III
Des wices de conformation du labyrinthe.
La nature peut laisser quelque chose d'impar-
fait dans la structure du labyrinthe, soit au vestibule, soit au limacon, soit aux canaux demi-circulaires ; ou avoir oublié, pour ainsi dire, le lab yrinthe en entier, comme le prouve le fait suivant :
« Unenfant de la Charité de cette ville, paraissait sourd de naissance, le bruit violent ne paraissait lui faire aucune impression; cependant il balbutiait quelques syllabes, et il était très habile à saisir l'expression des lèvres et des gestes. Cet enfant étant mort à la suite d’une fièvre adynamique, l'autopsie de l’organe présenta les dispositions suivantes :
« L'oreille externe était bien conformée, et la membrane du tympan dans l'état naturel; mais la caisse du tambour était remplie d’une matière mucilagineuse. On n'a trouvé aucune trace des osselets. La trompe d'Eustache était dans l’état naturel. Il ÿ avait absence complète de l'organe immédiat de l’ouie, c’est-àdire que le vestibule, le limacon, les canaux demi-circulaires , la fenétre ronde et l’ovale manquaient absolument (r).»
(1) Jetiens ce fait de M. Montain le jeune , docteur
en médecine et chirurgien en chef de l'hôpital de la Charité de Lyon.
Y a-t-1l quelque signe qui puisse faire connaître, ou au moins faire soupconner, ce vice de conformation? Voici, je crois, les données qui l'indiquent : outre que la personne sera complètement sourde, elle n'entendra pas le bruit du mouvement de la montre lorsqu'elle en tiendra le bouton entre ses dents incisives; elle n’entendra pas davantage les sons d'un instrument à cordes, si l'on répète l'expérience de Diemerbroeck; alors on sera sûr que l'organe immédiat de l'ouie manque ou qu'il est profondément lésé, et que la surdité est incurable.
Mais s'il n’y a qu'un amas de glaires qui obstruc la caisse du tambour, les cellules mastoïdiennes et la trompe d'Eustache (et c'est le cas de beaucoup de sourds-muets de. naissance ), le malade sera moins sourd ; d'ailleurs, en faisant les épreuves que nous venons d'indiquer, il entendra le mouvement de la montre et les sons de l’instrument à cordes.
Dans ce dernier cas, il ne s’agit, pour faire entendre la personne , que de débarrasser l'organe des matières muqueuses qui l'oppriment, et de le stimuler légèrement. On parviendra à ce double but, par le moyen des injections portées dans l'intérieur de l'oreille; ces injections sont d’abord délayantes, ensuite toniques. Ces moyens simples suffiront pour retirer l'organe de l'audition de l'état de stupeur dans lequel le défaut d'exercice l'avait maintenu.