malade un repos prolongé; que, du reste, les malades s’habituent vite à dormir en pleine lumière, et qu’il est toujours facile, au moyen de quelques rideaux, d’en modérer suffisamment l’intensité. En hiver et dans les pays froids, la lumière ne sera jamais un inconvénient. En été et dans les pays chauds, il devient difficile, il est vrai, si ce n’est impossible, de séparer les rayons lumineux des rayons calorifiques; mais qui ne sait la facilité avec laquelle la plupart des malades supportent la chaleur? qui ne se rappelle les brillants succès de la chirurgie de Larrey sous le soleil brûlant d’Égypte, alors que ses blessés étaient couchés sous la tente, et les statistiques si favorables des opérations en été et dans les pays chauds comparativement à ce qu’on observe en hiver et dans les pays froids? — La chaleur ne saurait donc être considérée comme une condition fû-
en. SARAZIN.
cheuse; et pour la prévenir, même lorsqu’elle est très-élevéc, on n’est jamais en droit de diminuer la somme de lumière indispensable aux malades. Parmi les modernes, J. B. Martin (1) est un de ceux qui ont le mieux fail ressortir l’importance d’un libre accès de la lumière solaire dans les salles d’hôpital. Il s’appuie sur l’autorité de Priestley et sur les expériences de Edwards; d’après lui, le pire de tous les défauts que peuvent présenter les services hospitaliers, c’est l’obscurité, car il est parfaitement impossible d’y remédier par des moyens artificiels.
Peut-être un jour nous sera-t-il permis d’analyser l’action de la lumière solaire sur la vie. Qu’il nous suffise, pour le moment, de constater son influence; les connaissances physiques et chimiques actuelles ne nous permettraient que des hypothèses. On a décomposé les rayons solaires; on leur a reconnu des qualités physiques et chimiques nombreuses et variées; un jour on ira plus loin, et on saura pourquoi ils sont indispensables à la vie.
La ventilation a pour but de renouveler l’air des salles et d’en purifier continuellement l’atmosphère. La ventilation naturelle se fait par les fenêtres, par les portes et par toutes les ouvertures qui s’ouvrent au dehors ; elle n’a pour agents que les vents régnants et les courants que déterminent les différences de température entre l’air extérieur et l’air contenu dans les salles. Il serait facile de nous étendre longuement sur l’importance de la ventilation en général : c’est une vérité qui, de nos jours, ne souffre plus discussion; elle a été établie par l’observation de tous et par les travaux de nombreux savants dont l’autorité est incontestable. Il est démontré actuellement que l’air est vicié très-rapidement par la respiration et par les exhalations organiques, surtout lorsqu’elles proviennent d’individus malades. —
(1) Holmes, System of surgery hy varions nuthorî, t. IV, p. 999.
Ainsi altéré, l’air acquiert des qualités délétères dont l’ac^ lion pernicieuse est des plus manifestes. — La quantité d’air nécessaire aux malades ne saurait être calculée d’après la quantité d’oxygène nécessaire à la respiration ; elle est beaucoup plus considérable. — L’acide carbonique exhalé par les poumons n’est pas la seule cause d’insalubrité de l’atmosphère des salles encombrées; les exhalations organiques, pulmonaires et cutanées semblent môme des agents morbifiques plus énergiques. C’est sous leur influence que se développent les affections endémiques si fréquentes dans les salles d’hôpital. — Peut-être des corps microscopiques tenus en suspension dans l’air ou mêlés à la poussière des salles (globules de pus, cellules épithéliales, microzoaires, etc.) doivent-ils être considérés comme des agents habituels d’infection.
Toutes les questions ayant trait à la ventilation ont été le sujet de recherches et d’études sérieuses. Nous ne pourrions, sans sortir des limites restreintes de cet article, analyser le mémoire de] Leblanc (1) , celui de Ramon de Lima (2). Nous avons aussi étudié avec fruit les Discours du baron Larrey (3), de Michel Lévy [k), le Mémoire de Cazalas (5), celui de Jacquot (fi), de Baudens (7) ; et enfin les rapports et les notes de lord Panmure et de miss Nightingale sur le même sujet, le mémoire de Lassaigne (8), et, en 1852, un mémoire de Boudin (9).
(1) Annales de chimie et de physique. 1842, l. V, p. 260.
(2) Annales d’hygiène, 1861, t. XV, p. 361.
(3) Hôpitaux militaires {Bulletin de l'Académie de médecine, 1862).
,^4) Salubrité des hôpitaux en temps de paix et en temps de guerre
{Bidletin de l’Académie de médecine, 1862).
