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CHAPITRE PREMIER

Historique

Les kystes de la conjonctive sont des affections assez fréquentes qui se présentent à nous sous des formes à peu près semblables, quant à leur aspect, mais qui, tant au point de vue étiologique qu'au point de vue histologique, sont de nature très différentes, et à ce sujet les auteurs ne sont pas tous d'accord.

En effet, en parcourant tous les articles parus jusqu'à ce jour nous avons pu remarquer que les auteurs, en désaccord, m’avaient pas pu jusqu'à présent établir une classification unique de ces kystes et chacun, suivant ses observations, arrivait à des conclusions différentes qui lui permettaient une classification personnelle.

De Wecker (1), en effet, dans ses mémoires se base sur le siège et sur l'allure des kystes et les divisent en trois

catégories :

(Les numéros suivant les noms d'auteurs renvoient à l’Index Biblio-

graphique.)

1° Une variété siégeant sur la conjonctive bulbaire ;

2° Une variété probablement congénitale siégeant sur le bord de la cornée ;

3° Une variété formant une masse transparente ét dépendant de la dilatation des lymphatiques.

Panas (2), dans son traité sur les yeux, simplifie la classification et ne fait aucune distinction entre les kystes sous-conjonctivaux ; pour lui il n’existerait que deux sortes de kystes :

1° Les kystes à cysticerques ;

2° Les kystes séreux simples ; et encore comme nous pourrons le voir, plus tard dans ses travaux, va-t-il douter des kystes séreux simples, en disant :

« Il se peut que la petite vésicule d’un cysticerque » échappe ou passe inaperçue lors de l’ouverture, ou bien » encore qu'elle disparaisse par suppuration du kyste » comme dans le cas de Mackensie signalé par Wharton » Jones, »

Plus récemment, en se basant sur les travaux publiés par de nombreux auteurs et sur leurs observations personnelles, les auteurs sont à peu près tous d'accord pour décrire quatre sortes de kystes conjonctivaux, mais conservent tous leur originalité par quelques différences de détail.

Lagrange (3) divise les kystes en quatre catégories ;

1° Les kystes par inclusion ;

2° Les kystes glandulaires ;

3° Les kystes lymphatiques ; 4° Les kystes à entozoaires.

Morax (4) distingue :

1° Les kystes lymphatiques ;

2° Les kystes épithéliaux glandulaires ;

3° Les kystes épithéliaux par inclusion ;

4° Les kystes parasitaires.

Schæœmisch (5) :

1° Les kystes Iymphatiques ;

2° Les kystes épithéliaux glandulaires ;

3° Les kystes par inclusion ;

4° Les kystes à entozoaires ;

5° Les faux kystes par issue d'humeur aqueuse et de vitré.

Ces faux kystes de Schœmisch doivent naturellement être éliminés, n'ayant rien de commun avec une affection de la conjonctive.

Tous ces auteurs, d'accord sur les kystes à entozoaires et Iymphatiques, ne le sont plus quand il s’agit des kystes par inclusion et des kystes glandulaires, et, dans leur classification aucun ne fait mention de ces kystes spontanés, paraît-il, qui sans traumatismes, ni lésions oculaires précédentes, siégeant en un point quelconque de la conjonctive, apparaissent chez des individus en pleine santé à des âges différents de la vie. ë

Les quelques auteurs qui en rapportent des cas les étudient et les rattachent tantôt aux kystes glaïidulaires, tan-

Vs ET

tôt aux kystes lymphatiques, quelques-uns même aux kystes par inclusion.

On voit donc par là qu'il est difficile de se faire une opinion sur ces kystes.

Récemment, pourtant, il a été signalé de ces kystes de la conjonctive qui permettent de se faire une opinion nouvelle de la question.

C'est ainsi que Villard (5), en 1909, rapporte dans les annales d'oculistique un cas de kyste qui, d’après lui, serait dû à une inclusion congénitale, mais il ne propose pas de classification. |

En avril 1922, Duverger et Redslob (7) en ayant observé deux cas, en fournissent un rapport très détaillé, et propose une 5° catégorie de kystes et ils donnent comme

classification :

1° Kystes par inclusion ; 2° Kystes à entozoaires ; 3° Kystes glandulaires ; 4° Kystes épithéliaux ;

5° Kystes lymphatiques.

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