HISTORIQUE
Chaque jour un fait nouveau surgit qui infirme, confirme ou atténue notre conception première des choses.
P. Reclus, Clin, chii^urg. de la Pitié ^ préface.
L'existence des suppurations pelviennes semble ne pas avoir échappé à Tobservation merveilleuse d'Hippocrate et de Galien ; mais il faut arriver jusqu'à la seconde moitié du xvii* siècle, avant de voir lifauriceau (4) émettre la première notion précise sur les inflammations péri-utérines, en proclamant le rapport de certaines d'entre elles avec la puerpéralité. Dès cette époque, les salpingites sont connues : Frédéric Ruysch (2) signale Tocclusion des trompes de Fallope, consécutive à leur inflammation, et Nicolas Tulpi us (3) rapporte un cas de distension énorme de ces organes par « Thumeur purulente ». Un siècle passe et Astruc (â) propose hardiment la ponction contre les hydrdpisies de la trompe, tandis que Portai (5) fait déjà une étude anatomique remarquable des lésions tubaires et jette les bases d'une classification.
Mais les suppupations pelviennes ne se développent pas uniquement dans la cavité des trompes : Pujos (6) indique qu'un certain nombre d'abcès pelviens se forment dans le tissu cellulaire sous-péritonéal, dans l'épaisseur des ligaments larges, et Van Swieten (7), disciple de Boerhave, leur assigne le même siège, ou les localise dans la gaine du psoas.
(1) Maurigeâu, Traité des maladies des femmes grosses^ 1668.
(2) F. RuYSCH, Observalionum anatomico-chirurgicarum cen^wna?. Amstel.,
(3) N. TuLPius, Observationum medicarum libriy 1612.
(4) Astruc, Traité dea maladies des femmes. Paris, 1761.
(5) Port AL, Anatomie médicale, Paris, 1803.
(6) In SiRKDEY, Les maladies puerpérales, étude clinique. Paris, 1884.
(7) Van Swieten, Aphorismes.
Un grand paa élah donc déjà fait, au début de ce siècle, dan^ l'éludfi analomiqnr des suppurations pelviennes : !e phlegmon du tissu cellulaire soiis-péritonéal et la distension purulente des Irompea aemblaient des faits acquis: seule, la pelvi-pi5ritunitc ^taît encore ignorée. Diipiiyti-en (1) et Grisolle (2) entrevoyaïent-îls cette dernière, lorsqu'ils insistaient sur la nécessité de ne pas établir de distiuction entre les tumeurs de la fosse iliaque, survenant chez les femmes en couche, et les lésions analogues observées chez l'homme au cours de la péri-typhlite ? Je crains bien que ce rapprochement n'ait été de leur pur! qu'une hérésie nosologique; en tout cas, il ne pouvait, à leur époque, que produire une confusion regrettable. Mais que dire de Lisfranc et de Gendrin (3), pour qui les tuméfactions péri-utérines étaient, suivant leur siège antérieur, postérieur ou latéral, un engorgement partiel, une inflammation limitée de la paroi correspondante de l'utérus ? Velpeau (4) enfin ne mit-il pas le comble à l'erreur, ea considérant ces tumeurs comme de simples déplacements uté-
Avec Nonat (5), noua revenons heureusement à une observation plus scientifique. Cet auteur n'a pas de peine à montrer que les tumeurs inflammatoires du bassin, qui font corps en apparence avec l'utérus, ae développent en réalité dans le voisinage de cet organe. Mais Nonat eut le tort de faire « du tissu cellulaire le quartier général de toutes les maladies inflammatoires du bassin chez la femme » (6) et de ne voir en toute tuméfaction, siégeant autour de la matrice, qu'un phlegmon péri-utérin. Aussi Bcrnutz et Goupil (7) ne tardôrenl-ils pas, en s'appuyant sur Taatopsie d'une malade, qui avait servi à la description même de Nonat, à battre en brèche la doctrine du phlegmon pour lui substituer celle de la pelvi -péritonite. La pelvi-péritonite fit ainsi son apparition dans le cadre nosologique, où elle prit rang à côti?
