DES MALADIES DU LABYPRINTHE
Le labyrinthe peut être affecté des mêmes raladies qui attaquent la caisse du tambour. Je me bornerai à parler, 1.° de celles de Ja membrane de la fenêtre ovale et de la fenêtre ronde; 2.° des vices de conformation dé cés mêmes fenêtres ; 3.° des vices de conformation du labyrinthe ; 4.° de l'inflammation de la membrane qui en tapisse les cavités ; 5.° de la perversion de la Jymphe de Cotuni; 6.° enfin de l'épuisement de cette lymphe. Mundini a trouvé le limaçon composé seulement d'un tour et demi (1).
$. Le
Des maladies de la membrane de la fenétre ronde et de la fenétre ovale.
« Ces membranes, dit Leschevin, peuvent « s'épaissir, se durcir et se dessécher dans la
(1) Opusc. Acad. Danor. 1701, t. VIT.
& vicillesse, comme le tympan. Outre cela, la « membrane ovalaire peut encore tomber dans « le relâchement par la destruction ou la para- « Iysie du muscle de l'étrier ; lequel , par sa cons- « truction dans l’état naturel, sert à tendre cette « membrane (1). »
Valsalva pénsait que l'ouverture de la fenêtre ovale était fermée par une membrane pareille : à celle de la fenêtre ronde. I] prétend l'avoir trouvée ossifiée dans l'oreille d’un sourd (2).
Les causes, les signes de l'épaississement , de l'endurcissement et du relächement de ces membranes, sont les mêmes dire. ceux de la membrane du tympan.
On ne peut rien tentér contre les deux premiéres affections.
Quant au relichement, on pourra mettre en usage, et avec succès, les moyens indiqués au $.II de la première section.
Les membranes dont nous parlons peuvent être corrodées.et détruites par la suppuration. M. Leschevin, dans son mémoire sur les maladies de l'oreille, en donne des exemples.
Cette lésion est incurable, et le malade perd,
sans retour, la faculté d'entendre de l'oreille qui en est affectée, parce que la lymphe de Cotuni
ét Prix de l'Acad. de chirurgie, t. IV, in-4.° 1.'e partie,
(2) Valsalva, t. 1V. p. 526.
s'écoule et laisse dans le desséchement la pulpe nerveuse qui tapisse les canaux demi-circulaires et le limacon; cette pulpe est, comme on sait, l'organe immédiat de l'ouie.
Du vice de conformation de la fenétre ronde et de la fenétre ovale.
Ces ouvertures, dont la première est fermée.
dans l’état naturel, par une membrane semblable à celle du tambour, et la seconde par la base de l'étrier, à laquelle elle est unie par une substance ligamenteuse très ténue qui ferme hermétiquement ; ces ouvertures, dis-je, par un vice de première conformation, peuvent être petites, ou manquer tout-à-fait. Nous venons d’en rapporter un exemple dans le paragraphe précédent; en voici un autre de leur extrême petitesse :
« Sur le temporal d’un enfant à terme, nous « avons trouvé, dit M. Lobstein, la fenêtre ron- « de du tympan extrêmement petite, formant « une ouverture très oblique, qui admettait à « peine un stylet mince, Si, comme l’assure « Scarpa, la grandeur de cette fenêtre diminue « avec l’âge, si elle est plus petite dans le vieil- « Jard qu'elle ne l'était dans l'enfant, celle du « fœtus dont je parle eût dù nécessairement « disparaître dans la suite. Gette observation
mérite, ce me semble, d’être rapportée. Elle nous indique une nouvelle cause de surdité, dépendante d'un vice d'organisation de l'oreille interne. J'ai observé, continue ce professeur , que le rétrécissement dont je parle était produit par l’exubérance de la matière osseuse, äu milieu de laquelle cette fenêtre estcreuséeé. Cotuni a fait une semblable remarque sur un trou qui était déjà totalement fermé. Ne seraitil pas possible qu'une pareille disposition se rencontrât à la fenêtre ovale; que le promontoire, en devenant plus saillant et en augmentant dans ses dimensions, rendit cette fenêtre plus étroite et chassât par là l’étrier de la place qu'il occupe? Je suis certain qu'en examinant avec attention l'organe de l’ouïe jusque dans ses parties les plus cachées(r), on enrichira beaucoup l'histoire des maladies de l'oreille (2). »
(1) Il serait à désirér que les médecins des institu-
tous des sourd-muets , ne laissassent échapper aucune occasion d'autopsie.
(2) Rapport sur les travaux anat. de l’école de méd.
de Strasbourg , premier trimestre de l’an x11.