HISTORIQUE
Chaque jour un fait nouveau surgit qui infirme, confirme ou atbénue notre conception première des choses.
P. Reccus, Clin. chirurg. de la Pilié, préface,
L'existence des suppurations pelviennes semble ne pas avoir échappé à l'observation merveilleuse d'Hippocrate et de Galien ; mais il faut arriver jusqu’à la seconde moitié du xvn° siècle, avant de voir Mauriceau (1) émettre la première notion précise sur les inflammations péri-utérines, en proclamant le rapport de certaines d’entre elles avec la puerpéralité. Dès cette époque, les salpingites sont connues : Frédéric Ruysch (2) signale l’occlusion des trompes de Fallope, consécutive à leur inflammation, et Nicolas Tulpius (3) rapporte un cas de distension énorme de ces organes par « l’humeur purulente ». Un siècle passe et Astruc (4) propose hardiment la ponction contre les hydropisies de la trompe, tandis que Portal {5) fait déjà une étude anatomique remarquable des lésions tubaires et jette les bases d'une classification.
Mais les suppurations pelviennes ne se développent pas uniquement dans la cavité des trompes : Pujos (6) indique qu'un certain nombre d’abcès pelviens se forment dans le tissu cellulaire sous-péritonéal, dans l'épaisseur des ligaments larges, et Van Swieten (7), disciple de Boerhave, leur assigne le mème siège, ou les localise dans la gaine du psoas.
(1) MauricEAU, Trailé des maladies des femmes grosses, 1668.
(2) F. Ruyscu, Observalionum anatomico-chirurgicarum centuriæ. Amstel.,
(3) N. Tucpius, Observalionum medicarum libri, 1672.
(4) Asrruc, Traité des maladies des femmes. Paris, 1161.
(5) Porraz, Analomie médicale. Paris, 1803.
(6) In Sireney, Les maladies puerpérales, étude clinique. Paris, 1884.
(1) Van SwiIeTEN, Aphorismes.