()) DupuTTREN, Ctinigves chirurgicales, t. III. (2| Gbisoile, TumeurB phlfigmoneuses des fosses iliaques. mëd.. 3" série, Ifi39, t. IV.
(3) In SiHiiiiEv, loc. cit.
(i) In SiREDEY, la:, cil.
(6) NoMAT, Gaseile des hôpitaux, 1830. n" 23. (6) PiEftHB Dsi.HKT, Traité des suppurations pelviennes, 1891. ni Beunutx et GocmL, Arcli. gén. de méd., 1837.
du phlegmon péri-utérin ; mais les nombreux travaux, dont ce dernier fut le point de départ, indiquent assez la place prépondi^rante qui lui était conservée. Mégrat (1) distingua deux formes de phlegmons pelviens, suivant que l'inflammation se développait primitivement « dans l'âpaisseur des ligaments largos n, ou Cl autour de la matrice h, constituant dans ce dernier cas la paramétrite de Virchow (2). Richard (3) et Hervieux {/)) étaiillrent des distinctions analogues et de Sinety (5), résumant les idées de l'époque sur le siège primitif des inflammations pelviennes, divisa celies-ci en trois variétés principales : n l'inllammalion du péritoine ou pelvi-pérîtonite ; l'inflammation du ligament large ; l'inflammation circum-utérine proprement dite » .
Sous ce flot de publications, dont la suppuration du tissu cellulaire et du péritoine pelvien faisait tous les frais, les inflammations des annexes utérines elles-mêmes étaient oubliées ou à peine mentionnées. Aran {(i) cependant avait bien essayé de démontrer que, dans lapelvi-péritonilede Tternutz et Goupil, l'inflammation primitive des trompes jouait le rrjle principal et était le point de départ des accident^ ultérieurs ; mais îi fallait attendre l'avènement de la chirurgie abdominale pour voir les salpingites sortir de l'ombre et éclairer d'un jour tout nouveau la pathogénie des suppurations pelviennes. La réaction fut alors d'autant plus vive que l'erreur, jusque-là commise, apparut plus évidente:on nia la cellulite pelvienne, phlegmon du ligament large et phlegmon périutérin ; on nia la pelvi-péritonite, telle que l'avaient comprise Bernuiz etGouplI ; l'inflammation des trompes faillit resterrunique raison, nécessaire et suffisante, de toute suppuration pelvienne. « Toute grande découverte, écrit k ce propos Pierre Delbet (7), a une sorte de rayonnement qui masque ce qui n'est pas elle et emporte l'esprit vers l'exagération. Puis le calme se fait, l'équilibre se rétablit et tout reprend sa place après la secousse. « Aujour-
r (1) MiDnAT, ThèsB àe Strasbourg. 1861.
►:(2) Vii-chow-n ArcMv, 1862, p. 41B, t. XXIU. I. \3) RiciiABD, Pratique joui-natiére de la rkiiiirgie. Paris, 1S68. I (i) tlEHvi8ui:,Traif^ clinique el pratique des maladies puerpérttles, suites de Ùntchei, Paris, 1870.
L (5) at^omTt, Progrès médical, 1882, p. S93.
L (fl) Abab, Lefons cliniques sur les maladies de Vuiérus et de ses annexes, M'iS- I (1) Pierre Delbf.t, (oc. ei(,,p, G.
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au chirurgien d'enlever les annexes malades, dfîcrît dans tous ses délails l'opération précouiaée par Lawaon Tait.
C'estrcpoque où la laparotomie brille de tout son éclat et règne en maîtresse souveraine à l'exclusion de toute autre méthode. Non seulement ou enlève par l'abdomen toute tumeur anuexiella énucléable, mais encore on use de celte voie dangereuse pour ouvrir les abcès pelviens. LawsonTait (1), en 18S1, draine une collection purulente par la voie sus pubienne et Christian Fenger(2) considère la laparotomie comme l'opération de choix pour aller à la recherche des abcès péri-utérins.
