‹ Essai sur les limites de l'action de l'étatChapitre 11 sur 77 · EN ANGLETERRE. — H. UIU. LXV · texte numérisé non relu

EN ANGLETERRE. — H. UIU. LXV

ginal : On liberty. Les lecteurs français le connaissent, grftce à un écrivain qui n'est pas seulement un traduo leur élégant et fidèle, et dont nous aurons à parler bîentAt, M. Dupont-White. La traduction de M. Mill est précédée d'une préface où il déploie vis-b-vis de son auteur une Indépendance égale à l'indépendance de M. Cauer vis-à-vis de Huraboldt. Chacun sait que M. Dupont-White n'est pas individualiste; la liberté - qu'il estime, et avec grande raison, oiais qu'il a tort d'estimer seule, est la liberté politique. Quoi qu'il en ^oit, il est certain que le livre de Humboldl a trèsdirectement inspiré M. Mill. Je n'en veux pour preuve que l'épigraphe de son livre, si énergiquement repoussée par M, Dupont-White, et que l'auteur a puisée dans l'Essai de l'écrivain allemanil : <i Le grand principe, le principe dominant auquel aboutissent tous les arguments exposés dans ces pages , est l'importance essentielle et absolue du développement humain dam sa plus riche dirersité. n Partout, en effet, nous trouvons le même respect pour la dignité de l'homme, pour la liberté, pour les droits de l'individu. Mais cette liberté, ces droits, que Humboldt défend contre les empiétements du pouvoir constitué ou de l'État, M. Mill les défend contre la société, contre l'opinion publique, contre ce

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qu'on appelle le monde. C'est là le cAté par lequel le livre anglais se diatiogue du livre allemand. Dansl'uD et dans l'autre, au reste, même hauteur de talent, avec une puissance de généralisation théorique et de déduction logique plus remarquable dans celui-ci ; un sens pratique plus délié, un style plus attrayant et plus limpide dans celui-lJk. Si l'Angleterre est plus que la France et plus que l'Allemagne en possession de la liberté individuelle, il n'en faut pas conclure qu'un livre comme celui de M. MiU n'est pas un service signalé rendu chez nos voisins à la cause de la démocratie libérale. L'Angleterre a eu son Owen; aujourd'hui elle a ses radicaux dont la tendance ressemble fort à celle de nos socialistes. Je la trouve constatée et combattue dans un article récent du journal le Standard, n'du 16 janvierl867, en réponseàun article ' du Spectaior (1) : «Organisation I c'est l'étemel refrain

(1) « Organisalion » is tbe cuckoo cry of soclaliEm, and the world haï been totd toc often bj ardent spirils thaï they hâve a plan For making everjhody happy and rich, ta be astounded at any new ane. But unfortunalely a good many signs hava been given of late that the opinions expreised by the Spectatar are held by a large portion of tbe Radical party, by Ihat verj portion to which a sweeping enrranchiiement would give absolute power. Every naw and then cropi up Uie etatemenl that législation is respansible for ail the eviU ot the country, and that législation can cure them, and the speakerï of the Reform League and Irad es-unions — Ihoie, we mean, who are «incere ailvocalet of Reform — allhough thej do noi formulats

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inf iNfi|.ITEBRB. UTU

D du socialisme ; c'est soit cbant di) coitçQu. D'ardeats » esprits ont répété au monde, assez so^vept pour ne I) plus l'étonner, qu'ils avaient un plan pour rendre » chaque homme heureux et riche. Par malheur on a » pu reconnaître depuis longtemps, etàplusd'unsigne,

Iheir hopes so clearlj as Ihe Spectalor, — evidenll; |ooL upoa an eitension of the franchiie as Ihe means to Eomethinti; like the Mme ■nds. What they want is not Hberlj for the people, but graaier fiircei or coDipulaion againet Ihcm. It is » compulaory éducation », conapalsorj bjgiene, compuUory providence, compulsorï ever; (hing. Libertj csnnot be (rusted. Liherty has brought ail our ills. Mare gavenuneal is the crj, as if tbeworld has nol heen governed enougb, and goverDiusnl had always, whelher of a demacracj or a lyrann]', proisd itself incapable of makiriK peoplB prosperous, happy, inlellit«D(. AI a momenl nhen German; is fhrowine olî those felteri ui oier goremment whîch she regards as the cause of her long mînority, nheo in every ane of her States her ablest men are asking that tdï action af Ihe administration shall be more and more curtailed, Wben ail Ihe whole intelligence of France, is struggling le throw off whal it déclares to be Ihereal gag upon the developmeiit of na tioDal prospérité, our English RadicaU are clamouring Ter more go- •ernoient, and are diligentlj picking up for home use the caet oIT traimnets ofour neighbours. Government maydo something to aisiit pïople to rîse out of pouperism and ignorance, but it can no more Mtinguish them than it can stay Ihe course of the forces of nature. it may take away Ihe properly ot the rioh and diatribute it among the poor, but that will not extingoish but extend pauperism. How H. Cobden's friend and admirer, Baslial. would be siartled, it lie ciHild return to life, lo Und that in Gngland, the prîviloged land of tonunim sensé, tlie socialism he oombated lo deeply tiuctured ilie ohole programme of Englisli Libérais, and especially possessed tho raen who were wont to worship M. Cobden as a deitj. Foreign obierYers of our potitical life, already déclare themselves slarlled b; the favoar which Ihe doctrines they thougtit generaUy eiploded are oblflining in England, which, once tlie lând of self-govemment, Kcm: in a paroiyim of weaicnets to be biling inlo a belief Ihal tbe Slale can and ouf hi to do ererjlhing.

