‹ Essai sur les kystes chyleux du mésentèreChapitre 21 sur 26 · CHAPITRE VHI DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

CHAPITRE VHI DIAGNOSTIC

Celle laparotomie exploratrice est le moyen de diagnostic auquel on a recouru dans les cas difficiles, et ils sont les plus fréquents. Mais il ne faudrait pas croire que le diagnostic de kyste du mésentère est aujourd'hui impossible. Nous pouvons citer l'exemple de Tillaux et de Carson, qui ont posé ce diagnostic exact.

Diagnostic posiif. — De la lecture des observations, ll résulte qu'on peut croire à un kyste du mésentère :-1° lors qu'on se {rouve en présence d’une tumeur à marche insidieuse dont le début s’est fait par des troubles dyspepriques, et des douleurs plus ou moins violentes, pouvant simuler même les phénomènes aigus ou chroniques de l’occlusion intestinale, ces douleurs ayant leur maximum au niveau de l’ombilic, el procédant par saccades, avec paroxysmes au moment de l’augmentation de volume de la tumeur ; 2° lorsque, à la période confirmée, on se trouve en présence d’une tumeur d’abord latérale, puis fixée sur Ja ligne médiane dans la région ombilicale et que cette tumeur est sphérique ou ovoide, fluctuante ou rénitenlte.

Le doute n'est plus permis quand on se trouve en présence des trois signes de Tillaux : a) mobilité surtout latérale, mais pouvant être verticale : b) sonorité entre la paroi abdominale

ns et la tumeur, à une percussion légère ; matité à une percussion forte ; c) sonorité à la percussion au-dessus du pubis.

Diagnostic différentiel. — Il est rare de se trouver, dans un cas de kyste du mésentère, en présence de ces trois signes, el 1l est nécessaire ‘d'établir les signes différentiels. Les signes des coliques hépatique, néphrétique, appendiculaire, sont trop caractéristiques pour insister ; on ne confondra pas ces aflec- {ions avec une crise douloureuse du début. La confusion a été faite plus souvent avec les phénomènes aigus de l'occlusion intestinale : possible à éviter si elle est due à un bol fécal, elle ne le sera pas toujours si, due à une invagination, à un volvulus, on ne trouve pas de tumeur fluctuante. Les douleurs à début brusque pourront faire penser à des crises d'hystérie ou de tabès. Les troubles dyspeptiques ne seront pas confon dus avec une maladie de l'estomac.

A la période confirmée : nous avons déjà fait dans notre observation le diagnostic différentiel des kystes à situation pelvienne avec quelques autres tumeurs du bassin. Quand ils siègent plus haut, on pourra les confondre avec : 1° les kystes du pancréas, surtout lorsque, partant de la tête, ils sont inclus secondairement dans le mésentère ; il n'y a pas de signe distincüf bien net ; 2° avec une hydronéphrose ; c'est une tumeur peu mobile. Elle est latérale et précédée par des accidents de lithiase. Les débâcles urinaires amènent la diminution de fa

tumeur.

Rein mobile. — Les vomissements, la douleur abdominale, la constatation d’une tumeur mobile peuvent en imposer pour un kyste du mésentère. Mais le rein fuit plus facilement, en donnant lieu à une sensation de décrochement ; 1l est réduclible dans la fosse lombaire. Il se déplace spontanément et avec les mouvements respiratoires.

Les tumeurs de la rate naissent plus haut et siègent à gauche

Phrpiee

de la ligne médiane : par le palper, on peut sentir leur incisure caractéristique. Elles sont mates et profondes. That

Les kysles du foie suivent plus nettement le diaphragme que ceux du mésentère.

Les kystes chyleux ne se distingueront guère des autres kystes du mésentère : on pourra les confondre avec des lipomes qui donnent une pseudo-fluctuation.

Les lumeurs malignes S'en distingueront par un développe-

ment rapide, de l'ascite, des signes de cachexie précoce.

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