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1625, Matheus Martini, de Halle, montre dans son livre toute l'importance qu'il attache à l’oblitération des vaisseaux lactés. À cette période se rattachent les œuvres de Baillou (1672), Sydenham (1723), Haller (1740), mentionnant des kystes probablement chyleux du mésentère ; nous ne les compterons pas au nombre des cas authentiques, parce que les bases anatomopathologiques sur lesquelles reposent ces observations sont peu sérieuses.
Voici ce que dit Haller : « Sur les cadavres des sujets atteints de lésions mésentériques, on trouve ordinairement un squirrhe des glandes mésentériques, qui, par laccumu- . lation de la Iymphe, en retarde le cours, de telle sorte que les canaux se brisent sous sa pression incessante, d’où la pire espèce d’ascite. » Augagneur appelle cette première période, la période médicale, elle se termine avec Valleix, qui écrivait en 1860 dans le Guide du médecin praticien (t. IV, p. 509) : « Le mésentère ne présente des maladies indépendantes de tout autre état morbide, et en d’autres termes, d’affections idiopathiques, que dans des cas tout à fait exceptionnels. »
La deuxième période est une période de tâtonnements. A elle se rattachent un certain nombre de faits cliniques indubitables de kystes du mésentère, et parmi eux les cas de Rokitansky (1842), et de Ducasset (1848), concernant des kystes chyleux du mésentère : à cette époque, la chirurgie encore hésitante n'ose s'attaquer aux tumeurs de l'abdomen.
La troisième période, ou chirurgicale, commence avec la pratique de l’antisepsie : « Les progrès de la chirurgie opératoire vont amener pour les maladies du mésentère, des améliorations que deux siècles d’hypothèses pathogéniques et d’autopsies insuffisantes avaient été incapables de réaliser. Depuis 1860, que l’ovariotomie a pris sa place dans la classe des opérations définitivement acceptées par tous les chirursiens, de nombreuses erreurs de diagnostic ont attiré l’atten-
lion sur les sÿmplômes propres aux maladies des autres organes intra-abdominaux. Le mésentère a été le dernier à ailrer l'attention, la rareté relative de ces lésions en est probablement la cause. Mais les observations publiées depuis quinze ans, ont un cachet de précision qui tranche singuhièrement avec le vague de celles qui les avaient nrécédées ; d'assez nombreuses monographies font espérer que les signes diagnostiques et les indications thérapeutiques des lumeurs du mésentère seront aussi précis que ceux des affections ova- -riques. »
C'est dans sa thèse d’agrégation (1886), qu'Augagneur écrivail ces lignes. Depuis cette époque, malheureusement, les signes diagnostiques n'ont guère augmenté de précision, mais de nombreuses observations sont venues enrichir l'histoire pathologique du mésentère. Dès 1880, Péan avait fait observer la fréquence relative des kystes du mésentère « S'ils sont réputés très rares, dit-il, c’est qu'on les a méconnus; faute de dissection, ils ont pu être confondus avec d’autres tumeurs des organes voisins » ; et dans son Trailé des lumeurs abdominales, il indique le mode de traitement qui leur convient. Tillaux, en 1881, établissait les symptômes des kystes du mésertère, et sa description devenait classique. En
1884, Collet, un de ses élèves, en faisait une étude des plus complètes. Nous arrivons à Augagneur, qui en 1886, a fait l'ouvrage le plus complet sur la question. Depuis lors les travaux se sont mulliphés, ef dans nos recherches nous avons pu nous convaincre de l'importance qu'à prise en ces dernières années l'étude de ces kystes, si l’on en juge d’après le nombre des observations publiées. Ceci revient à dire que depuis que leurs symptômes sont mieux connus, ou plutôt depuis que l'attention a été éveillée sur eux, la fréquence de ces kystes augmente ; ainsi l'opinion de Péan semble indiscutable.
Aussi, voyons-nous apparaître dans le grand Traité de chi
A Rec
rurgie de Duplay et Reclus quelques pages substantielles
dues à Quénu, alors que jusqu'ici, le mésentère semblait ne point exister au point de vue pathologique dans les traités classiques. Il semble donc que les tumeurs du mésentère vont sorlir de l'oubli, et devenir classiques, au même titre que celles des autres organes intra-abdominaux.
Tandis qu'Augagneur englobait dans son travail toutes les tumeurs de la séreuse, MM. Delmez et Arékion, après Collel il est vrai, ont senti la nécessité d’une monographie spéciale pour les kystes, en raison de l'importance et du nombre des observations qui leur sont consacrées ; M. Deffains s'occupe même de la question au point de vue exclusif de la clinique el de la thérapeutique, et M. Klefstadtt-Sillonville croit, dès 1892, le moment venu de faire une étude spéciale des kystes chyleux du mésentère. Son travail est basé sur 18 observalions de productions kystiques chyleuses, avec intervention chirurgicale, et 10 observations de cas trouvés à l'aulopsie. C'est ce travail que nous essayerons de compléter, et nous rapporterons quelques cas observés depuis l’époque de sa thèse.