CHAPITRE II ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE DU MESENTERE
Le mésentère est une dépendance du péritoine qui rattache l'intesin grèle à la paroi abdominale postérieure. C’est un double feuillet triangulaire à sommet tronqué ( bord rachidien), à base luyautée mobile (bord intestinal) ; il offre un bord supérieur et un bord inférieur ; deux faces, l’une droite et supérieure, l’autre gauche et inférieure. |
Bord rachidien. — Il est oblique et va du bord gauche de la deuxième lombaire à l'articulation sacro-iliaque droite. À ce niveau, ses deux feuillets sont séparés l’un de l’autre par du üssu cellulaire abondant, au milieu duquel sont les Insertions du psoas, les piliers du diaphragme, la veine cave inférieure (ædème des membres inférieurs dans certains kystes volumineux), les origines de la grande veine azygos, l'aorte, le plexus solaire à sa sortie des ganglions semi-lunaires (shock, diarrhée incoercible après extirpalion des kystes), les ganglions lymphatiques sus-aortiques et les cinq groupes des vaisseaux lvmphatiques (dont l'un antérieur provient surtout des chylifères), qui vont former la citerne de Pecquetau devant
de la deuxième ou troisième lombaire.
Base ou bord libre. — Enserre l'intestin grêle moins le duodénum, et lui adhère intimement ; il maintient huit mètres
d'intéstin.
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Bord supérieur. — Se continue à angle droit avec la lame inférieure du mésocolon transverse. C'est par là que pénètrent les vaisseaux mésentériques après avoir croisé la face postérieure du duodénum. Ce bord supérieur mesure quelques centimètres.
Bord injérieur. — Egalement court, se replie à droite sur le cæcum el l'appendice qu'il maintient dans la fosse ilaque droite ; à gauche, il va former le feuillet droit du mésecolon iaque.
Enire les deux lames périlonéales existe un üissu cellulaire lâche, abondant, surtout vers le rachis. I se continue en haut avec celui qui avoisine le pancréas (kyste partant de cet organe el envahissant le mésentère), en bas avec celui du petit bassin (kystes du parovaire devenant mésentériques). Dans ce tissu cellulaire nous trouvons des artères, branches de Îa mésentérique supérieure destinées à nourrir l'intestin (sphacèle de l'intestin par compression ou section de ces vaisseaux) ; des veines tributaires du système porte (coïncidence des kystes hydatiques du mésentère et du foie) : des vaisseaux et des ganglions Iymphatiques d’où naissent les kystes chyleux : des nerfs branches du plexus solaire, destinés à lintes-
{in (paralysie intestinale par compression).
tôle du mésentère. — C'est d’abord un ligament maintenant l'intestin par ses fibres élastiques et aussi par les fibres musculaires constantes décrites par Rougel, qui, venues du pilier droit du diaphragme se perdent en s'irradiant dans le mésentère. Lorsque cette tonicité est détruite, la masse intestinale tombe en avant (entéroptose). Certaines tumeurs arrivent au même résultat et peuvent ainsi d'abdominales, devenir pelviennes.
Mais le mésentère est un ligament mobile, permettant à l'intestin de se mouvoir sur lui-même, de changer ses rapports
eyes
el d'écarler les deux feuillets séreux lorsqu'il est plein. I soutient les artères, les veines, les nerfs, et les chyliières destinés à verser dans l'économie le produit de la digestion intestinale, d'où les troubles de dénutrilion rapides, consécufs aux tumeurs du mésentère, l’intoxication possible par les pansements iodoformés après intervention sur ces tumeurs. En lerminant, résumons les conclusions des expériences faites par Gérard-Marchand, citées dans la thèse de Collet, dans le but de rechercher la limite de distension des feuillets du mésentère : décollement facile au niveau de l'entrée de la mésentérique supérieure, devenant'au contraire limité, parüel dans les points avoisinant la portion en manchelle du mésentère. La tumeur a toujours une forme allongée.
Nous lercns remarquer qu'étant donnée la constitution anatomique du mésentère, quantité de productions pathologiques pourront s'y trouver ; mais le mésentère est, comme on l'a ‘dit, une véritable éponge lymphatique, et n'hésitant pas à considérer comme exacte l'opinion des anciens auteurs, nous considérerons l'appareil chylifère comme jouant le rôle essentiel au point de vue pathologique, comme au point de vue physiologique.
Augagneur, dont le travail est pourtant remarquable, ne mentionne pas les kystes chyleux du mésentère ; on peut faire le même reproche à Collet. Cependant, ces deux auteurs parlent l'un de lymphangiomes, l’autre de kystes ganglionnailres, qui ne sont en réalité que des modalités du kyste chyleux. Cette fréquence des kystes chyleux parmi les autres kystes du mésentère, est aujourd'hui indiscutable ; Hahn la prévoyait déjà dans son article du Berl. Klin. Wosch., en