Mais une pratiqueaussi audacieuse nefutpas sans donner,àcôt(3 de succès remarquables, des résultats désastreux. Aussi R. Jackson (3), tout en restant partisan de la voie abdominale, se préoccupait-ii de pénétrer dans la cavité de l'idicès sans ouvrir le péritoine. Guidé par le même souci, Poiizi {/(), reprenant l'ancienne incision rie Laumonier, réhabilitée dès 1864 par Roser, et imitant la pratique préconisée déjà par Hegar (5), proposait d'atteindre les abcès pelviens par la région inguinale, en décollant le péritoine pariétal comme dans la ligature de l'iliaque externe. C'est là la laparotomie sous-périlonéale ,(\ue nous voyons adopter dans certains cas parTerrillon (6), bien que les préférences de ce dernier .soient pour la méthode de L. Tait ot de C. Fenger.
Ainsi donc, qu'il s'agisse d'extirpation de poches purulentes ou de simple incision d'abcès, la voie abdominale est la seule praticable, la seule dont on veuille entendre parler ! Aussi Laroyenne (7) essaie-t-il, mais en vain, de donner à l'incision vaginale un regain d'actualité. Byford (8), en proposant vers la même époque l'ouverture des collections pelviennes par le rectum, n'est pas plus beureu.x. Zuckerkandl (9), vantant l'incision périnéale, est suivi
11) L. Tait. Un Ibe treatnient o( pelvîc suppuration hy alidouiinal eeclion Laiid dralDAge. Mtd. dur. trant., vol, LXUI, p. a07, 18(il,
(2) Cu. Fenueh, Aoj. med. Assoc. Med.Nems, S mai 1BHS.
(3) R. JiCKSOS. LaparotoLoy forpelvic aboesB, Am. Joarn, of obHel,, juin }iS86.
(t)Poïïi, Bull, de In Soc. dechir., séance du U avril 188ti, p. SSi. ' (S) Heoak, Vortr. il. obm-fliBim.Aerilelag, 1881.
J (fi)TsiiRii.LON, 5eMi. ma/., ittoût ISBG et ^hH. de la Soc. de chii\, 18S1, h. 367.
T (1) Laboïbnmb, Lyonmid.. février 1SS6.
r(81 Byfoiib, Obal. Ga:. o{ Cinciiinali, avril 1886. p. 1*4. (9) ZMkEHiiA.\DL, Wienei- "ifd. Presse. 1889, n" 1 et iJ.
une seule fois dans cette voie par Sânger (1). Enfin la tenlativ&a d'Hegai- et Wiedow (2), pour introduire la méthode sacrée danij le traitement des suppurations pelviennes, n'a qu'un bien faiblwl écho auprès de Schede, Cïerny et Kuminc! (3).
Il faut croire cependant que la voie abdominale ne donnait pas dans le traitemeiitdes infiammations péri-utérines tous les résultats désirés, car on vit bientôt surgir un nouveau mode d'intervention vaginale, dont la fortune devait égaler puis dépasser, jusque dans ces dci'nicrs temps du moins, celle de ia laparotomie. Le 12 décembre 1887, Péan [h) pratique la première hystéreclomie vaginale pour suppuration pelvienne ; mais trois années s'écoulent avant que, dans ses communications successives au Congrès international de Berlin (5), puis à l'Académie de médecine (6), et dans une leçon professée à l'hôpital Saint-Louis (7), cet habile chirurgien n pose les indications de la castration utérine, en décrive les temps opératoires et, par 60 opérations sans un décès, en démontre l'efficacité et la bénignité » (8).
Le premier et le plus chaud partisan de « l'opération de Péan h fut Segond (9), auquel revient l'honneur d'avoir étendu le champ de ses indications : d'abord limitée, en effet, aus suppurations péri -utérines graves, où elle constituait un drainage idéal, l'hystérectomie vaginale, faisant entre les mains de Segond une concurrence directe à la laparotomie, s'adressa de plus aux cas moins complexes de tumeurs annexielles facilement énucléables. C'éta comme l'écrit Daudron, " la substitution pure et simple del'hyàg tércctomie à la laparotomie dans toutes les lésions inllammaloire bilatérales des annexes ».
Notre but n'est ici que d'ébaucher à grands traits les différente»*. phases par lesquelles est passée l'histoire du traitement des aup* purations pelviennes et ce serait nous perdre dans le détail qo^ de rappeler les polémiques soulevées par l'opération de Pé{
(1) PlEHRB Delbijt, toc. cil , . p. 413.
