INTRODUCTION
MfiniliM) de l'objet de cette 6tucle. Il a été rarement examiné, bien qu'il Mît fort iniporlaat. — Coup d'Œ[l hiatorique sur \ei bornes que les Etats eux-mSines ont râellemciil posées à leur inHuence.
— DUTérence entre les Biais dans l'antiquité et dans les temps modernes, — Quel est le but auquel tend en général le lien so cidUEst-ee seulement la eûretè! eit-ce le bsnlieur de la nalion
— ConiroverM, — Législateurs et philosophes alTIrinent que c'ei le bonheur. — Cependant un examen plus r^ureun de cette pro position Sjt nécessaire. — Cet examen doit procâJer de l'homme conudérë comme individu, et de ses plus hautes destinées.
Quand oti compare entre eus les gouvernemenls les plus dignes d'êire observés, quand on en rapproche les opÏDions des philosophes et des poliliques les plus autorisés, on s'étonne, non sans raison peut-être, de Toir qu'un problème qui pourrait mériter toute leur Mtenlion a été si incomplètement examiné et résolu aïec si peu de précision. Ce problème, le voici : Quel doit être le but de l'oi^anisalion sociale tout entière? ciHtnni. 1
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quelles sont les limites qu'elle doit porter à son action? DéQnir les parts diiTérentes qui reviennent à la nation ou à quelques-uns de ses membres dans le gouvernement; distinguer le» diverses branches de l'administration ; proposer des moyens pour qu'une partie des membres ne violent pas à leur profit les droits de l'autre partie : voilà ce qui a exclusiveinetit occupé presque tous ceux qui ont, ou proposé des plans de réformes politiques, ou même réformé des États, y me semble cependant que dans tout IraTail nouveau d'organisation sociale, on doit avoir sans cesse devant les yeux deux objets; et si l'on oublie l'un des deux, on s'expose à coup sur à de graves inconvénients : il faut délinir d'abord les deux parties, gouvernante et gouverné*, de la nation, puis la part qui revient k chacune d'elles dans la constitution du gouvernement; il faut ensuite déterminer les objets sur lesquels l'Etat, une fois constitué, pourra ou ne pourra pas exercer son action. Ce dernier point qui touche particulièrement à la vie privée des citoyens, qui donne la mesure de leur liberté etde l'indépendance de leur action, est en réalité le vrai, le principal buta se proposer; l'autre n'est qu'un moyen nécessaire pour arriver à celui-ci (1). Toutefois, quand l'homme poursuit avec une attention plus tendue ce premier but, il manifeste son activité dans sa marche ordinaire. Tendre à un but, y parvenir en dépensant beaucoup de force physique et morale»
(1) Celte propaaition a élâ eouleniie avec éclat el éne^e par H. Beriauld (voy. PhUoiophie poUtiqua Ile i'hKioirt dt Frauti, «hap. STi),
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IMTilODttCTlOK. i
c'est ta qii'eBt le bonheur des hommes aj^atit quelque paissance et quelque vigueur. La possession, permettant à la force qui s'est exercise de se reposer, n'uglt inr Doui quB par la pulliatice de rifnagitiation. A la vérité, dam cette situation de l'homûie, ob la force est toujours tendue Teri l'actioti, où la nature <pii Ventoure l'invitti sana cesse & l'action, le repos et ta Jooissancen'exiitént qu'ft l'dtAt d'iâées, Hais potir l'homme escluiif le repOs est identique avec la oessallon de toute manifealation extérieure de son existence; et pour lliomme sans culture, un «eut objet ne permet pas à ion activité CAtérJeure de se développer sufflsntnment. Par suite, ce que l'on dit de la satiété causée par la possession, particullôrement dans la sphère des sensations délicates, ne s'applique nullement & l'homme idéal que l'imagination peut créer ; cela s'applique entièrement à l'homme sans culture, et s'applique à lui (le moins en tnoins, h mesure que la culture qu'il donne h son âme le rapproche de cet idéal. De même que, pour le conquérant, la victoire est plus douce que là terre conquise; de même que le réformateur prélire la périlleuse agitation de SB réforme à la paisible jouisMDoe des fruits qu'elle rapporte, de mCme pour lltomnie en général, le commandement a plus de charme que ta liberté, oU du moins le soin de conserver la liberté « plus de douveur que la jouissance même de la liberté. La liberté n'est, pour ainsi dire, que ia possibilité d'une activité variée à fbrce d'être illimitée; la domination, le commandement i c'est l'Ktivllé Isolée, mais réelle. Le désir de la liberté &e
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vient trop souvent que du sentiment qu'elle nous manque. Il demeure donc iaconteslable que la recherche du but et des limites de l'action de l'État a une importance grande, plus grande peut-être qu'aucune autre étude politique. On a déjà remarqué qu'elle coniititue l'objet définitif, pour ainsi dire, de toute là science politique. Mais elle est encore d'une applicatioD plus aisée et plus étendue. Les révolutions d'État proprement dites, les changemetits de constitution gouTernemenlale ne sont pas possibles sans le concours de circoDslances nombreuses et souvent fortuites; elles entrai D eut toujours diverses conséquences pernicieuses. Au contraire, tout gouvernant, qu'il soit dans un milieu démocratique, aristocratique ou mo^ narcbique, peut toujours étendre ou resserrer les bornes de son action sans troubles et sans bruit; plus il évite les innovations à grand effet, plus il atteindra avec sûreté son but. Les meilleurs travaux de l'homme sont ceux où il imiie le plus exactement le travail de la nature. Le petit germe inconnu que la terre reçoit silencieusement rapporte plus que l'éruption du volcan, nécessaire sans doute, mais toujours accompagnée de ravages. Il n'existe point de moyens de réformes qui, mieux que ceux-là, conviennent k notre temps pour qu'il puisse à juste titre se vanter de la supériorité de ses lumières. L'importante étude des limites de l'action de l'État doit en effet, comme on l'aperçoit facilement, conduire à la plus entière liberté des facultés et à la plus grande variété des situations. La possibilité d'existence d'une grande liberté exige