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LXVUI INFLUENCE DES IDÉES DE BnyBOLDT u que les opinions exprimées par le Spectalor sont » celles d'une fraction considérable du parti radical, B de cette fraction à laquelle i'extensioD anarchique » (hi droit de suffrage donnerait le pouvoir absolu. A n chaque moment, nous voyons sortir de terre l'affir- 11 mation que la législation est responsable de tous les B maux du pays, que la législation peut les guérir; et I) les orateurs de la ligue réformiste et commerciale, » nous parlons de ceux qui sont les défenseurs sincères Il de la réforme , sans formuler leurs espérauces ansû » clairementquele5/<ectofor, n'en regardent pas moins » l'extension des franchises comme un moyen d'arriver » au même but Ce qu'ils désirent, ce n'est pas la n liberté pour le peuple, c'est une augmentation de » moyens de contrainte à son égard. C'est il'éducation » forcée » , l'hygiène forcée, la prévoyance forcée, tout » forcé. On ne saurait se fier à la liberté. La liberté a » causé tous nos maux. Du gouvernement, plus de 1) gouvernement encore, voilà ce qu'on demande à » grands cris ; comme sî le monde n'avait pas été assez M gouverné, comme si le gouvernement, démocratie ou •a tyrannie, n'avait point partout et toujours prouvé » son impuissance à rendre le peuple prospère, heu- D reus, intelligent. Au moment où l'Allemagne se

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» débarrasse de ces entraves gouvernementales, qu'elle » regarde comme la cause de sa longue minorité ; au a moment où dans chacun des États qui la composent, i> les hommes les plus distingués demandent que l'ac- » lion de l'administration soit de plus en plus resn Ireinte; au moment où la France tourné tous les <> efforts de son intelligence à se dégager de ce qu'elle t déclare tout haut être l'obstacle réel au développement de sa prospérité nationale, nos radicaux anglais ') demandent du gouvernement, et encore du gouver- » nement. Ils mettent toute leur finesse et leur dili- » gence à ramasser pour notre propre usage les liens Il que nos voisins jettent hors de chez eux. Le gouver- Il nement peut faire quelque chose pour aider le peuple h sortir de la misère et de l'ignorance, mais il ne » peut point anéantir ces fléaux, pas plus qu'il ne peut n arrêter le jeu des forces de la nature. Il peut faire n main basse sur les biens des ricbes et les distribuer 3) aux pauvres; il n'éteindra pas, il étendra le paupé- I) risme. Si l'admirateur et l'ami de Cobden, si Bastiat » revenait à la vie, comme il s'étonnerait en voyant ■ qu'en Angleterre, dans la patrie du bon sens, le » socialisme tant combattu par lui est au fond du programme de nos libéraux, et qu'il s'est emparé de ces

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n hommes même qui honoraient M. Cobden comme » un dieu. Les étrangers, observateurs de notre vie » politique, se déclarent déjà étonnés de ia faveur q accordée en Angleterre k des doctrines qu'ils consi- B déraient comme condamnées. Il semble que le pays D du telf-govemment, dans un paroxysme de faiblesse, B en arrive à penser que l'État peut et doit tout n faire, u

Toutefois, si les radicaux anglais attirent sur eux l'étonnement des vrais amis de la liberté, ils ont une exeuse j la même qu'eurent certains socialistes français lous la Restauration et le gouvernement de juillet. Aujourd'hui encore, chez nos voisins, de même quechet nous, jusqu'en 18à8, la liberté politique, sauvegarde de l'indépendance individuelle, est un privilège, appartenant à beaucoup d'hommes, il est vrai, mais dont beaucoup d'hommes sont exclus. Les attaques des radicani contre cette inégalité politique sont justes si elles tendent àfaire de la liberté le patrimoine de tous. Ces attaques sont mauvaises, elles méritent les reproches amèrement expnmés par le publicîste anonyme que nous venons de citer, si elles tendent vraiment à remplacer l'initiative individuelle par l'action d'un pouvoir démocratique trop soigneux, c'est-à-dire étouffant. Lavériti

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