INTRODUCTION
Ce travail n'est qu'un essai : j'ai voulu que son titre fût modeste, parce qu'un élève ne peut traiter qu'avec humilité un sujet sur lequel s'est exercée la sagacité de tant de maîtres éminents.
Qui jugerait sans réflexion, pourrait cependant m'accuser de vanité en me voyant embrasser dans un même programme le traitement de toutes les variélés de suppurations pelviennes; mais le reproche serait immérité, car c'est là une question qui, pour si vaste qu'elle soit, ne peut être scindée. Les lésions sont, en elTet, trop souvent combinées dans l'inflammation péri-ulérine, pour que le clinicien puisse envisager l'une d'entre elles sans que son esprit évoque immédiatement toutes les autres ; et ai, par un besoin naturel de simplification, il établit parfois des divisions, celles-ci ne peuvent cependant lui faire perdre de vue la réalité des faits.
En m'appuyant sur l'autorité des gynécologues les plus expérimentés, j'ai soutenu le principe de l'intervention dans toute suppuration pelvienne, quels que soient la nature, le siège et le degré do l'inflammation, ne faisant qu'une seule exception en faveur de la salpingite purulente aiguë, non kystique et récente. Cette opinion semblera peut-être à quelques-uns, médecins sinon chirurgiens, trop radicale, et il est certain, qu'ainsi que l'écrivait
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Quesnay (1), « Textinction de la cause humorale qui excite une inflammation serait la terminaison la plus avantageuse que nous pourrions obtenir pour guérir cette inflammation » ; mais plus d'un siècle s'est écoulé déjà depuis la publication de cette phrase remarquable, où est contenu en substance le principe de la sérothérapie, et, si les découvertes récentes nous laissent espérer la réalisation de l'aphorisme de Quesnay dans un avenir peut-être prochain, il nous faut néanmoins recourir encore au bistouri, faute de mieux.
Cependant, si l'intervention chirurgicale paraît le seul traitement rationnel des suppurations pelviennes, si elle doit être en général précoce pour éviter l'extension des lésions et empêcher la résorption des toxines microbiennes, toujours nocives pour Torganisme, il faut aussi qu'elle soit avant tout conservatrice. Concilier le principe de l'évacuation du pus avec celui de la conservation des organes, voilà le but que doit poursuivre la chirurgie, et c'est en nous conformant à cette idée de modération que nous avons tenté d'esquisser à grands traits les indications du traitement chirurgical des suppurations péri-utérines, au double point de vue de l'heure la plus favorable à l'intervention et de la méthode opératoire la meilleure.
(1) Quesnay, Traité de la suppuration, MDCCLXIV.
15 octobre 1899.