(2) WiEUOW, Berlin. Min. Woch., 1889, p. 203.
(3) MomssTiS. Thèse de Paris, 1R94, p. 316.
(i) Segheyhon, Traité iThystérotomie et d'hyUéiectomie. p. 18*. Paria, 18! (3) Pbam.ï' Congrii international de BèiUn, 1890. («) PéAB, BitU.'de l'Ac. de Mèd., 1890, t. XXIV, p. 9. (1) Péan, Bull, méd., 18B0. p. 633.
(8) Baudron, Thtae de Paris, 1894, p. lU.
(9) Skhonii, Bull, et mém. de la .Çdp. de chir., 1891, p. i5î.
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,ns le monde chirurgical ; nous ne pourrions d'ailleui"s que raphraser les pages impartiales consacrées par Baudron à ue de la castration utérine. Contentons-nous donc pour 'instant de marquer les principales étapes du chemin parcouru par la non velle intervention : le remarquable rapport de Segond { 1 } au Congrès de Bruxelles établit définitivement le droit de cité acpar rhyalérectomie vaginale dans le traitement des inflamlations utéro-annexiellcs ; un peu plus tard, Richelot (2) écrit, lans sa langue imagée, cpje « les grandes suppurations et les adhérences compliffuées sont l'écueii de la laparotomie, le triomphe de l'hystérectomîe vaginale " ; enfin Bouilly (3), exprimant au Congrès de Genève l'opinion de la majorité, proclame que l'hystérectomie vaginale représente la méthode par excellence le traitement des suppurations pelviennes et que la laparotomie vit plus que de ses contre-indications «.
La voie vaginale avait donc reconquis à cette époque son droit premier occupant, car non seulement l'opération de Péan éclipsait celle de Lawaon Tait dans l'extirpation des tumeurs annexielles, mais encore l'ancienne incision vaginale, sous l'efTort persévérant de Laroycnne, qu'un premier échec n'avait pas découragé, était définitivement préférée à la laparotomie, dans la simple ouverture des abcès pelviens. Les communications de Goullioud (4), élève de Laroyenne, et de Bouiily ( 5) furent le point de départ de celte réaction salutairequi n'a fait que s'affirmer depuis, comme en témoignent les nombreuses et récentes pubhcations de Tuffier et Rodriguez (6), de Rosenhlat(7),Pozzi (8), Monod (9),
(1) p. Seuonii, Rapport sur les suppurations pelviennes, Canyi-èi inteni. md^obsl. et degyn. àe Bruxelles, septembre 18(12.
(2) G. HictiBLOT, L'hystérectomie vaginale. Paria, 1894.
(3) G. DouiLLT, Trait, ctiir. des supp. pelv. Congres de Genève, seplemlire i896.
, (4) Gouixioun, Congrès fraiiiaii de cliii-urgie, oclobre 1R89. . (a) Bouilly. De l'ouverture par vote vaginale des collectioiis purulentes sal- Spingéeset ovariennea. Bull.el méjn. de la Soc. de ckit:, IBflO, t. XVI, p. bUO. I (S) RooniQi'Ez, Incision du cul-desac postérieur dans les suppurations et les Méinarrhiigies pelviennes. Tbèse de roris, ISDd.
1) RoHENBLAT, Ineision du cul-de-sac postérieur dan$ les suppurations et natocites pelviennes. Tbèse de Parts. 1Sd6,
i) Pozzi, De la colpotomie dans les suppurallons pelviennes, Sem. gyn., S février 1S9S.
)) MoNUD, Traitement des salpingites suppurées par l'iacidon vaginale.
e ta Soc, de chir..
I'liocas(l), Dallv (2), Sassy (3), Picqué (4), Kartmana (h), gueu (G), Massier (7) cl Moruly (8), pourneciter que lespluaîl l)OrtaDte».