(5) Maladies de l’armée (l’Orient, campagne de 1854-56. Paris, 1860.
(6) Du typhus de l’armée d’ Orient, B AV\s,, 1858.
(7) Kaudens, La guerre de Crimée. Paris, 1858.
(8) Annales d’hygiène, 1846, t. XXVI, p. 297.
(9) Sur la circulation de l’eau comme moyen de chauffage et de ventilation {Annales d’hygiène, 1852),
oïl. SARAZIN.
La ventilation naturelle a pour agents les portes et les fenêtres, qui, lorsqu’elles sont ouvertes, permettent à des courants d’air de traverser les salles en différents sens et d’en renouveler l’atmosphère : ce sont les seuls moyens de ventilation auxquels on ait recours dans les maisons particulières. Il faudrait y ajouter les cheminées et les foyers ouverts, qui agissent activement pendant la saison froide; mais la ventilation qui leur est due est artificielle, et nous l’étudierons lorsque nous nous occuperons des appareils au moyen desquels on obtient le chauffage et la ventilation réunis.
On ne sc fait que très-difficilement une idée de la quantité d’air qui parcourt une salle dans un temps donné, lorsque les fenêtres sont largement ouvertes. Cette quantité est hors de toute proportion avec celle que l’on obtient par les appareils de ventilation les plus puissants. Supposons, en effet, un courant d’air qui fasse seulement 6 mètres à la minute; il est à peine sensible, et c’est tout au plus s’il fait vaciller la flamme d’une bougie. Si ce courant est produit par deux fenêtres opposées largement ouvertes , ayant 1“,5 de large et U mètres de haut, le cube d’air qu’il introduit par minute dans la salle est égal à 1“,5 X X 6 = 360 mètres cubes. En une heure, il est égal à 1“,5 X ^ X 6 X 60 = 21,600. Dans une de nos salles de pavillon comportant lits,^avec 6 fenêtres de chaque côté, la quantité d’air qui traverserait la salle en une heure, toutes les fenêtres étant ouvertes, serait 21 600 x 6 = 129 600 mètres cubes, soit, par heure et par malade, 51x00 mètres cubes. Si nous opposons ce chiffre à celui que l’on obtient par les appareils de chauffage et de ventilation les plus puissants, on est étonné de la différence : 100 mètres cubes par heure et par malade. Si nous poussons plus loin la comparaison, nous trouvons, en maintenant ce chiffre de 100 mètres
ESSAI SUK LES IIÔI’IÏAUX.
cubes, qui n’est presque jamais atteint (1); nous trouvons que 2U malades reçoivent en une heure 2400 mètres cubes à Lariboissière, à Necker, à Vincennes, etc. C’est à peu près dix fois moins que la quantité de 21 600 fournie par une seule fenêtre, et il est bon de remarquer que le chiffre de 6 mètres par minute est excessivement faible. Pour peu que le vent soit sensible, il se trouve dépassé de beaucoup. Le courant d’air qui ouvre ou ferme avec une certaine violence nos portes et nos fenêtres entr’ouvertes fait plusieurs mètres à la seconde; il nous fournit, par le calcul basé sur des expériences anémométriques sérieuses, des chiffres considérables et hors de toute proportion avec ceux que l’on obtient parla ventilation artificielle.
Nous ne craignons pas d’insister sur celte partie de notre étude; nous lui accordons la plus grande importance. Confiants dans les moyens de ventilation artificielle, éblouis par les chiffres 60, 80 et même 100 mètres cubes qui se présentaient seuls, chirurgiens et médecins ont négligé la ventilation naturelle, et l’on peut dire hardiment que les hôpitaux les moins bien ventilés sont ceux où l’administration a dépensé pour la ventilation des sommes considérables; car, nous le répétons, la quantité d’air fournie par ces dispendieuses machines est minime et ne saurait à elle seule suffire pour assainir une salle d’hôpital. Lors de la dernière discussion qui a eu lieu à la Société de chirurgie sur l’hygiène hospitalière, le professeur Gosselin, dans un discours plein de modération, a fait ressortir l’importance de la ventilation naturelle et les heureux résultats que l’on peut obtenir, même dans un hôpital défectueux sous tous les rapports, par les simples moyens auxquels nous avons recours dans nos habitations particulières.
(t) Voyez à ce sujette livre de Husson et celui du chef de bataillon du génie Benoit, Mémorial de Vofp.eier du tjénie, n“ 17, p. 203.
eu. SARAZIN.
