‹ Essai sur les kystes chyleux du mésentèreChapitre 13 sur 26 · OBSERVATION VI · texte numérisé non relu

OBSERVATION VI

° (0° Conor)

M. X... âgé de Al ans, directeur d'une maison de commerce, vint me consuiler, le 2 septembre dernier, se plaignant d'une tumeur dans l'abdomen. Voici son histoire.

Antécédents. — Déjà 1l avait été pendant deux ans, et cela chaque matin, prédisposé aux vomissements. Sa bouche était mauvaise constamment, son haleine infecte, et souvent une douleur lancinante lui traversait l'abdomen. En juin dernier, après avoir accompli une promenade à cheval de dix milles, la douleur avait été si vive qu'il avait dû se coucher et garder le lit pendant trois jours.

. . . à Li an. + :

En juillet, 1l fit un voyage en mer et souffrit continuellement

EN 4 Een de cette douleur, mais le mal de mer peut bien en avoir élé cause. Durant le mois d'août, une bonne el importante affaire l’appela à Buenos-Ayres. Cette affaire fut cause qu'il se donna beaucoup de mouvement. Pendant ce temps, la douleur ne cessait pas de le faire souffrir. De plus, son envie de vomir persistait, ainsi que lhaleine fétide. Un jour, à la fin du mois d'août, en descendant de voiture, il fut en proie à la plus terrible des douleurs, et le lendemain matin, 1l ne put se lever. Il ressentait un poids au-dessous du côté droit du nombril.

Un docteur fut appelé et, le lendemain, donna une consultation. El lui dit qu'il avait une tumeur, qu'il devait s’astreindre à une rigoureuse dièle, garder le lit et ne pas prendre de purge.

Le lendemain le docteur lui dit qu'il avait un kyste hydatique et qu'il fallait intervenir chirurgicalement.

Examen du malade. — 2 septembre : Je remarquai une protubérance bien visible entre l’ombilic et le pubis. A la palpation, je trouvai une tumeur bien limitée, tendue et mobile, unie à sa périphérie et de la grosseur environ d’une moix de coco. Je remarquai d'une facon particulière que la palpation le faisait cruellement. souffrir, si bien que je cessai de rechercher la mobilité de la tumeur.

La langue était chargée, l'haleine mauvaise ; la température et l'urine étaient normales, les autres organes sains. IH n'avait rien eu auparavant, si ce n’est sa constipation habituelle et des attaques accidentelles d'asthme. Les antécédents de sa famille étaient excellents.

Je lui dis qu'il avait, à n’en pas douter, une tumeur, mais que je ne pouvais en connaître la nature, et qu’enfin j'étais à peu près sûr qu'elle contenait Gu liquide. Je fui conseillai d'entrer à l'hôpital afin qu'il pût être mieux examiné. I] y entra le 7 septembre.

Le matin suivant, on lui vidaæ la vessie et on lui administra

SRE le chlorolorme, el lorsqu'il eut quitté ses vêtements, nous trouvàèmes une tumeur mobile en tous les sens. Avec l’aide de mon collègue, le docteur Shadboldt, je fis une incision de 3 pouces sur la ligne médiane, au niveau de la tumeur, el je mis à nu la cavité abdominale. Je remarquai immédiatement que la paroi du kyste différait de celle d'un kyste hydatique, laquelle est d'aspect gris sale et sur laquelle s’étalent de très nombreuses ramifications de grosses veines, comme dans le sarcome. La tumeur fut tirée de la cavité péritonéale jointe au mésentère dans lequel elle s'élait formée. Avec ce dernier, je Uirai encore 4 pouces d'inteslin grèle. Nous l'examinâmes attentivement pour savoir si nous pouvions l'extirper, mais comme elle élait très adhérente aux deux feuillets du mésentère et qu'il fallait lier de nombreux vaisseaux, nous décidàämes de la vider.

Nous introduisons dans le Kyste un trocart de taille moyenne et une demi-pinte d’un liquide laiteux fut retirée. L'ouverture faite avec le trocart fut élargie et la moitié antérieure de la circonférence coupée avec les ciseaux. De nombreuses grosses veines ayant élé liées, la masse tout entière fut replacée dans l'abdomen et les bords du kyste furent suturés à la plaïe de la paroi avec un long fil de soie. Le reste de la plaie fut suturée avec des fils de soie. et la cavité du

kyste bourrée de gaze iodoformée.

Après l'opération, il vomit pendant 48 heures, et cela cons- {amment ; mais les vomissements cessèrent le troisième jour. La plus haute température après l'opération fut de 39°5.

Les sutures furent défaites le cinquième Jour, et le quatorzième jour la cavité fut de niveau avec la plaie de la paroï.

La douleur, l'envie de vomir et l’haleine mauvaise dispa-

rurent complètement ; deux semaines après, il en fut délivré.

I dit qu'il ne s'était jamais trouvé si bien depuis deux ou

{rois ans.

Le docteur Welchli eut l'amabilité d'examiner le liquide au microscope et il trouva que ce n’était que du.chyle ordinaire.

En me rapportant au traité de M. Trèves, j'ai trouvé que seulement dix-neuf cas de kystes du mésentère ont été cités, dont 11 furent guéris après opération. Les autres interven- Hions furent malheureuses. La situation et la mobilité de la tumeur ont élé bien remarquées par ce médecin, mais 1l dit qu’elles sont indolores. Dans le cas présent, la douleur fut un des symptômes les plus pénibles.

PI CEE

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