De la Coulure
Il arrive souvent qu’une pièce de blé, sans aucune apparence de maladie, et dans une année où tout lui aura paru favorable, se trouve pourtant à la grande surprise du cultivateur d’un très médiocre rendement au temps de la moisson.—En voici la raison.
Nous savons que les plantes comme les animaux sont d’ordinaire munies d’organes sexuels, que la production d’une graine quelconque ne peur avoir lieu sans que le pistil, l'organe femelle, ne reçoive des éfamines, les organes mâles, le pollen, ou matière séminale, pour en féconder l'ovaire que recèle d'ordinaire toute fleur dans son calice ou partie inférieure. Or donc, s’il arrive au temps de la floraison du blé quelque perturbation atmosphérique capabie de nuire au fonctionnement de ces différents organes,
alors la fécondation n’a point lieu pour un grand nombre de fleurs .
et celles-ci ne peuvent produire de grains. C’est ainsi que des pluies d'orage enlèvent qnelquefois le pollen des étamines, ou qu’une chaleur trop ardente fesant sécher le stigmate où tête du pistil, l'empêche de recevoir ce même pollen ou matière fécondante, Dans plusieurs plantes l'ovaire qui n’a pu aïnsi être fécondé se développe en une espèce de bourse, ou plutôt des sporules séminiformes de certains cryptogames absorbées par les liquides alimentaires de la plante, ou promenées dans les airs par les vents, venant à se développer dans ces fleurs ainsi avortées, y forment avec leurs téguments ces excroïissances ou bourses que nous nommons ergots dans le seigle at le blé, et simplement fruits coulés dans les autres plantes, comme le cerisier, le prunier, ete. Maïs le plus souvent es grains coulés ne se font pas remarquer dans le froment d’une manière si apparente, seulement, au temps de la moisson le cultivateur s’apperçoit que son blé ne pèse pas à la gerbe, et en pressant les épis entre ses doigts, il reconnait qu’un grand nombre d’épillets manquent de grains.
Il est facile de voir que la providence dans sa sagesse n’a pas voulu laisser à l’homme de contrôlt sur lescauses qui peuvent produire de tels effets, et que par conséquent on no saurait assigner de remède à la coulure du grain,