PËRICAKDITE CHEZ LE FOETUS ET LE NOUVEAU-NÉ
Billard est le premier qui ait insisté sur la péricardite dans les premiers temps de la naissance. On lui a même reproché d'avoir dit, qu'à cet âge, la péricardite était peut-être plus fréquente qu'à toute autre époque de la vie. Quoi qu'il en soit, il faut bien admettre que l'existence de cette maladie précède parfois la naissance ; en effet, des adhérences assez solides entre les- feuillets du péricarde, trouvées chez un enfant de deux jours, portent à croire qu'elles étaient le produit ancien d'une péricardite développée pendant l'évolution fœtale.
Nous pouvons joindre à ce fait le témoignage de M. le professeur Tardieu, qui nous a dit avoir* rencontré souvent des traces de péricardites, plus ou moins, récentes, sur les fœtus et les nouveau-nés qu'il avait eu à examiner dans ses expertises médico-légales.
Les causes de cette maladie sont difficiles à expliquer, dit Billard, surtout si l'on cherche à les rapprocher de celles qui sembleraient, chez l'adulte, propres à déterminer cette inflammation.
Les auteurs allemands prétendent que les maladies puerpérales des mères prédisposent les enfants à la péricardite. La vaccination, pratiquée trop tôt après la naissance, est aussi regardée, par quelques médecins, comme pouvant amener des péricardites.
Weber (1), dans son Ânatomie pathologique des nouveau-nés, insiste sur la péricardite pyhémique qui survient à la suite de l'inflammation du cordon.
Chez les enfants, dit-il, qui meurent peu de jours avant ou après la naissance, la forme chronique de la péricardite est plus fréquente quelaforme aiguësimple. Constamment, ajoute-t-il plus loin, il y a pleurésie concomitante.
Kerkensteiner déclare que, pour les nouveau-nés, il faut distinguer deux formes de péricardite : la première, circonscrite, dont l'existence est prouvée par les plaques laiteuses; la seconde, générale ou diffuse.
Le péricarde contient -de 8 à 20 grammes d'un liquide épais, séreux; cet exsudât, quelquefois plus considérable, est en partie liquide et en partie solide. Il subit presque toujours la transformation purulente (Gerhardl). Il n'est pas jusqu'à la péricardite hémorrhagique qui ne se retrouve chez le nouveau-né, d'après Billard.
Le péricarde et la surface externe du cœur offrent assez souvent des pétéchies d'un rouge violet, un épanchement séro-sanguinolent, ou même du sang pur accompagne ordinairement cette éruption pétéchiale.
Dans d'autres cas, le liquide a été trouve coloré en jaune; cette coloration est due sans aucun doute aux matières de la bile ^ la quantité de ce liquide peut être assez considérable pour faire même penser à une hydropisie essentielle du péricarde. Si cet épanchement est constitué par un liquide sé° reux, non fibrineux, ordinairement jaunâtre, il date toujours de la vie intra-utérine, et reconnaît pour cause une maladie de la mère (Weber) . Le bruit de frottement, les conditions
(1) Weber, Beitrâge zur path. Anat. der Neugeboren und Sang linge. Kiel,
de l'épanchement étant données, ne peut être entendu que chez les enfants plus âgés, et jamais chez des nouveau-nés. Le peu d'étendue des surfaces de contact, l'accélération des battements du cœur, en sont évidemment la cause.
Dans quelques cas, les battements sont en quelque sorte tremblants et tellement accélérés qu'ils ne peuvent pas être comptés. La respiration est gênée, anxieuse, la face grippée. Bednar a cité, parmi les symptômes spéciaux, la tension avec voussure intermittente de la fontanelle. La marche de la péricardite est très-rapide en général au premier âge de la vie; la plus courte durée a été vingt-quatre heures et la plus longue onze jours, pour un enfant de trois semaines (Bednar).
Il est d'ailleurs presque impossible de diagnostiquer cette maladie ; cependant nous pouvons faire une remarque, dit Billard, c'est qu'un état général d'anxiété, de malaise et de souffrance chez un nouveau-né, est presque toujours l'effet d'un ramollissement de l'estomac, d'une pleurésie aiguë ou d'une péricardile.