Le crédit sans cesse grandissant de la voie vaginale s'augmei même d'uu troisième mode rie traitement des lissions înQam toircs des annexes par le vagin, tl. T. flyford (0), en 1888, prenant la pratique àéjb. ancienne d'Atlee (10) et de (îaillard 1 mas (11), dont l'exemplti avait été momonlanémenl suivi j (jilmore de Mobile (12), Davis de Wilkesbarrc (131, Oliflon E. ' de Boston (U) et Gaodell, préconisa l'ablation des annexes pal vagin, sans hysl(5rectomie pri^alable. Bnuilly et Vallln (15), T qa6 et Bonnccazc(16) en France, Hraîlhwaite {17]t'n Anglcle Ohrobak (18) et Marlinettî (19) en Allemagne firent quelques a plicatioiis do cette nouvelle nnC'tliode ; mais celle-ci devait surt sourire à Laroyenne (20) elfioullioud (21) qui, en 1893, la méj taieot en pratique dans les cas les plus difficiles. Condamio (£
(I) Pbocas, L'tnciBion vaginale dans les supp. Iv. Nord méil,, i"blS JB98.
(2] Dallï, L'incision vaginale directe dans les coll. petv. TliËie de i
(3) Stsev, Incision du cut-de-sac poiléiiear dans les su/ip. pelo. ThËW'fl ParLs, 1898, ^
(4) PicQL'K, De la valeur de la colpotomie. La Gynécologie, a' 3, 1SS8.
(5) HAHTUitNM, La colpolomic postécieure dans le traiteuieiit des inQexftg «uppurdei. Ann. de gijn., août 1898,
(6) Leoded, Revue mlernationalt de méd,, 1898, p. 'M3,
(7) Maseibb, De la valeur de la colpotomie dajis le» opération» pelvU Thiie de Parii, 1898.
(8) MoBÉLY, Essai sur foueerlure des colleetiom pelviennes par ta twieâ ginale. ThÈae de Paris, 1999.
(9)11. T. Btfohi), Reoioval of tlte utérine appendages and snisll ( lumeors by vaginal aeclion. Am. Jourii. of obsl., avril 1888.
(10) Cité par GoODEL, la Archiues de tocolai/ie, Irad. uf. Soïre.
(il) Gaillard Thumas. (oc. cit.
(12) GiLJCORB, NemOrl. med. and surg. Journ., novemlire 1873.
(tS) R. Davis, Boat. med. and surg. Journ., t8";e,
(14) CE. WiMO, Boit. med. and gurg. Journ., ISIS et Amer. G\jn. S
(iS) Vallib, Thèse de Paria, 1881,
(16) BoniiECAZE, ThËse de Paris. 1889.
(II) Bhailhwaite. in 7ke Lance!. 1888.
(18} Chbodas, Cent. f. Gy»., a" 39. I8S8.
(19) Martinbtti, Cent. f. Gyn., u" 59. 1888.
(20) Lahovenne, De l'ahlation pur le vagin des annexes de l'utêrua enkysta dans une pelvl- péritonite. Ann. de gyn., juillet 1893.
(21) Goulu OUI), Extirpation vaginale et unilatérale de pelils pya^salpinx.Lyei méd., tS décembre 1892 et 29 iauvjer 1893.
(23) CoNDAMUi, De tablatiundes aaneies parla voie vaginale dans 11 salpîn go-ovarite enkystée, Lyon méd., S juillet 1894.