Le Rapport de MM. Blondel et Ser sur les hôpitaux de Londres est très-intéressant à étudier au point de vue de la ventilation naturelle des salles de malades. Ils ont été surtout frappés de trouver partout les fenêtres et les portes largement ouvertes; souvent ils étaient incommodés par des courants d’air. Ils reviennent presque à chaque page sur cette remarque, et ne cherchent pas à dissimuler un certain étonnement. On se demande même, au début du mémoire, s’ils ne vont pas ranger les courants d’air parmi les nombreux défauts des hôpitaux anglais; ils finissent toutefois par reconnaître que cette ventilation naturelle, quoique exagérée, pourrait bien présenter pour les malades de sérieux avantages.
Si la ventilation naturelle est appelée à rendre de si grands services, ne présente-t-elle pas quelques inconvénients? Nous ne les croyons pas de nature à la faire négliger, surtout pour les services de chirurgie.
On peut craindre, en ouvrant largement les fenêtres, de trop refroidir les salles en hiver et d’exposer les malades à des courants d’air. On a beaucoup médit des courants d’air; on les accuse de tous les maux dont la cause réelle échappe à l’observation : c’est là de l’étiologie comme sait en faire le vulgaire profane; l’homme de l’art ne doit pas partager la même crédulité. Par eux-mêmes, les courants d’air ne sont pas bien à craindre; ce n’est pas eux bien certainement qui augmenteront la moiialité dans nos salles d’hôpital. Peut-être serons-nous en droit de leur attribuer quelques rhumes légers, quelques douleurs rhumatoïdes; peu importe, s’ils doivent diminuer la fréquence des pourritures d’hôpital, des infections purulentes, des infections putrides, des érysipèles et des fièvres puerpérales. Je travaille presque toute Tannée dans un courant d’air, et je n’ai jamais eu à m’en plaindre.
L’inconvénient le plus sérieux de la ventilation naturelle.
c’est rabaissement rapide de la température dans les salles aussi largement ouvertes. Ce n’est qu’en hiver et pendant les plus grands froids que cet abaissement de température peut avoir quelque fâcheux effet pour les malades ; lorsqu’il n’est pas considérable, il est sans inconvénient; bien plus, il ne manque pas de médecins, surtout à l’étranger, qui considèrent ces légères variations de température comme favorables à la santé des malades. Nous ne serions pas très-éloigné de partager leur opinion, quoique nous ne puissions pas nous expliquer comment elles agissent; peut-être leur action est-elle stimulante ; le froid, par la réaction qu’il provoque, active les fonctions organiques, lorsqu’il n’est ni excessif, ni trop prolongé.
Du reste, il est bon de se rappeler que les malades, couchés et bien couverts, sont protégés contre les variations de température, et, si ce n’est dans les pays froids, le nombre des jours où la libre entrée de l’air extérieur leur serait préjudiciable est excessivement restreint. D’un autre côté, pendant les grands froids, on est forcé de faire beaucoup de feu dans les salles, et c’est, comme nous le verrons, un bon moyen de ventilation. La ventilation artificielle se présente alors comme utile auxiliaire de la ventilation naturelle.
Voyons maintenant quels seront le nombre, les dimensions et la disposition des fenêtres dans une salle de malades. Il faut qu’il y ait une fenêtre pour deux lits de malades; une salle de vingt-quatre lits sera donc percée de douze fenêtres, six de chaque côté de la salle. Elles seront disposées symétriquement Tune en face de l’autre. C’est dans l’intervalle des fenêtres que seront placés les lits, deux par deux, la tête dirigée vers le mur et les pieds vers l’axe de la salle. Les deux lits qui correspondent au même trumeau seront plus rapprochés l’un de l’autre que des lits voisins, afin de conserver libre l’accès des fenêtres.
eu. SARAZm.
Les fenêtres doivent monter jusqu’au plafond, car c’est vers la partie supérieure que s’accumule l’atmosphère échauffée des salles, et si ce n’est au moyen de la ventilation artificielle (voyez plus loin : Ventilation renversée, appel en contre-haut et en contre-bas), l’air n’est que trèsimparfaitement renouvelé par les courants qui s’établissent dans les zones inférieures. — Les fenêtres doivent descendre assez bas, et nous serions presque tenté de les abaisser jusqu’au niveau du plancher. En tous cas, la hauteur à laquelle elles s’arrêtent ne doit pas dépasser 0“,50. Pendant longtemps et dans beaucoup d’hôpitaux, les fenêtres des salles de malades étaient à 6 pieds du sol. Cette élévation avait pour but d’empêcher les courants d’air de s’établir au niveau des lits occupés par les malades; inutile et fâcheuse précaution. Les couches d’air les plus inférieures ont, elles aussi, besoin d’une ventilation active, et l’ascension des colonnes d’air réchauffées par les malades n’est pas suffisante pour les renouveler. Il doit s’établir, du reste, dans les coins, sous les lits, dans l’angle formé par le plancher et la muraille, des points morts où ne s’établit aucun mouvement et où l’atmosphère est stagnante. Il est donc important, au point de vue de la ventilation naturelle, que les fenêtres descendent assez bas, pour qu’en les ouvrant on obtienne des courants d’air jusqu’au niveau du plancher.
