‹ Essai Sur Les Lois Agraires Sous La République RomaineChapitre 3 sur 75 · D LEUR TL AE AUTEURS · texte numérisé non relu

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ESSAI

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Il est une richesse antérieure à l'or : c’est la terre, Les monnaies d'argent les plus anciennes que la société romaine ait connues datent de l'époque des Décemvirs (450 av. J.-C.); la fortune mobilière de Rome est moderne, relativement. Mais la lerre antique et nourricière est la richesse première, presque sacrée; c'est la seule richesse qui ait loujours inspiré, en même temps que des convoilises, un respect avoué, un amour qui ent du mystère.

Malgré son dédain de l'erreur superstilieuse

qui donne une âme aux éléments de la Nature, Lucrèce nomme la terre une déesse maternelle *; les philosophes, les poètes de l'Empire ont vanté les bienfaits de Cérès. Une vénéralion parfois arlificielle et souvent sincère pour la vie rustique s’est perpétuée dans l’histoire de Rome, même au temps de celte déchéance sans remède qui frappa soudain l’agricullure italienne et fit déserter les campagnes pour le luxe et la fièvre des villes. Cette affection singulière pour la matière d'une planète insensible, mais qui entretient la vie, explique assez les vieilles légendes qui légitimaient la mainmise de l’homme sur la terre par

l'expresse permission des Dicux :

Ante Jovem nulli subigebant arva coloni,

dit Virgile;

Ne signare quidem aut partiri limite campum

Fas erat : in medium quærebant; ipsaque tellus

Omnia liberius, nullo poscente, ferebat ?.

Ainsi le poèle, acceptant les croyances de la

foule, attribue au fils de Saturne l'établissement

de la propriété. Le même sentiment se retrouve

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