‹ Essai sur les insectes et les maladies qui affectent le blé [microforme]Chapitre 5 sur 17 · De l'Fchaudage ou Retrait · texte numérisé non relu

De l'Fchaudage ou Retrait

Un soleil ardent succédant subitement à de légères ondées à l’époque où l’albumen ou farine du blé est encore à l’état liquide, ou une sécheresse trop longtems prolongée, sont ordinairement les causes de cette maladie, ‘Dans le premier cas, l’évaporation qui commence par l'humidité extérieure du grain entraînant une partie de celle qui le retient intérieurement à l’état liquide, le fait bientôt sécher et passer promptement à une maturité précoce; et dans le second cas, une chaleur trop forte ou trop continue fesant durcir ces même liquides intérieurs du grain avant que celui-ci aît pris tout son développement, l'amène de même à une maturité prématurée. Les grains restent alors d’un très petit volume, ridés pour l'ordinaire, et ne renfermant que très peu de farine. Nous disons alors que le blé a échaudé, qu’il est mal nourri et qu’il ne farine pas.

Cette maladie comme la précédente ne peut en aucune façon ètre combattue par l’homme,

40, Du Versement.

Dans les sols riches et humides les grains quoique poussant vigoureusement ne donnent d'ordinaire que des tiges faibles et fragiles, parce que les liquides absorbés se trouvent trop étendus pour leur donner plus de consistance. Si de gros vents viennent à souffler violemment à la suite de pluies où les épis et les tiges du grain sont encore surchargés d'humidité, alors la paille se ploiera à'sa racine pour se courber sur le sol, ou se cassera à une certaine hauteur, Dans ce dernier cas ne pouvant se relever, et les rayons du soleil ne pouvant pénétrer sa masse, elle ne tardera pas à s’échauffer en partie et à se dessécher, ou bien, on verra les mauvaises herbes, si le sol n’était pas bien net, pénétrer bientôt à travers et favoriser d'avantage le développement de la rouille qui ne manquera pas de se montrer alors. Lorsque les tiges ne sont que courbées sans être cassées, il est rare qu’elles ne se relèvent pas d’ellesmêmes aussitôt que les vents les ont débarrassées des goutelettes de pluie qu’oiles retenaient,

Le roulage sur la semence pour donner plus de consistance au sol dans les terrains légers, et un égoutage judicieux dans les terres plus fortes préviennent d'ordinaire ces accidents,

5o. De la G'ermination en javelles.

Ce n’est point la mouche à blé, ni la rouille, ni les autres maladies que je Viens de décrire qui ont fait périr plus d’un tiersde la récolie de 1855 dans le Basg-Canada, mais bien la germination du grain dans la javelle. La prudence et les pertes déjà essuyées devraient done engager le cultivateur à ne jamais étendre son blé, en le coupant, sur la terre ne, comme c’est souvent le cas, pour attendre ainsi une dessication convenable de la paille avant de l’engranger. Pour peu que la chaleur et les pluies deviennent alors fréquentes, quelques jours peuvent suffire pour entraîner ure décomposition particle dn grain et le porter à germer. s cultivateur se verra dans ce cas obligé de retourner souvent de grandes étendues de javelles pour s’opposer au progrès du mail, mais outre la perte qu’il encourra alors par égrenage du grain dans ce mouvement, il ne fera que le retarder faiblement si le temps continue à être chaud et humide. Le moyen de parer à tous ces inconvémients sera de toujours mettre le grain en meulons ow moyettes. Ajoutez que les moyettes vous permettront de couper votre grain 4 où 5 jours avant sa complète maturité et d’en augmenter ainsi considérablement la qualité. Car si en laissant en javelles le blé coupé encore un peu vert on le détériore quant à sa qualité, au contraire en le mettant en moyettes on augmente le poids et le coulant du grain. Le blé ne peut parvenir à sa parfaite maturité sur pied qu’au détriment de la farine, car l’écorce du grain prenant alors plus d'épaisseur devra fournir plus de son. Suivant MM. J. Gasparin et Thibaut-Houdellière, agriculteurs français qui ont expérimenté la chose, le blé mis en moyettes ne gagne pas moins de 4 à 5 livres en poid par minot, et de 12 à 15 livres de farine par quinial. £ j

Les moyettes peuvent se construire de différentes façons; voici celles que j'ai vues le plus souvent employées et que je crois les plus économiques,

Moyettes coniques.—Placez une gerbe debout autour de laquelle vous eu placerez quatre autres en leur donnant un peu de pied, puis vous remplirez les intervalles au moyen de quatre autres gerbes de manière à compléter le cercle, en renfermant la gerbe

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centrale, Uuc dixième gerbe, liée au pied et d’une plus forte dimension que les premières, renversée sur le tout, formera le chapeau. Les gerbes à l’exception de cette dernière ne doivent avoir guères plus d’un pied de diamètre,

Moyelles en biseuna.—Vous prenez dix gerbes que vous placez sur deux lignes parallèles et que vous faites tenir debout en les réunissant par l’épi et en leur donnant un pen de pied. Rénnissant alors deux autres gerbes par un bon lien, vous les placez sur les premières de manière à ce que, se touchant par le piet!, elles se répaudeñt Ge chaque côté en inclinant l’épi vers le sol. Les moyettes de cette dernière facon qu’on appelle aus-i qg#/nioux en certains endroits, sont peut-être plus que les premières capables de résister an vent, en ce qu'elles lui offrent un libie passage dans l'écartement du pied des gerbes mises en lignes parallèles. Pour mettre ainsi le grain en gerbes au momeut du eonpage, il faut qu'il ne contienne que peu de mauvaises herbes, autrement il serait nécessaire de le laisser en javelles un jour où deux. La confection de ces petites gerhes est d’une exécution facile et rapide pour les personnes un pen exercées à la chose ; une seule mèche de grain suffit pour le lien.

Moyettes à javelles.—Les moyettes à javelles ont cet avantage sur les moyettes à gerbes qu’elles peuvent être faites en tout temps et dans quelque état que se trouve le blé, sec on humide, propre ou rempli d'herbes. Voici comment il faut procéder. Pienez un piquet d’environ quatre pieds, pointu par le bas, et percé de deux trous dans le haut, l’un au-dessus de l’autre, de manière à ce que des baguettes de trois pieds de longueur que vous possédez dans ces trous puissent former un croisillon. Vous placez les javelles dans les angles de ce croisillon en les écartant du pied à mesure que vous vous éloignez du centre, de manière à former un cône d'environ 4 à & pieds de diamètre à sa base. Puis retirant vos baguettes et enlevant votre piquet, vous recouvrez le tout d’un chepeau que vous formez d’une gerbe renversée. Des moyettes de cette dernière façon peuvent se faire sans inconvénient même avec du grain mouillé. Si l’on craint des vents violents, on peut entourer le cône d’un lien de paille un peu au-dessous de l’épi,

Dans des moyettes bien faites, le grain peut se conserver des mois entiers et par tous les temps; et leur confection dans tous les cas exige guères plus de temps et de travail que l’engerbage qui se trouve alors fait,

Au nombre des accidents que peuvent causer aux grains les influences atmosphériques, doivent se ranger encore les grôles, qui quelquefois sont assez grosses pour arracher les feuilles, casser le chaume et l’ensevelir sous une couche de terre qu’elles font voler en tombant, et les gelées hâtives qui causent parfois tant de dommage aux grains peu avancés lors de leur apparition. Mais comme leur contrôle est complètement en dehors de l’action de lhemme, qu’il suffise de les énoncer ici.

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