Il est encore deux raisons qui nous portent à assurer aux fenêtres une hauteur aussi grande : d’abord les salles seront mieux éclairées, et nous avons vu quelle importance il faut accorder à la lumière solaire; puis elles prendront un aspect plus gai et plus animé; elles cesseront de ressembler à des salles de prison.
Rien n’est triste comme ces longues salles d’hôpital, où les fenêtres sont élevées au-dessus de la hauteur de l’homme : le malade, comme le prisonnier qui ne peut
ESSAI SUR LES UÔI’ITAUX.
voir que le ciel et son cachot, sc sent séparé du monde et ne repose sa vue que sur les misères qui l’entourent. Miss Nightingale nous raconte qu’un malheureux blessé, épuisé par de longues souffrances, se faisait soulever mourant jusqu’à la hauteur de l’appui d’une fenêtre, et pleurait de plaisir à la vue du monde qu’il allait quitter. Cette noble femme comprenait bien tout ce que renfermaient de tristesse et de désespoir les larmes du pauvre blessé.
Il est inhumain de priver de la vue du dehors des hommes appelés à faire dans une salle d’hôpital un séjour prolongé; cette vue seule leur permet d’oublier un moment leur misère et les fait espérer. Il y a quelques mois, nous visitions le nouvel hôpital d’Aix-la-Chapelle; splendidement installé hors l’enceinte de la ville, dans un endroit charmant, il est entouré de grands jardins bien plantés. Nous sommes entré dans des salles peintes en couleurs sombres, et par les fenêtres, à 6 pieds du sol, comme par le soupirail d’un cachot, on ne voyait qu’un coin du ciel. Dans ce bel édifice, où rien n’a été ménagé, les salles sont tristes et désolées.
Nous donnerons donc aux fenêtres, dans les salles qui ont 5 mètres de haut, une hauteur moyenne de à“,50, et i nous les diviserons en deux ou trois compartiments.
ILe compartiment supérieur sera fermé par un châssis vitré, mobile autour d’un axe horizontal. C’est une disposition qui est en Angleterre d’un usage fréquent, et dont Tardieu réclame l’application pour le nouvel Hôtel-Dieu. On règle, au moyen d’une tringle en fer ou d’une corde I passant dans une poulie, le degré d’inclinaison du châssis, qu’un contre- poids tend continuellement à fermer. Le châssis s’ouvrant obliquement et ne s’abaissant pas jusqu’à l’horizontale, dirige les courants d’air vers le haut de la salle et protège très-suffisamment les malades contre leur action directe. 11 est utile que le châssis supérieur soit in-
SARAZIN
eu. SAHAZIN.
dépendant, pour qu’à un moment donné on puisse l’ouvrir seul.
Les deux compartiments inférieurs de la fenêtre peuvent être fermés par des châssis semblables à celui du haut ; nous n’y voyons aucun inconvénient ; ou bien on peut les réunir et y mettre des croisées à espagnolettes semblables à celles que l’on emploie dans nos habitations particulières. Peut-être vaudrait-il mieux conserver un compartiment inférieur, haut d’un mètre environ et indépendant, fermé par un châssis mobile autour d’un axe horizontal passant vers son milieu, et réserver les croisées à espagnolettes pour le compartiment moyen. Nous n’attachons pas grande importance à la disposition des châssis dans la partie inférieure de la fenêtre ; pourvu que l’on puisse l’ouvrir largement et la fermer hermétiquement, tous les systèmes sont bons.
Les portes prennent, elles aussi, une part assez active à la ventilation, mais leur rôle n’est que tout à fait accessoire. Il est nécessaire qu’il y en ait deux, une à chaque extrémité de la salle. La porte d’entrée, qui communique avec l’escalier et le cabinet de surveillance, doit être à deux battants, assez large pour qu’un brancard y passe facilement; on doit pouvoir la tenir ouverte. La porte opposée s’ouvre dans un étroit couloir dirigé perpendiculairement à l’axe de la salle et communiquant avec le water-closet ; c’est une porte simple, maintenue fermée par un des nombreux systèmes usités de nos jours; elle doit rester absolument étrangère à la ventilation.
Parcourons maintenant rapidement les différents systèmes de ventilation artificielle.