‹ Essai sur les maladies du cœur depuis Érasistrate jusqu'à SénacChapitre 4 sur 22 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Etat rudimentaire des connaissances des anciens sur les maladies du

cœur. — Evolution de ces maladies péndant là période græco-romaine, arabe; pendant le moyen âge, la renaissance et le xvr* siècle. — Causes de l'infériorité des anciens.

L'histoire des affections cardiaques est une preuve éclatante de l'importance des notions physiologiques certaines et des signes physiques exactement et soigneusement constatés. Tant que la circulation du sang n’a pas été connue, et que le médecin a été privé des secours de l’auscultation et de la percussion, cette branche de la médecine est restée dans l'enfance.

Pendant la période græco-romaine, ce n’est qu'à partir des recherches d'Hérophile et d'Erasistrate que l’on trouve quelques indications sur la pathologie du cœur. En effet, comme l’a fait remarquer Littré, la col-

lection hippocratique est peu à près muette sur ce sujet.

Hérophile commença à rompre ce silence par la publication d'un traité sur le pouls, traité célèbre pendant l'antiquité, mais qui ne nous est pas parvenu. Il avait remarqué, dit Cœlius Aurélianus, que la plupart des morts subites étaient dues à une paralysie du cœur.

Erasistrate avait étudié avec soin la conformation de ce viscère, il en avait fait connaitre les valvules, les ventricules et les oreillettes, ainsi que les vaisseaux qui partent de sa base.

Ces célèbres médecins qui avaient fait. parait-il, un grand nombre d'autopsies, reconnurent, dit Galien, que le cœur peut être malade. Ils semblent avoir vu des cas de péricardite et d’hydrothorax. Malheureusement, après eux, l'étude des affections cardiaques retomba de suite dans le néant.

Seuls Asclépiade et Arétée soutinrent que le fameux mal cardiaque était dû à une lésion du cœur; Galien, Soranus, et avec eux les autres médecins illustres de l'antiquité en placèrent le siège dans l'estomac.

On trouve dans Galien de curieux chapitres sur l'inflammation et l'érysipèle du cœur.

Ni les successeurs de Galien, ni les Arabes, imitateurs des Grecs, ni les médecins du moyen âge qui copièrent les Arabes ne firent faire de progrès sérieux à cette partie de la pathologie. |

Au moment de la renaissance, et surtout au xvi* siècle, on fit beaucoup d’autopsies. Liceti, Schen-

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kius, Vésale, ainsi que les Curieux de la nature publièrent un grand nombre d'observations intéressantes sur les lésions du cœur, mais celles-ci restaient toujours mal étudiées au point de vue clinique.

Vers 1619, Harvey commença à exposer dans ses cours sa nouvelle théorie sur la circulation et publia son livre célèbre en 1628 à Francfort. Cette découverte renversa tout l'échafaudage de la physiologie ancienne, mais sans grand profit immédiat pour la pathologie et la clinique.

Avec Vieussens et Lancisi, la science des maladies du cœur avance à grands pas ; leur œuvre fut résumée par Sénac qui, dans son traité, expose pour la première fois, d’une façon méthodique, les notions acquises en pathologie cardiaque.

Nous nous sommes arrêté à Sénac, à partir de ce moment, en effet, comme nous l'avons dit, tout estbien connu et les découvertes se succèdent rapidement. En 1763, Avenbrügger publie ses Aphorismes, il a trouvé la percussion et l'applique au diagnostic des maladies du cœur. Quarante années plus tard, Corvisart donne une traduction des Aphorismes en y ajoutant des commentaires et publie son célèbre traité qui laisse loin derrière lui tout ce qui avait été écrit sur la matière.

Dès lors la bonne voie est ouverte, et lorsque dix ans après, Laennec aura trouvé l’auscultation, la grande découverte de Harvey, restée presque stérile pendant deux siècles, pourra enfin donner tous les résultats qu'on en devait attendre. L'étude vraiment rationnelle

/ HE AS des affections cardiaques sera désormais établie sur des bases solides et définitives.

Nous avons divisé notre travail en chapitres com prenant chacun une période bien déterminée. L'étude proprement dite de celle-ci est précédée, en général, d'un court appendice où nous résumons les notions anatomiques et physiologiques de l'époque. Nous croyons, en effet, qu'il est beaucoup plus facile de comprendre les conceptions nosologiques des auteurs, quand on connait l'idée qu'ils se faisaient de la conformation et du fonctionnement des organes intéressés.

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