‹ Essai sur les maladies de l'oreille interneChapitre 24 sur 35 · EC Ÿ · texte numérisé non relu

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De la hr erNen de la lymphe de Cotunt.

Cette liqueur est susceptible de se dénaturer. M. Cline, médecin anglais, en disséquant le cadavre d'un jeune RER sourd-muet, a trouvé le vestibule, le limacon et les canaux demi-circulaires remplis d'une substance qui avait la consistance du fromage (ce sont ses termes), au lieu du liquide qu'ils contiennent ordinairement.

Quelle peut être la cause d'une pareille perversion dans cette liqueur? L'expérience et l'observation sont encore muettessur ce point. Cherchons au moins à discerner le cas où la surdité tient à la seule obstruction du labyrinthe, formée par la dépravation de la lymphe de Cotuni.

S1 les injections, portées dans la trompe d'Eustache, passent facilement dans la caisse du tambour, et de là dans les cellules mastoïdes, ce qui

sera annoncé par l'impulsion que la liqueur injectée imprimera à la membrane du tympan, et à une espèce de chatouillement léger que le malade éprouvera dans la région mastoïdienne.

Si, en répétant les expériences de la montre et de l'instrument à cordes , la personne entend le bruit de l'une et de l’autre, on sera à peu près sûr que l'obstacle à l'audition est dans le labyrinthe.

Je pense que cette cause de surdité ne peut ètre attaquée par aucun moyen connu jusqu à ce jour.

LE De l'épuisement de la lymphe de Cotuni.

« De l'épuisement de la Ilymphe de Cotuni, « dit M. Richerand, suit la dessication du laby- « rinthe, qui entraine la surdité par le raccornis- « sement du nerf acoustique. C'est une des cau- « ses fréquentes de la surdité sénile (1). »

Sans doute M. le professeur Richerand a recueilli des faits qui viennent à l'appui de sa dermère assertion ; il serait à désirer qu'il en eût rapporté quelques-uns.

Une autre cause, plus fréquente que la vieillesse, donne lieu à l'épuisement, ou plutôt à l’évacuation de la lymphe de Cotuni; ce sont les

(r) Nouv, Élém. de Physiol., t, 11, sens de l’ouie,

longues suppurations de la caisse du tambour, qui finissent par corroder la membrane de la fenêtre ronde, détacher les osselets et, par là, provoquer l'ouverture de la fenêtre ovale fermée par la base de l’étrier.

Une de ces barrières étant rompue, la lymphe s'épanche dans la caisse dutambour et s’écoulepar la trompe d'Eustache; le labyrinthe reste vide; le nerf acoustique n'est plus ébranlé par les ondulations de la liqueur qui était contenue dans ce même labyrinthe, et la perception des sons est abolie. La personne entendra, il est vrai, le bruit du tonnerre, de l'artillerie, le son des cloches, même celui du tambour; mais les sons de la voix les mieux articulés, ceux qu'on tire des instrumens Îles mieux accordés, ne sont pour elle que de vains bruits. Le fait suivant vient à l'appui de cette assertion :

Un jeune homme , sourd-muet de naissance , âgé de seize ans, entend le bruit du canon, celui du tonnerre; il entend aussi le mouvement d’une montre, soit qu'il l’applique contre l'oreille, soit qu'il en tienne le bouton entre les dents incisives. Sion lui parle au travers d’un cornet acoustique, il entend le bruit, mais non les sons articulés. Il répète le bruit quil entend, mais il n'articule wucune syllabe.

Si l'on frappe derrière lui, sur une table, il

ompte les coups, avec ses doigts et il s'arrête des qu'on cesse de frapper.

L'injection portée dans la trompe d'Eustache pénètre non seulement dans la caisse du tambour et les cellules mastoïdiennes, mais encore dans le labyrinthe; ce sourd-muet le donnait à entendre par le mouvement de tourbillon qu'il faisait avec la main, autour de l'oreille. Je regarde cette dernière circonstance comme un signe caractéristique de la destruction de la membrane de la fenôtre ronde, ou de la désunion de la base de l’étrier d'avec le pourtour de la fenêtre ovale.

D'après ce que je viens de rapporter. il est évident, je crois, que les nerfs auditifs sont sains, chez ce jeune homme ; que la caisse du tambour, les cellules mastoïdiennes sont libres ; il y a communication de la caisse du tambour dans le labyrinthe, par le défaut de membrane dans la fenétre ronde, ou par le décollement de la base de l'étrier avec la fenêtre ovale.

L'art n'a aucun moyen à opposer au vice de conformation dont nous venons de parler.

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Section sirtène.

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