marcliant sur leurs traces, la considéra comme uu proci5di5 de choix dans les salpîngo-ovai'ites enkystées et inspira la thèse de Manouléides (1) sur la salpingo-ovariotripsie. Enfin DOhrssen et Martin de Dcrlin se présentèrent, en 1897. au Congrès international de Moscou, " le premier avec une statistique de 305 cas de colpo-Cfcliotomic, dont 200 où cette opération fut pratiquée pour la cure des inflammations des annexes utérines, le second avec le total plus imposant encore de f\96 colpo-cœliotomies pratiquées pour les lésions les plusdiverses de l'appareil génital » (2). Cependant la voie vaginale conservait des adversaires irréductibles qui, perfectionnant avec patience la technique de la laparotomie, devaient rendre un jour à cette dernière sa suzeraincttî perdue. Malgré Lawson Tait (3), qui dédaignait de contrôler par la vue l'œuvre de sa main, l'introduction de la position déclive dans la pratique gynécologique a marqué un des progrès les plus sensibles de la chirurgie pelvienne par voie abdominale. Déjà recommandée par Ambroise Paré [h), pouv n réduire l'intestiii tombé en les bourses )*,' et par Jean Scultet (ô), dans le même but, la position déclive a été utilisée pour la première fois chez la femme par Freund (6j comme simple moyen d'exploration ; c'est au même titre que Mendes de Lcon (7) eu a vanté l'emploi. Trendeleuburg (8) qui, au dire de Willy-Meyer (9), l'aurait tout d'abord appliquée à la recherche des tumeurs de la vessie, commença, en 1890, à la mettre couramment en pratique dans ses interventions gynécologiques par la voie abdominale. La position de Treçdelenburg, ainsi qu'on l'a appelée depuis, fut rapidement adoptée parla plupart des laparotomistes.qui lui durentlours plus beaux succès. La vue parfaite des organes malades, la pro-
(1) MANOULêinas, De la salpingo-ouariolnpiie. TtiÈsa de Lyan, i89'i,
(S) F. Vallk Ca9Tii,i.o. De la eolpo-emliolamie sans hijstérecloinie dans l'extirpation des tésions lUéro-annexielles , Su, pratique à la clinique elitrurgicale del'HâCel-Dieu. Thgae da ParU; 1897.
(3) L. Tait, Maladies et exlirpation des appendices ulâriiiB, Edinb. med. Jeum., p. 201, septembre 1881).
t*] W6 par P. OssroasEs, in Reuue ilegynêcotoyie, juitlet-aoùt IS99.
(5) lB.C.
(fi] Cilâ par Lïntz, Beilrage lur Dijn.unterauch, Die untenuch. in Sutpenaion. Struburg, 18SD.
C?) Menues dr Lson. C*nt. f. Gtjrt., 26 mai I88S.
(8) Tbkhdhle.nbubo, Vei-handl. d. ÛeuU'-.h. Gesell.f. Chir., Berlin, 1890, XIX. p. 53, et Sdmml. klin, Vorti:. Leipzig, 1890, n" 355.
(9) Willv-Mbteb, Ayrh. f. filin. CM::, 1883, Bd XXXI, p. 3U.
tection facile de Tintestin, refoulé vers la coupole diaphragmatique, la possibilité de supprimer les surfaces cruentées, d'abandonner le procédé des ligatures en masse pour pincer uniquement les artères, suivant la pratique préconisée par Pierre Delbet (1), Duninng (2), Kreutzmann (3) et Penrose (4), permirent des prouesses, jusque là ignorées, et la conception d'une intervention nouvelle et sans égale, la castration abdominale totale.
A Técole américaine revient l'honneur d'avoir tenté la première et préconisé Thy stéréotomie abdominale dans le traitement des suppurations pelviennes. Selon Trawis Gibb (S), c'est, en effet, Polk de New-York qui, le 1.3 février 1892, pratique pour la première fois cette opération dans un cas de lésions suppurées des annexes ; Krug (6) en fait presque simultanément rapplication dans les mêmes circonstances ; Howard A. Kelly (7) de Baltimore décrit son procédé opératoire, qui devait faire fortune, et Baldy (8) publie peu après la série sans tache de ses succès. Delagénière (9) du Mans eut le grand mérite d'importer en France la méthode américaine et d'être le seul chirurgien français qui ait présenté sa défense au Congrès international de Genève. Richelot (10) ne tarda pas à proclamer à la Société de chirurgie que, dans le traitement des lésions inflammatoires des annexes, « toutes les fois que le chirurgien, pour une raison quelconque, choisit la voie sus-pubienne, l'hystérectomie abdominale totale est le correctif et le complément logique, sinon toujours nécessaire, de la laparotomie ». Segond (11), il est vrai, ne considéra la pratique américaine que « comme une intervention d'exception, mais comme une intervention supérieure quand elle est bien indiquée ». Enfin Hartmann (12), imitant la pratique de Barden-
(1) PiKRHK Delbet, Ann. de gyiï.y 189(), II, p. o37.
(2) DuNNiNG, uim. Journ. of obst,, 1896, II, p. 493.
