‹ Essai sur les limites de l'action de l'étatChapitre 16 sur 105 · XXII COMPOSITION DE L’ESSAI · texte numérisé non relu

XXII COMPOSITION DE L’ESSAI

Dalberg le vit, lui parla de sa lettre, imprimée dans la Beoue de Berlin , et l’engagea à continuer ces essais.

Humboldt en parle dans une lettre à Forstcr, la der-

nière que l’on possède : « A ce propos, dit-il, Dalberg » a su que je m’occupais de travaux de ce genre. Peu » de jours après mon arrivée ici, il me pria de mettre » par écrit mes idées sur les limites de l’action de l'Etat. » Je sentis bien que le sujet était trop important pour » être traité aussi vite qu’il l’eût désiré. 11 ne voulut » point que je laissasse l’idée devenir vieille. Je pré- » parai donc quelque chose et me mis à l’œuvre, » n’ayant encore que des matériaux dans la tête. Mon » petit ouvrage a grandi sous ma main. Il y a plusieurs » semaines qu’il est fini. C’est maintenant un assez bon » volume. » Humboldt écrit cela le 1 er juin; il a donc eu, pour parachever ce livre, à peine trois mois. Car c’est bien eelui dont il parle à Forstcr. Et il n’y a pas consacré exclusivement ce temps. Il était encore occupé de la traduction de la seconde Olympique de Pindare, qu’il envoyait le 3 mai à Schiller.

Aussitôt que l’ouvrage fut terminé, on le mit sous les yeux de Dalberg, qui le lut d’abord seul, puis le relut chapitre par chapitre avec Humboldt. Celui-ci avait recherché la vérité avec indépendance et pour

SUR LES LIMITES DE L’ ACTION DK L’ÉTAT. XXlll

elle-même. 11 salait encore proposé un but fort pratique : faire voir à Dalberg, au futur régent de l’archevêché de Mayence, combien est funeste la manie de gouverner. Il u’y réussit que bien mal, ainsi qu’on le voit dans la même lettre à Forster. Humboldt lui écrit que Dalberg n’a pas voulu reconnaître la justesse de ses vues, et qu’il étend bien plus que lui la sphère des pouvoirs et de Faction de l’État.

On peut voir combien Humboldt et Dalberg restèrent en désaccord, dans un travail de quarante-cinq pages, petit in-8®, d’une exécution typographique splendide, publié sous ce titre : Des vraies limites de l'action de V Etat dans ses rapports avec ses membres (1). Cette brochure, qui parut sous l’anonyme en 1793, à la librairie Sommer de Leipzig, n’a pas d’autre auteur que Dalberg lui-même. Ce travail, dit le docteur Cauer, reproduit exactement la marche de Humboldt. Il le suit pour ainsi dire pas à pas. Toutefois ce n’est pas un livre, ee ne sont que des observations séparées, écrites dans l’ordre où la lecture du manuscrit de Humboldt les a présentées à l’esprit de l’auteur. Ajoutons que Dalberg est resté bien loin de cette précision et de cette logique

(1) Von den wahren Grenzen der Wirksamkeil des Staals in lieziehung auf seine Mitglieder. Leipzig, 1793.

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