‹ Essai sur les insectes et les maladies qui affectent le blé [microforme]Chapitre 12 sur 17 · De la Saperde · texte numérisé non relu

De la Saperde

Saperda ÿracilis, Fabricius.—La saperde est aussi un petit coléoptère, long, effilé, muni de deux antennes filiformes sensiblement plus longues que le corps, assez ressembiantes à la puce pour avoir porté les cultivateurs à lui donner ce nom. Vers le mois de juin, lorsque les blés sont en fleurs, la femelle perce le chaume un peu au-dessous de l’épi, et y dépose un œuf qui au bout d’une quinzaine de jours donne naissance à une larve. Celle-ci ronge l’intérieur du chaume en descendant et forme de distance en distance avec les débris des espèces de bouchons. Arrivée à la racine elle se transforme en nymphe et attend le printemps suivant pour se métamorphoser en insecte parfait,

Dans l’Angoumais en France, où cet insecte a fait périr parfois le quars de Ja récolte, on dit aiguillonnés les épis ainsi attaqués. Ces tiges sont d'ordinaire brisées par le vent ou si elles se maintiennent, elles ne produisent que des épis stériles.

Comme l’insecte se réfugie assez bas dans le chaume pour n'être pas enlevé avec la partie moissonnée, on n’a trouvé d’autre moyen de le combattre que d'arracher le chaume après la moisson et de Je brûler.

La saperde a causé autrefois en Canada des pertes considérables. Vers 1810 des paroïsses bordant le Sud du St. Laurent en aval de Québec ont vu pendant plusieurs années leurs récoltes souffrir grandement des ravages de cet insecte. Mais depuis plus de 30 années il serable être presque complètement disparu de notre pays, ou du moins il ne s’y montre jamais assez nombreux pour faire apprécier ses ravages.

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