De l'Alucite
L'alucite est aussi un petit lépidoptère, à couleurs métalliques très resplendissantes, d’où lui vient son nom (du latin A//uceo, briller). Elle appartient à la même tribu que la précédente et lui ressemble sous beaucoup de rapports; comme elle aussi elle redoute les fortes odeurs. Un savant français, M. Doyère a proposé en 1850 un nouveau procédé pour détruire l’alucite. 7 consiste à chauffer le blé jusqu'à 60 © , à cette température l’insecte est détruit sans que le grain en souffre.
Mais comme je l’ai déjà fait observer pour la calandre, la fausseteigne et l’alucite ne se montrant dans ce pays que dans un temps où d'ordinaire nos grenicrs sont à peu près vides de grains, et nos rudes hivers les fesant périr en partie ou les empêchant d’accomylir leurs évolutions pendant ce temps, il s’en suit que les pertes qu’elles occasionnent sont rarement considérables,
fo. De la Cécicimye.
Cecidomia destructor, Walckenaer.—La cécidomye destructive est un insecte à deux ailes membraneuses et à bouche sans machoires. Comme toutes les mouches elle appartient à la famille des diptères. Elle est plus connue en Amérique sous le nom de mouche de Hesse (Heéssian Fly) d’où l'on croit qu’elle fut importée lors de la guerre de l'indépendance aux Etats-Unis, avec les blés que l’on tira alors de ce pays pour l’armée anglaise. Elle causa pendant plusieurs années des dégats considérables. C’est aux blés d'automne qu’elle s'attaque de préférence. La femelle avant l’hiver dépose ses œufs à l’insertion des feuilles près des racines. Au moment de son éclosion au printemps, la larve ronge le chaume en descendant vers la racine, et vers le mois de Juin, elle se transforme én insecte parfait. Le plus souvent la tige ainsi attaquée se dessèche et meurt même avant l’épiage, ou si elle passe cétte dernière période, elle ne se trouve pas avoir assez de vie pour la fécondation parfaite du grain.
Mais cette mouche qui a causé tant de pertes aux récoltes pendant les 15 ou 20 années qui ont suivi l'indépendance américaine, est devenue depuis cette époque de plus en plus rare : si bien que dans le Haut-Canada ses ravages aujourd’hui ne sont guères appréciables et que dans le Bas elle n’est pas même connue des cultivateurs. La cécidomye avec la pluspart des insectes ennemis de nos moissons que je viens de passer en revue, semblent s’être retirés d’eux-mêmes plutôt que chassés par la guerre qu’on leur à faite, pour faire place à un nouveau venu autrement redoutable que tous ses devanciers, et qui depuis plus de 25 années déjà poursuit avec ardeur son œuvre de destruction : je veux parler da la mouche à blé.