(3) Kheutzmann, Am. Journ. of obst,^ 4896, II, p. 830.
(4) Penkose, Ayn. of Surgery, 1896, II, p. 3o.
(5) Tkawis Gibb, New-York Journ. of gyn, and obst., 1894.
(6) Krug, Am. Journ. of obst,, 1894.
(7) II. A. Kelly, Congrès de Washington^ novembre 1892.
(8) Baldy, Philad. obsL Soc., 5 octobre 1893 et Am. Journ. of obst. and diseas. of women and children^ 1894.. 22 opérations, 22 guérisons.
(9) Delagénière, Congrès français de chirurgie. Lyon, 1894.
(10) Richelot, Bull, et ?ném. de la Soc, de chir., 1897, t. XXIII, p. 481.
(11) Segond, Bull, et mém. de la Soc. de chir., 1897, t. XXllI, p. 542.
(12) Hartmann, Ann, de gyn. et d*obst., 1897.
içuer {I) en Allemagne, se mit à extiqur l'utérus toutes les fois
e les lésions des annexes exigeaient une castration bilatérale. [ Aujourd'hui les résultats merveilleux, fournis par la castration "►dominale totale, ont fortement ébranl(5, il faut bien l'avouer, la ïriune de rhystérectomie vaginale. Ne venons-nous pas, en effet, ê voir Richelot et Segond, ces deux maîtres incontestés de la "voie vaginale, reconnaître, quoique dans une mesure différente, les avantages de l'hystérectomie abdominale ? Mais faut-il, comme vient de le soutenir tout récemment Hartmann (2) au Congrès d'Amsterdam, rejeter complètement et définitivement l'hystérectomie vaginale du traitement des suppurations pelviennes? C'est là une opinion bien absolue pour être admise sans débat, et J,-L, Faure (3), comme nous essaierons de le démontrer plus loin, nous paraît davantage dans la vérité lorsqu'il réserve encore les cas aigus et graves à la castration utérine.
Telle est dans ses grandes ligues l'histoire des suppurations pelviennes au double point do vue de leur localisation anatomique et de leur traitement, inséparables l'un de l'autre. « Le principe de l'intervention est universellement admis et ne saurait être discuté " (4). Nous avons donc laissé dans l'ombre le traitement médical et les procédés timides, dangereux ou fantaisistes (5) dont on a fait aujourd'hui justice. Mais avant de clore ces pages, où nous avons volontairement sacrifié le détail à la clarté, dégageons une formule qui fixe nos souvenirs :
Il y a trois grandes variétés de suppurations pelviennes : les phlegmons du tissu cellulaire, les salpingo-ovarites suppurées et la pelvi-pe'ritonitc , r/tii peuvent exister soit à Pétai isolé, soit simultanément.
(1) In BuKSENBfi, aïoiiatasch. f. Gehurtsii. unil Gi/n... ISilti,
(2) Habthann, Congrès d'Amsterdam, août 1899, Prfsse médicale, 26 août ^1899.
^' (3) J.-L. Fàuhe, ibid.. et Ga:elle des kâpilaux, S septembre 1899.
W \i) BouiLLY, Congrès périodique inlematloiial de i/ynécologie et d'o/iHétH-
Kpue^ Genève, septembre IS96. Comptes rendus publiés par Bf;Tnix, p. 29.
f^ (S) Ponction simple : Hkhvot, Thèse de Caria, 1887 ; Vuillbt, Congrès de Bruxelles, 1893. Expression des trompes : W, M. Pom, Am. Joum. of obsl., p. 30, juin 1887. Catliélérisme des trompes: MiranÉ, Àm. Joum. of obsl., p. 150, février 1888. Evacuation arlificielle des collections enkystées de ta trompe par la dilatation permanente et le drainage utérin : Dolïbis, C. il,
f Sec. de Biologie, Si décembre 1838, etc.
Deux voies principales se sont disputé la faveur des chirurgiens dans le traitement de ces suppurations^ la voie vaginale et la voie abdominale ; par f une et par l'autre ont éternises en oeuvre les trois mêmes méthodes opératoires : la simple ouverture des collections purulentes^ l'extirpation partielle de V appareil utéro-annexiel^ son extirpation totale.