CI-'DUSUS I^VELOPPÉE
violentes ne puissent produire autre chose (1). Cet état antérieur et la modîflcalioD qu'il reçoit déterminent aussi par suite le mode même suivant lequel le nouveau Téfpiae doit agir sur les hommes; et la puissance de cette détermination est si grande, que ce régime prend Movent par là même une forme entièrement nouvelle. Il suit de là que tout ce qui arrive sur la terre peut être appela bon et salnlaire (2), parce que c'est la force intérieure de l'homme qui soumet à elle lotîtes choses, de quelque nature qu'elles soient. Cette force intérieure dans toutes ses manifestations, dont chacune d'elle*, eti eltet, lui donne plus d'énei^ie ou de finesse, ne peut agir que favorablement, mais ft des degrés divers. De là résulte encore que l'on pourrait peul-
(1) Exemple; la Révolulian trangaue ■ produit leule l'éfalité civile; quant & la lilerlé, si elle ne l'a pas créée entière, du moins elle a rendu impoMible le retour (Inrible de l'ancim itoolptiinie rojal ou féodal.
(2) Je n'esgajitrai pas de réfuter tel oplimiime qui ptaÏEsil tant à Jean-Jacquei et qui ISchail »l fort VoUalre. Je veux faire remarquer lenlenMiit que la prapotltiaDds&umtwIdt exagère la fameute formule de Hegel : « Ailes beslehende iat verniinflig. Tout ce qui exisU esl rationnel. * — Cette maiitne faillit faire la fortune politique de ion auteur. Quand l'illuilre profeaieur l'e^iprima, ver» 1830, à l'Université de Berlin, les fonctionnaires pruseieni furent charmés; ils resseutireiil pour Begel l'enlbouslasme d'Harpagon pour Ariatole : Tout ce qui eii*le ait lationnel, répétalent-ili ; noUe rfgime existe, denc il est rationnel. Celui qui a dit cela est un grand homme, sa place est dans nos bureaux. Aussi bien son père n élail-il pas secrétaire du gouvernement de Wurtemberg ! — On mtra en pourparlers avec Hegel, qui tout d'abord fournit sur sa formule des explications malsonnantea et finit pur la retourner ainsi contre les Excellences r «Tout ce qui existe est rationnel, loui et rotre rigime n'êtes pH rationnels, donc TOUS n'existei pas. Vous ttes des ombres, des fantOmes ; vou j n'êtes pas un gouvernement. » Inallfe de dire que Hegel n'entra pas an ntinlstire.
2f|& APPtIC&TlON ADX FAtlS DB L& THÉORIE
être présenter l'histoire universelle du genre faumain uniquement comme la série logique et naturelle des révolutions de la force humaine. Ce serait là peut-AIre non-seulement la manière d'étudier l'histoire ta plus féconde en enseignements, mais encore on apprendrait ainsi, à tous ceux qui s'efforcent d'a^r sur les hommes, dans quelles voies ils doivent essayer de mettre et de diriger la force humaine, dans lesquelles ils ne devraieol jamais vouloir la placer. Ainsi, de même que la force intérieure de l'homme, par sa dignité, mérite qu'on la respecte grandement, de même elle impose le respect par la vigueur avec laquelle elle se soumet toutes les autres choses.
Donc, qui voudra entreprendre le difficile travail de combiner savamment un nouvel état de choses avec nn aulre qui le précédait, devra ne jamais perdre de vue cette force. Celui qui fera cette tentative devra tout d'ahord attendre la pleine action du présent sur les esprits. S'il voulait trancher dans le vif, peut-être pourrait-il changer la forme extérieure des choses, mais non pas la disposition intérieure de l'homme, et celle-ci s'infiltrerait toujours dans toutes les nouveautés qu'on lui aurait imposées de force. Et qu'on ne croie pas que plus on laissera de plénitude à l'action du présent, plus l'homme aura de répugnance pour un état de choses nouveau. Précisément, dans l'histoire de l'homme, les extrêmes se relient fort étroitement les uns aux autres, et tout état extérieur, quand on le laisse agir libre' ment, travaille à sa propre ruine au heu de travailler è son affermissement. Ceci nous est démontré non-