Cf. Cicéron, Ad familiares, NII
aucun parti, ne pouvait souhaiter sans aveuglement le maintien d’un régime si lamentable.
Cicéron lui-même, conservateur dans l'âme, avait plus de regrets pour le passé que de sympathie pour le présent. Isolé de tous, désapprouvant les imprudences des Chevaliers, ses clients d’autrefois, il jugeait Pompée à sa valeur vraie et avouait, en la déplorant, la supériorité de César; il savait aussi sa propre impuissance et ne se résignait pourtant ni à succomber, ni à se rallier, ni à se taire.
A distance, après l'événement, le problème de cette hideuse époque paraît simple, — et César l’homme marqué par le destin. Mais il n’est pas bien surprenant que l'approche de l’autocratie militaire ait alarmé un esprit nourri, comme celui de Cicéron, dans la tradition embellie des vieilles doctrines républicaines; et, s’il est un moment honorable entre tous dans son existence, c’est celui où, fidèle quand même à ses théories libérales, dominant le secret désir qu'il pouvait avoir
de céder, il eut la force de résister aux avances