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au bras gauche; je fis mettre la moutarde à la nuque; malgré l'usage de ces moyens et des lavemens, des bains de pied fortement sinapisés, les accidens s'accrurent et le malade succomba du troisième au quatrième jour de l'invasion de la maladie.
« Cet homme, fort, d'un tempérament sec et bilieux, fut enlevé si brusquement, que je voulus connaitre, l’état des parties qui avaient été le siége de la maladie.
« Je ne remarquai rien du côté du cerveau ; mais ayant examiné l'intérieur de l'oreille avec assez de soin, je trouvai la caisse presque entièrement remplie par la membrane muqueuse qui était tuméfiée et d'un rouge brunâtre. Les cavités du limacon et des canaux demi-circulaires contenaient une matière de couleur de rouille ressemblant à du pus roussätre ; d’où je conclus qu'une phlegmasie très active des différentes parties internes, avait été la cause de la mort de cet individu.
« Cinq jours après la mort du sujet dont Je viens de parler, un autre malade âgé d’environ cinquante-cinq ans , entra à l'hôpital pour une douleur d'oreille du côté droit. La fièvre et la douleur subsistaient depuis vingt-quatre heures, Guidé par l’autopsie que je venais de faire, j'employai de suite les sangsues derrière l'oreille, un vésicatoire à la nuque, et les
autres moyens dont j'ai déjà parlé; ils ne furent point suivis de succès. Les accidens persistèrent ; le quatrième jour, le délire se manifesta ; le septième, le malade poussant des cris horribles, que la douleur lui arrachait, douleur que les opiatiques donnés à très fortes doses n'avaient pu calmer, finit par succomber.
« À l'ouverture du cadavre , je trouvai la caisse du tympanremplie d'une matière visqueuse comme purulente, très épaisse; Îles canaux demi-circulaires étaient remplis d’une matière séreuse qui semblait occuper elleseule ces cavités , à l'exception des portions membraneuses quiavaient une couleur rouge.
« Ces faits me conduisirent, dans des cas analogues, à en venir dès le début à l'application d'un vésicatoire sur l'oreille; ce moyen n'a réussi Chez plusieurs malades qui se sont présentés dans la même constitution médicale de février, trimestre de l’année 1806, comme me le prouvent les notes que j'ai recueillies à cette époque. »
D'après les faits que je viens de rapporter, on
voit que la température froide et humide, la rétropulsion d’une humeur purulente et habituelle, sont des causes très actives de l'espèce d’inflammation qui m occupe.
L'otalgie intolérable, la fièvre véhémente, le
délire, sont les signes et les symptômes qui earactérisent cette redoutable maladie (x).
C'est bien ici le cas de la médecine agissante ; le moindre délai, un instant de perdu peuvent être funestes au malade.
Dès l'invasion de la maladie, on appliquera un vésicatoire sur l'oreille externe et ses environs,
(1) Nous croyons que dans les deux observations citées ci-dessus, on aurait pu retirer de bons effets des saignées générales, copieuses et plusieurs fois renouvelées, de l’emploi des cataplasmes émolliens appliqués sur les régions temporale et mastoïdienne du côté malade. L’organe de l’ouïe étant peu riche en capillaires sanguins, on doit attendre peu d'effet des saignées locales par la piqûre des sangsues; mais lorsqu'après avoir emplové ce traitement, les accidens persistent, on doit présumer que des symptômes aussi graves dépendent d'une collection purulente remplissant les cavités de l'oreille interne ,et comprimant les organes qui s’y trouvent renfermés. Dans ce cas, doit-on chercher à favoriser la sortie du pus par les injections portées dans la trompe d’'Eustache? Nous pensons que, vu la gravité des accidens, vu la difficulté que l’on doit éprouver à pratiquer cette opération sur un malade si souffrant et qui souvent est dans le délire, vu la douleur que doit occasioner la sonde sur des parties qui doivent participer à l'inflammation, on doit chercher un moyen plus prompt, plus facile et plus sûr, pratiquer sans délai une ouverture à la membrane du tympan, et faciliter ensuite l’écoulement du pus par des injections d’eau tiède poussées par l’orifice externe de l’oreiile. Tu. P.
comme le pratique, avec tant de succès, M. Viricel; la saignée du bras, du côté de l'oreille ma- Jade, réitérée selon l'intensité des accidens; les sangsues aux tempes; les pédiluves fortement sinapisés; les lavemens émoiliens; et si l'otite avait pour cause la dessication d'un ulcère, ou de tout autre émonctoire , il faudrait s'empresser de rappeler l'humeur supprimée.
Le régime sera sévère : l'eau de veau, de poulet, des bouillons légers pour toute nourriture. La tisane émulsionnée et nitrée, le petit-lait, seront les boissons ordinaires.
Je ne suis point d'avis qu'on emploie intérieurement, ni même à l'extérieur, aucune espèce d'hypnotique: l'expérience aprouvétrop souvent que ces médicamens étaient, dans les inflammations exquises, plus funestes qu'utiles.
Je ne vois aucun inconvénient, dans le cas dont il s’agit, de porter dans la caisse du tambour et les cellules mastoïdiennes, par la trompe d'Eustache, du lait tiède coupé avec la décoction de fleurs de mauve ou de guimauve. Css liquides, injectés avec un extrême ménagement, seraient un bain intérieur quine pourrait avoir qu un heureux résultat.
On terminera letraitement par un ou plusieurs purgatifs, selon l'exigence des cas, pour bâter la résolution de l’engorgement des membranes qui ont été enflammées.
Si l'otite se termine par suppuration, l'audition est perdue sans retour. Mais, du moins par les injections dans l’oreille interne, on peut déterger l’ulcération, tarir la suppuration, et délivrer la personne d’une maladie dégoütante et même dangereuse.
Si l'inflammation est terminée par la gangrène, la mort suit de près. Nous en avons donné deux exemples.